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il est intelligent, actif, libre dans ses volontés comme Dieu.
Il est dit qu'après avoir formé an corps de terre, Dieu souffla sur le visage de l'hom-
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me ; que dès ce moment, ce corps fut vivant, animé , doué du mouvement et de la parole. Eu effet, c'est sur le visage ou la physionomie de l'homme que brillent la vie, f'intelli-
germes soit végétaux , soit animaux , se présentent toujours les mêmes et sans altération pour les mêmes espèces. Or, tous ces phénomènes ne seraient pas produits avec une constance aussi universelle, si les éléments constitutifs de la matière étaient altérables par une cause physique quelconque; car, à combien d'accidents, à combien de causes de la divisibilité ne sont-ils pas soumis?
M. Bustes f <ii intervenir l'action immédiate d'une force sérielle pour la production d'effets qui ne sont qu'une conséquence de l'inaltérabilité, et conséquem- 111 en t de l'indivis bilité des atomes matériels ; mais au fond, l'idée est la même du part et d'autre.
Nous nous sommes étendu sur cette matière, pour laire voir sur quel fondement ruineux on fait ordinairement reposer une thèse aussi importante que l'est celle de la spiritualité de l'âme. On y donne gain de cause aux matérialistes, dans l'hypothèse que les éléments de la matière seraient indivisibles, et cependant, comme nous l'avons montré, tout porte à croire qu'ils le sont.
On n'a pas sonné que c'est par cette activité que l'âme humaine diffère essentiellement de la matière. Il faudrait donc, pour établir sur celte considération de la pensée une preuve spéciale de la spiritualité de l'âme, démontrer, \° qu'il faut de l'activité dans la cause productive de la pensée ; ±° que «eue activité est toute autre chose que du mouvement ; 5° que la matière n'est susceptible que de mouvement, et que même celui-ci doit lui être imprimé par une force immatérielle.
Examinons maintenant, au point de vue de la science moderne, la question de l'existence et des propriétés de l'âme humaine.
Voyons d'abord en peu de mots, si l'on est en droit de contester l'existence dans l'homme d'un principe immatériel, ou, pour parler le langage commun, d'une substance spirituelle, par la raison que cette substance ne tombe pas directement sous les sens. Tout phénomène, tant dans l'ordre physique que dans l'ordre psychologique, implique l'existence d'une substance ou, connue on aime à le répéter aujourd'hui après les scholasliques, d'un substraium.
On ne peut concevoir aucune propriété sans sujet, aucune action sans agent, aucune force sans moteur, en un mot aucun effet sans cause. D'un autre côté, comme il y a un rapport nécessaire entre la cause et l'effet, on ne peut attribuera une même cau^e des phénomènes différents.
On n'acquiert donc la connaissance de la substance que par l'examen des phénomènes, soit qu'il s'agisse d'êtres matériels on d'êtres immatériels. La Mibstance matérielle en effet échappe à tous les sens, c mme la substance immaléielle ; les phénomènes observés en constatent seuls l'existence, et l'ont distinguer l'une de l'autre, eu nous découvrant dans l'une l'inertie et dans l'autre l'activité, deux propriétés tpii s'excluent nécessairement. Il est clair, d'après ce simple exposé de l'état de la question, qu'on ne peut révoquer eu doute l'existence dans l'homme «l'une substance spirituelle, parce qu'elle ne tombe pas directement sous les sens. Ce n'est jamais que par une opération de l'esprit que nous avons l'idée de substance : nous arrivons à la connaissance de la Substance matérielle par voie d'abstraction , et à celle de la substance dite spirituelle par voie de Conséquence.
Les phénomènes de l'ordre psychologique proprement dit sont de trois sortes : les sensations, l-s mouvements spontanés et les pensées ; or, ces trois classes de pliénuiièues révèlent trois propriétés
d'une substance quelconque, qui est en l'homme : ce sont la sensibilité, la motililé et Yintelleclion. Chacune de ces trois propriétés a pour siège ou subslralum une substance active, comme nous le démontrerons rigoureusement , et par conséquent une substance essentiellement immatérielle., puisque l'activité et l'inertie s'excluent nécessairement dans un même sujet. Voilà notre argumentation générale. ,
Il nous reste à prouver que la sensibilité, la motililé et l'intellectipn supposent nécessairement de l'activité.
Mais l'activité ne peut être exen ée sans un centre d'action : nous allons d'abord examiner si cette centralisation pourrait avoir pour siège le système nerveux, ainsi que l'ont [retendu des psychologistes matérialistes.
Il n'existe soit dans le cerveau humain , soit dans celui des animaux, aucun point central du système nerveux ; et par conséquent il n'y a pas, comme on l'a cru surelois, de sensoriimi commune. Les matérialistes eux-mêmes, comme Gall et liroussais, l'ont reconnu, et c'est pour cela qu'ils oui admis un point central variable qui s'établissait dans la partie du cerveau actuellement en action. Au contraire, dans le système nerveux de relation , appelé aussi système nerveux de h vie animale, il y a beaucoup de ceutralilés particulières qui se cm respoudent deux à deux dans deux hémisphères du cerveau, et qui se ramifient chai une en deux appareils pairs et symétriques, l'une dans la partie droite, l'autre dans la partie gauche du corps. Seulement, ces doubles points de centre communiquent deux à deux au moyen de commissures ou trajets nerveux, qui ne centralisent aucune impression.
Mais demandera-i-on, si le cerveau ne contient pas un point central universel, pourquoi la soustraction de ce viscère délermine-l-elle immédiatement la mort chez l'homme et chez les mammifères ? Nous répondrons que la véritable cause de la mort n'est pas l'ablation de l'encéphale lui-même, mais celle, soit de l'origine, soit des troncs de certains nerfs de la moelle épinière, qui président aux fonctions de la respiration et de la circulation.
«Ainsi, dit le docteur bûchez (op. cil. t. III p, 293), on a vu des anencéphales vivre quelques heures et même quelques jours sans cerveau ; mais les nerfs dont il s'agit existaient chez eux. La mon donc résulte non pas de l'ablation de la centralité encéphalique, mais de la destruction dos nerfs qui servent à la respiration et à la circulation. Si chez nous et les mammifères, la disposition anatomique était autre, c'est-à-dire telle qu'où pût enlever le cerveau sans toucher les nerfs dont il s'agit, il arriverait ce que l'on remarque chez les animaux où cette disposition n'existe point. La décapitation ne produirait point immédiatement la mort. On a vu des tortues vivre sans tète assez longtemps pour que la plaie du col se soit cicatrisée, etc. >
Nous avons dit plus haut que les commissures et le corps calleux formant des trajets nerveux ne centralisent aucune impression : c'est un fait que l'analomie et la physiologie moderne déni mirent clairement. Qu'il nous suffise de faire observer qu'ordinairement un seul hémisphère du cerveau est mis directement en exercice soit par les sens, so.t par l'usage des membres. Les centralilés correspondantes de l'autre hémisphère ne sont excitées qu'à l'aide de trajets nerveux qui y transmettent les impressions au lieu d'-en recevoir eux-mêmes pour les centraliser. Au reste le co<ps calleux manque dans des cla-ses
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ponce, l'activité, les désirs, les sentiments Je son âme. Rien de semblable dans les animaux, Vâme, l'esprit, ne sont point sensibles par eux-mêmes, mais par leurs effets ; ils ne
entières d'animaux, el on ne le reneontre que dan» ceux les plus rapprochés de l'homme.
Il esl démontré, par ce qui précède, que le'système nerveux ne centralise rien, contrairement aux assertions de quelques physiologistes matérialistes de ces derniers temps. Or, c'est là lout ce que nous nous proposons d'établir comme principe fondamental.
Nous avons signalé trois séries de phénomène» ou défaits psychologiques, qui sont les sensations, les mouvements spontanés el les pensées. Ces phénomènes nous manifestent trois proplié' es d'une substance quelconque qui paraît faire partie de l'homme. Nous avons appelé ces phénomènes psychologiques, parie qu'il semble, au premier aperçu, que ces propriétés soient des modes d'action d'un principe duué de spontanéité, et par conséquent essentiellement actif. On sait que les faits de l'ordre physique sont au contraire les effets immédiats de causes tloui l'action esl constante et ordinairement invariable. Il s'agit maintenant de prouver que 1< s propriétés observées supposent un sujet acuf, c'est à-dire essentielle!).eut immatériel. Ces propriétés relatives aux trois classes de phénomènes qui les révèlent sont, comme nous l'avons dit, la sensibilité, la inutilité et l'iniellecii'in.
Il y a quelque chose de matériel dans toutes les opérations de l'homme, mais aussi il y a quelque chose d'immatériel ; il faut donc, pour en faire une analyse exacte, bien préciser ce qu'il est impossible d'attribuer à la matière. La substance qui (on litue le corps humain e.-l organisée, c'est à-due qu'elle esl maintenue dans l'état de vie et préservée de l'influence destructive des causes physiques el chimiques, par une force indépendante de la volonté humaine et dont nous nous ahslenons, pour le présent, de rechercher la cause. Cette force imprime à la matière organisée une série de mouvements non interrompus en vertu desquels une communication est établie entre toutes les parties, en même temps qu'il s'opère un transport et un déplacement incessant de molécules. Un voil qu'il n'y a dans l'organisme que du mouvement : encore faut-il admettre que ce mouvement esl, comme lout autre, produit par une force, el conséquemmeni doii être rapporté à une cause active, immatérielle. Cependant, comme celte force esl dirigée selon des lois constantes indépendantes de l'homme, ei analogue aux autres lois qui" règlent les corps, nous la regarderons, aveoinus les spinlualisles, comme une force mater. elle, el par conséquent d'un ordre inférieur aux actes qui sont des cllets de la spontanéité humaine. Ainsi, en faisant abstraction d'une cause première pour ne considérer que les causes secondes, ou peut due que l'organisme esl matériel .
Examinons maintenant si l'organisme, ainsi que le présentent des matérialistes physiologistes, peut eue considéré comme le siège de la sensibilité, c'est-à-dire si la sensation s'accomplit el demeure dans l'organisme. On croyait autrefois que le système neiveux ne. constituait ou ne dominait q e les organes de ht vie de relation ; mais il est maintenant reconnu, sunoul d'après les admirables découvertes de Uicliai, cmi'i! préside aussi a toutes les tondions de la vie organique, e'est-à dire à la nutrition, à la respiration, aux sécrétions, etc. D'où l'on doit Conclure qu'il y a un nés grand nombre o'.ictions nerveuses dont nous n'avons pas même la conscience, el qui par conséquent ne donnent oc. a-ion a aucune sensation. Il n'y a que le système nerveux de la vie animale qui donne naissance aux impressions qui sont l'origine des sensations. Cependant les impressions son:, ilans
peuvent donc élre désignés que pap là : le plus sensible de ces effets est le souffle ou la respiration; tout ce qui respire est censé vi vaut. 11 esl donc naturel d'exprimer par le
l'un el l'autre système, le résultai du mouvement du fluide nerveux dans les névrileiiiines. De même beaucoup d'impressions ont lieu dans le système nerveux de la vie de relation , surtout dans les nerfs, que déterminent les contra» lions musculaires, sans qu'il s'ensuive aucune sensation. Ce n'est donc pas dansl'organisme que s'accomplit la sensation. Il faut un acie de l'attention pour que les impressions soient senties, pour qu'il y ail sensation ; il fuit que que chose qui soit distinct des impressions elles-mêmes. De plus ce quelque chose reçoit, sans les confondre* des impressions de diveises natures, occasionnées par chacun des cinq sens, dans une même matière cérébrale, el par de simples mouvements d'un lluide nerveux partout identique. Lorsque loui mouvement a cessé et que même le lluide nerveux a disparu, ce quelque chose qui a senii les impressions, les centralise, souvent les idenlilie en les rapportant a un même objet, les distingue, les coordonne, eu un mot les domine toutes et réagit selon son bon plaisir sur le monde extérieur, au moyen du second appareil nerveux t ] ni traverse l'autre dans tous les sens, et opère les contractions musculaires nécessaires au mouvement. Voilà des actes spontanés qui n'ont aucun rapport avec ce qui se passe dans l'organisme à l'occasion de la sensation quand celle-ci a lieu, el qui, par conséquent, doivent être attribués à un principe actif. D'ailleurs, ce principe centralise tout sans i ieu confondre, ce qui serait impossible s'il n'était qu'un point de réunion où divers mouvements, ou plutôt diverses ondulations nerveuses viendraient se terminer, se centraliser, ou au moins se confondre les uns dans les autres. Au surplus, nous avons démontré analoiniquement ailleurs que le système nerveux, même celui de la vie de relation, ne centralise rien.
J'ajoute, par surabondante de droit, que la sensation ne demeure pas dans l'organisme : je dis pur surabondance de droit % parce que s'il esl certain, comme nous l'avons prouvé, que la sensation ne s'accomplit pas dans l'organisme , il esl évident qu'elle n'y demeure pas. Nous concevons le souvenir de nos sensations, et nous les comparons entre elles ; mais le lé ultai des impressions qui en oui été l'occasion est l'épuisement du lluide nerveux. Aucune nouvelle impression, en elfet, ne peut avoir lieu dan» les nerfs qui ont été mis eu action avant que le phénomène de la nutrition ail remplacé le fluide absoibe par une substance identique q ie secréten lies parois des né vrileinines.il ne reste doue rien dans le système nerveux de ce qui a occasionne les sensations, d'où il suit que ce qu'il y a de stable dans celles-ci ne peut avoir pour sujet ou substralum rien de ce qui a servi à transmettre les impressions, rien qui tienne à l'organisme, eu un mol rien de matériel dans le sens ci-dessus déterminé.
Il esl dune physinlogiquenieni démontré que la sensation ne s'accoinpni ni ne demeure dans le système nerveux, et que par conséquent l'organisme ne peut être regardé connue le siège de la sensibilité. Au contraire, il résulte de nuire aigiiiuenlalion que la sensibilité léaide dans un sujet actif ou immatériel.
Cette propriété nous est révélée par les inouveinculs spontanés de 1 homme. 11 esl donc clair que nous n entendons pas parler ici de monuments qu'une loi ce, doul nous n'avons point à icehcicher maintenant la cause, pioiluu dans l'organisme : celle force, avons nous tleja dil, est dirigés .'don des lois Constantes, indépendantes tic l'homme, el n'nlfre à nos investigations neu de spoiiiauc. L'observateur te moins attentif remarque en l'homme, outre les