‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 23 sur 183 · AD · texte numérisé non relu

AD

lin fanatique, nomme Picard, nalif de Flandre, ayant pénétré en Allemagne et en Bohême au commencement du xve siècle, renouvela ces erreurs, et les répandit surlout dans l'armée d'ï fameux Zisea. Malgré la sévérité de c« général, Picard trompait les peuples par ses presliges, et se qualifiait fis de Dieu. Il prétendait que, comme un nouvel Adam, il avait été envoyé dans le monde pour y rétablir la loi de nature, qu'il faisait surtout consister dans la nudité de toutes les parties du corps et dans la communauté des femmes. Il ordonnait à ses disciples d'aller nus par les rues et les places publiques; moins réservé à cet égard que les anciens ndmnites qui ne se permettaient cette licence que dans leurs assemblées. Quelques anabaptistes tentèrent en Hollande d'augmenter le nombre des sectateurs de Picard; mais la sévérité du gouvernement les eut bientôt dissipés. Celle secte a aussi trouvé des partisans en Pologne et en Angleterre; ils s'assemblaient li nuit, et l'on prétend qu'une •les maximes fondamentales de leur société clait contenue dans ce vers :

Jura, perfora, secretum prodere noli.

Mosheim, qui a examiné de près l'histoire de ces fanatiques, pense que le nom de Pitards ne leur venait pas d\in chef ainsi appelé, mais que c'était une corruption du nom de begghards ou biggliards. Voyez ce mo'. Leur maxime capitale était que , quiconque use d'habits pour couvrir sa nudité, et n'est pas capable de voir sans émotion le corps nu d'une personne d'un sexe différent du sien, n'est pas encore libre, c'est-à-dire suffisamment dégagé des affections corporelles. 11 était impossible qu'avec un pareil principe, suivi dans la pratique, il ne se passât rien de criminel dans leurs assemblées. Aussi Mosheim n'est point de l'avis de Basnage, qui a voulu justifier les picards ou udamites de Bohême, el qui les a confondus avec les vaudois. Trad. de l'Histoire ecclésiast. de Mosheim, t. 111, page 472.

Quelques savants sont dans l'opinion que l'origine des udamites remonte beaucoup plus haut que l'établissement du christianisme : ils se fondent sur ce que Marcha, mère d'Asa, roi de Juda, était grande prêtresse de Priape, et que, dans les sacrifices nocturnes que les femmes faisaient à celte idole obscène, elles paraissaient toutes nues. Le motif des adumilis n'était pas le même que celui des adorateurs de Priape; et l'on a vu, par leur théologie, qu'ils n'avaient pris du paganisme que 1 esprit de débauche, et non le culte de Priape*

ADESSLNAIUES, nom formé par Praléolus du verbe latin adesse, être présent, et employé pour désigner les hérétiques du xvr siècle, qui- reconnaissaient la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, mais dans un sens différent de celui des catholiques.

Ces héi cliques sont plus connus sous le nom A'impanateurs; leur seele éîail divisée en quatre branches : les uns soutenaient que le corps de Jésus-Christ est dans le pain,

d'autres qu'il est alentour du pain, d'autres qu'il est sur le pain, et les derniers qu'il eil sous le pain. Vog. Impanation.

AD1APHORÏSTES , nom formé du grec àSiûffo;, indifférent.

On donna ce litre, dans le xvie siècle, aux luthériens mitigés, qui adhéraient aux sentiments de Mélanchlhon, don! le caractère pacifique ne s'accommodait point de l'extrême vivacité de Luther. Conséquemment , l'an 1548, l'on appela ainsi ceux qui souscrivirent à Yintérim qje l'empereur Charles- Quint avait fai* publiera ladiète d'Ausbourg. Yoy. Luthériens.

Cette diversité de sentiments parmi les luthériens causa entre leurs docteurs una contestation violente : il était question de savoir 1° s'il est permis de céder quelque chose aux ennemis de la vérité dans les choses purement indifférentes, et qui n'intéressent point essentiellement la religion ; 2° si les choses que Mélanchlhon el ses partisans jugeaient indifférentes l'étaient véritablement. Ces dispuleurs, qui appelaient ennemis de la vérité tous ceux qui ne pensaient pas comme eux, n'avaient garde d'avouer que les opinions ou les riles auxquels ils étaient attachés, étaient indifférents au foud de la religion. Voy. Mélanchtuoniens.

ADJUIIATION. Commandement que l'on fait au démon, de la part de Dieu , de sortir du corps d'un possédé, ou de déclarer quelque chose.

Ce mol est dérivé du latin adjurare , conjurer, soliciter avec instance; et l'on a ainsi nommé les formules d'exorcisme, parce qu'elles sont presque toutes conçues en ces termes : Adjuro te , spiritus immunde , per Dnim vivum, ut, etc.

Dans le Dictionnaire de Jurisprudence , l'on a blâmé les curés qui font dès adjurations ou des exorcismes contre les orages et contre les animaux nuisibles; nous en parlerons au mot Exorcisme.

ADONAI, est parmi les Hébreux un ries noms de Dieu; il signifie mon Seigneur. Les massorètes o;;t mis sous le nom que Ion lit aujourd'hui, Jehovah, les points qui conviennent aux consonnes du mot Adonaï , parce qu'il était défendu, chez les Juifs, de prononcer le nom propre de Dieu, et qu'il n'y avait que le grand prêtre qui eûl ce privilège, lorsqu'il entrait dans lé sanctuaire. Les Crées ont aussi mis le nom Adomï à tous les endroits où se trouve le nom de Dieu. Le mol Adonaï est tiré de la racine don, qui, dans toutes les langues-, signifie élévation, grandeur, au propre el au figuré. Les Grecs l'ont traduit par Kvpio;, et les Latins par Dominus. H s'est dit aussi quelquefois des hommes, comme dans ce verset du ps. 104, Conslituit eum dominum domus suœ, en parlant des honneurs auxquels Pharaon éleva Joseph. Voy. Cénébrar.l, Le Clerc, Cappel, De nomine Uci teiraqramm.

ADOPTIRNS, hérétiques du vm' siècle, qui prétendaient que Jésus - Christ , en tant qu'homme, n'était pas fils propre ou fils naturel de Dieu, mai* seulement son fils adop-

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