GON
prodiges, ces prodiges insignes, opérés pur l'intercession de la Vierge invoquée sons ce lilre? N'en trouvons-nous pas des preuves éclalantes dans celle vision étonnante dans laquelle la Mère de Dieu daigna apparaître, il y a quelques aimées, à une humide lille de France ? Dans la médaille miraculeuse où se trouve gravée 1'efligie de la Vierge immaculée; dans 6on étonnante et rapide propagation; dans es nombreuses et éclatantes conversions qu'elle opère dans tous les rangs de la société ? Dans celle, entre autres, dont nous lûmes naguère nous-mêmes les témoins à Rome, qui a eu avec raison tant de retentissement, et qui a excité une admiration générale; dans la conversion du jeune israélile de Snasbourg? Ce jeune homme, c'est Alphonse Ratisbonne, qui, de cruel ennemi du nom chrétien qu'il était, est devenu un fervent catholique, parce que, cédant aux instances d'un ami, il a consenti à porter sur lui celte médaille, et a invoqué la sainte Vierge, quoique ce lût à contre-cœur. Et le vicaire de Jésus-Christ, l'immortel Grégoire XVI, u'.>joula-l-il pas un nouveau prix à toutes ces laveurs du ciel, si propres à conlii mer la certitude et l'utilité du culte de la Vierge, conçue sans souillue, en accordant, en vertu d'un induit, par l'organe de la. congrégation des Dites, à toutes les Eglises de Fiance, d'Amérique, d'Angleterre, d'Allemagne et d'Italie, qui la demandèrent, la permission d'ajouter dans la préface du 8 décembre, comme le fait l'ordre de Saint-François, ces paroles : Fa le in immaculala conceplione.
« Tous ces laits, convenablement éclairés par l'illustre cardinal, font naître dans l'esprit du lecteur la conviction la plus solide et la dévotion la plus tendre ; en sorte qu'aucun cœur vraiment caiho lique ne peut, à mon avis, s'empêcher de partager les vœux ardents doni il couronne son œuvre, fruit d'une piété éclailée et d'une science profonde. Mais citons ses piopres paioles, car nous ne pouvons leur en substituer de plus entraînantes, ni de plus énergiques : « Nous n'avons pas* besoin, dit-il, d'exprimer quels sont les vœux ardenis qui s'échappent de notre cœur. Oui, si le saim-siége, toujours guidé par les lumières du Saint-Esprit, jugeait à propos de définir le point si important de l'immaculée Conception de Marie, al. rs nous fermerions plus volontiers nos yeux à la lumière, nous sortirions en paix de ce monde; et nous avons la ferme confiance que cet acte serait le signe avani-coureur des grâces sans nombre, des miséricordes inlinies, des douces bénédictions, qui, à la prière de Marie, pleuvraient abondamment Sur Rome, sur l'Eglise entière, qui la regarde comme son avocate et sa protectrice spéciale, i
« Je n'ai fait qu'ébaucher le magnifique tableau tracé de main de maître par notre illustre auteur ; mais maintenant revenant sur mes pas, sans m 'écarter néanmoins de ses traces, il me resie à prouver ce que j'ai avancé en commençant celle analyse, savoir : que dans sa dissertation polémique, il a prévenu et résolu les objections que fait valoir le foudateur d'une nouvelle école allemande pour atténuer et obscurcir la vérité de notre pieuse croyance. Le lecteur réfléchi, déjà un peu prévenu, devine ma pensée; il comprendra que je veux parler d'Hermès et de son école. Or , quoique Hermès n'ait pas la hardiesse d'attaquer ouvertement le sentiment commun, car il aurait trop heurté de Iront le concle de Treme et les constitutions pontificales, il ne laisse pas toutefois, quoique sourdement, de manifester sa manière de penser sur le sujet qui nous occupe. Et comme eu général, dans son enseignement idéologique, il ne s'appuie que sur la raison individuelle, et qu'il inéprise l'autorité des théologiens, il manifeste clairement sur ce point son individualisme rationnel, que je ne puis autrement qualifier. Mais il but auparavant faire Connaître ce qu'on lit en particulier sur ce su^et dans sa Dogmatique : i La sainte Eglise enseigne donc, d'après lui , 1° que tous
les hommes ont été, indépendamment de tonte action qui leur soit propre, infectés du péché dans Adam, et cela, parce que celui-ci liansgressa le COtummdemenl qui lui fut donné de Dieu, et qu'ainsi il pécha ; T que ceux-ci, à cause de leur origine de ce premier homme, Adam, par ce péché, deviennent comme lui coupables. Observation. Il y a donc un pét hé originel dans le sens propre de ce mot, ou, si l'on veut, une qualité ou disposition coupable dans tous les descendants naturels d'Adam ? Duns Scol, le premier, et après lui quelques théologiens ont cherché à démontrer que la seule Vierge Marie , comme Mère du Sauveur, a é.é conçue et née sans ce péché, donnant ceile raison : parce que cela était très-convenable. Or nous ne savons pas précisément ce qui est convenable aux yeux de Dieu; mais puisque le concile de Trente, dans le cinquième chapitre de la cinquième session de Peccalo oricj., veut expressément que l'on garde là-dessus le silence, et qu'il renvoie chacun à la constitution de Sixie IV qui est relative à celle question, aucun particulier ne doit prendre sur ce sujet une décision quelconque (a). Il ne faut pas regarder comme une décision de l'Eglise l'introduction de la fête de l'immaculée Conception de Marie, faite par le souverain p utile, sans opposition aucune de la part des autres évèques ; car dans le sens catholique d inné au mol vénération des saint-, ce iCesl pas le lilre, quel qu'il soit, de la fête, mais les vertus du saint qui sont l'objet de la vénération : c'est pourquoi le titre d'une telle fèie, dans son Introduction, est quelque chose d'accidentel, qui ne se prend même pas du tout eu considération. D'ailleurs, comment la conception sans peclié» ainsi que la naissance de Marie, seraient-ellts l'objet de noire vénérai on? Oj'^nd l'Eglise de Lyon commença la première en France, de sa propre autorité, à célébrer la fêle de l'immaculée Conception de Marie, parce que, comme elle le prétendait, la Vierge avait déclaré duns une lettre tombée du ciel, que cette fête lui serait agréable, saint Bernard écrivit à ce sujet à l'Eglise de Lyon, c'est-à-dire aux chanoines de Lyon ad canonicos lugdunenses, pour s'opposer à leur conduite et ia désapprouver éuergiquement. Celte lettre lépand tant de lumière sur celle q:est,ou et même sur la première origine de celte question agitée plus la:d, qu'elle mérite d'être lue en entier très-attentivement. » Ici linii la citation d'Hermès.
i D'abord, les éclaircissements que donne l'illustre cardinal, sa manière d exposer scrupuleusement les choses, prouvent qu'il y a plusieurs erreurs historiques et de assertions très-hardies dans ces quelques ligues d'Hermès. Celui- ci assure que Dun> Seot esl le premier qui ail parlé de l'immaculée eccentiou de la Vierge, comme si ce ra e privilège de Marie n'avait pas été plus ou moins explicitement insinué, signalé ou défendu par les Pères et les docteurs de l'Eglise. Il cite ensuite d'autres ihéo'og ens qui marchèrent sur les traces de Scot, connue s'ils étaient en petit nombre et de peu de considération, tandis qu'il devait dire : La foule des thé dogiens les plus distingués elles plus célèbres. II dit que le concile de Trente a voulu que Ion gardât le silence sur la question qui nous occupe , tandis que le concile da Trente, au contraire, déclare qu'il n'a pas I intention de comprendre dans son décret sur le péché originel la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, et qu'il ordonne d'observer rigoureusement , non pas seulement la constitution, mais bien les constitutions de S xle IV, sous peine d\ ncourir les censures qu'elles contiennent et qu'il renouvelle. Voici les expressions de l'auguste assemblée : Déclarai tamen hœc ipsa sancta synodus non esse suie intcnlionis coin-' prehendere in hoc decreto ubi 'de peccalo originali ajitur beaiam et immuculaluni Virginem Mariant, Dei
(a) Il ne peut être ici question de Notre-Seigneur Jésus Clirist, puisqu'il est démontré qu'il n'est pas descendant naturel a' Adam. [So'e du traducteur.}
TON
CON
Cenitricem ; sed observnndas constitutiones feticis recoréationit Sixti papœ I Y. sub pœuis in eis conslituiwnibus contenus quas innovai. Or , Sixte promulgua iléus conslitinious, la première eu li7o, par laquelle il accorde à ceux qui auront as-is!é à la messe et célébré l'office le jour île la Conception, les même» indulgences qu'Urbain IV avait accordées à ceux qui assisteraient à la lêle du corps et du sang de Jésus-Chrisi. Sixte lit paraître l'autre constitution en 1483; il y défend, soné peine d'exrommunication, d'attaquer comme erroné ou hérétique l'un des deux sentiments contraires. Que dire ensuite de la lel're qu'on prétendait tombée du ciel? Dans l'Epîire de saint lîernard on lit seulement ces paroles : sed proferlur scriptum snpernœ (ut aiunt) revelationis. Or H peut se faire que le saint fit allusion non pas à une lettre tombée du ciel, mais à un écrit contenant quelque rééla:ion, comme l'observe Manillon, qui prétend qu'il a existé un écrit de ce genre, aitiibué à un abbé anglais appelé Elsin. En effet parmi les œuvres douteuses ou apocryphes qui se trouvent dans l'appendice des œuvres de saint Anselme (édition de Saint-Maur), il y a deux opuscules de Concep'.ione B. Mariœ où l'on raconte qu'un personnage majestueux apparut à l'abbé Elsin et lui enjoignit de célébrer la léle de la Conception s'il voulait échapper à un danger imminent de faire naufrage. Il n'est donc pas question de lettre tombée du ciel. Mais ceci soit dit reniement eu passant pour rectifier les laits et laire disparaître le ridicule qn'Henuès voulait jeter sur notre opinion.
t Arrivons au fond de la question. Hermès affirme que Scot et d'autres théologiens ont cherché à démontrer quelle (Marie), comme Mère du Sauveur, a été conçue et qu'elle est née sans ce péché par cette raison : parce que cela aurait éié convenable. Or nous commencerons par faire observer qu'il ne parle pas seulement de l'exemption delà tache originelle dans la conception de la Vierge, mais e core de l'exemption de ce même péché dans sa naissance, ce que. prouvent évidemment les paroles par lesquelles il joint ensemble la fête de la Cooception et celle de la Nativité de Marie que f'Eglise célèbre solennellement. Et, dans celle manière de procéder, Hermès ne serait point blâmable à nos yeux, puisque, pour qui veut Subtiliser, la raison elle-même de convenance qu'on fait valoir pour l'immunité, est celle qui milite en faveur de l'exemption du péché d'origine après la conception et avant la naissance. L'Eglise n'a rien décidé sur ce point; l'Ecriture n'en parle pas, et même, si i ous voulions prendre dans l'acception rigoureuse des mots les textes sacrés où il est question de la transmission du péché originel, nous serions forcés de convenir qu'ils regardent la conception et la naissance de tous les enfants ou descendants naturels d'Adam. Il est reconnu que les Pères parlent indistinctement de la conception et de la naissance de Marie; la célébration de la fête «le sa naissance ne suffit pas, d'après Hermès, pour prouver la sanctification de la Vierge, de sorte qu'on puisse dire qu'elle est née sainte. Donc ce n'est pas sans raison qu'il parle de la même manière de la conception et d • la nativité de la Mère du Sauveur. El certes il n'est aucun catholique qui ait le moindre doute sur la sainteté de la Vierge au moment de sa naissance, c'est ce que l'Eglise regarde comme une chose certaine. Le sentiment des fidèles et des pasteurs est unanime sur ce point, en sorte que si quelqu'un était nasez hardi pour refuser ce privilège à M rie, il ne Serait pas seulement téméraire, mai-, il serait très- < oiiilamnahlc. Donc, Si la convenance, el la convenance seule, fonde entièrement, pouf me servir d'une expression familière à Hermès, une preuve solide de la sanctification de Maris dans le scinde sa mère, pourquoi ne pourrait elle pas la fonder pour ce qui regarde l'exemption du péché V La ra son est identique : la Vierge, a clé sanctifiée avant sa naissance ,
parce que ce; a était très-convenable à cause de sa dignité de Mère du Sauveur; l'un n'est pas plus difficile à Dieu que l'autre. U ie si au contraire ceile convenance ne fonde pas une raison solide pour exempter Marie du péché originel, précisément parce que nous ne savons pas an juste ce qui est convenable aux yeux de Dieu, elle ne la fondera pas non plus pour la sanctifier dans le sein maternel. Et voilà le venin caché dans la doctrine hermésiemie touchant Marie, venin qui n'infecte pas moins sa conception que sa naissance; ce qui s'appelle, dans le sens catholique, sortir des borne?".
t Mais il e t certain que. la convena: ce n'est pas la seule, ni la principale raison, comme le voudrait Hermès, qui sert de fondement à notre pieuse croyance. Avec notre illustre prélat, nous la voyons reposer sur les bases les plus solides : sur l'Ecriture interprétée dans ce sens huerai et dans le sens spirituel conforme à l'application qu'en fait l'Eglise dans les l'êtes qu'elle cé.èbre pour honorer les gloire» de la Vierge. Nous la voyons reposer sur la doctrine commune des Pères et des docteurs, et surtout sur le fondement inébranlable de l'assentiment des fidèles, justifié et approuvé par l'Eglise, par la célébration solennelle de la léle de la Concep.ion de la bienheureuse Vierge; car si on enlève à Maiie l'insigne privilège dont nous parlons, celte fête, comme je le démontrerai plus longuement, serait sans objet.
< Je passe à l'autre proposition d'Hermès
i Ce n'est pas une décision de l'Eglise, dit-il, que l'introduction de la lêle de l'immaculée Conception de Marie, faite par le souverain pontile, sans avoir reçu aucune opposition de la p ri des évéques. Car, dans le sens catholique donné au mol vénération des saints, ce n'est pis le litre, quel qu'il soit, de la léle, mais les vertus du saint qui sont l'objet de la vénération, t'est pourquoi le litre d'une telle léte, dans l'introduction de la léle, est quelque chose d'accidentel, qui ne se prend même pas en considération. D'ailleurs comment la conception sans péché, ainsi que la naissance de Marie *e> aient-elles l'objet de noire vénération? t
t Ll voici encore de nouveaux trave-t ssements des faits historiques. Mais pari e-t on avec exiiciitmle en disant qu'un souverain pontife a introduit proprement la lète de ['immaculée Conception ? Nous devrions, par amour pour la vér.té, répondre que non , et dire seulement que Clément \ll a ordonné de célébrer dans toute l'Eglise, comme de précepte, la lète de la Conception de la Vierge immaculée. On a tiré ensuite celle conclusion idéologique , non pas du simple litre , comme le suppose l'écrivain hardi que nous combattons, mais de la célébration de celte fêle, que la conception même de Marie avait été immaculée. A entendre Hermès, il semble en outre que les évéques n'ont l'ail autre chose que de ne pas s'opposer au souverain pontife qui introduisait la susdite lêle. Mais pourquoi ne pas dire que les évéques de presque tous les points du inonde chrétien, comme le prouve clairement notre illustre auteur, se montrèrent pleins de sollicitude pour défendre le privilège de Marie, et qu'ils firent a ce sujet les plus vives instances auprès du siège apostoii |iie, faisant connaître par là quels étaient les sentiment!! et les vœux de leurs troupeaux ?
« Mais allons au fond de la proposition d'Hermès, Peul-on regarder coin me vrai ce qu'il nt cesse de répéter avec emphase, savoir que le litre d'une fête dans l'introduction de ta lèic est quelque chose d'accidentel qu'on ne prend même jamais en considération? Donc, d'après le fondateur de cette nouvelle école Ihéiriogique, lors pie l'Eglise introduit ei célèbre la lete des principaux mystères du Rédempteur, elle n'a pas en, et elle n'a pas égard, en assignant ou en conservant le thra de la lôte . à tel ou ici mystère en particulier qu'elle a voulu ci qu'elle
CON
CON
veut expressément rappeler el célébrer sous tel ou tel litre ? Ce sera donc la même chose de célébrer la fête de Noél ou célébrer celle de la Transfiguration , de la Résurrection, de l'Ascension, ainsi de suite? Donc le litre particulier de la fête nécessairement ne dira rien aux fidèles de l'esprit et de l'intention de l'Eglise d;ms la célébration de louies les solennités particulières? Q;ii ne voit la fausseié de ces asservons étranges, qui sont les consé piences rigoureuses d'une telle proposition? Donc l'objet propre du culle que l'on rend aux saints , ce sont les vertus du saint, ou, pour mieux dire, le saint lui-même illustré par ces venus, c'est- à- dire non pas l'abstrait, connue semblerait l'insinuer Hermès, mais le concret. L'objet de ce même culte est encore Dieu luimême admirable dans ses saints, sur lesquels il a daigné ver»cr l'abondance de ses dons les plus précieux. Mais néanmoins le titre qui divise le culte en diver es fêtes ne devra-l-il p:is faire partie de ce même culte en ce sens que tel titre représente telles vertus, telles actions des saints, par lesquelles Dieu a manifesté sa gloire, ou tel événement ou pieux souvenir que l'Église propose à la vénération des fidèles? II. faut dire la même chose des solennités que l'Eglise a introduites en l'honneur de la Yieige. Certainement quand elle célèbre la conception ou la nativité, elle n'a pas l'intention de célébrer sou Annonciation ou son Assomption, on ne peut pas dire que ces divers litres soui purement accidentels, puisqu'ils sont donnés pour rendre présent à l'esprit et au cœur des lidèies, l'objet de la fête el de la dévotion particulière que l'on doit avoir pour iMarie, selon l'esprit de l'Eglise, dans sa conception, dans la nativité, et ainsi du reste.
< Mais ici Hermès nous adresse cette grave question . Comment la conception sans péché ou la naiss nce de Marie, etc., seraient-elles i 'objet de notre vénération? Certainement si on prend ces mots dans le sens abstrait, comme il le voudrait, la conception, non plus que la naissance de la Vierge, ne saurait être l'objet de notre vénération, connue ne pourraiînt l'être également la ,nai-sance ou la résurrection du Sauveur, ou la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, ou tout autre mystère. Ma. s est ce ainsi qu'il faut entendre rigoureusement ces expressions selon l'esprit de la sainte Eglise? Non; donnonsleur leur véritable sens, celui qne l'Eglise a l'intention qu'on leur donne, c'est-à-dire le sens concret : alors l'une comme l'autre pourront être l'objet de notie vénération, comme le sont la naissance et la résurrection du Sauveur. C'est pourquoi la bienheureuse Vierge est toujours l'objet de notre culte, soit paicc que la conception, comme le pense Bellariniu, réveille le souvenir de la joie ineffable que la conception de la Mère de Dieu a causée au monde (Conlrov. t. Il, lib. ni, c. 16), soit parce que, comme le remarque avec plus de vérité Suarez, pour des raisons que le savant pape Hennit XIV regarde comme Irés-graves, parce que l'Eglise a l'intention de célébrer le piivilége spécial de l'exemption de la lâche originelle dont Dieu a voulu favori erMarie(/n p<ir/.ui,S. Thcmœ,t.ll, quœsl.kil,arl. 2). On peut dire la même c bose de sa naissance dont l'Eglise célèbre la lêie. Et en vérité, que le titre, ainsi que la célébration de la fêle de la Conception, fournissent un puissant motif pour en déduire l'exemption de la lâche originelle dans Marie, c'est là la conséquence naturelle des paroles de saint Bernard lui-même, dont Hermès finit par nous engager à lire la lettre, comme répandant sur la question munie, dès son origine, la plus grande lumière. Docile à son conseil, je l'ai lue avec attention et me suis arrêté, eu la lisant, à deux passages qui m'ont paru convenir merveilleusement à noire cause. Le premier est au n" 5; voici les expressions du saint : Sed cl ortum Viryinis didici mhiluminus in Ecclesia el ab Ecclesia indubilunler htibere fentivum nique sanctum, (irnt'v tinte cum Ecclesia u-n-
tkiis, in utero enm ncccpts.e ut snncla pro.Hret. Là nous voyons que, par sa manière de raisonner, le saint abl»é de Clairvanx croyait que la célébration de la f ô e de la Nativité, sous ce titre, suffisait pour en conclure que la Vierge avait été sainte dans sa naissance, ('«l ensuite qu'il pensait que le litre d'une fête n'est pas aussi quelque chose d'accidentel et qu'on ne doit pas prendre en considération, ce qui, comme chacun voit, est en opposition ouverte avec les principes qui servent de fondement à la doctrine d'Hermès. En outre nous sommes en droit de conclure, d'après les expressions elles-mêmes du saint, que, s'il vivait de nos jours, où l'Eglise universelle célèbre la fête de la Conception, certainement il n'aurait aucune ré ugnance, comme eu a Hermès, à croire à l'immaculée conception de Marie, mai-, qu'il la défendrait par la même raison qu'il défi nd la sainteté de sa naissance. Nous dirons la même chose de saint Thomas et de tous les autres qu'on a coutume de nous opposer comme contraires à l'insigne prérogative de la Vierge, le -quels toutefois concluent qu'elle a été sainte dans le sein de sa mère, parce qu'on célèbre la fête de sa naissance.
i L'aune passage très-remarquable de la lettre de saint Bernard, est celui qdi se trouve au n° y , par lequel il termine ee qu'il avait dit à ce sujet : Qme anlem dixi, itbsque pntjudicio sane dicta si;it minuta sapientis. Romance prœscriirn Ecclesia; auctorilati atque examini tolum hoc, sicul el cœlera quee ejnsmodi sunl universa reservo : ipsus, si quid aliter sapio, puratus judicio emendare. H résulte évidemment de ces paroks que l'intention du saint était que, s'il eût vu cette fête adoptée par l'Eglise romaine, et siiuout s'il eût vu qu'elle ordonnât à toute la chrétienté de la célébrer comme fête d'obligation, ainsi que nous voyons qu'elle la célèbre aujourd'hui, il n'aurait pas hésiié un seul instant à reconnaît! e dans la Vierge le privilège de son immaculée conception, el à ia célébrer avec l'Eglise elle mê ne.
c Nous conclurons donc qu'Hermès s'éloigne tout à l'ail du sent meut du saint douleur, précisément lorsqu'il croit s'appuyer de son autorité pour infirmer notre pieu e croyante. Je ne m'arrête pas là; et ayant égard aux vœux peux et ardents que manifeste noire illustre écrivain de voir terminer ce point de controverse, je cho sis ce que nous oppose Hennés, pour en inléier que, sans la moindre difficulté, en toute sûtelé el même en s'appuyant sur les raisons les plus solides, le siéi^e apostolique pourrait prononcer le décret délinitif s'il jugeait le moment favorable et opportun. Et voici comment je raisonne : Aux yeux d'Hermès on doit mettre sur la même ligne l'immaculée conception el la sanctification de Marie dans sa naissance. Or tous les catholiques, c'est-à dire même ceux qui sont le moins portés à croire au piivilége de l'exemption de Marie, regardent c mine certain que sa naissance a élé sainte, et que l'Eglise pourrait décider ce point, quand même il serait nié ou révoqué en doute par quelques-uns. Nous pourrions dire la même chose pour ( e qui regarde l'exemption dans la Vierge de la moindre faute actuelle. Or l'un el l'autre de ces privilèges n'ont pas un fondement plus solide que celui qu'a le privilège de l'exi mpiion de la tache originelle, c'esl-à dire la convenance corroborée par l'assentiment de l'Egiise el ce ni du commun des fidèles. L'autorité de saint Bernard donne un nouveau poids à ces assertions ; voici ce qu'il écrit au nu 5, dans la lettre qu'on nous oppose, concernant les deux privilèges dont nous avons parlé plus haul : Quod ilaque vcl paucis morialium constat fuisse cvllalum fas cerle non est suspicari tautœ vntjmi esse neqiitum per quant omnis vtorialilas enterait ad vitam (voilà la convenance), fuit procul dubio et M.iter Doinini anle sancta quunt nala : nec J'allilur ontnino stntcla Ecclesia sanctum repulans ipstim liait* lilulii ejus dicm et cmni aimo cum exsullatione utu-
CON
CON