AMB
afin d'y établir une uniformité de rite, l'Eglise de Milan se servit du nom du grand Ambroise et de l'opinion où l'on était qu'il avait compose ou travaillé cet office, pour être dispensée de l'abandonner; ce qui l'a fait nommer rite ambrusien, par opposition au rite romain. La liturgie ambrosienne a été publiée par Pamélius, en 1560 : Le l'ère Le Brun l'a tirée de divers missels anciens, imprimés ou manuscrits ; il note exactement en quoi elle était différente de celle de Rome, ce que saint Ambroise y avait ajouté, et ce qui existait avant lui. 11 rapporte l'es tentatives qui ont été dites, soit par le pape Adrien Ir sous Charlemagne, soit par les successeurs de ce pontife dans les siècles suivants, pour introduire dans l'Eglise de Milan la liturgie romaine el le rite grégorien, et la résistance constante du clergé de Milan. Saint Charles lui-même fut très-zélé pour la conservation du rite ambrosien ; el ce rite subsiste encore dans la cathédrale et dans la plupart des églises du diocèse de Milan. Explication des Cérémonies de la messe, tom. 111, pag.
Ambrosien (chant). Il est parlé dans les rubricaires du chant ambrosien, aussi usité dans l'Eglise de Milan el dans quelques autres, et qu'on distinguait du chant romain en ce qu'il était plus forl et plus élevé ; au lieu que le romain était plus doux et plus harmonieux. Voy. Chant et Grégorien. Saint Augustin alttribue à saint Ambroise d'avoir introduit en Occident le chant des psaumes, à l'imitation des Eglises orientales ; et il esl trèsprobable qu'il en composa ou en revit la psalmodie. August., Confcss., I. rx, cap. 7.
AMBKOS1ENS ou PNEUMATIQUES, nom que quelques-uns ont donné à des anabaptistes disciples d'un certain Ambroise, qui vantail ses prétendues révélations divines, en comparaison desquelles il méprisait les livres sacrésde l'Ecriture. Gauthier, DeHœr., au xv.ie siècle.
AME, substance spirituelle, qui pense et qui est le principe de la vie dans l'homme (1). [Il esl de foi que l'âme de l'homme est un pur esprit [Laler.w); immortelle (Laler. v);unique (Constant, iv); libre (Trident., sess.fi, can. 4); qu'elle n'exile pas avant le corps qu'elle doit habiter (Constant, n)]. C'est aux philosophes d'exposer les preuves de la spiritualité et de l"i ni mortalité de Vâme humaine, que la lumière naturelle peut fournir ; le devoir des théologiens est de faire voir que ces deux dogmes essentiels ont été révélés aux hommes dès le commencement du monde; que Dieu n'a pas attendu les spéculations de la philosophie, pour leur enseigner ces deux importantes vérités ; que les philosophes, mêmes n'ont jamais pu les démonirer invinciblement, faute d'a?oir été éclairés par la révélation. Nous ajoute-
\\) M. l'abbé Charvoz et les partisans de V Œuvre de la Miséricorde prétendent qu'il y a en nous deux substances spirituelles , Tune <juc nous nommons âme, dont nous parlons ici, et l'amie qui esl un ange déchu. Nous relu ons celte dernière opinion au mot
ÀflGE.
rons quelques réflexions touchant l'origiise de Vâme.
1 . De la spiritualité de l'ùme (1). La première vérité que nous enseigne l'histoire saiuterest
(1) Avant de suivre Bergier dans l'exposition des preuves lirées de l'Ecriture sainte en faveur de ta spiritualité de l'âme, nous devons donner celles qui sont puisées dans la raison.
Il faut d'abord commencer par apprécier l'argument apporté comuiiinéineni par les thé'/logiens et les philosophes en laveur de la spiritualité de l'àuce. Voici la substance de l'argument qui a été développé longuement par le cardinal de la Luzerne, Dissertation sur la Sjjiriluuli é de i'àme, el qoi a é.é reproduit depuis dans presque luus les traités classiques de philosophie , el notamment dans les Institutiones phihsophicœ de Mgr Bouvier, évêque du Mans, lesquelles sont enseignées dans beaucoup de séminaires/L'âme humaine est simple, dit-on (Inslil. philos., t. Il, p. 224, éiiil. 1837) , si la pensée ne peut avoir pour siège un sujet composé : or, la pensée ne icut résider dans un sujet composé; car alors ou tome la pensée serait eu même temps dans chaque pu le du sujet; ou une pallie de la pensée sciait d.ins une fraction du sujet, el une autre partie dans une ^ulrë frai lion ; ou enfin loute la pensée serait conoeniiée dans une seule partie : or, on ne peut soutenir aucune de ces trois hypothèses. Dans la première r I» pensée ne serait plus une , mais multiple; dans I» seconde , il faudrait soutenir que la pensée a plusieurs parties et qu'aucune d'elles n'a la conscience de tome la pensée; dans la troisième hypothèse, si l'on suppose , pour ne pas retomber dans les deux aulres, que la partie matérielle dont on tait le sujet de la pensée, soit simple ou indivisible, la controverse, dit-on, ne roule plus que sur des mots : Causum obtinemus, dit Mgr Bouvier (op. cit., p. 325); car alors les matérialistes regardent comme matière ce qui est réputé esprit. Donc, conclut on avec une absolue cenliance, l'âme humaine est simple . >
En résumé, dans l'argumentation qui précèle, et que nous avons traduite avec fidélité , on n'exige dans le sujet de la pensée que la qualité de simple ou d'indivisible ; parce que l'on suppose fort gratuite- . meut que tout ce qui est matière est indéfiniment divisible. Ainsi, en dernière analyse, la démonstration que l'on prétend donner de la spiritualité de l'âme , au moyen de l'argument ci-dessus rapporté , ne repose que sur le système de la divisibilité de la matière à l'infini, réprouvé par 1» science moderne. M. Pouillet (député) , professeur de physique à la Faculté des Sciences de Paris , et membre de l'Académie des Sciences, dit, dans l'iniroduclion qui précède ses savants Eléments de physique expérimentale (t. 1, p. 5, édit. 1844) , que la théorie des éléments simples de la ma ière est aujourd'hui exclusivement adoptée. M. Dumas en dit autant dans son Traité de chimie , et fait voir que les combinaisons chimiques qui n'ont jamais lieu que selon des proportions bien définies , insinuent snllisaiiimeiit que tous les corps sont composés d'éléments simples ou d'atomes indivisibles.
Ce n'est pas d'hier que la théorie des éléments simples est imaginée. Zenon l'onva >es i oints matériels indivisibles dans le v' siècle avant notre ère. Ocellus Lucanus el Démocrite soutinrent à peu près la même doctrine, qui a été renouvelée par Gassendi. Leibniiz, pour' rendre raison de la composition des corps , a supposé qu' Is étaient formés de monades , ou éléments matériels simples el sans étendue. On a objecté avec raison contre ces systèmes que des éléments inélendus, ou, comme on l'a dit, des zéros d'étendue, ne sauraient constituer des corps étendus. Le mathématicien BoscowikU , pour éluder celte difficulté , tout en Supposant inélendus \c> éléments de la matière, a piélfudu <iu'I!i
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que Dieu est Créa eur, qu'il a lout fait par sa parole ou par un simple acte de -a volonté , donc il est pur espri'. Au mot Création, nous ferons voir que cette conséquence est
pouvaient néanmoins former des eorps étendus. Il s'est fondé sur <e que les atomes, en vertu de leurs attractions et de leurs répulsions, s'établissaient dans un étal d'équilibre sans arriver jamais au contact, et occupaient ainsi une étendue déterminé'- dans l'espace. Lavoisier démontrait , à peu près à la même époque, qu'il n'y a dans la nature aucun contact parfait, par la considération qu'il n'y a pas de froid absolu, et que par conséquent la chaleur, qui e>t une force centrifuge , tient les molécules matérielles à une dislance quelconque les unes des autres. Mais il restait toujours une difficulté, dans le système de Boscowikh, celle de savoir comment les éléments inétendiis peuvent tomber sons les sens. Déjà, cependant, dans ce système il était facile de résoudre h s objectons que îles esprits subtils (Voy. Logique de Port-Royal, Pollet, Séguy, Gérard, etc.) avaient prétendu tirer de la géométrie contre la théorie des éléments simples. 11 suflit, en elfet, pour y répondre, de supposer que les parties matérielles ne sont point conugués, ce qui est conforme à la vérité. D'ailleurs, nous aurons occasion par la suite de démontrer que les mathématiciens, avec tous leurs infinis, ne fout que jouer sur les mots. J'ai été surpris, en 1854, de retrouver de telles subtilités dans les Annales de philosophie chrétienne (i. VIII, p. 172) ; mais heureusement, l'auteur de l'article où elles sont reproduites, commence p;«r avertir qu'il supposera les molécules immédiatement voisines les unes des autres (p. 184). Quant aux lignes que l'on suppose pouvoir se rapprocher sans jamais se rencontrer, elles prouveraient tout au plus, comme les autres fils du même genre, que l'étendue et non la matière est indéfinie et divisible. Encore faudrait-il , pour être endroit de l'affirmer, que l'étendue pût être mesurée, ou seulement lût appréciable sur les corps, ce qui n'eut assurément pas. Ceite infinie divis bilité , avec toutes ses prétendues démonstrations mathématiques, n'a, loimiie l'a judicieusement fait remarquer Kant, d'autre fondement que l'imagination, et encore l'imagination se représentant un espace limité par des corps. Mais quoiqu'on puisse sans grand effort résoudre toutes les objections tirées îles mathématiques dans le système de Boscowikli sur les éléments de la inalère, nous avons vu qu'il restait encore une grave difficulté, celle de savoir comment les éléments invendus peuvent tomber sous les sens MM. P.ioi et Ampère , membres de l'académie dos Sciences , qui ont été des premiers dans notre siècle à revenir à la théorie des éléments indivisibles de la matière, mit vaincu la difficulté en reconnaissant de retendue sur des points élémentaires ou atomes. Selon M. Isiot (Traité de physique, t. IV) , une foule d expériences nous ont montré qu'aucun corps n'est un assemblage continu de matière, mais qu'ils sont tous composés de particules matérielles placées à distance ci maintenues dans cet étal par les forces opposées de l'attraction et de la chaleur. Il suppose ensuite que , dans les corps les plus denses, la capacité des interstices pounait bien surpasser plusieurs milliers de fois le volume des particules matérielles ; que les dernières particules élémentaires et impénétrables qui constituent les principes des corps soient réunies en groupes , deux à deux, trois à trois, etc. Ainsi, il est clair que le célèbre physicien astronome admet (pie les corps ont pour principes constitutifs «les éléments impénétrables, c'est-à-dire indivisibles ci étendus lOUt à la lois Feu M. Ampère [AnnaU$ de chimie , avril 1814) enseigne la même doctrine, et la donne comme étant celle des physiciens mo-
ilernes. C'«st ainsi que nous concevons nous-mêmes,
incontestable. Or, celle môme histoire nous apprend que Dieu a f;iit l'homme à son imape et à sa ressemblance. G en. i, 2G et 27; ix, 0. Donc l'homme n'est pas seulement un corps;
depuis dix huit ans, la théorie des éléments indivisibles de la matière, Nous ne nous arrêterons pas à montrer les difficultés que renfermait le système de la divisibilité de la matière à l'infini, lequel n'avait de fondement que dans l'imagination. La matière étant une substance essentiellement passive, est divisible par tme puissance active à un degré inassignable ; mais comme «Ile ne pouvait offrir aucune résistance sans cesser d'être positive, et que l'imagination concevait toujours dans le plus petit atome un dessus et un dessous , on a conclu qu'elle était divisible indéfiniment. «On a ainsi , dit M. Bûchez ( Essai d'un traité complet de philosophie , t. III , p. 143), transporté à la matière, comme propriété, ce qui était possible de la part d'une activité spirituelle. Une matière infiniment divisible , dit-il quelques pages plus loin (page 154), ei m.e matière dont les parties ont les propriétés particulières, paraissent... deux affirmations contradictoires, où la seconde nie la prem ère. Nous en convenons , h contradiction existe. 11 est impossible, ajoute le même auteur (p. 215), de faire concorder avec la divisibilité à l'infini l'existence de propriétés po.-i. ives et diverses, telles que celles remarquées par les corps simples occupant d'une manière fixe des points différents de la matière. Ainsi, conlinue-i-il (p. 215), le corps simple ou élémentaire des chimistes n'est autre cho>e, selon nous , qu'un atome étendu et indivisible , dont le volume, la forme et les propriétés sont fixes. H en donne pour preuve l'étude expérimentale de ce qui se passe dans les combinaisons. et décompositions chimiques; il cite, par exemple, la formule de l'eau, dont la conclusion logique.... est que la réduction définitive ne peut aller au delà de deux II (deux atomes ou équivalents d'hydrogène ) et un 0 ( un atome d'oxygène) dans la formation du composé E (eau), c'est-à-dire au delà de trois atomes ou molécules constituantes, dont deux sont représentatives des propriétés H et une des propriétés O. De ce raisonnement, poursuit-il, qui est applicable à tous les corps chimiques , il résulte qu'il y a des atomes ou molécules élémentaires.... Les atomes (p. "217) sont indivisibles , indestructibles h s uns pour les autres. Qui croirait, après avoir lu les passages qui précèdenl, <|ue ce savant auteur se déclare formellement, dans le même volume, partisan de la divisibilité de la matière à I Infini ? Mus il attribue les propriétés fixes des éléments matériels à une force spéciale qu'il nomme séi ielle, laquelle force sérielle (p. 2 17) engendre et conserve diverses espèces de germes minéraux, c'esi-àdire diverses espèces d'atomes élémentaires ou de mo écoles constituâmes, comme elle engendre et conserve diverses espèces de végétaux et d'animaux. sOn voit, d'après celle explication, que le sentiment de M. bûchez ne diflèie du nôtre que dans les mots. En effet, une des raisons qui nous portent à admettre l'indivisibilité de» éléments constitutifs de la matière , c'est que si la division les atteignait , elle détruirait en eux les «entres «l'action , elle anéantit ail tontes les i ropnélés physiques et chimiques, enfin elle ferait «pie tous les corps ne seraient plus eux-mêmes. Mais nous voyons «pie la matière organique se résout constamment en les mêmes corps simples ayant invariablement les mêmes propriétés; que les corps crislallisables, à quelque état de division qu'on les ait soumis, affectent, OH se solidifiant, des formes toujours régulières ei toujours identiques pour les mêmes corps ; «pie les phénomènes de la vie organique, qui accusent des corps qui ont subi le maximum de la divisibilité, se reproduisent sans cesse d'une manière aussi symétrique; enfin que les