‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 25 sur 183 · AFF · texte numérisé non relu

AFF

tIS

{'Eglise pour devenir chef do secte et de parti, «•/est une conduite condamnée par les apôtres, et que rien ne peut excuser. 2° Le motif qui taisait agir Aérius était connu : c'était la jalousie contre son évoque, et le dépit de ne lui avoir pas été préféré pour remplir le siège de Sébaste; on en était convaincu par ses discours et par toute sa conduite. 3° Cet hérétique n'attaquait point des abus nouvellement inlrodtii s, mais des usages aussi anciens que le christianisme. Saint Epiphane, en le réfutant, lui oppose la tradition primitive, constante et universelle de toute l'Eglise chrétienne, Hœres. 75. Vouloir supprimer ou changer ces notions et ces usages, ce n'était pas réduire le christianisme à sa simplicité primitive, mais créer un nouveau christianisme. Au quatrième siè le il était aisé de savoir quel avait été le christianisme depuis les apcVres. 4° Une preuve que ceux qui s'attachèrent à Aérius n'étaient pas de hons chrétiens , c'est que cet hérétique n'admettait pas la divinité de Jésus-Christ ; aussi ses srcliteurs et lui furent-ils chassés de 'otites les églises, réduits à s'assembler dans les campagnes et dans les forêts. 5° Aucune secte hérétique n'a jamais manqué de regarder les pasteurs légitimes comme des tyrans et des arrogants; mais aucun chef de secte n'a jamais manqué non plus de s'arroger une autorité plus absolue et plus tvrannique que celle des évoques : témoin Luther et Calvin. 1! est fâcheux qu'Aérius, un de leurs précurseurs, ait été universellement condamné comme novateur; cet exemple aurait dû les rendre plus sages. Voyez Novateurs. AETli NS. Voyez Anoméens.

AFFINITÉ, parenté par alliance. On trouvera dans le Dictionnaire de jurisprudence la distinction des différentes espèces d'affinité, et des divers degrés dans lesquels c'est un empêchement dirimant du mariage.

Affinitéspiiiitueli-k, espèce d'alliance que contractent avec leur filleul ceux qui lui servent de parrain et de marraine au baptême ; ils la contractent encore avec le père et la mère du baptisé ; de. même celui qui baptise est censé contracter une alliance ou affinité spirituelle avec le baptisé et avec ses père et mère. C'est un empêchement de mariage sur lequel il faut consulter les canonisiez. Voyez aussi {'Ancien Sacramentaire par Grandcolas, 2e part., p. 23. La même affinité se contracterait par le sacrement de confirmation, si c'était encore l'usage d'y prendre des parrains et des marraines.

AFFLICTION. Nous laissons aux philosophes les réflexions que la raison peut nous suggérer sur Futilité des afflictions, et dont noue nous servons pour répoudre aux blasphèmes des athées contre là HrovidenCe'el contrôla boulé divine. Noire travail doits.' borner à démontrer ce que la révéla ion nous enseigne sur ce point.

Déjà, du temps de Job, les afflictions des justes étaient un sujet de scandale pour ceux qui se piquaient de raisonner. Ses amis lui soutenaient que Dieu ne l'aurait point affligé, s'il n'avait pas été pécheur ; le saint homme

leur répond et justifie la providence : c'est le plus ancien exemple de dispute philosophique dont l'histoire nous donne connaissance. 1° Job fait parler le Seigneur pour apprendre aux hommes que sa conduite et ses desseins sont impénétrables, et qu'il n'en doit compte à personne, c. ix, v. 38. Nous ne connaissons ni l'intérieur des hommes, ni ce que Dieu fera pour eux dans la suite ; il y a donc bien de la témérité à juger de sa providence par le moment présent.

2° H pose pour principe que l'homme n'est jamais exempt de tout péché aux yeux de Dieu, ibid., v. 2. Les affliction.'! qu'il éprouve peuvent donc toujours être le châtiment de ses fautes. 3° Job soutient que Dieu dédommage ordinairement en ce monde le juste affligé, cap. 21, 24, 27 ; et il en est lui-même un illustre exemple, k" 11 compte sur une vie à venir. Quand Dieu m'ôterait la vie, ditil , j'espérerais encore en lui... Les leviers de mabière porteront mon espérance, elle reposera avec moi dans la poussière dulombeiu. C.xm, v. 15; c. xvii, v. 1G, Hebr. Après avoir déploré la brièveté de la vie de l'homme, il dit au Seigneur : Accordez-lui donc quelques moments de repos, jusqu'à celui auquel il attend, comme le mercenaire, le salaire de son travail. C. xiv, v. G.

Mais ces vérités capitales, qui faisaient déjà la consolation des patriarches, ont été mises dans un plus grand jour par Jésus- Christ ; c'est lui qui, par ses leçons et par son exemple, a fit comprendre aux hommes qu'il faut acheter le bonheur éternel par les souffrances, et qui a su apprendre aux justes à remercier Dieu des afflictions.

D'ailleurs, l'Ecriture sainte nous fait sentir que celte vie ne peut pas être le temps de récompenser la vertu et de punir tous les crimes. 1° Celle conduite ôlerait aux justes le mérite de la persévérance et de la confiance en Dieu, bannirait du monde les vertus héroïques, rendrait l'hommeesclave et mercenaire. Elle ôterait aux pécheurs le temps rt les moyens de faire pénitence et de se corriger. Un être aussi faible, aussi inconstant que l'ho Mme, doit-il être ainsi traité ? 2' Souvent «me action qui paraît louable, a été faite par un motif criminel, elle est plus digne de punition que de récompense ; souvent un délit, qui parait mériter des supplices, est pardonnable, parce qu'il a été commis par surprise, par faiblesse, par erreur. Est-il utile à la société que tous les crimes secrets soient dévoilés par un châtiment éclatant ? Qui ose rait souhaiter pour lui-mêmecelte Providence rigoureuse? 3° Il faudrait <]ue notre vie fût éternelle sur la terre : quand les peines de ce moude pourraient suffire pour punir touà les crimes, la félicité de celle vie est Irop imparfaite pour être le salaire de la verlu. K" Il faudrait des miracles continuels pour met- Ire les justes à couvert des H aux qui sont universels, et [tour empêcher les pécheurs dcî prospérer par leur industrie et par leurs lalents naturels. Ceux qui accusent la Providence sont donc des insensés.

Dès qu'il est établi par la révélation que,

119 AFK AFR fiO

qoaad Dieunous afflige, c'^st par miséricorde ; gustin. Le même phénomène se voyait en

qu'il v< ut par là nous purifier en ce monde, Egypte, et subsiste encore aujourd'hui chez

afin de nous pardonner et de nous récompen- les Abyssins; c'est bien une preuve qu'il n'y

ser dans l'autre; nous sommes encore plus a dans l'univers aucune contrée où le chris-

obligés de le bénir dans les afflictions que tianisme ne puisse s'établir et se co.nserver,

dans la prospérité. et quela sainteté de cette Religion peut Iriom-

AFFRANCHI, en latin liberlinus. Ce terme plier dans tous les climats. signiGe proprement un esclave mis en liberté. A la vérité, lorsque l'on fait attention à Dans les Actes des apôtres il est parlé de la l'excès du rigorisme de Terlullien,à l'obssynagogue des affranchis, qui s'élevèrent cou- tmalion avec laquelle les évéques d'Afrique tre saint Etienne, qui disputèrent contre lui , refusèrent pendant longtemps de reconnaîtra et qui montrèrent beaucoup de chaleur à le comme valide le baptême donné par les héfaire mourir. Les interprètes sont partagés reliques, aux fureurs atroces des don itistes surces libertins ou affranchis : les uns croient et de leurs cireoncellions, aux mœurs de la queletextegrec, qui porte /tO^rlinsV est fautif, plupart de leurs évéques, à la dureté avec et qu'il faut lire libijstini, les Juifs de la Libye laquelle s'expriment plusieurs conciles de voisine de l'Egypte. Le nom liberlini n'est pas ee pays-là, on voit qu'en général le caractère grec ; et les noms auxquels il est joint dans africain ne gardait point de mesure, et doules Actes, font juger que saint Luc a voulu nail presque toujours dans l'excès. Salvien, désigner les peuples voisins des Cyrénéens de Provid., 1. vm, n. 2 et suiv., fait des et des Alexandrins ; mais ce te conjecture mœurs de cette partie du monde un affreux n'est appuyée sur aucun manuscrit ni sur tableau; il soutient que l'irruption des Vanaucune version que l'on sache. Juan. Drus., dales est une juste punition des crimes des Cornel. à Lapid., MM. Africains. On esl tenté de croire que, pour

D'autres croient que les affranchis dont conserver longtemps le christianisme dans parlent les Actes étaient des Juifs que Pom- ce pays-là, il fallait un miracle aussi grand pée et Sosius avaient emmenés captifs de la que celui que Dieu avait fait pour l'y établir. Palestine en Italie, lesquels ayant obtenu la Cependant il y a subsisté pendant près de liberté, s'établirent à Home, et y demeure- six cents ans, en y comprenant le siècle eurent jusqu'au temps de Tibèie, qui les en tier pendant lequel l'arianisme des Vandales chassa sous prétexte de superstitions étran- y a dominé; notre religion n'y a été entiègères qu'il voulait bannir de Ko me et d'Italie, rement détruite qu'en l'an 709, lorsque les Ces affranchis purent se retirer en assez mahométans, pour achever la conquête de grand nombre dans la Judée, et avoir une Y Afrique, passèrent tous les chrétiens au fil synagogue à Jérusalem, où ils étaient lors- de l'épée. llist. de CAcad.des Inscript., t. X, que saint Etienne fut lapidé. Les rabbins in-12, p. 203.

enseignent qu'il y avait dans Jérusalem, jus- Aujourd'hui môme une très-grande partie qu'à quatre cents synagogues, sans compter de 1 Afrique serait chrél enne, s'il était posle temple. OEcuménius , Lyrun, etc. Mais il sible de vaincre plusieurs obstacles qui s'oppouvaity avoir en Afrique une colonie nom- posent au succès des missions. l0Dans plumée libertina, puisqu'à la conférence de Car- sieurs contrées de ce vaste continent le thage, c. 116, deux évéques, l'un catholique, climat esl meurtrier pour les Européens; l'autre donaliste, prirent tous deux le litre plusieurs îles tentatives que l'on a Lûtes û'Episcopus Eccli'.siœ libertinensis. pour y établir des missions, n'ont abouliqu'à

AFRICAINS, AFRIQUE. On ne sait pas faire périr les missionnaires; comme à Alacertainement qui est celui des apôtres, ou de dagascar, au Congo, à Loango, dans la Guileurs disciples, qui a prêché le premier la née, etc. Il faudrait des naturels du pays religion chrétienne sur les côtes de YAfiique. pour y établir solidement la Religion eb ré- Quelques auteurs ont écrit que c'était l'apô- tienne. 2e Les relations que les missionnaitre saint Simon; d'autres soutiennent que le res européens sont forces d'entretenir avec christianisme ne s'est établi dans cette partie la nation qui les protège, les rendent susdu monde que vers l'an 120 de notre ère. H y pects aux Africains, qui redoutent beaucoup avait fait en peu de temps de Irés-grands le génie conquérant, l'ambition, la rapacité progrès, puisqu'au vc siècle on y comptait et le ton impérieux des nations de l'Europe, plus de quatre cents évéques. Les Van- 3° La politique détestable de celles-ci les a dales, qui pour lors se rendirent maîtres souvent portées à croiser le succès des mis* de V Afrique, y établirent l'arianisme ; mais sinus ; parce que si les Africains embrasilg en furent chassés sons Justinien, l'an 533. saient le christianisme, ils ne vendraient Dans le siècle suivant, les Sarrasins ou Ara- plus leurs compatriotes, et l'on n'aurait bes mahométans l'ont subjuguée, et en ont plus de nègres pour cultiver les colonies de banni le christianisme. Voy, Fabricius, Salut. l'Amérique. 4>° Le caractère de la plupart de lux Evang., c. kh, p. 702. ces peuples méridionaux esl extrêmement Pour comprendre jusqu'à quel point le léger, et à peu près semblable à relui des christianisme avait changé le génie et le ca- enfants ; ils sont Irès-fcnsiblos au moindre raclèrc des Africains, il n'y a qu'à comparer intérêt temporel; ils renoncent à la religion les mœurs des anciens Carthaginois et celles aussi aisément qu'ils l'embrassent, dès qu'ils des Barba resques d'aujourd'hui avec celles y trouvent le moindre avantage. Etat pr4qui régnaient dans ce même climat du temps sent de la Religion, etc., pag. 222 et suiv. de Tertullien, de saint Cyprien, de suint Au- Moshcim, qui n'a uégligé aucune occasion

Page 1