‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 156 sur 183 · CON CON · texte numérisé non relu

CON CON

On doit raisonner de même de tous les autres conciles qui ont successivement décidé des

rendant sur Corneille et sur toute sa mai- dogmes contestés par des novateurs. «Qu'a

son, avait décidé d'avance que les gentils fait l'Eglise par ses conciles, dit à ce sujet

étaient justifies par la foi, sans être ass"jet- Vincent de Lérins, Commonit., c. 23? Elle a

lis aux cérémonies mosaïques ; saisit Pierre voulu que ce qui était déjà cru simplement '

en avait été témoin; c'est évidemment ce lût professé plus exactement ; que ce qui était

qu'il entendai , lorsqu'il dit: Il a semblé prêché sans beaucoup d'attention, fût en-

bon au Saint-Esprit et à nous.— Fausses ré- seigné avec plus de soin ; que l'on expliquât

llexions. L'assemblée n'était pas seulement plus distinctement ce que l'on traitait aupa-

eomposec des pasteurs de l'Eglise de Jéru- ravanl avec une entière sécurité. Tel a tou-

salcm, puisque non-seulement saint Pi* rre jours été son dessein. Elle n'a donc fait autre

et saint Jacques le Mineur, mais saint Paul chose, par les décrets des conciles, que de

et saint Barnabe s'y trouvaient et y donné- mettre par écrit ce qu'elle avait déjà reçu

rent leur suffrage, et il est très-probable des anciens par tradition Le propre des

que le Judas dont il est parlé est l'apôtre catholiques est de garder le dépôt des saints saint Jude. 11 s'agissait d'une question qui Pères, et de rejeter les nouveautés profanes, riait tout à la fois de dogme et de pratique, comme le veut saint Paul. Quidunquam aliud et de faire une loi générale pour toute l'E- conciliorum decretis enisa est (Ecclesia), nisi glise : ce n'était donc pas l'affaire d'un sy- ul quod antea simplicilcr credebalur , hoc uode particulier. En second lieu, le Saint- idem posteadiligenlius crederetur; quod antea Esprit, en descendant sur Corneille, n'avait lentius prœdicabalur, hoc idem postea instanpas décidé que les gentils seraient obligés de tius prœdicaretur; quod antea securius colet»'abstenir des viandes immolées, du sang et des batur, hoc idem postea sollicitius excoleretur? chairs suffoquées; c'est cependant ce que le hoc, inquam, semper,nequequidquamprœ terconcile ordonne. En troisième lieu, il aurait clé en, hœreticorumnovilatibus excitata, concifort indécent de joindre le jugement de l'as- liorum decretis calholicaperfecit Ecclesia, nisi semblée à celui du Saint-Esprit, si elle n'avait ut quod prius a majoribus sola traditione suspas été persuadée que le Saint-Esprit lui-mè- ceperat, hoc deinde posteris etiam per scrip-

meyprésidait.Maiscommelesprolcstantssou- turœ chyrographum consignaret 0 Timo-

tiennent que chaque fidèle doit régler lui-mê- thee! inquitApostolus, deposilum custodi,demc sa foi sur l'Ecriture sainte, ils ne peuvent vitans profanas vocum novilales. » digérer la décision du c'oncile de Jérusalem. A la vérité, avant qu'un dogme ail été so- Est-il vrai que les conciles généraux ont Ienoellemenl décidé par un concile, un théocréé de nouveaux dogmes ou de nouveaux logien a pu être pardonnable de le méconarticles de foi, comme le prétendent les en- naître ;il a puignorer quelle élaitsur ce point nemis de l'Eglise? Ce reproche n'aurait pas la croyance de l'Eglise catholique, de laquelle lieu, si l'on concevait en quoi consiste le ju- il n'y avait point encore d'attestation solengement que portent les évoques assemblés nelle; il a pu se tromper innocemment sur le en concile. Ce sent autant de témoins qui ont sens qu'il donnait aux passages de l'Ecriture, caractère et mission pour attester quelle est qui lui paraissaient favoriser son opinion, la croyance de l'Eglise particulière à laquelle Mais lorsque l'Eglise a parlé par la bouche chacun d'eux préside. Lorsque trois cent de ses pasteurs, un homme n'est plus pardix-huit évèques assemblés à Nicée, l'an donnabie de préférer son propre jugement o25, décidèrent que le Verbe divin est con- à celui de l'Eglise; il est hérétique s'il persubstantiel à son Père, qu'ainsi Jésus-Christ sévère dans son erreur. — De là même il est un seul Dieu avec le Père, que firent-ils? s'ensuit que la décision d'un concile général ils attestèrent que telle était et avait toujours n'est pas absolument nécessaire pour qu'un été la croyance de leurs Eglises. Ces temoi- dogme soit censé appartenir à la foi calh>>gnages réunis et comparés démontrèrent que lique. Il suffit qu'il y ail une certitude sufli- CelLe était la foi de l'Eglise universelle (îlot- sante que telle est la croyance de l'Eglise den, de Résolut. fidei,Ub. i, c. 9). Pour dé- universelle. Lorsqu'un dogme a été décidé finir ce qu'il fallait croire, les Pères se bot- par un rescrit du souverain pontife adressé nèrent à dire -.Nous croyons. — El n'est donc à toute l'Eglise, et qu'il a été reçu sans répas vrai qu'ils aient créé un nouveau dogme; clamalion par le très-grand nombre des éveils attestèrent au contraire et jugèrent que ques, on ne peut plus douter que ce ne soit la doctrine d'Arius était nouvelle et inouïe, la croyance de l'Eglise catholique. Si le juqu'Arius était un novateur et un hérétique, gement de l'Eglise dispersée a moins de puqu'il pervertissait le sens des paroles de l'E- blicité que celui de l'Eglise assemblée, il n'a criture, par lesquelles il voulait ctayer son pas pour cela moins de poids ni d'autorité ; opinion. — Il en lut de même en 381, lorsque tout fidèle n'est pas moins obligé de s'y con- U: concile général de Conslantinople décida former. Voy. Catholicité. Plus l'Eglise est la divinité du Saint-Esprit, qui n'avait pas étendue, plus il est difficile d'assembler des été mise en question à Nicée ; en 131, lorsque conciles généraux.

le concile d'Ephèse prononça contre Nesto- IL Est-on aussi obligé de se soumettre aux

rius que Marie est véritablement Mère do règlements d'un concile général en matière

Dieu : ce dogme n'est qu'une conséquence de discipline, qu'à ses décisions eu matière

immédiate de la divinité de Jésus-Christ rc- de loi? Il y a une distinction à faire. Lors-

connue et professée par le concile de Nicée. qu'un point de discipline peut intéresser

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l'or ire civil, donner atteinte aux lois particulières d'un ou de plusieurs royaumes, l'Eglise, toujours attentive à respecter les droits des souverains, n'a jamais dessein d'opposer son autorité à la leur; elle prononce avec circonspection, elle attend que le temps et les circonstances permettent l'exécution de ses règlements. Par ces ménagements sages, une bonne partie des lois de discipline, portées au concile de Trente, auxquelles on s'était opposé d'abord, sont insensiblement devenues partie de notre droit public, en vertu des ordonnances de nos rois. — Lorsqu'une discipline, indifférente à l'ordre civil, peut intéresser la foi ou les mœurs, église use de son autorité et tient ferme. Ainsi, elle condamna autrefois comme sebismatiques les quartodécimans, qui s'obstinèrent à célébrer la pâqueavec les Juifs, le quatorzième jour de la lune de mars; elle ordonna de la célébrer le dimanche suivant : il lui parut essentiel d'établir l'uniformité dans un rite qui atteste la résurrection de Jésus-Christ. Quoique la communion sous les deux espèces fût un point de discipline, le concile de Trente n'a point voulu l'accorder à ceux qui la demandaient, parce que les hérétiques en soutenaient faussement la nécessité pour fin légriié du sacrement. C'est une observation à laquelle les canonistes n'ont pas toujours fait assez d'attention. — Ceux qui ont osé soutenir que les décisions des conciles, en matière de foi, n'avaient force de loi qu'en vertu de l'acceptation des souverains, se sont trompés encore plus lourdement. Ces décisions obligent tous les fidèles, en vertu de l'ordre de Jésus-Christ même: Atlezenseignertouteslesnalions... Celui gui ne croirapussera condamné (Matin, xxvm, 19; Marc, xvi, 16). Celte loi regarde autant les souverains que les peuples.

III. Que faut-il pour qu'un concile soit censé général, et combien y en a-t-il eu depuis la naissance de l'Eglise? On convient unanimement, parmi les théologiens catholiques, qu'un concile n'est point censé œcuménique ou général, à moins que tous les évêques de la chrétienté n'y aient été invités autant qu'il est possible, et que l'éloignement des lieux peut le permettre. Il y a cependant plusieurs exemples de conciles auxquels il n'y avait eu qu'un certain nombre d'évéques appelés, mais qui, dans la suite, ont été répuiés généraux, parce que les décisions en ont été reçues de toute l'Eglise, et ont acquis ainsi la même autorisé que celle des conciles généraux. De même il y en a plusieurs auxquels il ne s'est trouvé qu'un assez petit nombre d'évéques, et qui n'en oni pas eu pour cela moins d'autorité. Voici la liste sommaire des conciles répuiés généraux ; nous parlerons plus amplement de chacun dans un article particulier. — Le premier est celui de Nicée, l'an 325, par lequel la consubslanlialilé du Verbe et la divinité de Jésus-Lhrist furent décidées contre les ariens. Le second est celui de Consianlinople, en 381, qui confirma la foi de Nicée, professa la divinité du Saint-Esprit contre les macédoniens, et condamna les apollinaris-

tes. Le troisième, celui d'Epbèse, en 431 ; il décida contre Nestorius, que Marie est mère de Dieu, et confirma la condamnation des pélagiens, faite par le pape Zosime. Le quatrième fut tenu à Chalcédoine, en 45i; il confirma l'anathème lancé à Ejihèse contre Nestorius, et condamna Eutychès, qui soutenait qu'il n'y a qu'uue seule nature en Jésus-Christ. Le cinquième, tenu à Constanlinople en 553, condamna les trois chapitra ou trois écrits qui favorisaiept la doctrine de Nestorius. Le sixième fut encore assemblé à Constantinople l'an 080; il proscrivit l'erreur des monotbélites , qui n'admettaient qu'une seule volonté dans Jésus-Christ : c'était un reste d'eulychiauisme. — En 787, le septième se tint à Nicée , contre les iconoclastes ou briseurs d'images. Le huitième, à Constantinople, l'an 889; Photius y fut condamné et déposé : c'a été l'origine du schisme des Grecs. Depuis ce temps-là les conciles généraux ont été tenus en Occident. — Ou compte pour le neuvième, celui de Latran, l'an 1123 : il ne fit que des canons de discipline. Le dixième, tenu au même lieu, l'an 1139, avait pour objet la réunion des Crées à l'Eglise romaine. Arnaud de Bresse, disciple d'Abailard, y fut condamné aussi bien que les manichéens, nommés dans la suite albigeois. Le onzième , assemblé encore à Latran l'an 1179, réforma les abus introduits dans la discipline. Le douzième, l'an 1215, au même lieu, fit une exposition de la doctrine catholique contre les albigeois et les vaudois. — Dans le treizième, tenu à Lyon l'an 1245, le pape prononça une sentence d'excommunication contre l'empereur Frédéric, en présence de Baudouin, empereur de Constantinople. Le quatorzième, assemble aussi à Lyon en 1274, travailla de nouveau à la réunion des Crées, et dressa une profession de foi qu'ils signèrent. Le quinzième fut tenu en 1311, à Vienne en Daupbiné. pour l'extinction de l'ordre des templiers : il condamna les erreurs des béguards ou béguins. — Nous comptons en France, pour seizième concile général, celui de Constance, tenu en 1414, pour éteindre le grand schisme d'Occident, causé par la (rétention de plusieurs personnes à la papauté : concile dans lequel Jean Hus et Jérôme de Prague furent condamnés et livrés au dernier supplice. Pour dix-septième, celui de Baie, eu 1431, dont le principal objet était la réunion des Grecs; mais le pape l'ayant transféré à Ferrare, en 1438, et ensuite à Florence, en 1439, • plusieurs regardent ce concile de Florence comme œcuménique : les Grecs y signèrent une profession de loi avec, les Laiins. Le dixhuitième et dernier concile général est celui de Trente, commencé l'an 15i5, cl fini l'an 1503, contre les hérésies de Luther et de Calvin. — Depuis que la foi chrétienne s'est établie au loin, qu'il y a des évêques en Amérique, à la Chine et dans les Indes, il est devenu plus difficile que jamais d'assembler des conciles généraux.

IV. A qui appartient-il de convoquer des conciles généraux, d'y présider, d'y assister

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avecv«>ix délibérati ve? C'est encore un point non conlosté dans l'Eglise catholique, que le droit de convoquer les conciles généraux appartient au souverain pontife, comme pasteur de l'Eglise universelle. De savoir si ce privilège lui appartient de droit divin, ou seulement de droit ecclésiastique et en vertu d'une possession bien établie, c'est une question qui n'est peut-être pas aussi importante qu'elle le paraît d'abord. Toute prétention mise à part, il çst clair que, de droit divin, le souverain pontife doit pourvoir aux besoins de l'Eglise universelle autant qu'il le peut, suivant les circonstances; Jésus-Christ en a imposé l'obligation à saint Pierre et à ses successeurs, lorsqu'il leur a dit : Paissez mes agneaux et mes brebis. Si c'est pour eux une obligation divine, c'est donc aussi un droit divin : il serait absurde qu'ils n'eussent pas le droit de faire ce que Jésus-Christ leur a commandé : s'ils n'avaient pas le droit de convoquer les conciles généraux, qui l'aurait par préférence? — Il ne sert à rien aux protestants et aux autres ennemis du sainl-siége d'objecter que, pendant les cinq ou six premiers siècles, ce ne sont point les papes, mais les empereurs qui ont convoqué les conciles; que plus d'une fois même les papes se sont adressés aux empereurs, pour leur demander cette convocation. Les circonstances l'exigeaient ainsi, et il ne s'easuit rien contre l'ordre établi par Jésus-Cinist. Dans ces temps-là, l'Eglise chrétienne ne s'étendait guère au delà des limites de l'empire romain; il était donc naturel que les empereurs, devenus chrétiens, prissent le soin de convoquer les conciles, puisqu'eux seuis pouvaient en faire les frais. Presque tous les évêques étaient leurs sujets, et ces évèques, presque tous pauvres, n'étaient pas en étal de voyager à leurs dépens, d'une extrémité de l'empire à l'autre. Ils avaient besoin du secours des voilures publiques, et cela dépendait du gouvernement. Mais avant la conversion de Constantin, il y avait eu près de quarante conciles particuliers, dont plusieurs avaient été nombreux ; sans doute ils n'avaient pas été convoqués par les empereurs païens, et l'on n'avait pas cru avoir besoin de leur autorité pour donner force de loi aux décisions qui y avaient été laites. Depuis que la foi chrétienne est répandue dans plusieurs royaumes différents, et qu'il y a des évèques dans les quatre parties du monde, aucun souverain n'a droit de convoquer c ux qui ne sont pas ses sujets. Il a donc été nécessaire que le souverain pontife, en qualité de chef de l'Eglise universelle, convoquât les conciles généraux, qu'il eût le droit d'y présider et d'en adresser les décisions à toute l'Eglise. Ce n'a donc pas été un effet de la condescendance dos souverains, ni une cession libre de la part des évèques, mais une suite nécessaire de l'étendue actuelle de l'Eglise; et c'est ce qui démontre la sagesse de .'esus-Chrisl, lorsqu'il a donne à saint Pierre et à ses successeurs un pouvoir de juridiction sur l'Eglise entière. — Par la même raison, toutes kl fois que le souverain pontife

a assisté à un concile, personne ne lui a contesté le droit d'y présider; mais comme les premiers conciles généraux ont été tenus en Orient, et fort loin de Rome, ça été ordinairement l'un des patriarches de l'Orient, qui a tenu la première place; et il ne s'ensuit rien contre les droits du sainl-siége. — Quant au droit de confirmer les décrets des conciles généraux, c'est une question débattue entre les théologiens de France et ceux d'Italie. Suivant nos maximes, les décrets d'un concile général ont force de loi, indépendamment de l'acceptation et de là confirmation du souverain pontife; la bulle qu'il donne à ce su;et n'est censée qu'un témoignage de son adhésion à ces décrets, par lequel il certifie à tous les fidèles que ce sont véritablement des décisions censées faites par l'Eglise universelle, auxquelles par conséquent ils doivent obéissance et soumission. — L'on convient unanimement que les seuls juges nécessaires dans un concile général sont les évêques ; c'est à eux, comme pasleurs de l'Eglise, d'instruire les fidèles et d'enreigner quelle est la vraie doctrine de Jésus-Christ. Ordinairement néanmoins ils ont admis dans ces assemblées les abbés, les députés des chapitres et les théologiens ; et ceux-ci ont eu pour le moins voix consultative; mais suivant l'usage actuel, ils ne peuvent prétendre à la voix délibérative qu'autant que les évêques la leur accordent.

V. Objections des protestants. On conçoit que les prolestants, condamnés par le concile. de Trente, ne pouvaient pas manquer de s'élever contre l'autorité de tous les conciles, et de s'attacher à la déprimer; ils n'ont rien négligé pour y réussir. Mais comme ils ont tenu eux-mêmes des synodes, à la décision de-quels ils ont donné force de loi, il n'est presque pas un seul de leurs reproches qui ne puisse être rétorqué contre eux, et qui ne l'ait été en effet par les arminiens contre le synode de Dordrecht. Voij. Arminiens.

Ils disent, 1° Jésus-Christ ni les apôtres n'ont point ordonné de tenir des conciles. S" ces assemblées étaient nécessaires, l'on n'aurait pas attendu jusqu'à l'an 325 avant d'en tenir une. Pendant le ne et le nr siècle, il s'était élevé plusieurs hérésies qui attaquaient les dogmes les plus essentiels du christianisme : les ébionites, les cérinlhiens, les gnostiques, les marcionites, les manichéens, etc., avaient paru; l'on ne crut pas qu'il fût besoin d'un. concile œcuménique pour étouffer leurs erreurs, ou plutôt l'on comprit que ce moyen ne suffirait pas et ne produirait aucun effet, qu'il fallait terminer les contestations en matière de loi, uniquement par l'Ecriture sainte. Le concile de Nicée fut un effet de la politique de Constantin, et tout s'y passa par sou autorité; les décisions n'eurent d'autre force que celle qu'il leur donna.

iiéponsc. 1! est évident que , sous le règne des empereurs païens, il n'était pas possible de tenir un concile général : c'aurait été un motif d'exciter une persécution contre les évèques, qui étaient déjà le principal objet de la haine des païens. Licinius avait défendu

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formellement aux évoques de s'assembler.

(Eusèbe, Vie de Constant., I. i, c. 51). il n'est pas moins évident que l'on n'aurait pas pu en tenir un sous le règne de Constantin, si ce prince n'y avait contribué de tout son pouvoir; mais il y avait eu des conciles particuliers. Non-seulement nous avons prouvé que l'assemblée tenue à Jérusalem, vers l'an 51, était un vrai concile, dans lequel fut condamnée l'erreur soutenue ensuite par les ébioiites; mais on en connaît plusieurs qui furent tenus tant eu Orient qu'en Occident, pour condamner différentes hérésies. Ce que l'on appelle les Canons des Apôtres ne sont autre chose que les décrets des conciles du n* et du 111e siècle, et ces canons condamnent, du moins indirectement , les marcionites et les manichéens , et prononcent des peines contre les hérétiques. — Nous ne concevons pas comment les contestations touchant la fui peuvent être terminées par l'Ecriture seule, pendant qu'elles ont précisément pour objet de savoir quel est le vrai sens de l'Ecriture. Il n'est pas une seule secte d'hérétiques qui n'ait allégué en sa faveur quelques passages de l'Ecriture, et il n'en est aucune à laquelle l'Eglise n'ait opposé d'autres passages. S'il n'est aucun tribunal qui ;iit l'autorité de décider, par quel moyen la dispute pourra-t-elle finir? — Nous convenons qu'un concile général n'est pas absolument nécessaire pour proscrire et pour étouffer une hérésie, puisque l'autorité de l'Eglise dispersée n'est pas moindre que celle de l'Eglise assemblée; mais il est utile, en ce qu'il montre plus promptemcnt, et d'une manière plus sensible, quelle est la croyance universelle de l'Eglise. Les prolestants euxmêmes ont tenu non-seulement des synodes particuliers, mais des synodes nationaux. Ils se proposaient de lenir à Dordrccht un synode général de toutes les Eglises réformées; elles y étaient toutes invitées. Ils ont l'ait, dans ces assemblées, des décisions de foi, prononcé des excommunications, et ils en ont fait appuyer les décrets par le bras séculier. Ces docieurs sans mission et sans caractère, ont-ils eu une autorité plus légitime et [dus respectable que les successeurs des apôtres? — 11 est f iux que le concile de Nicée, dans ses décrets louchant la foi et la discipline , ait procédé par l'autorité de Constantin : ce prince déclara lui-même, en pleine assemblée, qu'il laissait aux évêques le soin de ces deux objets (Socrate, Ilist. ecclesiast., liv. ;, c. 8). Mais ï! punit avec juslice, par l'exil, ceux qui refusèrent de se soumettre à la décision du concile.

2° Ces assemblées, suivant les protestants, ont changé la forme primitive du gouvernement de l'Eglise, et ont privé le peuple du droit de suffrage qu'il devait avoir dans les délibérations. Les évêques, qui jusqu'alors s'étaient regardés comme de simples députés ou mandataires de leurs Eglises, prétendirent qu'ils avaient reçu de Jésus-Christ le droit cl le pouvoir de faire des lois louchant li foi et les mrcurs , et de les imposer aux fidèles ianï les consulter. De là son! venus

dans la suite les honneurs, les prérogatives, la juridiction, que les évêques des villes principales se sont attribués sur leurs collègues. Réponse. La fausseté de toutes ces assertions est prouvée par des monuments incontestables. Au concile de Jérusalem, les apêtres ne consultèrent point le peuple; il y est dit, au contraire, que la multitude garda le silence : tacuit omnis mullitudo. Le décret fut formé au nom des apôtres et des prêtres, sans faire mention du p uple, apostoli et senior s fratres. Le peuple d'une ville dans laquelle un concile était assemblé avait-il le droit de subjuguer par son suffrage les évêques des autres Eglises, ou d'imposer des lois aux fidèles des autres villes? Les protestante eux-mêmes, dans leurs synodes, n'ont jamais consulté le peuple ; ils ont toujours prétendu que le peuple était obligé de se soumettre à leurs décisions, sous prétexte qu'elles étaient fondées sur l'Ecriture sainte : ils se sont ainsi attribué l'autorité qu'ils contestaient aux pasteurs de l'E -lise catholique. Le prétendu droit de suffrage, qu'ils attribuaient au peuple dans leurs écrits , n'est qu'un leurre dont ils se sont servis pour lui en imposer. Nous ferons voir, en son lieu, que les évêques n'ont jamais élé de simples mandataires de leurs Eglises; que le gouvernement ecclésiastique n'a jamais élé démocratique; qu'il y a toujours eu parmi les évêques divers degrés de juridiction. V ot/. Evkqve,

GOUVERNEMENT, HlEîlARCHIE , PASTEUll , été,

o" 11 n'y a, disent nos adversaires, aucune marque certaine pour distinguer si un con~ cile a été ou n'a pas été général, par conséquent infaillible. Sur ce point, le doute n'est pas encore dissipé à l'égard des conciles de Bâle et de Florence, et celui de Trente n'a pas été plus universel que les autres. Quelquefois un concile, qui avait commencé par être légitime et œcuménique, a cessé de l'être dans le cours de ses séances. Comment distinguer quels sont les décrets qui ont ou qui n'ont pas force de loi? Avant de s'y soumettre, il faut savoir si un concile a été légitimement et universellement convoqué, s'il y a eu liberté de suffrages, s'ils ont été unanimes, s'ils n'ont pas élé dictés par quelque passion , par ignorance ou par prévention, etc. Qui nous rendra, sur tous ces faits, un témoignage auquel on soil obligé de se fier?

Réponse. Si les protestants avaient fait toutes ces objections contre leurs synodes avant de vouloir, en adopter les décisions, nous voudrions savoir ce que leurs docteurs auraient répondu ; mais nous savons de quelle manière ont élé traités les arminiens, qui les 'ont faites en effet contre le synode de Dordrecht : Basnage l'avait oublié, sans doute , lorsqu'il s'est avisé d'argumenter contre les conciles de l'Eglise romaine (Ilist. de l'Eglise, liv. x, chap. 1 et suiv. ; liv. xxvn, chap. 4). — Il faut que les caractères d'un concile œcuménique ne soient pas aussi difficiles à constater qu'il le prétend , puisque, entre les dix-huit conciles généraux, il n'y en a que deux sur lesquels on conteste parmi les théologleâs catholiques. Tous convicu

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nent que quand un concile a été convoqué par le souverain ponlife ou de son consentement, lorsque cette convocation a été générale, qu'il a été confirmé par son acquiescement et par l'acceptation de toute l'Eglise, il n'y a plus aucun doute à former sur l'autorité de ses décrets. les contestations que peuvent élèvera ce sujet les hérétiques qui ont été condamnés ne méritent aucune considération ; l'Eglise catholique n'y a jamais eu aucun égard. Où a-t-on vu des plaideurs opiniâtres convenir de la justice d'un arrêt prononcé contre eux?

4° Basnage prétend que les conciles même ne se sont pas crus infaillibles. Les évoques assemblés à Nicée n'eurent point une si haute opinion de leurs décrets ; lorsque les ariens refusèrent de s'y soumettre, on ne leur opposa point l'autorité du Saint-Esprit, qui y avait présidé : au contraire, on crut que la décision de Nicée avait besoin d'être < onfirmée. Elle le fut en effet au concile de Sardique, Tan 3kl ; mais les évêques, assemblés de nouveau à Uimini et à Séleucie, en 359, la révoquèrent et la changèrent : conséquemmenl, il a fallu la renouveler dans le deuxième concile général, tenu à Conslantinople en 381. Il n'en est pas un seul dont les décrets n'aient été sujets à révision. Saint Augustin en jugeait ainsi, puisqu'il dit que 1rs premiers peuvent être corrigés par les conciles postérieurs. C'est seulement dans les derniers siècles que l'on s'est avisé de les regarder comme infaillibles.

Réponse. Les conciles généraux se sont tellement crus infaillibles et revêtus de l'autorité de Jésus-Christ même, qu'ils ont déclaré hérétiques, excommuniés et indignes du nom de chrétiens, tous ceux qui se sont révoltés contre leurs décrets. Lorsque des conciles particuliers ont fait la même chose, ils ont présumé que leurs décisions seraient adoptées par toute l'Eglise, et acquerraient ainsi la même auloriié que celles des conciles généraux. Le concile d'Ephèse, ait. 3 et 6 ; celui de Chalcédoine, art. 5, déclarent que leur jugement est sans appel et irréformahle. Que pouvaient-ils dire de plus fort? Lorsque ^Eglise a souffert qu'un jugement semblable fût examiné de nouveau, elle a voulu démontrer qu'elle poussait la condescendance ot la charité jusqu'à l'excès envers ses enfants rebelles; qu'elle ne refusait pas d'écouter leurs raisons ; qu'elle ne voulait leur laisser aucun sujet ni aucun prétexte de *o plaindre, et il ne s'ensuifrien. Mais tel est le génie malicieux des hérétiques : quand on exige qu'ils se soumettent sans discussion à l'arrêt une fois prononcé, ils se plaignent de ce que. l'on ne daigne pas seulement les entendre; lorsque l'on consent à entrer avec eux dans un nouvel examen, ils en concluent que l'on a bien senti l'insuffisante du premier. Si, avant de les y admettre, on c\m geait d'eux une promesse solennelle d'acquiescer à la seconde décision, ou ils refuseraient de la faire, ou ils la violeraient. — Que tirent les ariens après le concile de Nicée? Ils n'osèrent pal soutenir que la doctrine de

celte assemblée était fausse ou contraire à celle des apôtres, ni en enseigner une tout opposée dans leurs professions de foi : ils se bornèrent à prétendre que le terme de consubstantiel, inséré dans le symbole de Nicée, était susceptible d'un mauvais sens, et pouvait donner lieu à des conséquences erronées ; ils dressèrent des formules dans lesquelles, en supprimant ce terme, ils prétendaient établir, dans le fond, la même doctrine; cl pour les faire adopter, ils demandaient sans cesse de nouveaux, conciles. Lorsqu'ils furent parvenus à se rendre les maîtres dans quelques-uns, comme à Rimini et à Séleucie , à intimider et à subjuguer les évêques catholiques, ils levèrent le masque et professèrent le pur arianisme. Voy. Arianisme. — Il suffit de lire en entier le passage de saint Augustin pour voir ce qu'il a voulu dire. 11 dit que les conciles pléniers ou généraux sont souvent corrigés par des conciles postérieurs, lorsqu'on découvre, par quelque expérience, ce qui était caché auparavant, et que l'on aperçoit ce qui était inconnu (liv. ;i, de Bapt. contra Donat., c. 3). Est-ce en matière de foi que l'on peut découvrir par expérience ce qui était inconnu auparavant? L'Eglise n'a jamais eu besoin de concile pour savoir ce que les apôtres lui avaient enseigné. C'est donc en matière de faits personnels ou autres que cela peut arriver : or, on convient que, sur de tels faits, les décisions d'un concile ne sont point infaillibles. D'ailleurs saint Augustin écrivait pour lors contre les donatisles, et toute la contestation qui régnait entre eux et l'Eglise n'avait qu'un fait pour objet. Voy. Donatistes. — Les protestants ont encore mieux fait que les ariens : dans le temps même qu'ils soutenaient de toutes leurs farces qu'aucune décision humaine n'est infaillible, ils exigeaient, pour les décrets de leurs synodes, la même soumission que si c'avait été les oiacles de Dieu même.

5° Ils disent que plusieurs conciles généraux ont été opposés les uns aux autres. La doctrine de Nestorius, condamnée à Ephèse, fut remise en honneur à Chalcédoine; ainsi en jugea le deuxième concile tenu à Ephèse, en 449, et il n'y a aucune raison de juger celui-ci moins œcuménique ou moins légitime que le premier. Le cinquième concile, assemblé à Constantinople , condamna les trois chapitres que celui de Chalcédoine avait approuvés. En 879, un autre concile de Constantinople cassa les actes de celui qui avait condamné Pholius dix ans auparavant. Le concile de Trente a déclare canoniques des livres que les anciens conciles avaient rejelés comme apocr\ plies.

Réponse. Ce sont là autant de faussetés. Il est absurde de nous donner pour concile œcuménique l'assemblée que Dioscore, à la tête des euh chiens, tint en 4V.\ et qui a été nommée à juste titre le brigandage d'Ephèse. Il ne l'est pas moins d'alléguer en preuve les calomnies que ces hérétiques publièrent contre les décisions du concile de Chalcédoine, pour étayer leurs erreurs. 11 est faux que ce

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concile ail favorisé en aucune manière la doctrine de Nestorius, et qu'il ait approuvé les trois chapitres; il l'est que celui de Conslantinople ait cassé les actes du précédent. Tous ces faits seront éclaircis chacun en son lieu. Voy. Ephèse, Chalcédoine, Eutychi.*ntsihe, Nestorianisme, Grecs, etc. Le concile de Trente a déclaré canoniques des livres que les anciens conciles n'avaient pas placés dans le canon, mais qu'ils n'avaient rejetés ni comme faux, ni comme apocryphes. Voy. Canon.

G0 11 n'est, disent encore les protestants et leurs copistes, aucun des conciles, soit anciens, soit modernes, qui ail produit les effets que l'on en attendait. Ces assemblées, loin de terminer les disputes, les ont rendues plus violentes ; elles ont aigri le mal au lieu d'y remédier. Le concile de Nicée n'aboutit qu'à susciter de nouveaux, partisans à l'arianisme, et à remplir l'Eglise de troubles pendant plus d'un siècle. Celui de Conslantinople n'étouffa pas les erreurs de Macédonius; celui d'Ephèse fit naître le schisme des nesloriens, et celui de Cha!cédoine, le schisme des cutychiens. Le septième, touchant le culte des images, fut rejeté en France et en Allemagne pendant plus d'un siècle, et le huiiièmo a été l'origine du schisme des Grecs. Enfin, celui de Trente n'a pu ramener à l'Eglise aucune des sectes qui s'en étaient séparées.

Réponse. A qui doil-on s'en prendre? Il est singulier que les hérétiques se prévalent de leur opiniâtreté, pour prouver l'inutilité des conciles. Tous ont commencé par en demander un dans lequel leur doctrine fût examiminée; lorsqu'ils ont été condamnes, ils ont déclamé contre la décision. Cela démontre que tous ont été de mauvaise fui; qu'ils ont été bien résolus de n'acquiescer à aucun jugement, à moins qu'ils ne l'eussent eux-mêmes dicté. Mais le synode de Dordrecht , assemblé par les calvinistes avec tant d'appareil, a t-il converti les arminiens? Leur secte subsiste et a fait de nouveaux partisans, en dépit de la condamnation; celle des gomaristes n'a prévalu que par l'appui du bras séculier. Avantde censurer avec tant d'amertume les conciles de l'Eglise catholique, les prolestants auraient dû ouvrir les yeux sur ce qui s'esl passé parmi eux. — Quelle conséquente peuvent en lirer les inciéJules d'aujourd'hui? Que les hérétiques sont inconvertibles ; que l'Eglise fait en vain ses efforts pour les ramener à résipiscence; qu'ils la forcent enfin à les rejeter entièrement de son sein, comme des membres pourris et capables d'infecter les autres. L'analhème qu'elle prononce contre eux n'est donc pas inutile, puisqu'il sert à distinguer ses enfanls d'avec les rebelles, et sa doctrine d'avec les erreurs. Les schismes, les divisions, les haines, qui ne manquent jamais d'éclore dans les sectes même dont elle s'esl séparée, ne prouvent que trop qu elle a eu raison de s'en débarrasser.

7° Il est impossible, continuent les déolamaleurs, que le Saint-Esprit ait présidé aux conciles ; c'étaient des assemblées tumultueuses, où la passion animait également les deux partis, où les evêques, la plupart très-

vicieux, ne pensaient qu'à faire prévaloir leurs opinions et à satisfaire leurs haines particulières. Rin n'est plus scandaleux que les scènes qui se sont passées à Ephè<=e, à Conslantinople, à Ni fée et ailleurs , pendant la tenue des conciles. Saint Grégoire de Nazianze en était si révolté, qu'il avait résolu de ne plus assister à aucun : il n'en parle qu'avec le plus grand mépris; saint Ainbrosse en pensait de môme. Les disputes ne furent ni plus décentes ni plus modérées au concile de Trente que dans tous les autres.

Réponse. Nous convenons que, dans plusieurs des anciens conciles, les hérétiques ont excite du tumulte; que souvent, à 1 exemple des ariens, de Nestorius et de Diosco.e, ils se sont fait appuyer par des soldats, et ont employé la violence pour faire prévaloir leurs erreurs. Mais i! ne faut pas rejeter sur les évoques catholiques les excès des sectaires. Lorsque saint Grégoire de Nazianze a fait un tableau désavantageux des conciles, il parlait de ceux dans lesquels les ariens avaient été les maîtres, et s'étaient prévalus de l'appui des empereurs qui les tavonsaienl ; il écrivait l'an 377, et alors il y avait eu au moins douze assemblées dans esquelles ces hérétiques avaient fait éclater leur génie violent et séditieux ; lui-même avait eteen bulle à leurs cabales, lorsqu'il gouvernait l'Eglise de Conslantinople. Saint Ambroise parlait de ces mêmes tumultes, et dans le même temps. Mais il n'y a pas eu des ariens dans tous les conciles. Plusieurs ont été tenus sous les yeux, dans le palais des empereurs; et ces princes, lorsqu'ils étaient catholiques, n'ont excite ni souffert aucune dispute indécente. - Il peut y en avoir eu parmi les théologiens de différentes écoles, qui furent envoyés au concile de Trente; mais ces disputes n'ont rien eu de commun «avec les sessions du concile, tenues par les éveques, dans lesquelles se rédigeaient les décisions. II y avait à Trente des ambassadeurs de tous les souverains catholiques. Les disputes des théologiens n'avaient lieu que dans des assemblées particulières; aucun desordre, aucun tumulte n'est arrivé dans les sessions publiques. Voy. Trente. 8"Mosheim prétend que les coutroversistes et les conciles suivirent la méthode des jurisconsultes et des tribunaux romains, qui examinaient plutôt ce qui avait été pensé par les anciens, que ce qui était conforme à la raison et au bon sens. C'est, dil-il, ce qui donna lieu à des imposteurs de publier de faux ouvrages, sous les noms des auteurs les plus respectables, môme de Jésus-Christ el des apôtres [But. ceci., v» siècle, n« parl.,c. 3, § 8 el 9). Réponse. Ici, comme dans beaucoup d'autres endroits, ce criiique a été aveuglé par la haine. Il a dû savoir que, dans le christianisme, pour savoir ce qui est vrai ou faux, il ne s'agil pas de consulter la raison très-fau- Uve et le prétendu bon sens des philosophes, mais la révélation, et d<> savoir ce qui a é;é ou n'a pas été révélé. Or c'est un fait qui ne peut être constaté que par des témoignages ou par le rapport de- anciens. Il n'y a donc

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