‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 150 sur 183 · CON PS S · texte numérisé non relu

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l'Eglise les plus respectables. Nous les rapporterons ci-après. — 2° Sur la précaution qu'a prise le concile de Trente, sess. 5, où, en décidant que tous les enfants d'Adam naissent souillés du péché originel, il déclare que son intention n'est point d'y comprendre la sainte Vierge. En 1V39, le concile de Bâle avait autorisé la même croyance : son décret fut reçu par l'université de Paris, et par un concile d'Avignon, en 1457. — 3» Sur les décrets de plusieurs papes, qui ont approuvé la fête de la Conception de la sainte Vierge, et l'office composé à ce sujet, et qui ont défendu de prêcher et d'enseigner la doctrine contraire. Ainsi en ont agi Sixte IV, Pie V, Paul V, Grégoire XV, Alexandre VII (1). Il paraît que cette fête était déjà célébrée dans l'Occident au neuvième siècle, et qu'elle est encore plus ancienne en Orient. Voy. A^semani, Cal. univ., tom. V, pag. 433 et suiv.

Conséquemment la faculté de théologie de Paris, en 1497, statua par un décret que personne ne serait reçu au degré de docleur, qu'il ne s'engageât par serment à soutenir Y Immaculée Conception ; la plupart des autres universités ont fait de même.— Quoique ce sentiment n'ait pas été décidé formellement comme article de foi, il est si analogue à la doctrine chrétienne, au respect dû à Jésus-Christ, à la persuasion de tous les fidèles, que l'on peut le regarder comme une croyance catholique, ou presque universelle.

Les protestants se sont récriés contre celle croyance, née dans les derniers siècles ; elle est, disent-ils, formellement contraire au sentiment des anciens Pères, qui ont décidé que le péché originel a passé à tous les enfants d'Adam, à l'exception de Jésus-Christ seul. Erasme avait cité un assez grand nombre de leurs passages ; Basnage, dans son Ilist. de l'Eglise, I. xvni, c. 11, et 1. xx, c. 2, a fait tous ses efforts pour prouver qu'en cela l'Eglise romaine a changé l'ancienne doctrine, et s'est évidemment écartée de la tradition qu'elle regarde comme règle de foi. — Mais il a bien senti lui-même que tous ses arguments, qui sont les mêmes que ceux de Daillé, ne sont que négatifs, et ne forment pas une forte preuve. Les Pères, disent ces controversistes, n'ont point excepté la sainte Vierge, lorsqu'ils oni parlé de l'universalité du péché originel : donc c'est la même chose que s'ils avaient formellement enseigné que la sainte Vierge en a é'é atteinte comme les autres enfants d'Adam : cette conséquence n'est pas vraie. Les Pères n'ont point traité expressément la question de savoir si la sainte Vierge a été ou n'a pas été exempte du péché originel ; s'ils avaient enseigné formellement qu'elle en a été souil-

(I) Voici une proposition de Baius condamnée sur ce point: Ncmo prêter Claisium est absque pecealo original) : kinc Iwala VlrQO mot tua est profiler perçuiiun ex Adam conlractum, omiics<ittc ejus afflietiohet in hue vita, ùcul et aiiorum jwtoruHt. (ua mit ultionet prcc&ti aclualu vel originulle.

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