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déc ; sous le Messie, nu contraire, toutes les nations doivent se réunir et devenir le peuple du Seigneur; les Juifs en conviennent : donc il faut nue loi nouvelle qui soit praticable dans toutes les parties du monde. 5U Dieu a rendu la loi de Moïse impraticable aux Juifs mêmes par leur dispersion, par la destruction du temple, par la confusion des généalogies, par l'incompatibilité de leurs lois avec le droit public de toutes les nations : donc Dieu en a établi une nouvelle par le Messie : elle subsiste depuis près de dix-huit cenls ans. Voyez Philippi à Limborcli, Arnica collnt. cum erudi'o Judœo, etc.
A LOGES ou ALOGiENS, secte d'anciens hérétiques, dont le nom est formé d'« privatif, et de)v/o<r, parole ou verbe, comme qui dirait sans verbe; parce qu'i !s niaientqueJésus-Cbristfût le Verbe éternel, lis rejetaient l'Evangile de saint Jean comme un ouvrage apocryphe, écrit par Cérinthe; quoique cet apôtre ne l'eût écrit que pour confondre cet hérétique, qui niait aussi la divinité de Jésus-Christ.
Quelques auteurs rapportent l'origine de cette secte à Théodote de Byzanee, corroyeur de son métier, et cependant homme éclairé,
3ui, ayant apostasie pendant la persécution e Sévère, répondit à ceux qui lui reprochaient ce crime, que ce n'était qu'un homme qu'il avait renié, et non un Dieu: et que de là ses disciples, qui niaient l'existence du Verbe, prirent le nom d'â^oyot : Ils disent, ajoute M. Fleury, que tous les anciens, et même les apôtres, avaient reçu et enseigné cette doctrine, et quelle s'était conservée jusqu'au temps de Victor, qui était le treizième évéï/ue de Home depuis sai t Pierre ; mais que Zéphirin, son successeur, avait corrompu la vérité. Mais on leur opposait les écrits de saint Justin, de Milliade, de Talien, de Clément, d'irénée, de Mélilon et d'autres anciens, qui disaient que Jésus-Christ était Dieu et homme; Victor avait excommunié Théodote ; comment l'eût-t-il excommunié s'ils eussent été du même sentiment? Ilist. m/., t. 1, liv. iv, n° 33.
D'autres avancent que ce fut saint Epiphanequi, dans sa liste des hérésies, leur donna ce nom ; mais d'autres Pères et grand nombre d'autres ecclésiastiques parlent des alogiens, comme sectateurs de Théodote de Byzance. Voyez Terlul., livre des Prescr., chap. dernier ; saint August., de IJœr., cap. 33 ; Eusèbe, liv. v, chap. 19; Baionius, ad ann. 196 ; Tillemont, du Pin, Bibliolh. des auteurs ecclés., premier siècle.
ALPHA et OMÉGA, A et a, première et dernière lettres de l'alphabet grec. Jésus-Christ dit dans l'Apocalypse : Je suis I'alpha et I'oméga, le commencement et la fin. C. i, v. 8 ; c. xxi, v. 6; c. xxn, v. 13. il est en effet le Verbe divin qui a créé toutes choses ; il en est la dernière Gn, puisque c'est en lui seul et p.ir lui que nous pouvons trouver le souverain bonbeur. Voy. Coloss. i, 15 et suiv. ALPHABET grec et latin, caractères ou lettres à l'usage des Grecs et des Latins, que, dans la consécration d'une église, le prélat consécraleur trace a>cc sun doigt sur la cou-
dre dont on a couvert le pavé de la nouvel. o église.
Cette cérémonie nous donne à entendra que l'Eglise est la vraie mère des fidèles; qu'elle leur donne les éléments de la vraie science, de la science du salut, et qu'elle réunit tous les peuples.
AMALÉC1TES. Voy. Ag*g.
AMAUB1, théologien de Paris, parut au commencement du sur siècle. Il enseigna que Dieu était la matière première ; que la loi de Jésus-Christ devait finir l'an 1200, et faire place à la loi du Saint-Esprit, qui sanctifierait les hommes sans sacrements et sans aucun acte extérieur; que les péchés commis par charité étaient innocents. Il niait la résurrection des morts et l'enfer, rejetait le culte des saints, déclamait contre le pape, etc. Il eut des sectateurs opiniâtres. On pardonna aux femmes ; mais dix de leurs séducteurs subirent le dernier supplice l'an 1210. Le concile de Latran, tenu eu 1215, confirma la condamnation de leur doctrine. Amauri eut pour successeur David de Dînant, qui prêcha la même doctrine. Ilist. de i'Egl. gaUic, liv. xxx , an. 1210-1212.
AMBITION, désir excessif des honneurs. Plusieurs philosophes de notre siècle ont fait l'apologie de l'ambition, parce que l'Evangile la réprouve et commande l'humilité. Ils disent qu'un homme est louable lorsqu'il recherche les dignités et les places importantes, dans le dessein de se rendre utile à ses semblables. Cela serait fort bien, si c'était là le motif des ambitieux; mais on sait trop p;sr expérience que leur intention est de jouir des privilèges attachés aux grandes places, sans se mettre beaucoup en peine d'en remplir les devoirs, et que les sujets les plus ineptes sont ordinairement les plus avides et Les plus empressés de parvenir. N'imitez point, dit Jésus-Christ, ceux qui recherchent les premières places, les respects et les hornmages des hommes. Il reproche ce vice aux pharisiens, et lâche d'en préserver ses disciples. Mallh. xxiii, G. Celle morale sera toujours plus sage que celle des philosophes. Avec des palliatifs, il n'est point de passion que l'on ne vienne à bout de justifier.
AMBItOiSE (S.), douleur de l'Eglise et archevêque de Milan, mort l'an 397. La meilleure édition de ses ouvrages est celle des bénédictins, en deux volumes in-folio. Le fait le plus honorable à saint Ambroise est d'avoir eu saint Augustin pour disciple. On peut voir s«s autres actions dans le Dictionnaire historique ; nous nous bornons à examiner les accusations formées contre sa doctrine. On lui reproche d'avoir poussé trop loin l'étendue de la patience chrétienne, le mérite de la virginité et du célibat; d'avoir dit qu'avant Moïse il n'y avait point de loi qui défendît l'adultère; d'avoir voulu justifier, dans les saints personnages dont parle l'Ecriture, des actions qui ne doivent être ni louées, ni excusées.
Ces reproches empruntés de Daillé et d<; Barbevrac, deux protestants, ne valaient pas la peiuc d'être répétés par les incrédules.
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Les premiers chrétiens Ont poussé la patience jusqu'à l'héroïsme; il le fallait, afin de convaincre les persécuteurs de L'inutilité des supplices pour exterminer le christ in ni s me, et
de montrer aux p aïens la supériorité des maximes de l'Evangile sur la morale de leurs philosophes. Aujourd'hui des censeurs téméraires usent soutenir que celle patience n'a pas été poussée assez loin.
Dans les articles Célibat et Virginité, nous ferons voir que les Pères n'ont rien dit de plus que saint Paul; que celle doctrine est sage et irrépréhensible; qu'il n'est pas vrai qu'elle déroge à la saintelédu mariage, ni qu'elle soit nuisible au bien de la société.
Saint Ambroise a eu raison d'avancer qu'avant Moïse il n'y avait point de loi positive qui défendît l'adultère; mais il n'a pas prétendu qu'il fût permis par la loi naturelle.
Le commerce d'Abraham arec Agar n'était ni un adultère ni un concubinage, mais une polygamie; et alors elle n'était point réprouvée par le droit naturel. V oy. Polygamie.
C'est donc très-improprement que saint Ambroise nomme adultère ce second mariage d'Abraham; niais il n'a pas tortde prétendre qu'en cela ce patriarche n'a poini poché. H est évident, par ce qu'il dit de Pharaon, d'Abraham, liv. n, c. 2, qu'il n'a jamais pensé que l'adultère proprement dit pût être permis; et, quoi qu'en dise Barbeyrac, ce n'est point là une contradiclion. Traité de la Morale des Pères, c. 13, § 12.
Quant aux autres actions des patriarches que les Pères de l'Eglise ont excusées, voy. Patriarche, Abraham, etc.
D'autres critiques ont accusé saint Ambroise d'avoir enseigné que l'âme humaine est matérielle, parce 'qu'il dit qu'il n'y a rien d'exempt de composition matérielle que la substance de la Trinité, qui est d'une nature simple et sans mélange. De Abraham, liv. ii, c. 8, n. 58. Mais, dans cet endroit même, il dit que l'âme humaine est indivisible et unie à la sainte Trinité, qui esl simple. D'ailleurs il professe formellement l'immatérialité et l'immortalité de l'âme dans plusieurs autres ouvrages. In psalm. cxvm, serm. 10, n. 15, 1G, 18; Uexam., liv. v , c. 7, n. 10, etc.
Le Clerc, dans ses notes sur les Confessions de saint Augustin, prétend que l'invention des reliques de saint (Servais et de saint l'rolais fut une fraude pieuse de saint Ambroise, qui se servit de cet expédient pour augmenter son autorité, pour reprimer les ariens, pour en imposer à 1 impératrice Justine qui les favorisait. II prouve ce soupçon, 1° parce que saint Augustin rapporte que saint Ambroise fut instruit par une vision ou une révélation du lieu où étaient ces reliques, au lieu que saint Ambroise ne parle point de celle vision en racontant cel événement. Epist.22, lib. i. & Saint Ambroise dit : Nous trouvâmes deux corps d'une grandeur étonnante, tels qu'ils étaient dans les anciens temps. Veut-il parler des temps héroïques, ou veut— Il faire entendre que les
martyrs devenaient plus grands que les autres hommes? 3° Il rapporte que les possédés, ou plutôt les démons tourmentés par ces reliques, confondirent les ariens. V En effet, cet événement servit à humilier et à contenir ces hérétiques. Ce fut donc un stratagème imaginé à propos. L»> Clerc pense qu'il en esl de même de toutes les aulres inventions de même espèce.
Sont- ce donc là des preuves ass^z fortes pour accuser de fourberie un personnage aussi respectaide que saint Ambroise? S'il avait parlé de la révélation qu'il avait eue, Le Clerc lui aurait reproché de l'avoir Forgée par orgueil. Ce n'est pas un prodige que deux martyrs aient été de haute stature, tels que les poêles nous peignent les hommes des temps héroïques; il n'y a rien de ridicule dans cette remarque de saint Ambroise. 11 se fil d'autres miracles à cette occasion que des guérisons de possédés. Sainl Augustin raconte qu'un aveugle recouvra la vue, et il paraît l'attester comme témoin oculaire.
Pour commettre une fraude, il aurait fallu avoir un trop grand nombre de complices, les fossoyeurs el les témoins, les miraculés, loul le clergé de Milan, et même tous les catholiques environnés des ariens; croironsnous qu'aucun de ces derniers ne fui témoin des faits? Saint Ambroise se serait exposé à la dérision des hérétiques, au discrédit de la foi catholique, au ressentiment de l'impératrice Justine ; il n'était pas assez imprudent pour courir un aussi grand danger. Ktail-il indigne de Dieu de confirmer par des miracles la foi à la divinité du Verbe, et le culte des reliques contre lequel Vigilance s'éleva pendant ce temps-là? Mais Le Clerc, qui ne croyait ni l'un ni l'autre de ces dogmes, aimo mieux accuser toute l'Eglise catholique de fourberie, que de démordre de ses opinions. Par un elïel du même entêtement, il a reproché à saint Augustin d'avoir feint les prétendus miracles opérés par les reliques de sainl Etienne, et d'avoir à posté les miraculés.
AMKROSIEN (rite ou office). Manière particulière de faire l'office dans l'Eglise de Milan, qu'on appelle aussi quelquefois l'Eglise Ambrosicnne. Ce nom vient de saint Ambroise, docteur de l'Egiisc el évolue de Milan, dans le n' siècle. Walafrid Strabon a prétendu que saint Ambroise était véritablement l'auteur de l'office que l'on nomme encore aujourd'hui ambronen, et qu'il le disposa d'une manière particulière, tant pour son église cathédrale que pour toutes le> aulres de son diocèse. Cependant quelques-uns pensent que l'Eglise de Milan avait un ufrice différent de celui de Itomc, quelque temps avant ce saint prélat. En effet, jusqu'au temps de Charlemague, les églises avaient chacune leur office propre; dans Home même il y avait une grande diversité d'oflices ; et si l'on en croit A bai lard, la sente église de Lairan conservait en son entier l'ancien office romain : et lorsque, dans la suite, les papes voulurent faire adopter celui - ci à loulcs les Eglises d'Occident,