‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 157 sur 183 · HH · texte numérisé non relu

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aucune comparaison à faire entre les théologiens et les jurisconsultes. — Que répondrait filosheim à un incrédule qui lui dirait que c'est l'habitude de consulter des livres prétendus inspirés, plutôt que la raison et le bon sens, qui a donné lieu aux faussaires de forger des livres sous le nom de Jésus-Christ et ti.js apôtres? Voilà comme les protestants s'enlacent toujours dans leurs propres filets.

9" Quelques incrédules ont prétendu qu'il y a un moyen par lequel la cour de Rome peut corrompre les actes des conciles ; ils ont cité un protestant qui dit qu'à la bibliothèque du Vatican il y a des écrivains entretenus pour transcrire les actes et les ouvrages des Pères, en imitant le caractère des anciens livres, afin de pouvoir donner ces copies modernes pour des titres originaux. Ces impostures des protestants étaient fort bonnes pour séduire les peuples dans les deux siècles passés; mais il y a bien de l'ineptie à les répéter aujourd'hui. La cour de Rome al!ércra-t-e!le les éditions des conciles et des Pères, imprimées et répandues dans une grande partie de l'univers? Les actes originaux du concile de Bâle n'ont pas été transportés à Rome; ils sont dans là bibliothèque de Bâle, et il y en a une copie authentique dans la biblioihèque du roi.

Les actes des conciles ont été recueillis par Labigne,et imprimés au Louvre l'an 1(j44, en 16 vol. in-folio : ensuite par les Pères Labbe et Cessait, jésuites, et imprimés à Paris en 1672, en 17 volumes ; enfin par le Père Hardouin, et imprimés au Louvreenl715, en 12 vol. La collection de Labbe a été réimprimée à Venise ••n 1732, en 21 vol., et à Lucques en 1748, en W> vol». Les actes des conciles tenus en France ont été donnés par le Père Sirmond et par son neveu, en 4 vol. ; ceux des conciles d'Esp<r:gne par d'Aguirro, en 4 vol. ; ceux des conciles «l'Angleterre et d'Irlande, par Wilkins, et imprimés à Londres en 1737, en 4 vol. in-fol. Discours du Père Richard, à la tête de l' Analyse des conciles généraux et particuliers.

[TABLEAU DES CONCILES CÉNÉRAUX (i)

•ll.NUS DEPUIS LU COMMENCE Ml KT DK L'EGLISE JUSQU'A NOS JOURS.

l*» Concile général.

(32.?i) Le i'r concile général de Ni' ée , ville «le I> ï thynie dans l'Asie Mineure : il dura deux mois et douze jours. Il y avait 5lK évêques. (Luis, évéque de Cordoue, y assista connue légat du pape Sylvestre. L'empereur Constantin s'y trouva aussi : on dressa dois ce concile le symbole de Nicée, qui fut relouché et augmenté dans le concile suivant. U* Concile général.'

(5S1) ior Concile général de Consianlinople , , composé de J50 évêqueH contre tMacédonius, qui combattait la divinité du Saint-Esprit, et contre Apollinaire. On retoucha le symbole de Nicée et on y ajouta, cuire autres choses . ce qu'on y lit à présent sur la divinité « 1 ta Saint-E?pril, et ce qui suit jusqu'à la lin.

me Concile acné) al.

('.51) Concile général d'Epluse. Il b'y trouva plus de 200 évoques. Saint Cyrille (f Alexandrie y présida ponr le pape Célesiin Ier. La sainte Vierge y lut déclarée mère de Dieu, don comLimna Neslorius, (1) Il y a quelques conciles dont roçcuménicilé est

Cilui de concile d >ns le tableau qu'on va lire.

évéque de Consianlinople. 0.» y renouvela la condamnation de Pelage.

IVe Concile général.

(.51) Concile général de Chulcédoinc dans l'Asie Mineure. Ou y condamna Eulychès et Nioscore . évéque d'Alexandrie , qui soutenait qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une seule nature. On excommunia Eulychès, et Dioscorc fut chassé de son siège d'Alexandrie.

Ve Concile (jénéral.

(^53) ne Concile général de Consianlinople de 151 évêques. Il fut convoqué , 1° pour condamner les erreurs d'Oiigèneel quelque! écrits de Théodorci, de Théodore, évéque de Mopsueste et d'Ihas, chèque d'Edesse; 2° pour continuer les quatre premiers conciles généraux, cl par;iculièremenl celui de Chalcédoine que les acéphales coniesiaicut. vie Cvncile général.

(G80 et 681) iue Concile général de Consianlinople, où se trouvèrent plus 1(J0 de évoques, sur la (in ; deux patriarches, l'un de Consianlinople et l'autre d'Anlochc ; et l'empereur, afin que S3 présence retînt les esprits mutins. Ce concile fut assemblé pour détruire entièrement le monoibclismc , et pour reconnaître en J.-C. deux volontés, l'une divine et l'autre humaine, et autant d'actions qu :l y a denalures.OiianathénialisaSergius Pyrrhus, Paul, Macarius el ions leurs sectateurs.

vne Concile général.

(7.87) i\* Concile général de Nicce de 377 évêques , convoqué par l'empereur Constantin et sa mère Irène. Les légats du pape Adrien présidèrent , et Taraise, patriarche1 de Coiistaniinople, y assista. On y régla la vénération duc au\ saintes images. vin0 Concile général

(S69) ivc Concile général de Consianlinople, oùse trouvèrent 202 évêques, 5 lésais du pape, et 4 patriarches.On y brûla les actes d'unconciliabule(pie Pho tins avait as cinblé contre le pape Nicolas et contre Ignace, légitime patriarche de Consianlinople. Ou y condamna Photius qui s'était emparé de celle dignité, el Ignace fut rétabli avec honneur; le culio des images de la sainte Vierge el des saéils y lui encore maintenu.

IXe Concile général

( 1123) Ier Concile général de Lalran, sous CalixtelL Il y avail plus de 500 évêques el plus de liOU abbés. Il lut tenu pour la paix de l'Eglise troublée depuis plus de 45 ans à l'occasion du droit de la collation des bénéfices que l'empereur prétendait avoir. On travailla à rétablir la discipline ecclésiastique beaucoup affaiblie par la longueur el la multitude des schismes. Ou y chercha aussi les moyens de retirer la terre sainte de la puissance des inlidèles. xe Conc.le général.

(Mï.9) tic Concile géuéral de La Iran , de prés de 1000 évè ;ues, sous Innocent 11. pape, et en pré* sence dé Conrad, empereur. Il fui assemblé pour condamner les scb'isiua tiques, pour rétablir la discipline de l'Eglise , et pour anailiémaiiser les erreurs d'Arnaud de Kivscia, ancien disciple d'Abailaid. xi' Concile général.

(1179) tne Concile général «Je Lairan. Il y avail 302 évêques. Il fut assemblé pour annuler les ordin.ilious faites par les antipapes, condamner lis erreurs des vaudois, el pour travailler à la réforme des mœurs.

xn* Concile générai.

(121.")) ive Concile général de Latran ; le pape Innocent III y prosida. Il y avail ûi'VX patriarches i.ini d» Consianlinople cl celui de Jérusalem; 71 iirchevèques , il 2 évéque.* ,800 abbés; le patriarche des maronites et saint Dominique , insiuuu/ur de l'ordre des Er ères Prêcheurs Le concile fut assemblé pour condamner les erreurs des alh-

cnesiee : nous ne mutions pas le mot général après

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geois et des autres hérétiques, cl pour la conquête de la lerre sainte.

xuie Concile général.

fiS45)l« Concile général de Lyon , où présida le pape Innocent IV et où assistèrent les patriarches de Conslantinople, d'Antioche et d'Aqnilée ou de Venise; 140 évèques , Baudoin !l, empereur d'Orient, et saint Louis, roi de France. On y excommunia Frédéric IL On y donna le chapeau rouge aux cardinaux, et enfin on décida qu'on enverrait une nouvelle armée de croisés dans la Palestine , sous la conduite de saint Louis.

XIVe Concile général.

(1274) ii« Concile général de Lyon, où présidait Grégoire X, et où assisièrent les patriarches d'Antioche et de Conslantinople, 5 cardinaux , 500 évoques, 70 abbés., 1000 docteurs» On y travailla à réunir les Grecs et les Latins suç la procession du Suint- Esprit. On ajouta au symbole de la foi qui avait été dressé au concile de Conslantinople, le mot Filioque. Ou chercha les moyens de recouvrer la terre sainte.

xve Concile général, (131 1) Concile général de Vienne en France, assemblé par ordre deCléinent V. Il y avait les deux patriarches d'Antioche ei d'Alexandrie, 5W0 évèqnes, 3 rois, Philippe IV, roi de France; Edouard 11, roi d'Angleterre; Jacques II, roi d'Aragon. On y parla particulièrement des erreurs et des crimes des templiers , des béguards et des béguines , d'une expédiliorv dans la lerre sainte , de la rëformalion des mœurs du clergé, et de la nécessité d'établir dans toutes les universités des professeurs pour enseigner les langues orientales.

xvie Concile, s.

( 1 409) Concile de Pise,en 140!), que plusieurs regardent comme général. L'objet prii.cipal de ce.concile fut l'extinction du schisme après la mort du pipe Grégoire XI, en 1372. Il s'y trouva 22eardinaux,l patriarche, 92 évêrpies , des députés de pie-que toutes les universités, de même que des ambassadeurs de la plupart des cours. Ou y élut Alexandre V, pape; mais le schisme ne fut pas éteint pour cela. xvne Concile général.

(1414) Concile général de Constance, en Allemagne. Il fut assemblé par les soins de l'empereur Sigismond, pour analliémaliser les hérésies deWiclef et de Jean llus, et pour éteindre les schismes qui déchiraient l'Eglise depuis 57 ans. On y comptait 4 patriarches, 47 archevêques, 1(i0 évèques, 564 abbés et docteurs. Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris, y assista. Jean Hus et Jéiônie de Prague y furent brûlés après avoir été convaincus de leurs erreurs el avoir refusé de les abjurer avec une opiniâtreté doit l'hérésie seule est capable. Martin V approuva les déciets qu'on y fil eu mat ère de foi. xviue Concile.

(! iôl) Concile de Uàle, ville de Suisse, sur le Rhin , sous Eugène IV, Sigismond étant empereur, il fui a«scrftble à i'occasion des troubles de Bohême au sujet de la communion sons les deux espères. Le concile accorda aux Bohémiens l'usage du calice, pourvu qu'ils n'improuvasseni pas l'action de ceux qui ne communiaient que sous une espèce. On y travailla aussi à la rélbrmation du clergé. Ce concile n'est p:is regardé comme oecuménique dans toutes ^es sessions : à la (in , ce ne fut qu'une assemblée tumultueuse.

xixe Conci'e général.

(! &3S) Concile général de Florence. Il fui commence dès l'an 1 158, à Ferrare ; mais la pe>te qui se lit sentir dans ce le v lie obligea de irm-lérer ce concile à Florence. Eugène IV y présida, li y avait ■150 évoques. Joseph , patriarche de Conslantinople, avec Jean Paléologue, empereur d'Orient, s'y trouvèrent. Il fut assemblé particulièrement pour Réunir les Grecs el les Lai u>.

xx' Concile général.

(1512) ve Concile général de Latran , où présida Jules II, puis Léon X;Maximilien Fr était alors empereur d'Allemagne. Ce concile dura cinq ans ; il y avait 15 cardinaux et près de 80 archevêques el évèques. Il fut assemblé, 1° afin d'empêcher une espèce de schisme naissant ; 2° pour terminer plusieurs différends qui existaient entre le pape Jules 11 et Louis XII, roi de France; 5° pour réformer le clergé. On arrêta dans ce concile qu'on ferait la guerre à Sélim, empereur des Turcs. On nomma pour chef de cetie expédition l'empereur Maximilien 1er, et François 1er, roi de France. La mort de Maximilien et l'hérésie de Luther, qui causa de grand troubles en Allemagne , renversèrent ce grand dessein.

xxie Concile général.

(1545) Concile général de Trente, ville épiscopale, dont l'évêque était souverain et prince de l'Empire, sous la protection de la maison d'Autriche. Ce concile dura près de 18 ans, depuis 1545 jusqu'en 1563, sous 5 papes, Paul 111, Jules 111, Marcel II, Paul IV, Pie IV, el sous les règnes de Charles-Quint et de Ferdinand, empereurs d'Allemagne. Ce concile avait réuni 11 cardinaux, légats du saint-siége, 5 patriarches, 45 archevêques, 255 évoques, 7 abbés, 7 généraux d'ordres monastiques, 160 docteurs en théologie. Il fut convoqué pour condamner les erreurs de Luther, Zuingle, Calvin, etc., et pour la rélbrmation des mœurs des ecclésiastiques et des fidèles.

CONCILESNATIONAUX (1). Ils se forment par l'assemblée des évèques de loutes ou de presque toutes les provinces d'un royaume ou d'un État. L'antiquité nous en offre beaucoup d'exemples dans les célèbres conciles d'Afrique, des Gaules et d'Espagne. Ils ont été assez fréquents en France sons la première et seconde race de nos rois. 11 y en a eu encore quelques-uns depuis, mais moins fréquemment ; el depuis longtemps il ne s'en est po^nt tenu auquel o.s puisse donner ce nom. Quoique bien inférieurs pour l'autorité aux. conciles généraux, ces conciles ont toujours inspiré une grande vénération, et leur suffrage a toujours p;iru très-considérable. On en peut ju^er par le respect qu'on a, dans tous les temps, témoigné pour les décisions et règlements portés dans ces conciles, et que les conciles généraux, onl eux-mêmes souvent adoptés.

La convocation de ces conciles n'a jamais été regardée comme une chose réservée aux papes. Ou ne voit rien dans les actes de ces conciles qui annonce qu'on ait cru avoir besoin de l'agrément des souverains pontifes pour les assembler. Celaient les pairiarches, les primais, qui en faisaient la convocation, du consentement exprès ou présumé des princes chrétiens (2). Car ce consentement a toujours élé nécessaire pour autoriser les évoques à se réunir eti corps. En France, ce sont presque toujours nos souverains eux-mêmes qui onl convoqué les conciles nationaux du royaume ; ils en ont incontestablement le droit, comme protecteurs el gardiens des droits, franchises el libertés de l'Eglise et du

(1) Cet article, et le suivant sont reproduits d'après l'édition de Liège.

(2) C'est un abus d'autorité de la part des princes temporels : leur seul droit e->t de veiller à ce que l'ordre public ne soit po'iil troublé à l'occasion de ces léuniim-.

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royaume de France. Presque tous les conciles, dont les actes ont été conservés, offrent la preuve de l'exercice que nos rois ont fait de leur pouvoir à cet égard ; presque tous portent qu'ils se sont assemblés par les ordres des princes qui gouvernaient alors l'Etat ; et a quel autre mieux qu'au souverain pouvait appartenir le droit de convoquer et d'assembler les évoques qui vivaient sous sa domination ?

Ainsi, lorsque ensuite ces conciles envoya;ent aux papes leurs actes pour en demander la confirmation, il faut bien prendre garde, comme on l'a déjà observé, que cette confirmation n'était pas demandée pour autoriser la tenue de ces assemblées, valables certainement, et légitimes par elles-mêmes : on ne voulait que donner une force nouvelle c'mix décisions portées par ces conciles, en ajoutant au poids de leur jugement l'autorité du jugement du saint-siége; ce qui présente une S'irte d'approbation, d'adhésion aux définitions faites, plutôt qu'une confirmation proprement dite.

A l'égard de la présidence dans les conciles nationaux, elle était déférée ou selon Indignité des sièges, lorsque, dans l'étendue des province» dont les évoques se rassemblaient, il y avait quelque siège à qui la prééminence était attachée ; ainsi les patriarches dans leur patriarcal; les exarques, titre qu'on donnât aux évéques de Césarée en Cappadoce, d'Epbèse et d'Héraclée, dans leurs exarchats ; les primats dans leurs primatics, avaient de droit la présidence, ou bien e'.le était déférée à l'ancienneté de l'ordination. Quelquefois on l'accordait à la qualité de légats du saint-si ge. les archevêques d'Arles l'eurent longtemps à ce titre, qui reprit une nouvelle faveur, cl fut fort en usage dans les xie, xir et xme siècles, après quoi on revint encore à l'ancienne coutume de tenir les conciles nationaux sans le concours des légats du pape.

En France, la présidence était anciennement déférée au plus ancien des métropolitains, et cet ordre subsista jusqu'au temps où les papes donnèrent la qualité de légats du saint-siége aux archevêques d'Arles. Ceuxci, en cette qualité, présidèrent souvent aux conciles nationaux. Cependant, durant le temps même de celte légation, on voit d'autres évêques présider à des conciles. La légation fut accordée par le pape Symmaque à saint Césaire, archevêque d'Arles en 514, pour terminer les fréquentes contestations qui s'élevaient au sujet de la présidence entrelesarchevêques de Vienne et deNarhonne. Celte même légation fut, à la prière de nos rois, confirmée par les papes à tous les successeurs de saint Césaire, comme il paraît par les lettres des papes à saint Césaire luii éme, à Arcadius, à Aurélien, à Sapandus. et à Virgilius, qui tous se succédèrent les uns aux autres dans le siège d'Arles, et ce fut en conséquence de la continuation ou confirmalion de ce privilège que Sapandus présida au fécond concile d'Arles en 5U, a celui de Taris en 555, et à celui de Valence en 584. Mais pendant le môme temps on voit Prûbus, ar*

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chevêque de Bourges, présider, eu 557, au troisième concile de Paris ; Philippe, évêquo de Vienne, au second de Lyon, en 507 ; Euphonius de Tours au second concile de cette ville, en la même année, et Anchorius à celui d'Auxerre, en 578.

L'archevêque de Lyon jouit (1) en France du droit de primatie,et prétend, comme un privilège de son siège, au droit de présider au concile de la nation. Les exemples que l'on vient de citer prouvent que ce privilège n'a pu s'établir que vers la fin du vr siècle. On trouye, et c'est peut-être ici l'origine de la prétention des archevêques de Lyon, qu'eu 585, Priscus, évéque de Lyon, présida au second concile de Mâcon, où se trouvèrent après lui, outre les évêques, cinq autres métropolitains, ceux de Vienne, de Sens, de Rouen, de Bordeaux et de Bourges. Ce concile, qui était comme national, ordonna que tous les cinq ans on en tiendrait un semblable, et que l'évèque métropolitain de Lyon l'indique- ait, après être convenu avec le roi du lieu de l'assemblée. Candéricus, évéque de Lyon, présida, en 650, au concile de Châlons ; c'est apparemment ce qui établit insensiblemenllo droit des évêques de Lyon, qui, depuis ce temps-là, présidèrent souvent aux comités nationaux. Leur possession a pourtant élé souvent interrompue, et n'a jamais élé reconnue par les assemblées du clergé de France, où, par celle raison tes archevêques de Ljon ont souvent fait difficulté d'assister, ou n'ont assisté qu'en protestant pour la conservation de leur droit.

Si l'occasion se présentait de lenir un concile national dans le royaume, ce ne sérail pas une petite diffi culte que d'en régler la présidence ; rembarras sérail augmenté par les prétentions qui paraissent assez légitimes de la part de tous les métropolitains, d'avoir la préséance et la présidence aux iisscnublces ecclésiastiques qui se tiennent dans leurs provinces. Peut- être serait-on obligé, pour pouvoir [lasser outre, de s'en lenir à quelque disposition provisoire, sans préjudice des droits des parties au fond.

Les conciles nationaux se forment, comme les conciles généraux, par les depulaiions que font les différentes provinces ecclésiastiques, et les pouvoirs qu'elles donnent à leurs dépotés. Ce que l'on a dit des prêtres au sujet des conciles généraux doit également s'appliquer ici.

Il esl hors de doute que les conciles nationaux peuvent faire des décrets sur la foi et des règlements sur la discipline : il ne faut, pour s'en convaincre, que lire les actes qui nous restent des anciens conciles, tenus dès les premiers siècles de l'Eglise. — .Mais les décrets portés dans ces conciles sur la foi ne deviennent la règle invariable et infaillible ée notre croyance qu'autant qu'ils sont acceptés par le consentement au moins tacite de toute l'Eglise, à laquelle seule il appartient de déclarer cl de proposer les articles de foi ; cl c'est pourtant par celte mie que la plupart

(1) Aucun métropolitain n'a aujourd'hui d'autorité

l'un yii l'aiitie.

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des hérésies ont été étouffées et proscrites. Saint Augustin ne balança pas même à prononcer contre les pélagiens que la cause était finie depuis que Rome avait solennellement approuvé et confirmé les condamnations prononcées conlre eux dans les conciles d'Afrique, et que mal à propos, ils demandaient encore à être entendus dans un concile général ; qu'il ne fallait pas, par l'opiniâtreté d'un petit nombre d'hommes convaincus manifestement d'erreur, troubler le repos de tontes les Eglises. C'est qu'en effet toute 1 Eglise applaudissait à la condamnation de Pelage et de Célestius. Au contraire, quoique Arius eût été condamné dans le concile national de l'Egypte, présidé par le patriarche d'Alexandi ie, et que le saint-siége eût approuvé cette condamnation (1 ), les progrès qu'avait faits l'impiété arienne, le nombre de partisans qu'elle s'était atlirés, et le trouble qui en résultait dans toute l'Eglise, firent alors regarder comme indispensable la tenue d'un concile général ; et ce fut à cette occasion que fut convoquée la première et la plus célèbre de ces assemblées.

Quant aux règlements de discipline faits dans les conciles nationaux, ils ont toujours paru mériter un grand respect, et souvent l'Eglise universelle s'est empressée de les adopter et de les faire passer dans le corps de ses canons. Ces règlements n'ont cependant par eux-mêmes de force que dans la nation ou l'Etat dont les prélats se sont assemblés ; et cette force encore, ils ne l'ont pleinement qu'après qu'ils ont été approuvés par les souverains, et revêtus du sceau de l'autorité publique (2). Les conciles nationaux tenus en France ont bien senti l'importance et la nécessité de celte autorisation ; on peut en juger par le soin qu'ils ont toujours eu de la solliciter. Nos rois ont aussi toujours montré le plus grand empressement pour soutenir par leur autorité ce que les conciles avaient réglé pour le bien commun (Extrait du Dictionnaire de Jurisprudence).

Conciles provinciaux. Après les conciles nationaux viennent les conciles provinciaux, c'est-à-dire ceux qui se forment par l'assemblée des évêques d'une province ecclésiastique, sous le métropolitain leur chef, et en cas de vacance du siège de la métropole, ou d'empêchement (la côté du métropolitain, sous le plus ancien des évêques de la province à qui la présidence est alors dévolue, à moins que, par un usage ou statut particulier, elle ne soit déférée à quelque autre.

Il faut appliquer avec proportion aux conciles provinciaux ce que l'on vient de dire des nationaux, quant aux décrets sur la foi et aux règlements sur la discipline. Les conciles provinciaux peuvent incontestablement en faire aussi bien que les conciles nationaux ; car comment disputerait-on à ces conciles un droit qu'on ne peut refuser à chaque évêque pour son diocèse? Mais on sent bien

(1) Ce n'est pas qu'une fois la condamnation fjile par le saint-siége le jugement ait été réformable.

(2) Le souverain n'n aucun pouvoir pour donner force aux décrets d'un concile.

que les décrets sur la foi, portés dans ces conciles ont encore moins le caractère de jugement définitif et irréformable que ceux des conciles nationaux. Ces décrets forment des préjugés, des autorités bien respectables ; mais ils ne peuvent être regardés comme une décision précise et formelle. La force des règlements que les mômes conciles font sur lu discipline ne s'étend pas au delà des limites de leur province, et il est d'ailleurs nécessaire qu'ils soient revêtus du sceau de l'autorité souveraine. C'est un soin que n'ont pas négligé les Pères des derniers conciles provinciaux tenus en France.

Reste à voir en quel temps ils devraient s'assembler, et à qui il appartient de les convoquer. — La difficulté de réunir tous les évêques du monde chrétien, ou même ceux d'une seule nation, n'a guère permis de fixer un terme certain pour la tenue des conciles généraux, ou seulement nationaux ; et si quelquefois, comme dans les co.net/esde Pise, de Constance et de Râle, on a cru devoir indiquer le temps de la tenue du prochain concile, presque jamais ces circonstances ne se sont conciliées avec l'indication faite. La proximité des évêques d'une même province laissait bien plus de facilité et de liberté de les assembler. Aussi voit-on que les conciles provinciaux se tenaient très-fréquemment ; il était même passé en usage et en règle qu'ils se tinssent au moins une fois l'année. — C'est la disposition du deuxième canon du concile tenu en 533 à Orléans : Ut mftropolitani singulis annis comprovinciales suos ad concilium evocent ; elle est renouvelée au canon 3 du troisième concile tenu l'année suivante en la même ville. On la retrouve dans les capitulaires de Charlemagne, qui ordonna l'exécution des anciens canons à ce sujet ; on voit même que le concile tenu à Savonières en Skd, arrête que les souverains seront conjurés d'employer leur autorité pour faire main tenir cette ancienne et précieuse discipline. ■ — Dans la suite il fut résolu qu'on ne tiendrait plus les conciles provinciaux que tous les trois ans. C'est la disposition du concile de Trente. — L'édit de Meiun, art. 1, en ordonnant la tenue des conciles provinciaux tous les trois ans,conformémenlà la discipline qu î s'était depuis établie, confirme aussi les métropolitains dans le droit de lesconvoquer. Voici ce qu'il porte : Admonestons les archevêques et métropolitains de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de tenir les conciles provinciaux dans les six mois prochainement venants, et dorénavant de trois ans en trois ans. en tel lieu de leurs provinces qu'ils jugeront être plus propre et plus convenable pour cet effet, pour pourvoir à la discipline et correction des mœurs, et direction de la police ecclésiastique et institution des écoles, selon la forme des statuts et décrets. Défendons à tous nos juges d'empêcher directement ou indirectement la célébration desdits conciles, et leur enjoignons de tenir la main iï i exécution des ordonnances et décrets d'tceux, sans que les appellations comme d'abus de ce qui sera ordonné auxdits conciles, pour

\o:z CON TON loti

la correction et discipline ecclésiastiques, ait enregistrée an parlement de Paris , avec aucun effet suspensif. — Les assemblées du celle modification seulement , que les arclergé de France tenues depuis celle de Me- chevêques et évêques ne pourraient faire loti ont toutes renouvelé leurs vœux pour leurs assemblées et conciles provinciaux que l'exécution pleine et entière de cet article, de trois ans en trois ans. — Par une autie Celie de 1625, à laquelle présidait le car- déclaration du 16 avril 16i6, le roi « admodinal de Sourdis , dans la Séance du mardi nesle et exhorte les archevêques et métro- 3 juin, ap'ês avoir observé qu'il n'y avait politains de tenir les conciles provinciaux point de plus puissants moyens pour la con- au moins de trois ans en trois ans , en tel serva'ion de la discipline ecclésiastique, et lieu de leur province qu'ils connaîtront pour la maintenir dans sa perfection, que être plus propre pour cet effet, afin de pourlundfC'ion des conciles provinciaux, résolut, voir à la discipline et correction de* mœurs, pour plus utilement travaillera ces conciles, et direction de la police ecclésiastique , irisdu recourir an roi et de le supplier très- titution des séminaires et écoles , selon la humblement d'accorder des lettres patentes, forme des saints décrets, avec défenses à par lesquelles il ordonnerai! que ses officiers t us juges d'empêcher directement ou înditinssent la main à l'exécution des décrets, reelement cette célébration , et injonction — On retrouve les mêmes sentiments dans de tenir la main à l'exécution des décrets et l'assemblée tenue à Pontoise en 1670. Dan* ordonnances d'iceux , sans que les appels les remontrances qu'elle fit au roi, le jeudi, comme d'abus de ce qui y sera ordonné, 2 octobre, M. le Te!lier,coadjuieur de Heims, aient aucun effet suspensif. » Cette déclaraqui portait la parole au nom du clergé, re- lion fut , le 20 du même mois, enregistrée présenta la célébration des conciles provin- au parlement de Paris , pour être exécutée ciaux comme l'abrégé des moyens dont on conformément aux ordonnances. — Cinq ans pouvait se servir pour faire revivre la pureté après celle déclaration, le roi écrivit à M. de et la- discipline. Après avoir dit que par ces Harlay, archevêque de Rouen , pour lui lésaintes assemblées la fui a fleuri dans l'Eglise, rnoigner sa satisfaction de la convocation que la régularité et la discipline avaient que ce prélat avait faile du concile de sa triomphé de la licence et de la corruption, et province , et lui dire que non-seulement il que la censure avait corrigé les mauvaises l'avait pour agréable, mais qu'il l'exhortait mœurs dans le clergé et dans le peuple, il de- à conduire à sa perfection un ouvrage si némanda, au nom du clergé, d'exécuter ce que cessaire au bien de l'Eglise, en l'assurant les ordonnances lui commandent à ce sujet', qu'il lui donnerait toute l'assistance dont il Le procès-verbal de l'assemblée de 1700 pré- aurait besoin pour la tenue de son contente un discours à peu près semblable, et file.

dans le même sens, prononcé par M. Henri II résulte de ces dispositions, que les con-

de Nesmond, évéque de Montauban. cilcs provinciaux ont toujours paru de la

Nos rois se sont toujours empressés de fa- plus grande utilité pour le bien de l'Eglise ,

voriser en ce point l'observation et l'exécu- le maintien de la discipline et la réformalion

lion de la discipline ancienne, et les vœux des mœurs, que le terme pour les tenir est

de leur clergé. Ou a déj» vu la disposition fixé à l'intervalle de trois ans; et enfin que

de l'article 1" de l'ordonnance de M et un ; les archevêques sont autorisés et excités par

voici ce que porte l'article 6 de celie de les lois de l'Eglise, comme par celles de l E-

Î6I0. « Pour la réformation des mœurs et tat, à convoquer au temps fixé par les unes

directioti de la justice etdiscipliue ecciésias- cl par les autres ces assemblées. Il peut

liqtle, le clergé a reconnu et juge très-néces- seulement , d'après cela , paraître étonnant

saîre de faire 1res étroitement et religieuse- qu'elles soient aussi rares. (Cet article est de

ment observer les saintes et salutaires ré- M* fttbbé Remy.) [Extrait du Dictionnaire dé

formations el constitutions des conciles pro- Jurisprudence.]

vinciaux des derniers temps en diverses pro- CONCILIABULE, assemblée tenue par des vinces du royaume , et même de renouveler hérétiques ou par des srhismaliques, contre et continuer lesdits conciles en chaque pro- les règles de lu discipline de l Eglise; les vince d'an en an pour l'avenir, au moins ariens, les uovaliens , les donatislcs , les pour quelques années , el jusqu'à un meil- nestoriens , les eutychiens et les autres secleur ordre établi.... Et sui va ht et conformé*» (aires en ont forme plusieurs dans lesquels ment aux ordonnances de Mois cl de Melun, ils ont établi leurs erreurs et fait éclater admoneste les archevêques el chèques de leur haine contre l'Eglise catholique. Le lenir les conciles provinciaux de Iro. s ans en plus célèbre de ces faux conc les est celui trois ans, ayant néanmoins bien agréable que l'on a nommé le foi gan dage d'Ephèse , qu'ils les assemblent et tiennent aussi sou- tenu dans cette ville par Dioscorc, palriarvenl, et autant de fois qu'ils jugeront en cbe d'Alexandrie , à la lèle des partisans /•Ire besoin, pour remettre l'ancienne disri- d'Eutycbès; il condamna le concits de Chalpliue de l'Eglise , et corriger les immisce- cétoine, quoique très-légitime ; il prononça « lésiasliques soumises à leur juridiction, en l'anallième conlre le pape saint Léon.; il lit y procédant avec les formes ordinaires et maltraiter ses légats et tous les évequosqui •accoutumées ; et pour l'exécution d'une si no voulurent pas se langer do son parti, bonne œuvre, enjoint aux officiers du ri Vog. El tyc.iiiamsmi-:

d'y lenir la main, cl de les assister quand ils * CONCLUSIONS TMfcOLOGIQUES. On donriace

eu seront requis. » C >tte tird Minane fui nom m.x prop sitiuns 'i:">l liles d'un argument dui t

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les deux prémisses (ou au moins l'une des deux) ont été révélées. La conclusion déduite d'une seule proposition révélée et d'une proposition purement philosophique certainement vraie, est une vérité, mais n'appartient pas au domainede la foi. Plusieurs théologiens croient que les conclusions théologiques dé- \ duites de deux propositions révélées sont l'objet de la foi. Cette opinion est combattue par d'autres docteurs.* Ce sentiment nous paraît le plus probable. Si cependant la conclusion théologique n'était que l'exposition d'une vérité révélée, elle serait elle-même l'objet de la foi, non pas comme conclusion théologique, mais comme vérité révélée. "Nous développons ces principes au mot Foi.

CONCILIATEURS (théologiens). Voy. Syx-

CRÉTISTES.

CONCOMITANT , se dit du secours de la grâce que Dieu nous accorde dans le cours d'une action, pour nous aider à la continuer et à la finir. Il a élé décidé , contre les pélagiens, que pour toute bonne œuvre surnaturelle et méritoire, nous avons besoin non-seulement d'une grâce concomitante, mais d'une grâce prévenante, qui excite noire volonté, nous inspire de salutaires pensées et de bons désirs. Celle grâce n'est donc pas la récompense des saints désirs que nous avons formés de nous-mêmes et par nos propres forces, elle en est au contraire le principe et la cause; conséquemment elle est purement gratuite; elle vient uniquement de la bonté de Dieu et des mérites de Jésus-Christ. Saint Prosper dit très-bien, après saint Augustin, que désirer la grâce est déjà un commencement de grâce. — Cela n'empêche pas que Dieu ne récompense souvent notre fidélité à une première grâce, par une seconde plus abondante; alors celle-ci n'est pas moins gratuite que la première, puisqu'elle n'a été méritée et obtenue que par le secours de la première. C'est encore le sentiment de saint Augustin (Lib. iv contra duas Epist. Pelag.,c. G, n°13). « Lorsque les pélagiens , dit-il, soutiennent que Dieu aide ie bon propos de chacun , l'on recevrait volontiers cette proposition comme catholique, s'ils avouaient que ce bon propos, qui est aidé par une seconde grâce, n'a pu être dans l'homme sans une première grâce qui l'a précédé.» — Il y a des catéchismes dans lesquels il est dit que le corps et le sang de Jésus-Christ se trouvent sous chacune des espèces consacrées, par concomitance ou par accompagnement; on a voulu dire par là que le corps de Jésus-Christ, dans l'eucharistie, étant un corps animé, il ne peut pas plus y être sans avoir son sang que sans avoir son âme ; qu'ainsi le sang de ce divin Sauveur ne peut pas y être non plus séparé du corps. D'où il s'ensuit que le corps , le sang et l'âme de Jésus-Christ sont également sous l'espèce du vin et sous l'espèce du pain. Voy. Eucuaristie.

CONCORDANCE, est un dictionnaire de la Bible où l'on a mis, par ordre alphabétique, tous les mo s de I Ecriture sainte, afin de pouvoir les comparer ensemble, et voir s'ils ont le même sens partout où ils sont employés. Les concordances ont encore un autre usage, qui est d'indiquer précisément

les passages dont on a besoin, lorsqu'on veut des citer exactement. — Ces dictionnaires ou tables de mots servent à éclaircir beaucoup de difficultés , à faite disparaître les -orélendues contradictions que les incrédules croient trouver dans les Livres saints , à citer exactement le livre, le chapitre , le verset dans lequel se trouve tel passage, ele. Aussi a-t-on faii des concordances en latin , en grec pI en hébreu. — La concordance latine, faite sur la Vulgate, est la plus ancienne ; l'on s'accorde assez à l'attribuer à Hugues de Saint-Cher, qui, de simple dominicain, devint cardinal, et qu'on appelle communémenl le cardinal Hugues; il mourut en 1162. Ce religieux avait beaucoup étudié l'Ecriture sainte , il avait même fait un commentaire sur toute la Bible; cet ouvrage l'avait engagé à en faire une concordance sur la Vulgate; il comprit qu'une table complète des mots et des phrases de l'Ecriture sainte serait d'une très-grande utilité, soit pour aider à la faire mieux entendre, en comparant les phrases parallèles, soit pour citer exactement les passages. Ayant formé son plan, il employa un nombre de religieux de son ordre à ramasser les mots et à les ranger par ordre alphabétique; avec le secours de tant de personnes, son ouvrage fut bientôt achevé. Il a été perfectionné depuis par plusieurs mains, surtout par Arlot Thuscus et par Conrad Halberstade. Le premier était un franciscain , le second un dominicain, qui vivaient tous deux vers la fin du même siècle.

Comme le principal but de la concordance était de faire trouver aisément le mot ou le passage dont on a besoin , le cardinal Hugues vit qu'il fallait d'abord partager chaque livre de l'Ecriture en sections, et ensuite ces sections en subdivisions plus courtes , afin de faire dans sa concordance des renvois qui indiquassent précisément l'endroit , sans qu'il fût besoin de parcourir une page entière. Les sections qu'il Ht sont nos chapitres ; on les a trouvés si commodes , qu'on les a conservés depuis. Dès que sa concordance parut , on en vit si bien l'utilité , que tout le monde voulut en avoir; et pour en faire usage , il fallut mettre ses divisions à la Bible dont on faisait usage, autrement ses renvois n'auraient servi à rien; mais les subdivisions de Hugues n'étaient pas des versets. Il partageait chaque section ou chaque chapitre en huit parties égales , quand il était long, et en moins de parties quand il était court; chacune était marquée à la marge par les premières lelires capitales de l'alphabet, A, B , C, D, E , F , G , à distance égale l'une de l'autre. Les versets , tels que nous les avons aujourd'hui, sont de l'invention d'un Juif.

Vers l'an 1 4 30 , un fameux rabbin, nommé rabbi Mnrdochéc Nathan , qui avait souvent disputé avec les chrétiens sur la religion, s'aperçut du grand service "qu'ils tiraient de la concordance latine du cardinal Hugues , et avec quelle facilité elle leur faisait trouver les passages dont ils avaient besoin ; il goûta celte invention, et se mit aussitôt à

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faire une concordance hébraïque pour l'usage des Juifs. Il commença cel ouvrage l'an 1438, et l'acheva l'an 1445. Il s'en est fait plusieurs éditions : celle qu'en a donnée huxlorf le Sis, à Bâle, en 1632, est la meilleure. — lîabhi Nathan, en composant ce livre, trouva qu'il était nécessaire de suivre la division des chapitres que le cardinal Hugues avait introduite ; mais il imagina des subdivisions plus commodes , savoir : celle des versets , et il eut soin de les coter par nombres mis à la marge. Pour ne pas trop charger les marges , il se contenta de marquer les versets de cinq en cinq ; et c'est ainsi que cela s'est pratiqué depuis dans les bibles hébraïques , jusqu'à ['édition d'Athias, juif d'Amsterdam, qui , dans les deux, belles et correctes éditions qu'il a données de la bible hébraïque , en 1661 et 1067, a coté chaque verset. Valable ayant fait imprimer une bible latine , avec les chapitres ainsi divisés en versets, distingués par des nombres, son exemple a été suivi dans toutes les éditions postérieures ; tous ceux qui ont fait des concordances, et en général tous les auteurs qui citent 1 Ecriture , l'ont citée depuis ce temps-là par chapitres et par versels. Mais la division des pages d'un livre, par les lettres majuscules de l'alphabet , imaginée par le cardinal Hugues, a été mise en usage pour la plupart des autres livres, soit des écrivains ecclésiastiques , soit des auteurs profanes; et c'est par ce moyen que l'on esl parvenu à en faire des tables trèscommodes , qui sont aussi des espèces de concordances. — La concordance hébraïque du rabbin Nathan a été beaucoup perfectionnée par Marius de Calasio , religieux franciscain , dont l'ouvrage lui imprimé à home en 1621, et ensuite à Londres, l'an 1747, en 4 vol. in-folio. C'est un livre trèsutile à ceux qui veulent bien entendre l'Ancien Teslament dans l'original; ou're que c'est la concordance la plus exacte , c'est aussi le meilleur dictionnaire que l'on ail pour cette langue. On peut voir, dans la préface de cel ouvrage, en quoi consistent les additions et les corrections que Calasio a faites au travail du rabbin Nathan.

Au mot Biijle, à la lin , nous avons remarqué que la division du texte grec du Nouveau Testament en chapitres el et» versels , est beaucoup plus ancienne , puisqu'elle date du v siècle , mais elle n'avait pas été suivie dans la plupart des manuscrits. Les premières éditions grecques du Nouveau Testament, données par Robert Eslienne, n'étaient pas distinguées par versels; mais comme il voulut donner une concordance grecque de ce texte, qui lui en effet imprimée par Henri son lils, il lut obligé de le coter par versets. Erasme Schmid , professeur de langue grecque à W'iltemberg, donna, en Î63K, une concordance grecque du Nouveau Testament, plus exacte que celle d'Henri Estiennc. (1M idéaux, Ilist. des Juifs, loin. 1 , li v. v, pag. 208.)

La première concordance grecque de la version des Septante lut faite par Conrad

Kirchcr, théologien luthérien d'Augsbourg, imprimée à Francfort en 1667, en 2 vol. t'n-4c; mais elle a été effacée par celle qu'a donnée Abraham Trommius, professeur à Groningue, en 2 vol. in-folio , et qui a été imprimée à Amsterdam en 1718.

CONCORDE ou HARMONIE DES EVAN- GILES , ouvrage destiné à montrer la conformité de la doctrine enseignée , des faits et des circonstances rapportés par les quatre évangélistes. On voit que ce n'est pas la même chose qu'une concordance ; celle-ci est une table alphabétique de lous les passages de l'Ecriture sainte, dans lesquels lel mot se trouve : une concorde est la comparaison des dogmes , des préceptes , des faits écrits par différents auteurs , pour en faire une histoire suivie, selon l'ordre des événements.

Comme la narration des actions et des leçons de Jésus-Chrisl a été écrite par quatre auteurs différents , il a fallu les rapprocher et les comparer, afin de montrer que l'un ne contredit pas l'autre ; que ces quatre histoires forment une chaîne qui se soutient très-bien, et réfuter ainsi les incrédule», qui prétendent y trouver des contradictions. De même, l'hisloire des rois du peuple juif est contenue non-seulement dans les quatre livres des Rois, mais encore dans les deux livres des Paralipomènes , el il y a des variétés dans ces deux, narrations qui n'ont pas été écrites par le même auleur; il a donc fallu les confronter el les concilier.

La première concorde ou harmonie des Evangiles est attribuée à Tatien , disciple de saint Justin , qui vivait au u* siècle ; il l'intitula Dialessuron, c'csl-à-dire par les quatre, et c'esl ce que l'on a nommé dans la suite YEvangile de Tatien et des encralites. Cel auteur u'a point élé accusé d'avoir altéré le texte des Evangiles ; mais son ouvrage n'a pas laissé d'être mis au nombre des évangiles apocryphes, parce que Taiien pouvait s'être trompé dans la comparaison des faits et des dogmes. SaintThéophile d'Antioche, qui vivait à peu près dans ie même temps, avait fait aussi une concorde des Evangiles, au rapport de saint Jérôme, qui, cependant, fait plus de cas de celle d'Ammonius d'Alexandrie. On en attribue encore une à Eusèbe de Césarée ; mais il ne nous reste rien de ces anciens ouvrages : nous avons seulement les trois livres de saint Augustin, de Consensu Evani/etistarum. Dans le siècle passé el dans le nôtre, plusieurs écrivains ont l'ail des concordes ou harmonies ; Toinard, Whiston , le docteur Arnaud , etc. Celle qui nous a paru la plus commode pour l'usage est celle de M. Leroux , curé d'Andeviile , au diocèse de Chartres, imprimée J//-8" à Paris en 1699. On trouvera dans la liible d'Avignon, tom. Y, pag. 22 et 149, la concorde de l'histoire des rois , loin. Xlll , p. 27 el 561, celle des Evangiles.

Les pro estants ont aussi nommé concorde, ou formulaire d'union, deux écrits différents, célèbres parmi eux. Le premier lui L'ouvrage d'un théologien tulhûrieu, intitule, Formula

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consensus, composé l'an 1576, par ordre d'Auguste, électeur de Saxe ; ce prince et les ducs de Wurtemberg el de Brunswick voulaient la faire adopter par les théologiens de leurs Eiats, dont plusieurs penchaient vers les opinions de Calvin touchant l'eucharistie. Mais cette tentative, quoique appuyée par la force du bras séculier, loin de calmer les disputes, les anima davantage ; la prétendue concorde fut attaquée, non-seulement par les calvinistes, mais par plusieurs docteurs luthériens ; il y eut des écrits violents de part et d'aulre. Le second, qui parut chez les calvinistes en 1675, sous le même titre, fut composé par M. Henri Heidegger, professeur de Ihéologie à Zurich, dans le dessein de conserver, parmi les théologiens de la Suisse, la doctrine du svnoiie de Dordrecht, et d'en bannir les opinions d'Amiraut et de quelques autres ministres français. Ce formulaire d'union ne produisit pasde meilleurs effets que celui qui avait révolté les luthériens; il fut supprimé, en 1686, dans le canton de Bâle et dans la république de Genève, sur les instances de Frédéric-Guillaume , électeur de Brandebourg. En 1718, les magistrats de Berne voulurent le faire signer par tous les ministres, surtout par ceux de Lausanne ; ils n'y réussirent point: le roi d'Angleterre et les Etals de Hollande employèrent leur médiation pour le faire supprimer.

Enfin, l'on appelle concorde le livre que Molina, jésuite, avait intitulé Concordia liberi arbilrii, cum auxiliis divinœ gratiœ, ouvrage qui a excité de vives contestations parmi les théologiens. Voy. Molinisme.

CONCOURS de Dieu aux actions des créatures. C'est une vérité de foi que la grâce, qui est l'action immédiate de Dieu lui-même, nous est nécessaire pour toute action surnaturelle et utile au salut, que cette grâce est non- seulement concomitante ou coopérante, mais prévenante. Ce dogme a donné lieu de demander si nous avons besoin d'un pareil concours immédiat de Dieu pour les actions naturelles. Comme cette question est purement philosophique, nous ne devons pas y toucher. Nous remarquerons seulement que nous ne connaissons aucun passage formel de l'Ecriture, ni aucune raison théologique qui puisse nous engager à prendre parti dans cette dispute. Il n'y a aucune comparaison à faire entre les actions naturelles et les actes surnaturels.

CONCUBINAGE, commerce habituel entre un homme el une femme, qui demeurent libres de se quitter quand il leur plaît. 11 est évident que ce désordre est criminel en luimême, el contraire au bien de la soi iéî é, par conséquent défendu, non-seulemeul par la loi positive du christianisme, mais par la loi naturelle. Ceux qui en sont coupables ne souhaitent point d'avoir des enfants, ils le craignent plutôt; ce serait une charge pour eux quand ils viendraient à se séparer. On ne préfère cet état à un mariage légitime que pour se dispenser de remplir les devoirs de père et de mère; et lorsqu'il en provient

des enfants, ils sont ordinairement abandonnés.

Dans les écrits dos censeurs de l'histoire sainte, il est souvent parlé du concubinage des patriarches; ce terme est déplacé, il ne faut pas confondre le désordre qu'il exprime avec la polygamie. Nous n'en voyons point d'exemple chez les patriarches, mais seulement la polygamie: à cet article, nous prouverons qu'alors elle n'était pas contraire au droit naturel.

Les deux femmes de Lamech sont nommées ses épouses (Gen. iv, 19 et 23). il est dit que les enfants de Dieu prirent des épouses parmi les filles des hommes, qu'ils avaient choisies ; ce dernier terme ne signifie point qu'ils les avaient prises d'abord pour concubines, comme on affecte de le supposer. Sara, stérile, donne à son époux Agar, sa servante ou son esclave, afin qu'il en ail des enfants, résolue elle-même de les adopter : c'était une espèce de mariage. En effet, lsmaël fut regardé comme enfant légitime. 11 n'est éloigné de la maison paternelle, avec sa mère, que par un ordre exprès de Dieu, et pour des raisons particulières; il se réunit à Isaac, pour donner la sépulture à leur père commun [Gen. xxv, 9). Les enfants que Jacob eut de ses servantes furent réputés aussi légitimes que ceux de ses épouses, etc.

Dans l'étal de société purement domestique, où les servantes étaient esclaves, mais pouvaient hériter, où la polygamie était à peu près inévitable et permise, il ne faut pas donner aux termes le même sens que l'on y attache dans l'état de société civile, où le droit naturel n'est plus le même. Voy. Dkoït

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