CRI
leur répondrons nu mol Pères dk l'Eglise. Critique sacrée, connaissance des règles sur lesquelles on doit juger de l'authenticité, de l'intégrité, de l'autorité des livres saints, et du sens dans lequel il faut les entendre. Nous ne pouvons donner de cette science une idée plus exacte, qu'en copiant le plan qu'avait tracé M. Mallet, d'un traité complet sur cette matière, et qu'il avait placé dans Y Encyclopédie, au mot Bible. — 11 faudrait, ditil , diviser cet ouvrage en deux pariies. Dans la première , on traiterait des livres et des auteurs de l'Ecriture sainte; dans la seconde , on rassemblerait les connaissantes générales qui sont nécessaires pour l'intelligence de ce qui est contenu dans ces livres. — On partagerait la première partie en trois sections. On parlerait 1° des questions générales qui concernent tout le corps de la Bible, 2° de chaque livre en particulier et de son auteur; 3° des livres cités , perdus, apocryphes, et des monuments qui ont rapport à l'Ecriture. — Six questions rempliraient la première section. La première, des différents noms donnés à la Bible, du nombre des livres qui la composent , des différentes classes qu'on en a faites. La seconde , de la divinité des Ecritures : on la prouverait contre las païens et contre les incrédules; de l'inspiration et des prophéties : on y examinerait en quel sens les auteurs sacrés ont été inspirés , si les termes sont inspirés aussi bien que les choses , si tout ce que ces livres contiennent est de foi , même les faits historiques et !e9 propositions de physique. La troisième , de l'authenticité des livres sacrés; du moyen de distinguer les livres canoniques d'avec ceux qui ne le sont pas : on traiterait la question si souvent agitée entre les catholiques et les protestants, savoir si V Eglise juge l'Ecriture; on expliquerait la différence entre les livres prolo canoniques et les livres deutéro canoniques. La quatrième, des différentes versions de la Bible et des diverses éditions de chaque version , de l'antiquité des langues et des caractères , et de leur origine : on examinerait si l'hébreu est la première langue, jusqu'à quel point l'on peut compter sur la fidélité des copies, des manuscrits, des versions, des éditions, et sur leur intégrité ; si la Vulgate est la seule version authentique, et en quel sens ; si la lecture des versions en langue vulgaire doit être permise ou défendue. La cinquième , du style de l'Ecriture , des sources de son obscurité, des divers sens qu'elle peut avoir, et dans lesquels elle a été citée ; de l'usage que l'on peut faire de ces divers sens, soit dans la controverse, soit dans la chaire , soit dans la théologie mystique : on examinerait s'il est permis d'en faire l'application à des objets profanes. La sixième question traiterait de la division des livres en chapitres et en versets, des concordances et des harmonies des commentaires, de l'usage que l'on doit faire des rabbins, du Talinud, de la Gémare, de la cabale : on verrait de quelle autorité doivent être les commentaires cl les homélies des Pères sur VEcrilure, de quel poids sont les expirations
des commentateurs modernes, quels sont les plus utiles pour l'intelligence de l'Ecriture sainte. — La seconde section serait divisée en autant de petits traités qu'il y a de livres dans l'Ecriture : on en ferait l'analyse , on en éclaircirait l'histoire ; on rechercherait qui est l'auteur de chacun de ces livres , en quel temps, de quelle manière il a écrit. — La troisième contiendrait trois questions. La première , des livres cités dans l'Ecriture sainte , et qui n'existent plus : on examinerait quels étaient ces livres , ce qu'ils pouvaient contenir, qui en étaient les auteurs , autant qu'on peut le conjecturer. La seonde, des livres apocryphes que l'on a voulu faire passer pour canoniques, soit qu'ils subsistent encore , ou qu'ils aient été perdus. La troisième, des ouvrages qui peuvent avoir rapport à l'tëcrilure, comme ceux de Philon, de Josèphe , de Mercure Trismégiste , des sybilles , des canons des apôtres , etc. — La secon le partie comprendrait huit traités, 1° la géographie sacrée ; 2° l'origine et la division d''S peuples, ou un commentaire sur le dixième chapitre de la Genèse; 3° la chronologie de l'Ecriture , à laquelle il faudrait comparer celle des Egyptiens, des Assyriens, des Babyloniens ; k" l'origine et la propagation de l'idolâtrie ; 5" l'histoire naturelle relative à l'Ecriture : on y parlerait des animaux, e"es plantes, des pierres précieuses, etc., 'dont il y est fait mention ; 6° des poids, ies mesures , des monnaies qui ont été en usage chez les Hébreux; 7" des idiotismes, ou propriétés d.s langues dans lesquelles les livres saints ont été écrits , des phrases poétiques et proverbiales, des figures , des allusions, des paraboles. Le huitième serait un abrégé historique des divers états du peuple hébreu jusqu'au temps des apôtres, des changements survenus dans son gouvernement, dans ses mœurs, dans ses usages, dans ses opinions. — Tout ce que l'on dirait sur ces divers objets ne serait pas nouveau pour le fond , mais pourrait l'être quant à la manière de le présenter; ce serait un travail utile, surtout pour les jeunes théologiens, que de rassembler dans un seul ouvrage , et avec méthode, des matériaux épars dans les écrits d'un grand nombre de savants. La bib iothèque sacrée du P. Lelong indiquerait, à celui qui voudrait l'entreprendre, les principales sources dans lesquelles il devrait puiser.
Ajoutons qu'il est de l'équité naturelle de traiter la critique sacrée avec autant d'impartialité que la critique profane ; que, de la part des incrédules , c'est une injustice de juger les livres des Juifs et des chrétiens autrement que l'on ne prononce sur ceux des Chinois , des Indiens, des Perses, des mahomélans, et d'établir, pour les premiers, des règles de critique dont on n'oserait faire usage pour attaquer les seconds. Si , lorsquo ceux-ci ont paru pour la première fois en Europe, un censeur quelconque avait fait contre leur authenticité les mêmes objections que l'on répète depuis un siècle contre nos livres saints, il aurait excité le mépris