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plusieurs s'en abstiennent, observent la continence, sont très- respectés du peuple, et ils ont sous eux des diacres; parmi les cophtrs, il y a des religieuses aussi bien que des moines» : les uns et les autres font des vœux.
Us ont trois liturgies, l'une de saint Basile, l'autre de saint Grégoire de Nazianze, h troisième de saint Cyrille d'Alexandrie; elles ont élé traduites en cophte sur l'original grec. La dernière rsl la plus semblable à celle de saint Marc, que l'on croit être l'ancienne liturgie dont se servait l'Eglise d'Alexandrie avant le sebisme do Dioseore, ou avant le vc siècle; les catholiques d Egypte continuèrent à s'en servir pendant qu'ils subsistèrent ; mais les schismaliq'ucs préférèrent celle dont nous venons de parler, et ils y ont inséré leur erreur touchant l'unité de nature en Jésus-Christ. Voy. Liturgie, §2. — C'est la seule erreur que l'on puisse leur reprocher sur le dogme; dans tous les antres articles de la doctrine chrétienne, ils ont la même croyance que l'Eglise romaine. On voit par leurs 1 turgics, par leurs autres livres et par leurs confessions de loi, qu'ils admettent sept sacrements ; mais ils diffèrent le baptême des enfants mâles à quarante jours, et celui des filles à quatre-vingts. Us ne l'administrent jamais qu'à l'église, el en cas de danger, ils croient y suppléer par des onctions. Ils le donnent par trois immersions, l'une au nom du Père, la seconde au n m du Fils, la troisième au nom du Saint- Esprit, en adaptant à chacune les paroles de la formule ordinaire : Je te baptise, etc. Us donnent la confirmation à l'enfant, et la communion sous l'espèce dû vin seulement, aussitôt aptes le baptême. — Sur l'eucharistie, ils croient, comme les catholiques, la présence réelle de Jésus-Christ, la transsubstantiation, le sacrifiée; c'est un fait prouvé démonstrativement par leur liturgie. Ils communient les hommes sous les deux espèces, et portent aux femmes l'espèce seule du pain, humectée de quelques gouttes de vin consacré; jamais ils ne portent le calice consacré hors du sanctuaire, dans lequel il n'est pas permis aux femmes d'entrer. Quand il faut administrer un malade, la messe se dit, à quelque heure que ce soit; ils ne donnent le viatique que sous l'espère du pain. — La confession est assez rare parmi eux, puisqu'ils se confessent tout au plus une ou deux fois par an ; mars ils attribuent à la pénitence cl à l'absolution le pouvoir de remettre les péchés, et ils y joignent ordinairement des onctions. — Rien ne paraît .manquer à la manière dont ils font l'ordination pour êire n-n vrai sacrement; celle du patriarche se fait très-solennellement et avec beaucoup de prières. Us regardent aussi le ma ri a go comme un sacrement; mais ils u ont du divorce assez fréquemment. Us administrent l'extrême-onction dans les indispositions les plus légères; ils oignent d'huile bénite, nonseulement le malade, mais tous les assistants. Comme ils ont une huile bénite différente de celle dont ils se servent pour les sacrements, ils en funt des onctions aux morts. — On
trouve dans leurs liturgies l'invocation des saints, la prière pour les morts, et oi\ ne les accuse point de blâmer le culte des images et des reliques. On ne peut pas leur reprocher d'avoir changé ou altéré ces liturgies, excepté sur l'article d'une seule nature en Jésus-Christ ; puisque sur tout le reste elles se trouvent conformes aux liturgies des Grecs, des Syriens, des Arméniens et des nestoriens, avec lesquels les cophtes n'ont pas en plus de liaison qu'avec l'Eglise romaine. — Leurs jeûnes sont longs, fréquents et rigoureux. Ils observent quatre carêmes : le premier, avant la pâque, commence neuf jours plus tôt que celui des Latins ; le second, après la semaine de la Pentecôte, et avant la fête de saint Pierre et de saint Paul, est de treize jours; le troisième, avant l'Assomption, de quinze jours ; le quatrième, avant Noël, est de quarante-trois jours pour le clergé, et de vingt-trois jours pour le peuple.
Il est donc évident qu'à la réserve d'un seul article de doctrine, l'Eglise cophte a exactement conservé la même croyance que l'Eglise romaine; qu'ainsi, avant le concile de Chalcédoine et le schisme de Dioseore, celte croyance était celle de l'Eglise universelle. C'est injustement que les protestants ont soutenu que cette doctrine est nouvcle, a été inventée dans les siècles postérieurs. Nous la retrouvons chez les Grecs schismaliques, chez les Syriens jacobites, chez 1-s nestoriens, dans la Perse et dans les* Indes, au^si bien que chez les Egyptiènrct les Ethiopiens. Ces différentes Eglises ne se sont pas concertées entre elles, ni avec l'Eglise romaine, pour changer leur foi, leur liturgie, leur discipline. Dieu semble les avoir conservées pour attester l'antiquité des dogmes dont les protestants ont pris prétexte po'ir faire un schisme. Ces derniers sont les seuls dans l'univers qui professent la doctrine qu'ils soutiennent être la rroyanee ancienne et primitive. — Ajoutons que les cophtes no rejettent du canon des Livres saints aucun de ceux que l'Eglise romaine reçoit comme canoniques. Voy. la Perpétuité de la foi, tom. IV, I. i, chap. 9 et 10; la Collection des liturgies orientales, par l'abbé Itenaudot; le P. Lebrun, tom. IV, pag. 469 et suiv.
On a tenté plusieurs fois> mais inutilement , de réunir les cophtes à l'Eglise romaine. — Les protestants font remarquer avec affectation la résistance de ces hérétiques aux instructions des missionnaires catholiques ; mais ils ne disent rien louchant la conformité de la croyance de l'Eglise cophte avec celle de l'Eglise romaine, il y a, dans les Mémoires de r.Acnd. des Inscript., tom. LVII, in-i% p. 385, un savant mémoire sur la langue cophte ou égyptienne.
COPIATE. On appelait ainsi, dans l'Eglise grecque, ceux qui faisaient les fosses pour enterrer les morts, nom tiré du grec x6ttc;, travail; c'étaient ordinairement des clercs. En Slîl, l'empereur Constance exempta par une loi les copiâtes tic la contribuiion lustrale que payaient tous I^s marchands. Selon Biugham, ils étaieut fort nombreux, surt»u.
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dans les grandes Eglises ; on en comptait jusqu'à onze cents dans celle de Constanlinople, et il n'y en eut jamais moins de neuf cent cinquante. On les appelait aussi lectarii, decani, collegiati. 11 ne paraît pas qu'ils tirassent aucune rétribution des enterrements, surtout de ceux des pauvres ; l'Eglise les entretenait sur ses revenus, ou ils faisaient quelque commerce pour subsister; et m considération des services qu'ils rendaient dans les funérailles, Constance les exempta du tribut imposé sur les autres commerçants. Voy. Bingham, Orig. ecclés., tom. I, liv. ni, ebap. 8 ; Tillem >nt, Ilist. des emp., tom. IV, p. 235.
CORBAN. Dans l'Ecriture sainte, ce mot signifie un don, une oblalion, ce qu'on a voué au Seigneur. Jésus-Christ réfute dans l'Evangile la fausse morale des pharisiens qui dispensaient les enfants d'assister leurs pères et mères dans le besoin, sous prétexte de faire des corbans ou desoblalions au Seigneur (Marc, vil, 11).
CORBULO, montagne de Toscane, à douze milles de Sienne, qui a donné le nom aux chanoines réguliers de Monte Corbulo.
COUDE, CORDEAU. De tout temps Ion s'est servi d'une corde pour mesurer un terrain; de là, dans l'Ecriture, cordeau signifie souvent une portion de terre, une contrée. Dans le Deuléronome, chap. ni, v. 4 (selon l'hébreu), le cordeau d'Argob est le pays d'Argob. Conséqucmmenl il désigne aussi la portion de terrain qui est échue en héritage à quelqu'un. Au même livre, chap. xxxn, v. V, il est dit que la postérité de Jacob est le cordeau ou la portion d'héritage du Seigneur. Le psalmistc dit (Ps. xv, 6), mon cordeau, ma portion est tombée sur un excellent terrain, etc.
Cordeau signifie encore les bandelettes dont on liait les membres des morts pour les embaumer. 11 Reg. xxn, G : J'ai été environné des cordes du tombeau. Enfin, il exprime un lacet, un piège. Ps. cxvni, 71 : Les cordes des pécheurs m'ont environné.
CORDELIER , religieux franciscain ou de l'ordre de Saint-François d'Assise, institué au commencement du xu c siècle.
Dans leur origine, ils étaient habillés d'un gros drap gris , avec un petit capucc ou chaperon, un manteau de même étoffe, et une ceinture de corde nouée de trois nœuds, d'où leur vient le nom de cordcliers. Ils s'appelaient pnuvre» mineurs , et ensuite frères mineurs; ils sont les premiers qui aient renoncé à toute propriété.
Ces religieux peuvent être membres de li faculté de Paris, plusieurs ont été papes, cardinaux, évêques; ils .ont eu parmi eux de grands hommes en plusieurs genres, en particulier le frère Bacon, célèbre par les découvertes qu'il fil dans un siècle de ténèbres. Cet ordre n'a cessé dans aucun le ups de servir utilement l'Eglise et la société; il »e dislingue encore aujourd'hui par le savoir et par les mœurs. Les eordeliert sont divisés ru conventuels et en observant ins.
Le P. Luc de Wading, cordelier irlandais,
mort à Rome en 1G55, a donné en un vol. in-fol. la bibliothèque des écrivains de sou ordre, qui a été continuée et corrigée par le P. François Harol.
CORDELIÈRES. Ce sont les franciscaines ou religieuses de Sainte-Claire, nommées urbanistes. Comme la règle que saint François d'Assise avait donnée parut trop austère pour des filles, le pape Urbain IV, en 1253, adoucit cette règle, et permit aux religieuses clarisses de posséder des biensfonds. Il y eut cependant plusieurs maisons qui persévérèrent dans la rigueur du premier institut, et parmi les urbanistes même, plusieurs y sont revenues, soit par la réforme de sainte Collette, nommée dans le monde Nicole Boëllet, ou par d'autres réformes. Ces clarisses non mitigées ou non réformées sont connues sous les noms de religieuses de Y Ave Maria, de capucines, de récolleltes , de filles de la conception, de pénitentes du tiers ordre ou tiercelines, nommées à Paris filles de Sainte-Elisabeth.
CORDON DE SAINT-FRANÇOIS, espèce de corde garnie de nœuds, que portent pour ceinture différents ordres religieux qui reconnaissent saint François pour leur instituteur. Les cordeliers, les capucins, les récollets le portent blanc, celui des pénitent» ou Picpus est noir.
Il y a aussi une confrérie du Cordon de Saint-François , qui comprend non-seulement les religieux, mais encore des personnes de l'un et de l'autre sexe. Pour obtenir les indulgences accordées à leur société , ces confrères sont ob igés à dire tous les jours cinq Pater, cinq ^lye, /1/aria, et cinq Gloria Patri, à porter le cordon que tous les religieux peuvent donner, mais qui ne peut être béni que par les supérieurs de l'ordre.
CORÉ. Voy. Aaro\.
CORINTHIENS. Des deux lettres que saint Paul adresre aux Corinthiens, la première paraît leur avoir été écrite l'an 56, quatre ans après leur conversion ; l'apôtre était alors à Ephèse. Le dessein de celte lettre est de faire cesser les divisions cl les désordres qui s'étaient glissés parmi eux. 11 leur écrivit la seconde l'année suivante, pour les consoler, parce qu'il apprit que la première les avait affligés et mortifiés. Quand on se rappelle l'excès de corruption qui avait régnédans la ville de Corinlhe, sous le paganisme, excès altcsl i par les auteurs profanes et dont saint Paul les fait souvenir (/ Cor. vi, 9), on est fort étonné que dans l'espace de quatre ans, l'Evangile ait opéré parmi les fidèles de celle Eglise un changement si prodigieux dans les mœurs, cl qu'ils soient devenus capables de recevoir des leçons d'une morale aussi pure que celle de l'Apôtre. — Environ quarante ans après, lorsque saint Clément de Rome leur écrivit pour les exhorter de nouveau à la concorde cl à la paix, il leur rappela les avis que saint Paul leur avait donnés dans ses deux lettres.
CORNAR1STES , disciples de Théodore Cornhert, secrétaire des étais de Hollande, hérétique culhouoiaslc. Il n'approuvait au-
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conc secte, et les attaquait toutes. Il écrivait et disputait eu môme temps contre les catholiques, contre les luthériens et contre les calvinistes, et soutenait que toutes les communions avaient besoin de réforme ; mais il ajoutait que, sans une mission soutenue par des miracles, personne n'avait droit de la faire, parce que les miracles sont le seul signe à portée de tout le monde, pour prouver qu'un homme annonce la vérité. Il est vrai qu'il n'en fit pas lui-même pour démontrer la vérité de sa prétention. S m avis était donc qu'en attendant l'homme aux. miracles, on se réunit par intérim, qu'on se contentât de lire aux peuples la parole de Dieu sans commentaire, et que chacun l'entendît comme il lui plairait. Il croyait que l'on pouvait être hon chrétien sans être membre d'aucune Kglise visible. Il n'était donc pas besoin de se réunir, même par intérim. Les calvinistes sont ceux auxquels il en voulait le plus. Sans la protection du prince d'Orange, qui le mettait à couvert de poursuites, il est probable que ses adversaires ne se seraient pas bornés à lui dire des injures. Cependant il ne raisonnait pas trop mal, selon les principes généraux de la réforme, et ce n'est pas là le seul système absurde auquel elle a donné lieu.
CORPOUAL, linge sacré que l'on étend sous le calice pendant la messe, pour y poser décemment le corps de Jésus-Christ ; il sert aussi à recueillir les particules de l'hostie qui peuvent s'être détachées, soit lorsque le prêtre la rompt, soil lorsqu'il communie. Quelques-uns attribuent le premier usage du corporal au pape Eusèbe, d'autres à saint S\lve>tre. Quant au présent fait parle pape à Louis XI, d'un corporal sur lequel saint Pierre avait dit la messe, on n'est pas obligé d'en croire Philippe de Commines. Autrefois on avait coutume de porter les corporaux aux incendies, et de les présenter aux flammes pour les éteindre ; cette pratique a été défendue dans la plupart des diocèses avec raison. Voyez V Ancien Sacramen- /m're, par Grancolas, première partie, pages 156 et 7o0; Lebrun, tome II, p. 297.
* CORPS DE JÉSUS-CHRIST. Il est de foi que le te Verbe éternel a pris, dans le sein de la bienheureuse vierge Marie, un corps semblable au nôtre par l'opération du Saint-Esprit. Les preuves de celte vérité sont développées aux mots Nestoriens, Eu- TïcmiNS, Humanité de Jésus-Christ.
CORPS DE JÉSUS-CHRIST. Vers le commencement du xive siècle, ou vit naître un ordre nommé religieux du corps de Jésus- Christ, ou religieux blancs du Saint-Sacrement, ou frères de l'office du Saint-Sacrement, qui suivaient la règle de saint Benoît. Leur instituteur n'est pas connu. On présume qu'après l'institution de la fêle du saint Sacrement par Urbain IV, en 12G4, quelques personnes dévotes s'associèrent pour adorer particulièrement Jésus-Chrht présent au saint Sacrement, et en réciter l'office composé par saint Thomas d'Aquin ; que ce fut l'origine des religieux dont nous parlons. En 131)3, Bonifice IX les uuit à l'ordre de
Cîleaux ; ils s'en séparèrent ensuite; enfin Grégoire XIII unit celte congrégation à celle du mont Olivet.
CORRUPT1COLES, secte d'eutychiens qui parut en Egypte vers l'an 531, et qui eut pour chef Sévère, faux patriarche d'Alexandrie. Il soutenait que le corps de Jésus- Christ était corruptible ; que nier cette vérité, c'était attaquer la réalité des souffrances du Sauveur. D'autre celé, Julien d'Halicarnasso, autre eutychien réfugié en Egypte, prétendait que le corps de Jésus- Christ a toujours été incorruptible ; que soutenir le contraire c'était admettre une distinction entre Jésus-Christ et le Verbe, par conséquent supposer deux natures en Jésus-Christ, dogme qu'Eutychès avait attaqué de toutes ses forces. — Les partisans de Sévère furent nommés corrupticoles, ou adorateurs du corruptible ; ceux de Julien furent appelés incorruptibles ou phaniasiastcs. Dans cette dispute, qui partageait la ville d'Alexandrie, le clergé et les puissances séculières favorisaient le premier parti, les moines et le peuple tenaient pour le second.
COSME (saint). Les chanoines réguliers do Saint-Cosme-lès-Tours quittèrent, à ce qu'on dit, la règle trop auslère de saint Benoît , pour embrasser celle de saint Augustin ; ou ne sait pas en quel temps.
COSMOGONIE. Voy. Monde.
* COSMOGONIE , formation , arrangement du globe. — La cosmogonie mosaïque qui nous expose la création du monde en six jours, a éié l'objet de violentes attaques. On l'a prétendue absolument inconciliable avec les données actuelles de la science géologique. Mgr Wiseman démontre qu'il y a accord parfaii entre les découvertes géologiques et la narration de Moïse.
< Le docteur Sumner, dit il, cuumère ainsi en peu de mots les questions sur lesquelles peuvent être discutés les rapports entre l'une et Pauvre : Le récil de ta Genèse peut être brièvement résumé dans ces trois articles : premièrement, que Dieu créa originairement toutes choses ; secondement ', qu'à l'époque de la formation du globe que nous habitons, l'ensemble de ces matériaux était dans un étal de chaos et de confusion ; et trois émanent, qu'à une p.'rio le qui ne remonte pas au delà de 5,01)0 ans (5,400), soit que l'on adopte la chronologie de l'hébreu ou des Septante, ce qui importe peu, toute la terre subit une grande catastrophe, dans laquelle elle fut complètement inondée par l'action immédiate de la Divinité (a).
t Quelques écrivains ont tenté de lire les joins de la création dans les apparences actuelles de l'univers, ci de tracer une histoire de chaque production successive, depuis celle de la lumière jusqu'à C' Ile de l'homme, d'après les monuments que nous offre la face du globe. Tout cela, bien q;ie louable dans sou objet, n'esl certainement pas satisfaisant dms ses résultats. La première partie du ma lâche sera donc plutôt négative que positive. J'essaierai de vous faire voir que les étonnantes découvertes de la science moderne ne contredisent en lien le lécit de Moïse, et ne sont aucunement en désaccord avec lui.
< En premier lieu , le géologue moderne doit reconnaître et reconnaît volontiers l'exactitude tic celle assertion : qu'après que louies choses eurent ce faites, la terre doit avoir été daas un 4x '. >'j
(a) Records of création, vol. II, p. Ôi4.
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confusion et de chaos ; en d'autres toi mes, qu* les cléments, dont la combinaison devait plus tard former l'arrangement actuel du globe, doivent avoir été totalement bouleversés et probablement dans un état de lutte et de conflit. Quelle a é'é la durée de cette anarchie? quels traits p «rticuliers offrait-elle ? Ktait-ce un désordre continu et sans modifications, ••Il bien ce désordre était il interrompu par des in- (••rva'les de paix et de repos, d'existence végétale et animale ? l 'Écriture l'a caché à n itre connaissance ; mais en même temps elle n'a rien dit pour décourager l'investigation qui pourrait nous conduire à quelq ie hypoilièse spéciale sur ces questions. El mène I semblerait que cette période indéfinie a été mentionnée à dessein, pour laisser «arrière à la méditation et à l'imagination de l'homme. Les paroles du texte n'expriment pas simplement une pause mumenianée entre le premier fiai de la création et la production de la lumière; caria forme grammaticale du verbe, le participe, par lequel l'esprit de I>ch, l'énergie créatrice, est représenté convint l'ahime, ei lui cominuni(|uanl la vertu productic.e, exprime natureliement une action continue, nullement une action passagère. L'ordre même observé dans la création des six jours, qui se rapporte à la disposition présente des choses, semble indiquer que la puissance divine aimait à se manifester par des développements graduels, s'élevanl, pour ainsi dire, par une échelle mesurée de l'inanimé à l'organisé, de l'insensible à l'instinctif, et de l'irrationnel à l'homme. Et quelle répugnance y a-t-il à supposer que, depuis la première création de l'embryon grossier de ce monde si beau, jusqu'au moment où il fut revêtu de tous ses ornements et proportionné aux besoins et aux habitudes de l'homme, la Providence ait aussi voulu conserver mie marche et une gradation »emblab!es, «le manier • à ce que la vie avançât progressivement vers la perfection, et dans sa puis sauce intérieure, et dans ses instruments extérieurs? Si les apparences découvertes par la géologie venaient à manifester l'existence de que'que plan semblable, qui oserait dire qu'il ne s'accorde pas, par la plus étroite analogie, avec les voies de Dieu dans l'ordre physique et moral de ce inonde? On qui osera affirmer que ce plan contredit la parole sacrée , lorsqu'elle nous laisse dans une complète obscurité sur celte période indéfinie dans laquelle l'œuvre du développement graduel est placée? J'ai dit que l'Ecriture nous laisse sur ce point dans l'obscurité, à moins toutefois que nous ne supposions, avec un personnage qui occupe maintenant une haute position dans l'tglise, qu'il est lait allusion à ces révolutions primitives, à ces destructions et à ces reproductions dans le premier chapitre de l'Ecclésiasle (a), ou qu'avec d'autres, nous ne prenions dans leur sens te plus littéral les passages où il est dit que des mondes ont été créés (b).
« Il est vraiment singulier que toutes les anciennes cosmogoiiies conspirent à nous suggérer la même niée, et conservent la tradition d'une .>éiie primitive de révélations successives par lesquelles I : monde tut détruit et renouvelé. Les instiiutes de Manon, l'ouvrage indien qui s'accorde le plus étroitement ;»\ec le récit de l'Ecriiiie louchant la création, nous iti-ent : // 1/ a des créations et des destruction* de momies innombrables; l'Etre suprême fait tout cela nvec autant de facilité que si c'était un jeu ; il crée et il crée encore indéfiniment pour répandre le bon- Iteur (c). t..» Birmans ont. des trad lions semblables; et l'on peut voir, dans l'intéressant ouvrage de S..ng> Tuiiiio, traduit par mon ami le docteur
(m Wcerclie snlln qeoloqia. Roverelo, 1821, p. (>3.
<h) llébr. i, t. — i)e même, IIH de* titres de Dieu dans
l o Ki m .si : le Seigneur drs momies, sura I.
C » Institues of litndu laiv. Coud. 182'j, ch. 1 , n. 80, jp. 13, coup, n 37, 74, cic.
Tandy, une esquisse de leurs diverses destructions du monde par le feu et l'eau (a). Les Egyptiens aussi avaient consacré une pareille opinion par leur grand cycle ou période gothique.
i Mais il est beaucoup plus important, je pense , et plus intéressant d'observer que les premiers Pères de l'Eglise chrétienne paraissent avoir eu des vues exactement semblables; car saint Grégoire de Nazianze, après saint Justin, martyr, suppose une période indéfinie entre la création et le premier arrangement régulier de toutes cluses (b). Saint Basile, saint Césaire et Origène sont encore plus explicites; car ils expliquent la création de la lumière antérieure à celle du soleil, en supposant que ce luminaire avait déjà existé auparavant , mais que ses rayons ne pouvaient pénétrer jusqu'à la terre, à cotise de la densi é de l'atmosphère pendant le chaos, et que celte atmosphère fit as»ez raréfiée h premier jour pour laisser passer des rayons du soleil sans qu'on pût néanmoins distinguer eneme son disque, qui ne fut complètement dév >ilé que le troMèmo jour (c). Boubée adopte celte hypothèse comme parlai ement conforme à la théorie du feu central, et par conséquent a la dissolution dans l'atmosphère de substances qui se sont précipitées graduellement, à mesure que le milieu dissolvant se refroidissait (d). Certes si le docteur Croly s'indigne si fort contre quelques géologues parce qu'ils considèrent les jours de la création comme des périodes indéfinies, bien que le mot employé signifie, selon son élymologie , le temps qui s'écoule entre deux couchers de soleil, que dirait-il donc d Origène qui, dans le passage dont j'ai parlé, s'écrie : Quel homme de sens peut penser qu'il y eût un premier, un second et un troisième jour sans soleil, ni lune, ni étoiles? Assurément le temps entre deux couchers de soleil serait une grande anomalie s'il n'y avait pas de soleil.
< En faisant ces remarques, je ne suis point guidé par une prédilection personnelle pour aucun système. Je ne prétends nullement au titre de géologue ; j'ai étudié celte science plutôt dans son histoire quo dans ses principes pratiques, pluiôi pour surveiller sa portée sur dm recherches toutes religieuses que dans aucun espoir de. l'appliquer personnellement. Je vais maintenant vous exposer une antre méthode par laquelle d'habile- géologues peu eut qu'ils prouvent l'éclatante harmonie de celle science avec l'Ecriture. Je ne prétends pas, ce serait présomption à moi de le prétendre, juger entre les deux, ou prononcer sur les raisons que chacun peut produire. Mais je liens a faire voir que sans touchera la fui, l'espace ne manque pas pour lotit ce que la géologie moderne pense avoir le droit de demander. Je liens à montrer (et les grandes ;nitoriiés que je viens de citer me rassurent parfaitement sur ce point) que tout ce qui a été réclamé, demandé par celte science, a été accordé autrefois par ces hommes qui furent l'ornement cl la lumière du christianisme primitif, et qui, assurément, if auraient pas sacrifié une lettre de l'Ecriture.
i Mais vous me demanderez : Qu'est-ce qui rend nécessaire ou utile île supposer ainsi quelque période intermédiaire cuire l'acte de la création et l'arrangement des choses créées telle» qu'elles existent maintenant? D'après mon plan, je dois vous expliquer ce point, ei je vais essayer de le faire avec toute la brièveté il la simplicité possibles. Depuis
\a) A description of the Burntcse empire , imprimé po r la fondation des tradiicuous orientales , a uoine , t833 , p. 29.
(/<) 0ro7. 2, t. 1, p. 51, e.dit. Rened.
(r) S. Basil. Ilc.rnmer. H .m. 2. Parla, 161S , p. 25; s. Cssaruis, Dtal. I, Bitdioth. Patr. Gallandk Ven. t77u, U VI, |.. 37; Origcn. l'eiûinh. hb. iv, c. 10; t. I, p. 17i, et t. HeiietJ
(,/) Géologie élémentaire à la portée de tout le monde; Paru, 1833, p. 37
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pin d'année* un élément nouveau et forl important a été introduit dans l'observation géologique , je veux dire la découverte et la comparaison des débris fossiles. Tous mes auditeurs savent déjà sans doute que dans p'nsieurs parties du monde on a trouvé des ossements énormes que l'on avait coutume d'attribuer à l'éléphant, ou mammouth, comme ou disait d'après un mot sibérien qui désigne un animal souterrain fabuleux. Outre ces restes et d'autres semblables, de vasies accumulations de coquillages et des empreintes de poissons dans la pierre, ennuie à Monté-Bolca, ont été découvertes dans tous les temps et dans tous les pays. On était dans l'usage de rapporter tout cela au déluge cl d'y voir une preuve que les eaux avaient couvert le globe entier et détruit toute vie terrestre, en même temps qu'elles avdeiil déposé les produciions marines sur les continents. Mais peut-être me croirez- vous à peine, si je vous dis que pendant plusieurs années la plus vive controverse fut agitée dans ce pays-ci (en Italie) sur la question de savoir si ces coquillages étaient des coquillages réels et avaient autrefois renfermé un animal, ou bien si ce n'étaient que des productions naturelles, formées par ce qu'on appelait une puissance plastique de la nature, imitant les formes réelles. Agricola, suivi parle judicieux Andréa Mattioli, affirma qu'une cei laine matière grasse, mise en fermentation pu la chaleur, produisait ces formes fossiles (a). Mercaii, en 1574, soutint obstinément que les coquillages fossiles recueillis au Vatican par Sixle- Ojiint, étaient tout simplement des pierres qui avaient reçu leur configuration de l'influence des corps célestes (b) ; et le célèbre médecin Fallope assurait que ces coquillages étaient formés partout où on les trouvait, par le mouvement tumultueux des exhalaisons terrestres. Kl même ce savant auteur était si opposé à toute idée de dépôts, qu'il soutenait hardiment <pie les fragments de poterie qui forment le singulier moniicule connu de vous tous sous le nom de monte Testaceo, étaient des productions naturelles, jeux de la nature contrefaisant les ouvrages de l'homme (c). Tels étaient les embarras auxquels ces hommes zélés et habiles se trouvaient léJuits pour expliquer les phénomènes qu'ils avaient observés.
« A mesure que l'on observa avec plus de soin et d'attention l'ordre et les couches dans lesquelles on trouvait ces restes d'animaux, ou ^s'aperçut qu'il existait un certain rapport entre ces deux choses. On remarqua encore que plusieurs de ces restes étaient ensevelis dans des situations où l'action du déluge, si violente et si étendue qu'on la suppose, ne saurait avoir pénétré. C^r nous devons supposer que cette action s'est exercée à la turface de la terre et a laissé sur son passage des signes de perturbation et de destruction, tandis que ces restes d'animaux ont été trouvés au-dessous des stratifications qui forment l'écorce extérieure de la terre ; et ces couches reposent sur eux avec tous les symptômes d'un dépôt graduel et tranquille. Ensuite, si mous rapprochons ces deux observations l'une de "N l'autre, en supposant que le tout ait é;é déposé par le déluge, nous devrons nous attendre à trouver ces débris fossiles dans une confusion complète, taudis qu'au contraire nous découvrons que la couehd
(a) « Agricola sognava iuGermani.i clie al'.a fonnazione di quesii corpi fosse concorsa nou so quai umena pingtie, messa in feruienlo dal colore. Andréa Maiin.1i aildollô iu Italia imedesiini pregiudizj. » Bnocciu , Concliiologia fossile subapeiuiina, 1. 1, Milan, 1X1 i, p. v.
(b) « Lgli nie<;aclie tecoiichigUe lapide latin sieno vere coucliiglie, e dopo un tungbissiinn discorso sulla maierta e sulla forma soslanziaie conchiude che sono piètre m coi al guisa coniigurale dall' inllueiiKa dei copi céleri. » ((but., p. vin.)
(<•) « Concepisce più facilm >ntc clie le chiocciole iin;ueli'ile siano suite générale snl luogo dalla f'eruieuiazione , » pure che ahhiauo acquislata quella lOnna mediatile il UioTiiiieulo verticosj dclle csaljiiom ici ie.->ln. » V. vt.
la plus basse, par exemple, présente une classe particulière de fossiles; puis les couches qui sont superposées contiennent également des classes loin à fait uniformes de fossiles, quoique dans plusieurs cas ces fossiles diffèrent de ceux des dépôts inférieurs, et ainsi jusqu'à sa surface. Cette symétrie de déposition pour chaque couche, taudis qu'elle diffère des précédentes , suppose une succession d'actions exercée sur des matériaux divers, et point du tout une catastrophe convulsive et violente. Mais cette conclusion parait mise h >rs de doue par une découverte eue ne plus inattendue, tandis que dans les terrains meubles et partout où le déluge est supposé avoir laissé des traces, nous trouvons les ossements d'animaux appartenant à des genres qui existent actuellement ; parmi les fossiles ensevelis à de plus grandes prolomleurs rien de semblable ne se découvre. Au contraire, leurs s |iieleiles nous représentent des monstres qui, considérés dans leurs dimensions et dans leurs formes, n'ont pas même d'analogue parmi les espèces actuellement existantes, el paraissent avoir été incompatibles avec la coexistence de la race humaine.
€ Cette dernière considération mérite quelques explicitions, parce qu'elle préparera ceux qui n'ont pis étudié celle science à c miprendre ces découvertes récentes. Des personnes s'étonneront peut-être qu'à l'inspection de quelques os brisés, on puisse former un jugement sur les animaux auxquels ils appartenaient. 11 y a quelques années ce problème n 'aurait-il pas paru absurle? reconstruire un animal d'après un de ses os ! lit cependant, nous pouvons le dire avec vérité, il a été résolu de la manière la plus complète. Il n'est peut-être pas nécessaire d'observer que (individualité de chaque espèce d'animaux est si parfaite, que chaque os, presque chaque dent, est suffisamment caraclénstiq ne pour déterminer ses firmes. L'élude approfondie de ces variétés et les résultats analogues auxquels elle conduit toujours, furent la base sur laquelle Cuvier posa le merveilleux édifice de cette nouvelle science. Les habitudes ou les caractères des animaux, comme j'ai déjà eu occasion de le remarquer, impriment leurs particularités sur chaque portion de leurs formes. L'animal Carnivore n'est pas tel seulement dans ses grilles ou dans ses serres; chaque muscle don être proportionné à la force et à l'agiblé qu'exige sa manière de vivre, el chaque muscle creuse une cavité correspondante dans l'os qu'il embrasse ou sous lequel il paSîC Kien n'est plus curieux que les analogie* convaincantes quoique inattendues, par lesquelles Cuvier confirme sa théorie ; car il montre un rapport constant el toujours prop riionué entre des parlies qui ne semblent avoir aucune couuexile, telles que fes pieds et les dents.
« Cependant, lorsqu'il commença à appliquer s»'S principes d'anaiomie comparée aux débris d'ossements extraits des carrières de M uitm titre, il découvrit bientôt qu'on ne pouvait les rapportera aucune espèce actuellement existante sur le globe. Mais les principes scientifiques qui le guidaient étaient si certains, qu'il répartit facilement ces ossements entre différents animaux suivant leurs dimensions el leurs structures diverses ; et il prononça qu'ils représentaient des animaux de la cl esse des pachydermes, ou à peau épaisse, el irès-éiroitenieut al lés au tapir. Il distingua deux genres, découvrit même plusieurs subdivisions, el leur donna des noms appropriés. Il donni aux deux genres les noms de pilœotliirium ou ancien animal, et unoplotherium ou désarmé, parce que l'un était distingué de l'an re par le manque de défenses. Ces résultats ne doivent pas néanmoins être considérés Comme de pure» conjectures; car, lorsqu'un a eu le bonheur, après qu'il eutcoiistruit, à l'aide desemblables auilogies, le squelette d'un animal, de découvrir un squelette entier ou une partie que l'on ne possédait pas encore, on a
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trouvé qu'il avait eu constamment raison oans ses suppositions, et je ne pense pas que dan» un seul cas ou ail eu besoin de ntodilier sa reconstruction conjecturale (a).
« Dans 'iiielqucs occasions, les naturalistes ont été assez heureux pour découvrir la dépouille de ces monstres dans un état assez complet pour d.spenser du laborieux procédé que je viens de vous expliquer. L'Espagne, par exemple, a été de bonne heure en possession d'un squelette presque complet du meyatherium, comme on l'appelle maintenant ; il fui envoyé de Buénos-Ayres, en 178), par le marquis de l.oreto, et déposé dans le cabinet de Madrid ; Juan liautista Hru publia des planches qui le représentaient. D'autres fragments, et même nue portion considérable des ossements du même animal, ont été apportés en Angleterre par M. Parish, ei présentés par lui au collège royal de chirurgie; par bonheur ils servent en grande partie à remplir les vides du spécimen de Madrid (&). Nous avons ainsi un animal avec la tète et les épaules du paresseux, et cependant avec des membres et des pieds qui tiennent le milieu entre ceux de l'armadille et du fourmilier. Mais en même temps il doit avoir égalé les éléphants de la pins haute taille, car il avait 13 pieds de long et 9 de haut.
« Plus étranges encore sont les classes d'animaux alliées aux sauriens ou lézards; les énormes dimensions ei les formes presque chimériques de quelques-uns d'entre eux seraient à peine conçues pir l'imagination. Le mcgalosaurus, comme l'a justement nommé le docteur Buckland, avait au moins 5() pieds de long, et même à en juger d'après le spécimen trouvé dans la forêt de Tilgate, dans le Sussex, il paraît, toute réduction faite, avoir atteint la longueur effrayante de 60 ou 70 pieds (c). L'ichlhyosntirus ou lézard-poisson, quand il fui découvert en partie, présentait de si étranges anomalies, que l'on pouvait à peine supposer que ses membres appari lussent au même animal. Ce ne fut qu'après des découvertes répétées que Conybeare et de la flèche produisirent un animal avec la tête d'un lézard , le corps d'un poisson et quatre nageoires au lieu de pattes. La taille de quelques uns de ces monstres doit avoir été énorme, comme les spécimens du muséum britannique peuvent le prouver aux observateurs. Plus fantastique encore et la forme du plcsiosaurut , ou, comme on le nomme maintenant avec plus d'exactitude, enaliosaurus, ou lézard marin, qui, aux caractères remarqués dans les autres , joint un cou plus long que celui d'aucun cygne, à l'extrémité duquel est une très-petite tête (d). Enfin, pour ne pas vous arrêter plus longtemps à ces explications, on a découvert un autre animal bien plus extraordinaire, et je pourrais presque dire fabuleux. Cuvier lui a donné le nom de ptérodactyle. C'est lui qui le premier détermina les caractères de cet animal d'après un dessin de Collini ; il eut la satisfaction de voir ensuite sa décision coniirmée par plusieurs spécimens. Il déclare cet animal le plus étrange de l'ancien monde; car il avait le corps d'un reptile ou lézard, avec des pâlies excessivement longues, manifestement formées comme celles
(a) Voyez ses principes dans l'Extrait d'un ouvrage sur les espèces de quadrupèdes dont on « trouvé les os einents dans l'intérieur de la terre, p. 1; dans son discours préliuiiiiflire des Recherches sur les ossements foss.les, vol. I, p. 58, publié aussi séparément. Voy. encore le vol. III , p. 0 etniiv., pour les procédés suivis dans la création , comme il du, des nouveaux genres.
(h) Voyez une planche indiquant les parties suppléées
par chacun de ces spécimens, dans Ici Geolui/ual l'ransactions, nouvelles séries, vol. III, 1835, planche XL1V, mec une description détaillée par M. Chu, p. I3Î.
(f) Ibi.t., vol. I, \H2i, p. 501.
(</) Voir Gcoloyicul Transactions, vol. I, pp. 13, 103.
de la chauve souris, pour déployer une membrane au moyen de laquelle il pouvait voler; puis un long bee armé de dents aiguë»; cl il doit avoir été couvert non de poils ni de plumes, ma s d'écaillés (a). «Ces exemples, entre bien d'autres, peuvent suffire pour vous faire voir que les espèces d'animaux que l'on a trouvées ensevebes dans la piene calcaire ou dans d'autres roches, n'ont pas de types correspondants dans le monde actuel ; et si nous les opposons aux genres existants, trouvés dans les couches plus superficielles, il nous faudra conclure que les premiers n'ont pas été détruits par la même révolution qui enleva les derniers de la surface de la terre, à l'exception des couples conservés par l'ordre de Dieu.
. < Quelques naturalistes, malgré les avantages que nos géologues ont tirés des fossiles, même dans la comparaison des couches minéralogiqucs, ont persisté à les exclure de la géologie comme étrangers à la science (b). Mais il est impossible de fermer les yeux à la nouvelle lumière que ces découvertes ont répandue sur son élude, et, par conséquent, de négliger la considération des rapports que la science ainsi élargie soutient avec les récits de l'Ecriture; et puis, quoique notre conclusion puisse paraître négative, elle est, ce me semble , d'une haute importance : car le premier pas dans la connexion d'une science avec la révélation, après qu'elle a passé la période tumultueuse des théories informes et contradictoires, est que ses résultats ne soient point opposés à la révélation ; et c'esl là dans le l'a i t, une confirmation positive. Car, ain>i que j *. le démontreiai d'une manière plus approfondie dans mon dern cr discours, la manière éclatante avec laquelle l'histoire sacrée, soumise à l'examen des investigations les plus diverses, défie tous leur» efforts de découvrir en elle aucune erreur, forme, par l'accuinulalion d'exemples variés, me preuve positive extrêmement forte de leur inattaquable véracité. Ainsi, dans le cas présent , si l'Écriture n'avait admis aucun intervalle entre la création cl l'organisation du inonde, mais qu'elle eût déclaré que c'étaient des actes simultanés ou immédiatement consécutifs, nous eussions peut-être été embarrassés pour concilier ses assertions avec les découvertes modernes. Mais, au lieu de cela, elle laisse un intervalle indéterminé enlre les deux, et même elle nous apprend qu'il y eul un étal de confusion et de lutte, de dévastation ci de ténèbres ; elle nous montre la mer dépourvue d'un bassin convenable et couvrant ainsi tantôt une partie de la terre, tantôt une autre; dès lors nous pouvons dire avec vérité que le géologue lit dans ce peu de lign.es l'histoire de la terre, telle que ses monuments l'ont établie : une séiie de déchirements, d'élévations et de dislocations ; des irruptions soudaines d'un é. émeut que rien n'enchaînait, ensevelissant des générations suc-i cessives d'animaux amphib.es; un abaissement subit des eaux, calme, mais inattendu, embaumant dans leurs divers lits des myriades d'habitants aquatiques (c); des alternatives de terre el de mer, et de lacs d'eau douce; une atmosphère obscurcie par d'épaisses vapeurs carboniques qui, absorbées graduellement par les eaux, s'éclaircireul et produisirent les ruasses si étendues des formations calcaires, jusqu'à ce qu'enfin arrivât la dernière révolution préparatoire pour notre création. Quand la
(a) Ossements fossiles, vol. IV, p. 58; vol. V, part n, p. .")7il; de la liùclie , dans les TrunsaeUOM géologiques, vol III, p. 217.
(/>) Par exemple, le docteur Mac faillira, dans son sqslciu of Vcology, witli a llieory vf ilic earth. Londou , 1831, Vol. I, p. 451».
(<) Voir De La Bêche . qui a très-bien traité ce point dans ses Researenet into thcorcltcal Gcology. Loudon, 1834,
'■lia p. mi, p. .'12.
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terre fut suffisamment brisée pour celte magnifique diversité que Dieu voulait lui donner , et pour produire ces points d'arrêt, ces barrières que les desseins providentiels avaient désignées, l'œuvre de ruine fut suspendue, du moins jusqu'au jour d'un plus grand désastre ; et la terre demeura dans cet état d'inertie léthargique dont elle fut délivrée par Ja reproduction de la lumière ei l'œuvre subséquente des six jours de la création.
« Mais nous pouvons bien dire, je pense, que même sur ce premier point de notre investigation géologique, la science a été plus loin que je n'ai indiqué. Car nous sommes en bonne voie, ce semb'e, pour découvrir nue magnifique simplicité d'aciion dans les causes qui ont produit la forme présente de la terre, et, en même temps, une analogie évidente avec la méthode progressive manifestée dans l'ordre connu des œuvres de Dieu ; d'où il résulte une confirmation, si je puis employer ce mot, de tout ce que le Seigneur a manifesté dans sa parole sacrée.
t Car lorsque j'ai parlé de révolutions successives, de destiuciions et de reproductions, je n'.ii pas entendu simplement une série de changements sans connexion , mais l'action constante d'une cause unique, produisant les effets les plus variés suivant des lois établies; et, je puis le dire, c'est ce que la géologie moderne tend évidemment à établir- J'ai précédemment louché en passant le sujet de la chaleur centrale, ou l'exis ence d'un principe de cet ordre d.ms Pinlérieur de h terre, soit qu'il provienne de l'état primitif du globe ou de quelque autre source, peu nous importe. Celle chaleur centrale ll'a plus assez de force pour effectuer des révolutions dans noire globe ; son action actuelle peut encore être grande par rapport à des contrées particulières, mais elle est très-faible si on la compare à ses efforts primitif . La plupart d'entre vous on' pu observer des effets de celte puissance dans quelques scènes volcaniques. Dans ce pays-ci, des îles oui éié formées et englouties ensuite, des collines ont élé soulevées, les cônes des montagnes ont élé brisés et abattus , la mer a rompu ses limites, et des champs fertiles ont élé changés en des lieux de stérilité et de désolation. Supposez cette force agissant sur une échelle gigantesque, non plus sur un district, mais sur le monde entier, faisant éruption laniôt d'un côié et tan ôt d'un autre ; d'effrayantes convulsions doivent en avoir résulté, les déchirements ont dû être bien autrement épouvantables, el des montagnes ont pu être soulevées au heu des collines, semblables au monie Kosso que l'Etna lit surgir en 1660, et la mer peut avoir envahi de larges territoires au lieu de quelques portions de eôles.
< Les observations des géologues sonl suffisantes pour démontrer l'action de quelque force semblable à celle que je viens de décrire. Léopold de liuch a prouvé le premier que les montagnes, au lieu d'être les parties les plus immuables et les plus fermes de KIa structure du gio'oe, loin d'avoir existé antérieurement aux matériaux plus légers qui reposent sur leurs lianes, les on*, au contraire, pertes en se soulevant par l'action d'une force souierraiue. M. Elie du lieaumonl a tellement généralisé cette observalion, qu'on peut le considérer comme le fondateur de la théorie. Vous en comprendrez facilement une simple démonstration. Si les différentes couches étendues sur le flanc d'une montagne, et qui sont nécessairement le résultat de précipitations d'une solution aqueuse, au lieu de leposer horizontalement comme de pareilles piéc pilalious doivent se faire, et, par conséquent, coupant les côtés de la montagne par des angles, comme dans la figure suivante (A étant la section de la montagne, et U représentant les couches environnantes), étaient, au
contraire, redressées parallèlement à ces mêmes
côtés, de celte manière :
il est manifeste que la montagne doit avoir et»! poussée de bas en haut à travers les couches déjà déposées. M. de Beamnont, eu comparant les diverses couches ainsi perforées par chaque chaîne de montagnes avec celles qui reposent dans une situation horizontale, comme si elles avaient élé déposées après l'élévation de la montagne, essaie de déterminer, dans la séiie des révolutions primitives la période où chacune de ces montagnes fui soulevée ; el chacun de ces systèmes de montagnes, comme il les appelle, produisit ou accompagna quelque grande catastrophe qui détruisit dans une certaine étendue l'ordre de choses existant (o). Ce système des géologues français a élé confirmé el adopté par les hommes de la science dans noire pays. Le professeur Sedgwick et M. Mu rebison, en parlant des phénomènes qu'on peut observer dans l'île d'Aran, remarquent qu'ils semblent prouver que les grandes «lisloca ions des couches secondaires ont élé produites par le soulèvement du granit ; et que, dans cette hypothèse, les forces soulevantes doivent avoir agi quelque temps après la déposition el la conscliaalion du nouveau grès rouge (b). Mais de la Bèxlic est clairement de l'opinion que ces soulèvements successifs, indices des convulsions qui oui troublé l'action Irauquille des dépôts de sédiment, peuvent être encore simplifiés en les rapportant à une seule cause qui est la force d'une grande chaleur centrale, brisant à diverses époques et de diverses manières la croûte de la terre, soit par le progrès du refroidissement, comme il le suppose te), soit par l'action volcanique, comme l'imagine fauteur de cette théorie.
« Or, il me semble que celte théorie, par sa belle unité de cause et d'aciion, s'accord-î parfaitement avec toul ce que nous connaissons des méthodes employées par la divine Piovidence, qui établit une loi, puis la laisse agir. Ainsi le soulèvement d'une chaîne de montagnes serait, à des époques marquées, l'elfel de causes constantes dans leur loi, quoique irrégulières dans leur action , de même que le renouvellement de la germination à chaque printemps est la conséquence annuelle de la même action de la chaleur sur la plante. Mais cette supposition paraît, en outre, dans la plus frappante harmonie avec les déclarations expresses, ou les explications des phénomènes de la création contenues dans les livres saints. Ils nous apprennent, eu effet, (pie
(a) Revue Française, mai 1830. Voyez aussi ses couuixi nications a M. de la lîèelie, dans son Manuel, p. 481 et Siijv, — Carlo Gemmellaro nuis appn-n I «pie dans uim assemblée scientifique de Stotlgaru, en 1831, il lui un mémoire proposant, une moduValiou de la théorie , et restreignant l'élévation des cliaiue.s de montagnes à d-'s espaees peu étendus. Helaz'wnc sut di lui viaggio a Stuttgart. Catania, p. iâ, 1833.
(<>) Geolog. Traits., vol. III, p. 31.
(c) lis arches, p. 50.
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pour renfermer l'océan dans son lit, les montagnes Relèvent et le» vallées s'abais cnt dans le lien que la Providence leur a destiné : Dieu tes a placées comme une bairière que les eaux ne franchiront pas ; l'océan ne reviendra pas couvrir la terre (a). Ailleurs il est parlé de la formation des montagnes comme distincte de celle «le la terre : Avant que les montagnes fassent produites, ou que la terre fui née (b). Un autre passage remarquable semble décrire graphiquement les effets du feu central : Le feu sera allumé dans ma colère, et il brûlera jusqu'au fond de l'abîme (de l'enfer) ; il dévorera la terre et tous ses produits, et consumera les fondements des montagnes (c). Dans cette description, comme dans la plupart de celles qui exaltent la gloire ou la puissance, la munilicence ou la sévérité de l'Être suprême, les ligures sont trèsprobaldenieni tirées de ses œuvres actuelles, comme l'c êqne Lowih l'a amplement démontré.
« Mais les découver es «les géologues modernes ont aussi, comme je l'ai déjà unit |iié, établi une série progressive dans la production des différentes races d'animaux; et ce résultat de leur science est évidemment d'accord avec le plan manifesté dans la création des mx jours. Et même ce rapprochement entre la géologie et l'Ecriture a semblé tellement frappant à plusieurs, qu'ils ont abandonné la méthode de conciliation entre les livre» saints et la science moderne que je viens de vous exposer, et ils ont soutenu que l'harmonie entre les faits et l'histoire inspirée est encore bien plus parfaite que je ne l'ai affirmé jusqu'ici. Si vous n'adme'lez pas leur hypothèse, vous aurez du moins occasion de voir (pie la géologie étrangère ne cherche nullement à détruire ou à contester la narration de Moïse.
« Le docteur Hukland observe avec vérité que de savants hommes, par des arguments toit a lait distincts de la géologe, ont soutenu que les jouis de la création signifient de longues périodes indélinies (</). Que cette supposition soit plausible, c'est ce que jt> ne saurais contester philologiquemeiil ou criliquemeiil |&rla >l, ; je ne vois aucune objection contre elle ; mais elle ne me parait pas absolument nécessaire. Toutefois, en admettant l'hypothèse exposée ci-dessus, que toutes les exigences de la science moderne sont satisfaites dans l'espace intermédiaire entre la création et l'organisation de la terre sous sa forme actuelle, il se pourrait que des périodes plus longues qu'un jour fussent eucoie nécessaires, si nous supposons que les lois de la ir.'ure ont éé abandonnées à leur cours Ordinaire; car alors il aurait fallu un plus long intervalle pour que les plantes se couvr ssent de lleur.> et de fruits, et atteignissent leur corn plel développement, comme nous devons supposer que cela eut lieu avant que l'homme lut placé au milieu d'elles. Mais il peut se faire aussi qu'il ail plu à Dieu de les produire dans toute leur grandeur et toute leur beauté dès le premier instant de leur existence;
i Cuvier a remarqué le premier que, dans les animaux fossiles du inonde primitif, il y a un développement graduel d'organisation ; ainsi les couches les plus inférieures contiennent lés animaux les plus imparfaits, mollusques et lesiacés ; ensuite viennent les crocodiles, les sauriens et les poissons ; et en dernier lieu les quadrupèdes, en commençant par b s races éteintes dont j'ai parte (e). M. Lyell nie, peut-éii e avec raison, l'exactitude de la conséquence Miovenl tirée de ce résultat, qu'il y a un développement progressif de la vie organique, depuis les foi mes les plut simples jusau aux plus compliquées (/') ; d'au-
{a) Pi. »v, 8, 9.
(") l's. xc, 2.
(<) Deut. sxxi, 22.
(d, VindicicB geMiiciv. Oxford, 1820, p. 32.
(< ) Discours prélimin., p. us.
(/J i'rinciplé* of Gco'u y, xol. I, p. 145.
tant plus que la découverte d'un poisson ou des ossements d'un saurien parmi les co piilles, suflit pour déranger l'échelle. Mais celte observation ne blesse en rien le système que je vais vous exposer, puisque chaque examen subséquent est venu, autant que. je puis le savoir, confirmer cette succession d'animaux. Par exemple , dans les tableaux de la classification extrêmement détaillée des fossiles du Sussex que M. Manlell a publiés, nous trouvons dans les dépôts d'alluvion le cerf et autres animaux semblables ; dans le dépôt diluvien, le cheval, e bœuf et l'éléphant ; puis ensuite, en creusant toujours plus bas, nous trouvons des poissons, des coquilles, et, dans quelques formations, des tortues et les diflérents sauriens que j'ai déjà décrits. On découvrit des ossements qu'il supposa d'abord appartenir à un oiseau ; mais le professeur lluck'and trouve beaucoup plus probable qu'ils ont appartenu à un ptérodactyle ou lézard volant (a).
< Partant de ces prémisses, les auteurs auxquels j'ai fut allusion supposent que les jours de la créalion signifient des périodes plus longues et d'une durée indéfinie pendant lesquelles existait un certain ordre d'êtres animés ; et ils observent que la disposition des fossiles dans les couches correspond exactement à l'ordre dans lequel leurs classes respectives ont été produises selon l'Ecriture. Un é;rivain anonyme a publié l'année dernière une table comparative de celle conformité en suivant, d'un côté, l'excell ni ouvrage de lliimboldl sur la superposition des roches, et de l'autre la succession reconnue des fossiles organiques. Dans les roches les plus basses primitives, ou, comme on les a appelées aveu plus do raison, roches non stratifiées, aussi bien que dans la classe inférieure des roches stratifiées, nous n'avons aucune trace de vie végétale ou animale; ensuite, nous- trouvons des plantes mêlées avec des poissons, mais plus spécialement avec des coquili ges et des mollusques, comme dans le groupe de la Grauxvacke ; ce qui indique que la mer lui la première à produire la vie ei à enfanter des habitants; tandis que la plus grande abondance des animaux de la classe inférieure, tels que les coquilles, les mollusques, etc., semble ituii jiier la priorité de leur existence sur celle des animaux plus parfaits qui vivent dans le même élément. Viennent ensuite les reptiles el ces monstrueux animaux rampants déjà décrits, qui se rattachent aux habitait s de l'air par le lézard volant, et qui sont avec ra son classés par l'historien inspiré entre les productions marines. Puis la terre engendre la vie à son lotir, et, eu conséquence, nous trouvons cusu le les restes de quadiupèdes, mais d'espèces toutefois qui, pour h plupart, n'existent plus. Ou les trouve seulement dans les dernières couches supérieures à «elles où reposent les plus grands reptiles marins, telle que la formation d'eau douce dans le bassin de Paris. Puis enfin viennent les terrains meubles, dans lesquels» comme je vous le montrerai plus longuement à notre prochaine réunion, existent les squelettes des races qui habitent maintenant la (erre. Dans chaque classe de ces fossiles on trouve des marques suffisantes qu'elles ont été privées d'existence par quelque grande catastrophe (a).
< Celte hypothèse, cette tentative pour mettre d'accord l'historien juif avec la philosophie moderne peut paraître à plusieurs manquer de la p écision nécessaire pour établir un parallélisme aussi circonstancié. (Juin qu'il en soil, elle servira du moins à venger ceux qui cultivent celte science, du re proche d'élre indifférents sur les rapports que ces résultats peuvent avoir avec des autorités plus sacrées. J'ajouterai que plusieurs géologues du continent, bien loin de dédaigner nus Ecritures, expri-
(n) Geolog. Transact., vol. IIP, pp. 200-21C, comp. D* Ducklind, p. 220.
(b) Annales de phil.isopfiic chrétienne, Aog. 1531, p 132.
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ment, au contraire, une profonde vénération pour elles cl une vive admiration pour la sagesse qui les a tlic ées, en voyant comment leurs investigations scientifiques paraissent les continuer de la manière que je viens de vous dire.
< Nous ne pouvons trop remarquer, dit Demer o i, cet ordre admirable si parfaitement d'accord avec les plus saines notions qui forment la base de la géologie positive. Quel hommage ne devons-nous pas rendre à r historien inspiré ! (a) — Ici, s écrie Bon liée, se présente une considération dont il serait difficile de ne pas être frappé. Puisqu'un livre écrit à une époque où les sciences naturelles é aient si peu avancées, renferme cependant en quelques lignes le sommaire des conséquences les plus remarquables, auxquelles il n'était possible d'arriver qu'après les immenses proarh amenés dans la science par le xvnr* et le M\e siècle, puisque ces conclusions se trouvent en rapport avec des faits qui n'étaient ni connus ni même soupçonns à celle époque, qui ne l'avaient jamais été jusqu'à nos jours, et que les pJii'.osoplies de tous les temps ont totijours considérés contradicloiremenl et sous des points de vue erronés ; puisqu'enfin ce livre, si supéneur à son siècle sous le rapport de la science, lui est également supérieur sous le rapport de la morale et de la philosophie naturelle, nous sommes obligés d'udmettre qu'il y a dans ce livre quelque chose de supérieur à l'homme, quelque chose qu'il ne voit pas, qu'il ne co i prend pas, mais qui le presse irrésistiblement (b).
< Les deux ouvrages que je viens de citer sont d'un caractère populaire et élémentaire, écrits avec l'intention d'instruire la jeunesse el les personnes sans éducation par une esquisse de la science; el é'^st pour cela que je les cite plu» volontiers, parce qu'ils servent à faire vo r que la tendance de cette étude sur le continent, loin d'être vers l'incrédulité, est plutôt dirigée vers la continuation et même la démonstration du christianisme ; et que les géologues étrangers, au lieu d'apprendre à leurs élèves à méprist r les livres sacrés comme irréconciliables avec leurs nouvelles recherches s'efforcent, au contraire, de tirer de nouveaux motifs de respect et d'admiration pour eux des résultats de leurs recherches. Aux noms déjà cités, j'en puis ajouter bien d'autres, connue Daubuisson, Chaubard, Bertrand, dont l'ouvrage , récemment traduit en anglais, a eu six on sept éditions en France, et Margerin, qui, dans l'esqu sse de son cours inséiée au .programme de l'Université catholique, s'est montié éminemment chrétien (Paris, 1835. p. 57).
< l.es observations doivent être doublement satisfaisantes, ai nous considérons le pays d'où elles sont parties, ce pays qui, pendant longues aimées, n'a ces>é de jeter a l'Europe des matériaux informes et mal digéiés que les esprits irréfléchis prenaient pour de puissantes objections contre la religion. Mais un esprit meilleur fermente maintenant oans le s.mg généieux d'une pu Lie de sa jeunesse, qui, éprise d'une ardeur vraiment patiiotiiiue, enflammé, du saint désir d'effacer cette tache flétrissante de léeusson de son pays, s'ellorce de l'élever aussi haut, par la nouvelle gloire qu'il répandra sur la cause de la rel gion, qu'il s'étal abaissé par sa haine coolie elle, llne samle alliance s'esl formée tacitement entre plusieurs pour dévouer leurs connaissances variées el leurs talents supérieurs à la défense, à l'illustration et an triomphe de la religion, sous la direction infaillible du l'Eglise à laquelle ils obéissent. Pour ceux qui oui vu toutes ces choses, les autorités que j'ai citées ne sont que de légères manifestations d'un sentiment très-répandu, des feuilles
{a) La géolof/ie emsignée en 24 leçons, ou Histoire naturelle nu globe terreslie. l'ans, 1859, p. ii)8, coinp. p. 461.
(b) Géologie élémentaire à la portée de loul le monde. Tans, \i*oô, p t(>.
isolées flottant à la surface des eaux, pour montrer la ri< he el luxuriante végétation cachée dans leurs profon leurs. > (Mgr Wiseman, discours m, Sur Us sciences naturelles.) Voy. Jouits de la CKÉatjo.v et Monde.
* COTE-D'OR. Cette partie de la Guinée présente un speetar.le religieux bien triste. Les prêtres des idoles y exercent hautement la mgie, entretiennent la superstition parmi le peuple, soutiennent le fétichisme dans 1 1 famille. Sous dev. i>$ désirer bien vivement que la foi fasse des progtès dans ces malheureuses contrées.
COTEREAUX, hérétiques, ou plutôt assassins et malfaiteurs, qui vendaient leurs bras et leur vie pour servir les passions sanguinaires des pélrobrusienscl des albigeois; ou les nommait encore cathares, courriers et routiers. Ils exercèrent leurs violences en Languedoc et en Gascogne, sous le règne de Louis VU , vers la fin du xtr siècle. Alexandre III les excommunia, accorda des indulgences à ceux qui les attaqueraient, défendit, sous peine de censure, de les favoriser ou de les épargner. On dit qu'il y en eut plus de sept mille qui furent exterminés dans le Ber'ri.
Quelques censeurs ont blâmé cette conduite du pape comme couiraire à l'esprit du christianisme -, saint Augustin , disent-ils, consulté par les juges civils sur ce qu'il fallait faire des circoncelliotis , qui avaient égorgé plusieurs catholiques , répondit : « Nous avons interrogé là-dessus h s saints martyrs, nous avons entendu une voix s'élever de leur tombeau, qui nous avertissait de prier pour la conversion de nos ennemis, cl d'abandonner à Dieu le soin de la vengeance. » D'autres critiques ont accusé saint Augustin d'avoir pensé, à l'égard des doualistes cl de leurs circoncelliotis à peu près de même qu'Alexandre III à l'égard des cotereaux. — Tous ces reproches sont ég leruenl injustes. Notre religion nous ordonne de pardonner à nos ennemis particuliers et personnels, mais non d'épargner des ennemis publics armés contre la sûreté el le repos de la société ; elle ne défend ni de leur faire la guerre, ni de les exterminer, lorsqu'on ne peul pas autrement les mettre hors d'état de nuire. C'était les cas des cotereaux. Par la mémo raison, saint Augustin fui d'avis d'implorer le secours du bras séculier, pour arrêter le cours du brigandage des circoncellions ; mais lorsque plusieurs d'entre eux furent tombés entre les mains des juges, il ne voulut demander ni leur sang, ni aucune vengeance, parce qu'ils étaient hors d'état de nuire. La conduite des mari rs à l'égard des persécuteurs n'est point applicable au cas présent. Les persécuteurs étaient des souverains, ou des magistrats revélus de la puissance publique, de laquelle ils abusaient, les circoncellions et les cotereaux étaient des particuliers armés contre les lois.
COULE. Voy. Hab.t rul.'geux.
COULEUR. Dans les Eglises grecque et latine, l'usage est de distinguer les olfices desdivcis mystères et des dilïércules fêtes, par des ornements de différentes couleurs.
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Dans l'Eglise latine, on n'use ordinairement que de cinq couleurs, qui sont le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir; l'Eglise de Paris y ajoute le jaune et la couleur de cendre. Dans quelques diocèses, on se sert de bleu aux fêles de la s .inle Vierge. L'on peut voir, dans les rubriques du missel et dans los directoires ou ord>, à quels offices chacune de ces couleurs est affectée.
Les Grecs modernes ne font plus guère d'attention à celle distinction de couleurs ; le rouge servait, parmi eux, à Noël et aux enterrements. Les anglicans ont seulement reîenu le noir pour les obsèques des morts.
COULPE, mot tiré du latin culpa, faute, péché. Les théologiens distinguent, dans le péché, la coulpe d'avec la peine. La croyance catholique est que le sacrement de pénitence remet au pécheur la coulpe et la peine éternelle, mais non la peine temporelle ; que la charité parfaite et ardente remet Tune et l'autre. Comme le péché mortel nous rend dignes de la damnation, Dieu peut, sans doute, nous remettre celte peine éternelle, sans nous dispenser de subir une peine temporelle et passagère; nous en voyons l'exemple dans David et dans la plupart de ceux auxquels Dieu a fait porter en ce monde la peine de leur péché.
Coulpe se dit encore, dans les monastères, pour sign fier l'aveu que l'on fait de ses fautes dans le chapitre assemblé.
COUPE, vase à boire dont on se servait dans les festins et dans les sacrifices. Dans le style de l'Ecriture sainte, la coupe de bénédiction est celle que l'on bénissait dans les repas de cérémonie, et dans laquelle on buvait à la ronde. Ainsi, dans la dernière cène, Jésus-Christ bénit la coupe de son sang, et en fit boire à tous ses apôtres. Boire dans la même coupe était un signe de fraternité. — La coupe de salut est une coupe d'actions de grâces, que l'on buvait en bénissant le Seigneur de ses bienfaits. Il est dit dans le troisième livre des Machabées que les Juifs d"Egypte, après leur délivrance, firent des festins et offrirent des coupes de salut.
Coupe, signifie aussi la portion ou le partage. Voy. Calice.
Lorsqu'on eut trouvé dans le sac de Benjamin la coupe de Joseph, un de ses officiers dit : La coupe que vous avez volée est celle dans laquelle mon maître boit et dont il se sert pour prédire l'avenir (Gen. xnv, 5). Joseph se servait-il réellement d'une coupe pour prédire l'avenir? Non, sûrement: la connaissance qu'il avait de l'avenir n'était point un effet de l'art, mais un talent surnaturel que Dieu lui avait donné. Le texte hébreu peut signifier : « N'est-ce pas la coupe daus laquelle mon maître boit, cl par laquelle il vous a mis à l'épreuve? »
Dans les disputes des catholiques ave les protestants, la coupe signifie la communion sous l'espèce du vin. rôff. CoMHUNiOS sous