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de la consécration. La question entre les protestants et nous est de savoir si les Orientaux ont toujours cru, comme nous, que, par ces paroles , le pain el le vin sont réellement changés au corps cl au sang de Jésus-Christ : or leurs liturgies témoignent qu'ils l'ont toujours cru ainsi et qu'ils le croient encore. Peu importe de savoir si ce changement s'opère par ces mots seuls : Ceci est mon corps, ceci esl mon sanu, ou par l'invocation qui suit, ou par l'un et l'autre indistinctement. Nous pensons unanimement qu'il faut une invocation avant ou après . pour déterminer le sens des paroles de Jésus- Christ, pour marquer que le prêtre ne les prononce pas comme une histoire , mais comme une forme sacramentelle efficace , et qui opère ce qu'elle signifie. Nous convenons encore de part et d'autre que, par une invocation réunie aux paroi s de Jésus-Christ , la conséc alion esl parfaite et l'effet opéré ; d'où il résulte que , sur ce mystère , la croyance des Orientaux , la même que la nôtre, est très-opposée à celle des protestants.
lien résulte encore que les anglicans, ni les autres prolestants, ne consacrent point. Dans la liturgie anglicane, imprimée à Londres en 1G06, pag. 208, l'invocation qui précède les paroles de Jésus-Christ, se borne a demander à Dieu, qu'en recevant le pain et le vin nous puissions être faits participants de son corps et de son sany précieux. Mais les anglicans sont persuadés que ce pain et ce vin ne sont réellement ni le corps ni le sang de Jésus-Christ, que l'on peut seulement participer au corps el au sang de Jésus-Christ, par la foi , en recevant les symboles. Ainsi, les paroles de Jésus-Christ qu'ils prononcent n'ont qu'un sens historique et ne produisent rien. — Ce n'est pas là ce que pensent les Orientaux, puisque l'invocation qu'ils ajoutent exprime le contraire ; pourquoi les anglicans l'ont- ils changée, s'ils ont la même croyance que ces chrétiens séparés de l'Eglise romaine? Ce n'est pas là non plus le sentiment des Pères, qui disent que les paroles de Jésus-Christ sont efficaces, opéraiives, douées du pouvoir créateur : Sermo Chrisli vivus et efficax, opifex, operatorius, efficienlia plenus , omnipotentia verbi , etc. JJingham lui-même en a cité plusieurs passages qui auraient dû lui dessiller les yeux. Il a vu que saint Justin [Apol. 1, n. GG) compare les paroles eucharistiques à celles par lesquelles le Verbe de Dieu s'est fait chair. Il a lu dans saint Jean Chrysostome (//«;». 1 in prodil. Judœ, n. G, Op., lom. 18, p. 38V) : « Ce n'est pas l'homme qui fait que les dons offerts deviennent le corps el le sang de Jésus-Christ, mais c'est Jésus-Christ lui-même crucifié pour nous. Le prêtre fait l'a c l'ion extérieure ( ly-ôpu. ), et prononce les paroles, mais la puissance el la grâce de Dieu y esl. Ceci est mon corps, dit-il ; celte parole transforme les dons offerts, de mémo que ces mois : croissez , multipliez, peuplez la terre, une fuis prononces, donnent dans tous les temps, ii uolre njluie, le pouvoir de se ire-
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produire; ainsi les paroles de Jesus-Christ, une lois dites , opèrent depuis ce moment jusqu'à son avènement , à chaque table «le nos églises, un sacrifice parfait. » Cela signifie seulement , dit Hingham , que Jésus- Christ, en prononçant une fois ces paroles, a donné aux hommes le pouvoir <le faire son corps symbolique, c'esl-à -dire, la figure de son corps. Mais pour faire une figure, une image, une représentation, est-il besoin du pouvoir de Jésus-Christ , de la puissance et de la grâce de Dieu? Selon saint Chrysoslome, c'est Jésus-Christ lui-même qui, à la parole prononcée par le prêtre, transforme les dons offerts, produit son corps et son sang. Dans une simple figure, où est la transformation? Le pain et le vin, par euxmêmes, sont une nourriture corporelle; ils sont donc par eux-mêmes la figure d'une nourriture spirituelle , par conséquent du corps et du sang de Jésus-Christ : un pouvoir divin n'est pas nécessaire pour leur donner cette signification.
Aussi, les nouveaux écrivains protestants, devenus plus sincères, ne font grand cas ni des passages des Pères, ni des liturgies orientales; ils ont vu que la forme de la consécration y est trop claire, et que le sens en est encore fixé par les marques d'adoration rendue à l'eucharistie. Voy. la Perpétuité de la foi, loin. IV, 1. i, c. 9; tom. V, Préface. Autant les anciens conlroversistes protestants ont témoigné d'empressement pour obtenir le suffrage des Orientaux, autant ceux d'aujourd'hui le dédaignent.
Dans la messe romaine, après la consécration, le prêtre dit à Dieu : Nous offrons à votre majesté suprême l'hostie pure, sainte, sans tacite, le pain sacré de la vie éternelle et le calice du salut perpétuel ; sur lesquels daignez jeter un reyard propice et favorable, et tes ayréer comme il vous a plu d'avoir agréables les présents du juste A bel, le sacrifice d'Abraham et celui de Melclrisédcch, saint sacrifice, hostie sans tache. Nous vousen supplions, ô Dieu tout-puissant, commandez qu'ils soient portés sur votre aut<l céleste, en présence de votre divine majesté, par les mains de votre saint ange, afin que nous tous qui, en participant à cet autel, aurons reçu le saint et sacré corps et le sang de cotre Fils, soyons remplis de toute bénédiction céleste et de toute grâce, par le même Jésus -Christ Notre -Seigneur. — Hingham argumente encore sur cette prière : Si les dons consacrés, dit-il, sont véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ, il est ridicule de prier Dieu de les agréer, de les comparer aux sacrifices des patriarches, qui n'étaient que des figures ; sûrement cette prière a été composée avant l'invention du dogme de la transsubstantiation (Orig. ecclés., I. xv, c. :\ § .!î). Nous soutenons au contraire; que cette prière suppose la transsubstantiation, puisqu'elle nomme les dons eucharistiques le saint ri sacré corps et le sang du Fil» de Dieu, qu'elle fis appelle une hostie parc et sans lacliê, un tuint sacrifier; expressions condamnées cl rejetecs par les protestants. Le prôlre ne
demande pas simplement à Dieu d'agréer ces dons, mais de les accepter , afin que ou de manière que ceux qui y participeront reçoivent les mêmes bénédictions célestes que les patriarches : on ne compare donc point ce sacrifice aux leurs, quant à la valeur, mais relativement aux grâces accordées à ceux qui les ont offerts.
M. lis telle a toujours été la méthode des protestants ; lorsque dans l'Ecriture, ou dans les anciens monuments, il y a des expressions qui les incommodent, ils les tordent, ils leur donnent un sens vague, ils les regardent comme des façons de parler abusives ; s'il s'y trouve sttulcmcnl un mot qui semble les favoriser , ils le pressent, ils le prennent à la lettre et dans la dernière ri-
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CONSEILS ÉVANGEUOUES, ou MAXI- MES DE PEUKECTION. Jésus-Christ les distingue évidemment d'avec les préceptes. Un jeune homme lui demandait ce qu'il faut faire pour obtenir la vie éternelle; Jésus lui répondit : Gardez les commandements. Je les ai observés dès ma jeunesse, répondit ce prosélyte ; que me manque-t-il encore ? Si vous voulez être parfait, répliqua le Sauveur, allez vendre ce que vous possédez, donnez-le aux pauvres , vous aurez un trésor dans le ciel; alors venez et suivez-moi [Malth. xix, lfi; Marc, x, 17; Luc. xvin, 18). Selon ces paroles, ce que Jésus-Christ lui proposait n'était pas nécessaire pour obtenir la vie éternelle, mais pour pratiquer la perfection et pour être admis au ministère apostolique.
Plusieurs censeurs de l'Evangile ont dit que la distinction entre les préceptes et les conseils est une subtilité inventée par les théologiens pour pallier l'absurdité de la morale chrétienne. H est clair que ce reproche est très-mal fondé. La loi ou le précepte se borne à défendre ce qui est crime, à commander ce qui est devoir; les conseils ou maximes doive:;! aller plus loin, pour la sûreté même de la loi; quiconque veut s'en tenir à ce qui est étroitement commandé, ne tardera pas de violer la loi. — D'autres ont été scandalisés du terme de conseils ; il ne convient pas à Dieu, disent-ils, de conseiller, mais d'ordonner. Cette observation n'est pas plus juste que la précédente. Dieu, législateur sage et bon, ne mesure point l'étendue de ses lois sur celle de son souverain domaine, mais sur la faiblesse de l'homme; après avoir commandé en rigueur, sous l'alternative d'une récompense ou d'une peine éternelle, ce qui est absolument nécessaire au bon ordre de l'univers cl au maintien de la société, il peut montrer à l'homme un plus haut degré de vertu, lui promettre des grâces pour y atteindre, lui proposer une plus grande réi/ompeuse. C'est ce qu'a fait Jésus- Christ.
En général, on ne peut donner à l'homme une trop haute idée du la perfection à laquelle il peut s'élever avec le secours de la grâce divine. Dès qu'il est pénétré de la noblesse «le son origine, de la grandeur de la destinée, des pci hs qu'il a faites, des moycus
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qu il .1 de les réparer, du prix que Dieu réserve à la verlu, il n'esl rien donl il ne soit capable; l'exemple des saints eu est la preuve. — Au reste, la prévention des incrédules contre les conseils évangéliques leur vient des protestants, ceux-ci n'eu ont pas parlé d'une manière plus sensée. Ils ont dit que Jésus-Christ avait proscrit à tous ses disciples une seule et même règle do vie et de mœurs; mais que plusieurs chrétiens , soit par le goût d'une vie austère, soit pour imiter certains philosophes, prétendirent que le Sauveur avait établi une douhle règle de ïaintelé et de vertu, l'une ordinaire et commune, l'autre extraordinaire et plus sublime: la première, pour les personnes engagées dans le monde ; la seconde, pour ceux qui, vivant dans la retraite, n'aspiraient qu'au bonheur du ciel; qu'ils distinguèrent conséquemment, dans la morale chrétienne, les préceptes obligatoires pour tous les hommes, cl les conseils qui regardaient les chrétiens plus parfaits. Celte erreur, dit Mosheim, vint plutôt d'imprudence que de mauvaise volonté ; mais elle ne laissa pas d'en produire d'autres dans tous les siècles de l'Eglise, et de multiplier les maux sous lesquels i'Iivangile a souvent gémi. De là, selon lui, sont nées les austérités et la vie singulière des ascètes, des solitaires, des moines, etc. [Hist. ecclésiastique du 11e siècle, n' part., ch. 3, §12).
Ma s nous demandons aux protestants si Jésus-Christ imposait un précepte à tous les chrétiens, lorsqu'il disait : Quiconque d'entre vousne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut pas être mon disciple {Luc. xiv, 33). Heureux les pauvres, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent : donnez à quiconque vous demande, et s'il vous enlève ce qui vous appartient, ne le répétez pas (vi, 20 et 30). Si quel' qu'un vtut v nir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il por'e sa croix tous les jours, et qu'il me suive (ix, 23). Il y n des eunuques qui ont renoncé au mariage pour le royaume des deux; que celui qui peut le comprendre, le comprenne (Mat th. xix, 12). Les commentateurs, même protestants, ont été forcés de reconnaître dans ce passage un conseil et non un précopte. Voy. la Synopsis sur cet endroit. — Sain! Paul a dit (/ Cor. vit, 40j : Une veuve sera plus heureuse si elle demeure dans cet étal, selon mon conskil : or, je pense que j'ai aussi l'Esprit de Dieu. En exhortant les Corinthiens à. des aumônes , il leur dit : Je ne vous fais pas un commandement,... mais je vous donne un conseil, parce que cela vous est utile (Il Cor. vm,8 et 10). El aux Calâtes, c. v, vers. 24 : ('eux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses corruptions. Si les chrétiens du u* siècle se sont trompés en distinguant les conseils d'avec les préceptes, c'est Jésus-Christ et saint Paul qui les ont induits en erreur. Pour estimer et pour pratiquer des austérités, des mortifications, des abstinences, et le renoncement aux commodités de la vie , ils n'ont pas eu besoin de consulter l'exemple des philosophes, le goût des Orientaux , ni les
mœurs des Ësséniens ou dos Thérapeutes; il teur a suffi de lire l'Evangile.
Quant aux maux prétendus qui en ont résulté, sont-ils si terribles? Nos anciens apologistes nous attestent que la mortification, la chasteté, le désintéressement des premiers chrétiens, aussi bien que leur douceur, leur charité, leur patience, ont causé de l'admiration aux païens, et ont. produit une infinité de conversions. Dans les siècles suivants , les mêmes vertus, pratiquées par les solitaires, ont fort adouci la férocité des b irbares ; si les missionnaires qui ont converti les peuples du Nord n'avaient pas pratiqué les consdls évangéliques, ils n'auraient pas attiré, peut-être, un seul prosélyte. Voilà les malheurs qui, au jugement des protestants, ont fait gémir 1 Eglise dans tous les siècles, et que les incrédules déplorent avec eux. Heureusement, les réformateurs sont venus au xvie siècle réparer tous ces maux ; ils ont formé des sectateurs, non par des exemples de vertus, mais par des déclamations et par des arguments, ils oui fondé une nouvelle religion, non sur la perfection des mœurs, mais sur l'indépendance et sur le mépris des usages religieux ; aussi n'onl-ils converti ni des païens, ni des barbares; ils ont perverti des chrétiens.
CONSERVATEUR CONSERVATION. La révélation se réunit à la lumière naturelle, pour nous apprendre que Dieu conserve les créatures auxquelles il a donné l'être, et maintient l'ordre physique du monde ; l'auteur du livre de la Sagesse lui dit : Comment quelque chose pourrait-il subsister, si vous ne le vouliez pas, ou se conserver sans votre ordre (Sap. xi, 20)? 11 conserve l'ordre moral entre les créatures intelligentes , par l'instinct moral qu'il leur a donné, par la conscience qui leur intime sa loi et leur fait craindre le châtiment du crime. C'est dans celle double attention que consiste la providence.
Mais rien ne nous montre mieux l'action continuelle de Dieu dans la marche de la nature, que le pouvoir par lequel il en suspend les lois quand il lui plaît. Le monde noyé dans les eaux du déluge, le feu du ciel lancé sur Sodome, les mers divisées pour donner passage aux Hébreux cl submerger les Egyptiens, etc. : voilà les événements par lesquels Dieu a convaincu les hommes qu'il esl le seul maître, le seul conservateur de l'univers. H fallait alors des miracles, parce que le commun des hommes n'était pas en étal de raisonner sur l'ordre physique du monde, d'y remarquer une main attentive et bienfaisante. — Ainsi, Dieu a prévenu d'avance les hommes, encore ignorants et grossiers, contre les faux systèmes des philosophes qui ont enseigné, les uns, que Dieu est l'âme du monde, et que le monde esl éternel ; les autres, que Dieu, après l'avoir construit, en a laissé le soin à des intelligences subalternes. Le dogme d'un seul Dieu, créateur et conservateur, est la croyance primitive ; si les peuples avaient clé fi Je es à le g'tdcr, ils u'auraient été égares ni par le
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