AGA
de déprimer les travaux el les succès des missionnaires callioliques, a cependant élé forcé de rendre justice au zèle héroïque avec lequel les capucins se sont livrés aux missions de l'Afrique. Hist. eccl., xvu1 siècle, seel. I", § 18.
AGAG, roi des Amalécites. Saiïl, vainqueur de ce roi, l'avait épargné contre l'ordre exprès du Seigneur, Samuel indigné le mil à mort devant le tabernacle. 1 Iiey. xv, 33. On reproche à Samuel ce meurtie, non-seulement comme un acte de cruauté, mais comme un sacrifice de sang humain offert à Dieu.
Il n'était point là question de sacrifice, mais d'exéculer l'ordre de Dieu, et de traiter un ennemi dans toute la rigueur du droit de la guerre, tel qu'il était connu et suivi pour lors. Loin d'agir par un motif de cruaulé, Samuel veut punir Agag de ses cruautés. De même, lui dit- il, que ton épe'e a privé les mères de burs enfants, ainsi ta mère sera privée de toi. Saùl lui-même reconnut qu'il avait eu tort d'épargner Agag. Ibid.,\. 30.
Mais les incrédules forment contre Samuel une accusation plus grave, c'< si d'avoir élé la cause de celle guerre : rien ne leur paraît plus injuste que d'avoir engagé Saùl à exterminer entièrement les Amalécites, sous prétexte que, quatre cenls ans auparavant, leurs ancêtres avaient r< fusé aux Israélites, sortant de l'Egypte, le passage sur leurs terres.
Est-ce là véritablement tcut le crime des Amalécites ? Non-seulement ils avaient refusé le passage, mais ils étaient tombés sur ceux des Israélites qui étaient restés en arrière,épuisés de faim et de f figues, elles avaient massacrés sans raison et sans crainte de Dieu. Voilà pourquoi Dieu donna aux Israélites l'ordre suivant : Lorsque le Seigneur vous aura donné le repos dons la terre qu'il vous a promise, vous exterminerez de dessous le ciel le nom d'Amalec [Dealer, xxv, 17). Ce même ordre avail déjà élé donné au moment que les Amalécites vinrent attaquer les Israélites. Exod. xvr, 8 el \k. Sous les juges, ils se joignirent deux fois aux Moabites et aux Madianiles, pour mettre les possessions des Israélites à feu et à sang. Jud. iv, 13; vi, 3. Ils avaient donc mérilé la vengeance qui fut exercée contre eux, et Samuel était bien fondé à demander que l'ordre du Seigneur fût exécuté à la rigueur.
Mais pourquoi, disent nos censeurs, exterminer non-seulement les hommes, mais les animaux? Parce que Dieu l'avait ainsi ordonné; parce que les Amalécites avaient agi de même envers les Israélites, Jud. vi, k ; parce qu'en épargnant le bétail, les Israélites auraient paru agir par cupidité, et non par obéissance à l'ordre de Dieu.
AGAPES, du grec ayant) , amour : repas de charité que faisaient enire eux les premiers chrétiens dans leurs assemblées, pour cimenter la concorde el l'union entre les membres du même corps, et pour rétablir du moins au pied des autels la fraternité délruile dans la
sociélé civile par la trop grande inégalité des conditions.
Dans les commencements, ces agapes se passaient sans désordre et sans scandale; il le paraît par ce que saint Paul en écrivit aux Corinthiens, Epist. 1, c. xi. Les païens, qui n'en connaissaient ni la police ni la fin, en prirent occasion de faire aux premiers fidèles les reproches les plus odieux. On les accusa d'égorger des enfants, d'en manger la chair, de se livrer dans les ténèbres à l'impudicité ; le peuple crédule ajouta foi à ces calomnies. Mais Pline, après des informalions exactes, en rendit compte à Trajan, et assura que, dans les agapes, tout respirait l'innocence et la frugalité.
L'empereur Julien , quoique ennemi déclaré des chrétiens, convenait que leur charité envers les pauvres, leurs agapes, le soin que leurs prêtres prenaient des misérables, étaient un des principaux attraits par lesquels ils engageaient les païens à embrasser leur religion. OEur. de Julien, édit. de Spatiheim, p. 305.
Les pasteurs, pour bannir toute ombre de licence, défendirent que le baiser de paix par lequel s'unissait l'assemblé'-, se donnât entre les personnes de sexe différent, et qu'on dressât des lits dans les églises pour y manger plus commodément; mais divers autres abus engagèrent insensiblement à supprimer les agape*. Saint Ambroise y travailla si efficacement, que dans l'église de Milan l'usage en cessa entièrement. Ùans celle d'Afrique, il ne subsista plus qu'en faveur des clercs, et pour exercer l'hospitalité envers les étrangers ; mais ce ne fut pas sans peine que saint Augustin vint à bout de faire supprimer à Hippone celte coutume de manger dans l'église, abus qui avait été défendu par le concile de Laodicée, can. 18 ; il fut obligé de prendre toutes les précautions et d'user de tous les ménagements possibles. Mém. de Tiîlem., tom. XIII, pag. 200.
Il y a eu enire les savants plusieurs contestations pour savoir si la communion de l'eucharistie se faisait avant ou après le repas des agapes; il paraît que dans l'origine elle se faisait après, afin d'imiter plus exactement l'action de Jésus-Christ, qui n'institua l'eucharistie et ne communia ses apôtres qu'après la cène qu'il venait de faire avec eux. Cependant l'on comprit bientôt qu'il était mieux de recevoir l'eucharistie à jeun, et il paraît que cet usage s'établit dès le second siècle ; mais le troisième concile de Carthage, en l'ordonnant ainsi, excepta le jour du jeudi saint , auquel on continua de faire les agapes avant la communion. L'on en conclut que la discipline, surce point, ne fut pas d'abord uniforme partout. Bingham , Ong. Eccles., I. xv, c. 7, § 7.
Quelques écrivains prétendent que ces agapes étaient une coutume empruntée du paganisme; c'était un des reproches de Fausle le manichéen.
Ils ne font pas attention que les Juifs étaient dans l'usage de manger des victimes qu'ils immolaient au vrai Dieu, cl qu'en ces
occasions ils rassemblaient leurs parents et leurs amis. Le christianisme, qui avait pris naissance parmi eax, en prit cette coutume, indifférente en elle-même, mais bonne et louable par le molif qui la dirigeait. Les premiers fidèles, d'abord en petit nombre, se considéraient comme une famille de frères , et vivaient en commun : l'esprit de charité institua ces repas où régnait la tempérance; multipliés par la suite, ils voulurent conserver cet usage des premiers temps; les abus s'y glissèrent, et l'iîglise fut obligée de l'interdire.
Saint Grégoire le Grand permit aux Anglais nouvellement convertis de faire des festins sous des lentes ou des feuillages , ;;u jour de la dédicace de leurs églises ou des fêles des martyrs, auprès des églises , mais non pas dans ieur enceinte. On rencontre aussi quelques traces des agapes dans l'usage où sont plusieurs églises cathédrales ou collégiales de faire, le jeudi saint, après le lavement des pieds et celui des autels, une collation dans le chapitre, le vestiaire, ei même dans l'église. Saint Grég., Ep. 71, I. ix ; Baronius, ad ann. 57, 377, 38i ; FLury, tJist. eccles., t. I, p. GV, I. i.
AG A PÈTES. C'étaient , dans la primitive Eglise, des vierges qui vivaient en communauté, et qui servaient les ceci siasliques par pur motif de piété ei de charité.
Ce mot signifie bien-aim e, et , comme !e précédent, il est dérivé du grec.
Dans la première ferveur de l'Eglise naissante, ces pieuses sociétés, loin d'avoir rien de criminel, étaient nécessaires à bien des égards. Le petit nombre de vierges qui faisaient, avec la Mère du Sauveur, partie de l'Eglise, et dont la plupart étaient parentes de Jésus-Christou de ses apôtres, ont vécu en commun avec eux comme avec tous Les autres fidèles. Il en fut de même de celles que quelques apôtres prirent avec eux en ail mt prêcher l'Evangile aux naiioas ; ouire qu'elles étaient probablement leurs proches parentes, et d'ailleurs d'un â^e et d'une vertu hors de tout soupçon, ils ne les retinrent auprès de leurs personnes que pour le seul intérêt de l'Evangile, afin de pouvoir par leur moyen, comme dit saint Clément d'Alexandrie, introduire la foi dans cerlainèa maisons, dont l'accès n'était permis qu'aux femmes. On sait que chez les Grecs leur appartement était séparé, et qu'elles avaient rarement communication avec les hommes du dehors. On peut dire la même chose des vierges dont le père était promu aux ordres sacrés, comme des quatre tilles de saint Philippe, diacre, et de plusieurs autres. Mais, hors de ces cas privilégiés et de nécessité, il ne parait pas que l'Eglise ait jamais souffert que des vierges, sous quelque prétexte que ce fût, vécussent avec des ecclésiastiques autres que leurs plus proches parents. On voit .par ses plus anciens monuments qu'elle a toujours interdit ces sortes de sociétés. Terlullicn, dans son livre sur le Voile des pieryes, peint leur étal comme un engagement indispensable à vivre éloignées des regards
des hommes ; à plus forte raison, à fuir toute cohabitation avec eux. Saint Cyprien , dans une de ses E 'pitres , assure aux vierges de son temps, que l'Eglise ne pouvait souffrir non-seulement qu'un les vil loger sous le même toit avec des hommes , mais encore manger à la même table : le même saint évêque, instruit qu'un de ses collègues venait d'excommunier un diacre pour avoir logé plusieurs lois avec une vierge, félicite ce prélat de celle action comme d'un trait digne de la prudence et de la fermeté épiscopale ; enfin les Pères du concile de Nicée défendent expressément à tous les ecclésiastiques d'avoir chez eux de ces femmes qu'on appelait subinlroductœ,s\ ce n'étaient leur mère, leur sœur, ou leur tante paternelle, à l'égard desquelles, disent-ils, ce serait une horreur de penser que des minisires du Seigneur fussent capables de violer les droits de la nature.
Par celte doctrine des Pères , et par les précautions prises par le concile de Nicée, il est probable que la fréquentation des agapètes et des ecclésiastiques avait occasionné des désordres et des scandales. C'est ce que semble insinuer sain! Jérôme, quand il demande avec une sorte d'indignation : Unde agnpetarum peslis in Ecdesium inlroivit?
C'est à celle même fin que saint Jean Chrysoslome, après sa promotion au siège de Conslantinople , écrivit deux petits traités sur le danger de ces sociétés ; et enfin le concile général de Latran, sous Innocent Ul, en 1139, les abolit entièrement.
Les prolestants et tous ceux qui oni écrit contre le célibat des clercs, ont lait grand bruit des scandales qui naquirent de la fréquentation des a japèles avec les ecclésiastiques ; il semble, à les entendre, que cet abus était très-commun, que les lois de l'Eglise ne furent pas suffisantes pour le déraciner, et qu'il fallut pour cela recourir à l'autorité des empereurs ; ils oui répété vingt fois le mot de saint Jérôme que nous venons de citer.
C'est ainsi que, par des exagérations ridicules, on trompe les lecteurs. 1° Ces déclamateursne font pas attention que la fréquentation dont nous parlons avait lieu avant qu'il y eût une loi générale du célibat pour les ecclésiastiques; cette loi ne fût pas même portée dans le concile de Nicée, qui défendit au\ clercs promus aux ordres sacrés de retenir chez eux des personnes qui ne fussent pas leurs proches parentes: ce n'est donc pas la loi du célibat qui donna lieu à leur société avec les agapèles, ou femmes sous-introduites. 2° Tous les exemples que l'on a pu citer de ce scandale se réduisent à deux ou trois , à celui de Paul de Samosale qui retenait chez lui deux jeunes personnes, et ce fut une des causes de sa déposition ; t't à deux diacres dont parle saint Cyprien dans ses lettres, cl qui furent excommuniés par leur évéque. C 3 châtiments exemplaires n'étaient pas foi i propres à persuader aux clercs qu'ils pouvaient être scandaleux impunément. Les autres scandales que saint Cyprien reprochait à des vierges ne regardaient pas les ecclésiastiques; du moins il n'y a rien dans bcs
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expressions qui le témoigne. 3° Quand il ne qu'un personnage sorti de la Judée serait le
serait arrivé dans toute l'Église à ce sujet maître du monde. A la venue du Sauveur, le
qu'un seul scandale dans cinqu inte ans, c'en ciel, la terre, la nier, ont été ébranlés par les
;i été assez pour donner lieu aux lois qui prodiges qui ont paru ; le concert des anges
ont été faites pour le prévenir, soit par les qui ont annoncé sa naissance, l'étoile qui l'a
Conciles, soit par les empereurs; et il ne indiquée aux mages, le ciel ouvert à sou
s'ensuit point pour cela que le désordre ait baptême, les ténèbres qui ont couvert la Ju-
été commun. Ne sait-on pas qu e le moindre dée à sa mort, son ascension, la descente du
soupçon formé contre la conduite d'un ecclé- Saint-Esprit, ont été autant de pi o liges opé-
siastique connu, suffit pour exciter une gran- rés dans le ciel ; il a calmé les tempêtes , et
de rumeur et faire parler tout le monde? a rempli toute la Judée de sesmiracles. Avant
k° Lorsque saint Jérôme s'est élevé contre sa naissance, les guerres des Juifs contre
les hérétiques et leur a reproché leurs dés- les rois de Syrie ; après sa mort, la conquête
ordres, nos adversaires le regardent comme de la Judée par les Romains , ont mis tous
un déclamaleur, et lui refusent toute croyan- les peuples en mouvement. Le second lem-
ce: ici, parce qu'il tonne contre les ecclé- pie était beaucoup moins riche que le prc-
siasliques de son temps, ils argumentent sur mier , mais il a été sancifié et honoré par la
ses expressions comme sur des paroles sa- présence du Messie, qui y a opéré plusieurs
cramentelles. El voilà comme les protestants miracles, et qui y a prêché l'Evangile de la
et les incrédules, leurs élèves, ont traité paix.
l'histoire ecclésiastique ; un seul fait désa- Aussi les auteurs du Tain. ud ont pntendu
vantageux au clergé, qu'ils peuvent citer, comme nous cette prophétie de l'avènement
et pour eux un triomphe; vingt exemples du Messie. Galatin, I. vin, c. 9. de vertu ne leur paraissent mériter aucune AG10GK\PHE. Yoy. Hagiographe.
attention. AGNEAU PASCAL. C'est la victime qu'il
Le nom à'agapètes fut encore donné, vers est ordonné aux Juifs d'immoler en mémoire
l'an 395, à une secie de gnosliques qui était de leur sortie miraculeuse de l'Egypte. Yoy.
principalement composée de femmes. Celles- Paque. Saint Paul dit aux chrétiens que
ci s'attachaient les jeunes gens, en leur en- Jésus-Christ a été immolé pour être no're
m ignant qu'il n'y avait run d'impur pour agneau pascal, ou notre Pâijue. / Cor. v, 7.
les consciences pures. Unv de leurs maximes L'Eglise répèle dans ses prières ce que saint
était de jurtr et de se parjurer sans scrupule, Jean-Baptiste a dit de Jésus-Christ, qu'il est
plutôt que de receler les secrets de la secte. V Agneau de Dieu, qui Ole les péchés du mon-
On a vu régner le même esprit parmi tous les de. Juan, r, 2b\ hérétiques débauchés. Saint Aug., Jlœr. 70. AGNOÈTES, AGNOITES , sorle d'heréti-
II fie faut pas confondre les agapèts avec ques qui suivaient l'erreur de Théophron •
les diaconesses. Yoy. Diaconesse. de Cappadoce, lequel attaquait la science de
AGGEE, le dixième des douze petits pro- Dieu sur les choses futures, présentes et pas-
phètes, naquit pendant la captivité des Juifs sées. Les cunnmiens, ne pouvant souffrir
à 13 ibylone ; et après leur rc'our, il exhorta celte erreur, le chassèrent de leur commu-
vivemenl Zorobabel, prince de Juda, legrand nion., et iî se fil chef d'une secte à laquelle
prêire Jésus, fils de Josédec, et tout le peu- on donna le nom d'eunomisphroniens. Socra-
ple au rétablissement du lemplo ; il leur re- te, Sozomène et Nicéph re , qui parlent de
proche leur négligence à cet égard, leur ces héréîiquep, ajoutent qu'ils changèrent
promet que Dieu rendra ce second temple aussi la firme du baptême usitée dans l'E-
plus illusireel plusglorieux que le premier, giise, ne baptisant plus au nom de la Trini-
non par l'abondance de l'or et de l'argent , lé, mais au nom de la mort de Jésus-Chris!,
mais par la présence du Messie. C. n, v. 7 Cette secte commença sou; l'empire de Va-
el suiv. lens, vers l'an du salut 370.
Celle prophétie »st formelle ; les termes Agnoïtes ou Agnoètes, secte d'eutychiens
ne peuvent pas être plus clairs. Encore un d;)nt Thémistius fui l'auteur dans levi" siè-
peu de temps, el j'ébranlerai le ciel, ta terre , cle. Ils soutenaient que Jésus-Christ, en tant
ta mer et tout l'univers, je mettrai en monte- qu'homme, ignorait certaines choses, el par-
ment tous les peuples, et le désiré de toutes les liculièrcment le jour du jugement dernier. nations viendra. Je remplirai ainsi de gloire Ce mol vient du grec àyjo-om; , ignorant ,
celte maison, dit le Seigneur des armées : l or dérivé d'àyv'oîïv, ignorer, el l'argent sont à moi ; mais la gloire de celte Euiogius, patriache d'Alexandrie, qui écri-
maison sera plus grande que celle de la pre- vil contre les agnoites sur la fia du v.e
tnière, et je donnerai la paix en ce lieu. siècle, attribue cette erreur à quelques soli-
Lk désibé de toutes les nations ne peut taires qui habitaient dans le voisinage de Jr-
pas être un amre que le Messie. rusalem, et qui, pour la défendre, alléguaient
Selon la prophétie de Jacob, il doit rasscm- différents textes du Nouveau Testament, en- Mcr les nations ; selon les promesses faites à tre autres celui de saint Marc, c. xm, v. 32, Abraham, (ouïes les nations de la terre doi- que nul homme sur la terr * ne sait ni le jouivent être bénies en lui ; selon les prédictions ni l'heure du jugement, ni les anges qui sont d'Isaïe, les nations espéreront en lui , et les dans le ciel, ni même le Eils, mais le Père îles attendront sa loi , ete. Tacite , Suétone seul. Les sociniens se servent aussi de ce et Josèphenous apprennent qu'à l'avènement passage pour attaquer la divinité de Jésus.de Jésus -Christ, tout l'Orient é'iait persuadé Christ.
AGN
ÀGO
Les théologiens catholiques répondent. 1° que, dans saint Marc, il n'est pas question «lu jour du jugement dernier, mais du jour auquel Jésus-Christ devait venir punir la nation juive par l'épée dos Romains-, 2° que Josus-Christ, même comme homme, n'ignorait pas le jour du jugement, puisqu'il en avail prédit l'heure, Luc. xvn, 31 ; le lien , Mntth. xxiv, 28;lcs signes et les causes, Luc. xxi, 25: mais que p ir ces paroles le Sauveur voulait réprimer la curiosité ind scrèle de ses disciples, en leur faisant entendre qu'il n'était pas à propos qu'il leur révélât ce secret. Sa réponse a le même sens que celle d'un père qui dit à un enfant trop curieux : Je n'en sais rien.
Ainsi l'ont entendu saint Basile, saint Augustin et d'autres Pères de l'Eglise.
En effet, Jésus-Christ dit de lui-même , Joan. xn, 49 : Je ne parle pas de moi-même, je ne dis que ce qui m'a été ordonné par mon Père qui m'a envoyé. Et Act i, 7, il répond à une antre question que lui faisaient ses apôtres : Ce n'est point à vous de connaître les temps ni les moments que le Pèi e lient en sa puissance. Saint Paul dit d'ailleurs qu'en Jesus-Chrisl sont cachés tons les trésors de la sagesse et de la science. Coloss. u, 3.
Les agnoètes objectaient encore, aussi bien que les ariens, le passage de l'Evangile selon saint Luc, c. n, v. 52, où il est dit que Jésus croissait en sagesse, en âge et eu grâce, devant Dieu et devant les hommes. Les Pères répondaient que cela doit s'entendre tout au plus des apparences extérieures, puisque saint Jean dit dans son Evangile, c. i, v. 14 : Nous avons vu sa gloire, telle quelle convient au Fils unique du Père, rempli de grâce et de vérité, par cons ujuent de science et de sagesse. Petau, de Incarn., I. n, c. 2.
Par celle contestation et par la plupart des autres disputes, il est évident que l'on ne pourrait jamais terminer aucune question avec les hérétiques, si l'on s'en tenait à l'Ecriture toute seule, et qu'il faut nécessairement recourir à la tradition, pour en prendre le vrai sens. Aussi plusieurs protestants sont tombés dans la même erreur que les sociniens louchant la science de Jésus-Christ. Note de Feuui dent sur saint Irénée, l. u, c.
AGNUS DE1 , est un nom que l'on donne aux pains de cire empreints de la ligure d'un agneau portant l'étendard de la croix, et que le pape bénit solennellement le dimanche in Albis , après sa consécration , et ensuite de sept ans en sept ans, pour êire distribués au peuple.
L'origine de cette cérémonie vient d'une coutume ancienne dans l'Eglise de Home.
On prenait autrefois, le dimanche in Allas , le reste du cierge pascal béni le jour du samedi saint, et on le distribuait au peuple par morceaux. Cha un les brûlait dans sa maison, dans les champs, les vignes, etc., comme un préservatif contre les prestiges du démon, et contre les tempêtes et les orages. Cela se pratiquait ainsi hors de Home ; ruai» dans la ville, l'archidiacre, au lieu du cierge
pascal, prenait d'autre cire, sur laquelle il ver-ail do l'huile, en faisait divers morceaux de figure d'agneaux, les bénissait et les distribuait au peuple. Telle est l'origine des Agnus Dei, que les papes ont depuis bénis avec plus de cérémonies. Le sacristain les prépare longtemps avant la bénédiction. Le pape, revêtu de ses babils pontificaux , les trempe dans l'eau bénite, et les bénit après qu'on les en a retirés. On les met dans une boîte qu'un sous-diacre apporte au pape à la messe, après Vagnus Dei, el les lui présente en répétant trois fois ces paroles : Ce sont ici de jeunes agneaux qui vous ont «nnonré /'alléluia ; voilà qu'ils viennent à la fontaine, pleins de charité, alléluia. Ensuite le pape les distribue aux cardinaux, évêques, prélats, etc.
On croit qu'il n'y a que ceux qui sont dans les ordres sacrés qui puissent les toucher; c'est pourquoi on les couvre de morceaux d'étoffe proprement travaillés, pour les donner aux laïques. Quelques écrivains en rendent plusieurs raisons mystiques, el leur attiibuent plusieurs effets Voyez l'Ordre romain, Amalarius, Valafrid Strabon, Sirmond dans ses Notes sur Ennodius, Théophile Kaynaud, etc.
Agnus Dei, partie delà liturgie de l'Eglise romaine, ou prière de\la messe entre le Pater et la communion. C'est l'endroil de la messe où le prêtre, se frappanl trois fois la poitrine» répète autant de fois à voix intelligible : Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du mondey pardonnez-nous. C'est une profession de foi de l'universalité de la rédemption, qui est tirée de l'Evangile. Joan. i, 29.
Isaïe avail déjà dit dans le même sens, lui, 6 : Nous nous sommes tous égarés comme d^s
brebis , et Dieu a mis sur lui l'iniquité de
nous tous. Lebrun, Explic. des Cérém., tom. 11, p' g. 577.
AGOBAUD, archevêque de Lyon dans le ixe siècle, est au nombre des écrivains ecclésiastiques. Il prouva, contre Félix d'Urgel, que Jésus-Christ n'est pas seulement fils de Dieu par adoption, mais par nature; il écrivit contre les duels, les épreuves superstitieuses du feu et de l'eau, l'abus des biens ecclésiastiques, et contre plusieurs erreurs, populaires. Il mourut en 8V0. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de Baluze, faite en lwGG, en 2 vol. in-k".
Les protestants ont voulu mettre cet archevêque au nombre de ceux qu'ils nomment les témoins de la vérité, parce qu'il attaqua les superstitions de son siècle : preuve frivole et qui ne mérite aucune attention. Basnage a voulu aussi faire douter de la foi d'Agobard louchant l'Eucharistie; mais il est constant que cet écrivain a professé formellement la croyance de l'Eglise sur ce point dans plusieurs endroits de ses ouvrages.
AGONIE, AGONISANT. Ce ferme vient du grec iyôv, combat. Les censeurs de la religion chrétienne ont poussé la prévention jusqu'à faire un crime à l'Eglise catholique de la charité qu'elle témoigne aux fidèles prêts à sortir de ce monde, cl des secours spirituels