LON
polythéisme, ni par l'idolâtrie, ni par les
prestiges de la philosophie. — Mais , dus qu'une fois celle grande vérité a élé généralement méconnue, il a élé besoin d'une nouvelle révélation pour en réiablirla croyance, et toi était le principal objet des leçons que Dieu donna aux Hébreux par Moïse. Voy.
KÉVÉI.ATION.
CONSOLATION , cérémonie des manichéens albigeois, par laquelle ils prétendaient que toutes leurs fautes étaient effacées j ils la conféraient à l'article de la mort ; ils l'avaient substiluéi' à la pénitence et au viatique. Elle consistait à imposer les mains, à les lever sur la tête du pénitent, à y tenir le livre des Evangiles, et à réciter sept paler .'ivec le commencement de l'Evangile selon saint Jean. C'était un piètre qui en était le ministre; et il fallait, pour son efficacité, qu'il fût sans péché mortel. On dit que, lorsqu'ils étaient consoles, ils seraient morts au milieu des flammes sans se plaindre , et qu'ils auraient donné loul ce qu'ils possédaient pour l'être. Exemple frappant de ce que peuvent l'enthousiasme et La superstition, lorsqu'ils se sont empares fortement des esprits.
CONSOKT, société ou confrérie du tiers ordre de Saint-François, établie à Milan, et composée d'hommes et de femmes, pour le soulagement des pauvres. On lui avait confié la distribution des aumônes ; elle s'en acquitta avec tant de fidélité, que l'on reconnut bientôt la faute que l'on avait f.iite en la privant de cette fonction délicate. 11 fallut la médiation du pape^ixtelV pour l'engagera la reprendre: preuve qu'elle n'y avait trouvé que des peines méritoires pour l'autre vie; avantage que la piété solide peut aisément se procurer. Le débat le plus scandaleux qui pourrait survenir entre des chrétiens, serait celui qui aurait pour objet l'économat du bien des pauvres; mais ceux qui ont le courage de s'en charger, sont souvent accusés très-mal à propos.
CONSTANCE. Le concile général tenu dans cette ville fut assemblésur la lin d'octobre, l'an 1414, eldura jusqu'au mois d'avril i'iîS.Lndes principaux objets de celle assemblée était de mettre lin au schisme, qui durait depuis l'an 1.'J77, cuire plusieurs prétendants à la papauté, et qui lous avaient des partisans. Il y en avail encore trois pour lors, savoir, Jean Wlll, qui avait convoqué lu concile, Crégoire XII, et benoît XIII ; ces deux derniers avaient déjà élé déposés au concile de Fisc, cinq ans auparavant; ils le furent de nouveau à Confiance : le concile déposa aussi Jean XXUI, et élut à sa place Martin V, qui l'ut universellement reconnut L s au res objets étaient de condamner les erreurs de Jean Uns et de Jérôme de Prague, qui étaient les mêmes que celles de Wiclef, et de réformer l'Eglise, tant dans toi» chef que dans ses membres.
Le décret de ce concile, publié dans la quatrième session, est remarquable : il porte
qu" le concile de Constance, légitimement assemblé au nom du Saiul-Espril, luisant un
concile général qui représente l'Eglise catholique militante, a reçu immédiatement de Jésus-Christ une puissance à laquelle toute personne, de quelque étal cl dignité qu'elle soit, même papale, est obligée d'obéir dans ce qui regarde la foi, l'extirpation du schisme cl la réforniation de l'Lgiise dans son chef et dans ses membres. Il ne manque rien à celte décision pour avoir une pleine autorité, puisque, Martin V, élu pape au mois de novembre 1M7, donna, immédiatement après son élection, une bulle par laquelle il venl (jue celui qui sera susp» cl dans sa foi, jure qu'il reçoit tous les eo ciles généraux, et en particulier celui de Constance représentant l'Eglise universelle, el que tout ce qui a été approuvé et condamné par ce concile, soit approuvé et condamné par tous les fidèles. Par conséquent, ce pontife approuve et confirme lui-même ce qui avait été décidé dans 1 1 quatrième session : il fit la même chose dans deux bulles contre les hussiles, le 2:'. février 1V1S, et dans la dernière session du concile, il confirma encore expressément tout ce qui avail été fait en pleine assemblé**, conciliariter. — Ce même décret lut approuvé et confirmé de nouveau par le concile de baie, en 1431, C'est aussi la doctrine à laquelle le clergé de France a toujours fait profession d'être attaché, notamment dans son assemblée de 1.682(1).
Dans la quinzième session, le concile condamna les erreurs de Wiclef et de Jean Hus, qu'il avail déjà proscrites dans la huitième. Comme Jean Hus ne voulut point se soumettre à celle condamnation, ni se rétracter,
(I) Telle a é é la pensée de l'école gallicane, qui voulait s'appuyer de l'autorité de ce concile pour restreindre le pouvoir des papes. Mais il est extrêmement probable (pour ne pas dire certain) que le concile <le Constance n'éiait pas œcuménique dans les qu» rième el cinquième sessions, parce que les dois obédiences de Grégoire XII, de Jean Wlilei <le lï 'ii ii XIII n'étaient pas réunies en une as-enu.lee. L'Eglise universelle n'était donc pas représentée, lit d'à Heurs .Martin V, dans son décret de confirmation, s'est servi du mol conciiiariier, preuve évidente qu'à ses yeux il y avait dans les décrets île Co iStauec quelques articles qu'il ne voulait pas confirmer, parce qu'en certaines circonstances les règles n'avaieul pis élé observées. Quelques-uns de ceux qui ont admis la valeur de ces décrets les restreignent au temps du schisme. Les termes des canons le disent clairement :« Toute personne, de quelque état qu'elle soll, et quelque dignité qu'elle possède, fut-ce mémo celle de pape, est obligée d'obéir au présent conçue, d.uis les choses qui a npar tiennent à la loi, à l'extir notion diidit sebisum ci k ta réformai ou de l'Eglise dins son cliel el dans ses membres, i Sess. 4. — «Quiconque, de quelque coud lion, étal 61 dignité <| il pùi êire, quand mèuie il serait pape, réinsérait avec opiniâtreté d'obéir aux règlements de ce salut synode ei de tout autre concile général lég limcmeuiassombléi sur les matières susdites, soit décidées, sou à décidei , q ii y auraient rapport, s'd ne venait à résipiscence, sea t puni comme il devrait rèlre. > Ses*. ,">. Il est donc i vident que les déciels il.'. Co istance, dont Ici gallicans oui l'ii tant de bruit, ne ont rien motus ,| !,• dès décisions dogmatiques. Les matières qu'ils renferment sunt d.\. opunons livrées à la iibio dis
nubien dco ccolci. \ Ci). l'AI'L.
CON
CON
LHH)
il fut déclaré hérétique, dégradé et livré au bras séculier qui lui (il subir le supplice du (vu. Jérôme de Prague, son disciple, après s'être rétracté dans la dix-neuvième session, désavoua celle rétractation dans la vingtunième, soutint opiniâtrement ses erreurs, r.l eut le même sort que son maître. — Le roncile, dans la troisième, prononça l'anathème contre ceux qui soutenaient que la communion sous une seule espèce était illégitime et abusive ; c'était une des erreurs de Jean Hus. Dans la quinzième, il déclare hérétique, scandaleuse et séditieuse la proposition de Jean Petit, docteur de Pars, qui, on 1408 , avait soutenu publiquement qu'il est permis d'user de surprise, de trahison et de toute sorte de moyens pour se défaire d'un lyran, et qu'on n'est pas obligé de lui garder la foi qu'on lui a promise. Dans les sessions 40, 42 et 43, on fit quelques décrets pour reformer les abus introduits dans la discipline.
Plusieurs protestants et plusieurs incrédules ont accusé le concile de Constance d'avoir violé le droit naturel et les lois de la justice et de l'humanité, en livrant Jean Hus au bras séculier, pour être puni du dernier supplice , malgré le sauf-conduit qui lui avait été donné par l'empereur; c'est une calomnie que nuus réfuterons au mot Hcs-