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laine ; on devait donc lui rendre un culte aussi bien qu'à tous les autres êtres : nous ne voyons pas pourquoi un héros, un homme puissant et bienfaisant ne méritait pas un culte religieux pendant sa vie, aussi bien qu'après sa mort. Ce même système ne tendait pas à moins qu'à justifier les honneurs divins que les Egyptiens rendaient aux animaux. 11 serait inutile de pousser plus loin le détail des absurdités qui en résultaient. Ce n'est pas sans raison que l'Ecriture sainte condamne avec tant de rigueur le polythéisme et Vidolâtrie ; de quelque côté qu'on les envisage, ils sont inexcusables. Voyez ces deux mots. Nouv. Démonst. évang. deJ. Leland. tom. Il, pag. 250.
AMEN, mol hébreu, usité dans l'Eglise à la fin de toutes les prières solennelles, dont il est la conclusion ; il signifie fiât, ainsi s>itil. Les rêveries des cabalistes sur ce terme ne méritent pas de nous occuper. Le mot amen se trouvait dans la langue hébraïque, avant qu'il y eût au monde ni cabale ni ca- 1 alistes, Deuteronom., c. xxvn, v. 15. — La racine du mol amen est le verbe aman, lequel au passif sgnifie être vrai, fidèle, conslant, etc. On en a fait une espèce d'adverbe affirmalif, qui, placé à la fin d'une phrase ou d'une, proposition, signifie qu'on y acquiesce, qu'elle est vraie, qu'on en souhaite l'accomplissement, etc. Ainsi dans le passage que nous venons de citer du Deuléronome, Moïse ordonnait aux lévites de crier à haute voix au peuple : Maudit celui qui taille ou jette en fonte aucune image, etc., et le peuple devait répondre amen; c'est-à-dire, oui , qu'il le soit, je le souhaite, j'y consens. Mais au commencemenl d'une phrase, comme il se trouve dans plusieurs passages du nouveau Testament , il signifie vraiment , véritablement ; quand il est répété deux fois, comme il l'est toujours dans saint Jean, il a l'effet d'un superlatif, conformément au génie de la langue hébraïque et des deux langues dont elle est la mère, la chaldaïque et la syriaque. C'est en ce sens qu'on doit entendre ces paroles: amen, amen, dico vobis. Les évangélistes ont conservé le mot hébreu amen , dans leur grec, excepté saint Luc, qui l'exprime quelquefois par càrrfû;, véritablement, ou -.al, certainement.
* AMERICAINS. Au milieu d'une vaste mer où on ne croyait pas qu'il fût de la prudence de s'exposer, on découvrit, il y a trois siècles, un grand continent couve: l d'hommes et d'animaux. D'où venait celle population nouvelle? Comment les lils de iNoë ontils pu parvenir jusque dans ces régions lointaines? L'incrédulité a regardé comme impossible la solution de ces problèmes; et elle en a conclu que les Américains ne descendent pas du premier homme. Nous proposant de traiter de l'unité de l'espèce humaine au moi Homme, nous pensons qi e la léponse aux difficultés des incrédules sera mieux placée à et article. Nous y démontrerons que les descendais de Noê ont pu aisément aller de l'ancien continent dans le nouveau, et que l'élude de la race américaine accuse une paremé avec plusieurs peuples de r.nccii momie. Nous nous conlentons de rapporter ,ci un •'xiraii de liullelqui résoui liès-bien la difficulté.
< L'Amérique n'a pu eue peuplée par les descendants de iNc.c. M. de Guigne.*, Mémoires de .'".le tdemie
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des Inscriptions , etc., a solidement répondu à cotte objection, dans une dissertation qui a pour titre : Recherches sur les navigations des Chinois du côté de l'Amérique. Cet illustre savant qui, par son érudition dans les langues orientales, a si fort étendu nos connaissances historiques, a indiqué dans cet ouvrage plusieurs manières dont l'Amérique a pu êire peuplée par les nations de notre comment ; et il en a si bien prouvé la possibilité, et même pour quelquesunes la facilité, qu'il ne doit rester aucune dilïiculié sur ce sujet pour ceux qui chei client la vérité de bonne foi. Nous ajouterons à ces preuves, déjà si solides, une observaiion qui leur donne une nouvelle force, et qui n'a pu èire connue de cet habile académicien, parce qu'elle n'avait pas encore é é f.iile lorsqu'il écrivait. Iiracheninniliow a démontré que le continent de l'Amérique tenait autrefois à l'Asie par le Kamischaïka. Voici la note que l'éditeur fait sur ces paroles de son discoins préliminaire.
« Suivant le rérii de ce savant étranger, le conii- « nenl de l'Amérique s'étend du sud-ouest au nord- « est, presque partout à une égale distance des côtes
< du Kamtschaïka, et les deux où, es semblent pa- « ralléles, surtout depuis la pointe des Kowriles, ju c qu'au cap de Tchoukotsa. Il n'y a que deux degrés « et demi entre ce dernier cap et le rivage de l'Amé- « rique correspondant. On voit, par l'aspect des « cùies, qu'elles ont été séparées avec violence, et t les tles qui sont entre deux tonnent une e-pèce
< de chaîne comme les Maldives. Les habitants de i l'Amérique correspondant à l'extrémité orientale
< de l'Asie sont de petite laille, basanés ei peu bar- « bus, comme les Kannschadales, etc. Voyez les « preuves de celte opinion dans l'ouvrage même de « Kracheninnikow, traduit au second volume in-4° t du voyage en Sibérie de l'abbé Chappe. Ces preu- « ves sont trop fortes pour ne servir qu'à l'appui « d'un système.
i Les lions, les tigres, et les autres bûtes sauvages que les Kspa^nols ont irouvées dans le continent de l'Amérique, sont encore une preuve qu'il était anciennement coiuigu au nôtre; car ils n'ont trouvé aucun de ces animaux dans aucune ie éloignée de la terre terme.
f L'n savant russe, professeur de l'académie de Pélersbourg, nommé M. Kracheninnikow, prolitaut des connaissances qu'il a acquises par un long séjour dans le Kamischaïka, H/sio re du Kamtschaïka. i. I, pag. 5U8, et des obse< valions de M. Sieller qui y est aussi demeuré plusieurs années, estime que cette presqu'île de l'Asie était autrefois conliguë à l'Amérique, d'où elle a été séparée par quelque grand tremblement de lerre. Voici les preuves qu'il en apporte :
t 1° Le comment de l'Amérique s'étend du sudest au nord-est presque partout à une égale distance des côtes du Kamischaïka, et les deux côtes semblent parallèles, surtout depuis la pointe des Kowriles jusqu'au cap de Iclioukolsa. — 2° On voit par l'aspect des côies qu'elles ont élé séparée-, avec violence, et les îles qui sont entre deuv forment une espèce de chaîne comme les Maldives. Les tremblements de terre sont très-fréquents dans le Kamtschaïka. —
5° Quantité de caps s'avancent dans la mer jusqu'à l'espace «le quinze lieues. — i° Les habitants de l'Amérique correspond. ml à L'extrémité orienlale de l'Asie, qui est vis-à-vis le Kamischaïka, ressemblent aux Kamischadales. Ils sont épais, tr.ipus cl robustes; ils ont les épaules larges; leur laille est moyenne ; leurs cheveux sont noirs et pendants, ils les porieni cp.irs ; leur visage csi plat ei basané; leurs nez sont éciasés sans eire fort larges; ils ont les yeux noirs comme du charbon, les lèvres épaisses, peu tle barbe et le cou court. Ils se nom rissent de poissons, de bètes marines et d'herbe douce, qu'ils apprêtent comme les Kamischadales... Ils regaidenl comme un ornement particulier de se (aire des tro'is &.\m le* joués ci d'y mettre d:s pierres de
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différentes couleurs ou des morceaux d'ivoire. Quelques-uns se mettent dans les narines des crayons d'ardoise de la longueur d'environ deux verchoks ; quelques antres portent des os d'une égale grandeur seas la lèvre inférieure; il y en a qui en portent de semblables sur leur Iront; les naturels des îles qui sont aux environs du cap Tcboukolsa , et qui ont communication avec les ichouktchi, sont vraisemblablement de la même origine que ce> peuples de l'Amérique, puisqu'ils regardent aussi comme un ornemeiii de se meure des os au visage. — 5* Les Américains et les Kamiscluuiales ont les mêmes traits de visage. — (i° I s garde il et préparent l'herbe douce de la même manière, ce que l'on n'a jamais remarqué ailleurs.— 7° lisse serveiilles uns eties autres du même instrument de bois pour allumer du feu. — 8° Leurs haches sont de cailloux «m d'os; ce qui fa i i croire avec jusie raison à M. Sleller que les Américains ont eu autrefois communication avec les Kamtschadales. — "J° Leurs babils et leurs chapeaux sont fait* comme ceux des Kamtschadales— 1U° Ils teignent, de même que les Kam:sch;idales, leur peau avec de l'écorce d'aune, i Toutes ces preuves réunies semblent ne pas 1 isser lieu de douter que. le Kamtsciiatk a n'.dt é é anciennement contigu à l'Amérique, et que les Américains qui sont vis à-vis le Kamlschalka ne soient une colonie de K .unischadales. Eu supposant ne. m; (pie le continent de l'Amérique n'ait jamais élé joint à celui de l'Asie, ces deux parties du monde s<>ut si voisines, que personne ne disconviendra qu'il ne soit très-pos>ible que les habitants de l'Asie soient passés en Amérique pour s'y établir ; ce qui est d'autant plus vraisemblable que, dans l'espace peu étendu qui sépare ces deux continents , il se trouve une assez grande quantité d'iies qui onl pu favoriser celte transmigration.
< Plusieurs parties de l'Europe ont éprouvé des révolutions semblables à cel'e du Kamischaïka. La Sicile a élé séparée de l'Italie, l'Espagne de l'Afrique, la Grande-Uretagne de la France, l'île de l'Islande du Groenland.
< On a mis avec raison les tempêtes au nombre des moyens par lesquels le Nouveau Monde a pu se peupler, Il faut ajouter que ce ne sont pas seulement les vaisseaux qui peuvent être jetés par les vei ts, des côtes d'Afrique jusqu'en Amer que, comme l'éprouva la flolie de Cabrai, mais encore de simples barques, ainsi qu'il arriva à celle duul le 1*. Gumilla ration te l'histoire.
« M'éiant trouvé en 1731 (Histoire de rOrénoque,
< t. III, c. 51), au nio s ne décembre, dans la vile « de Sa'iit-Jns. pb de Oruna, capuale du gnuverne-
• ment de la Trinité de litrluveiil» , située à douze « lieues de l'einboin bure de l'Orénoque, j'appris des
< habitants qu'il était arrivé dans leur port un ba-
< leau de Téuénffe chargé de vin, lequel était con-
< dnii par cinq ou six hommes maigres et décharnés, « lesquels ayant l'ail provision de pain el de viande « pour quatre jours, passaient de Téuériffe dans
< une aune Ile des Canaries. La tempête les ayant
• surpris, ils furent obligés de s'abandonner à la lu-
< i eui des vents et des flots pendant plusieurs jours ; i de sorte qu'ayant consommé le peu de vivies ' qu'il-, avaient pris, ils se virent réduits à boire du
< vin pour louie ressource. Ils attendaient la mort à
< tout moment, lorsque, par une grâce spéciale du
< C el, ils découvrirent l'Ile de la Trinité, qui est
< vis à vis de i'O'inoque : ils reudireul grâces a Dieu « de<e succès inespéré. Us arrivèrent et prirent
< fond dans ie port d Espagne, au grand étonueiucnl
< de la gaiiii«nn et des habitants, qui accoururent « tous p ui eire témoins de <e prodige.
« Que ce pissage ail été occasionne par le hasard « plinol que par la volonté de ces pauvres insu ai- « us, je n'i-n veux d'autres preuves que leur décla-
< ration, léiat misérable où ils éiaiem réduits, et le « passe po i de la douane de I enenfle, qui mar-
• quait leur destination pour l'Ile de Palme ou celle
« de Gomère qui appartient aux Canaries. Ce fait
i ainsi attesté, qui pourra nier que ce qui s'est passé
< de nos jours ne puisse être arrivé dans les siècles
( passés, vu que ces fans sont attestés par des au-
i leurs classiques? • Uullcl, Itéponses critiques, t. I, pag. 195, édil. de Besançon, 18-6.
AMÉRIQUE. Quelques incrédules avaient soutenu qu'il était impossible de concevoir comment l'Amérique s'esl peuplée après le déluge ; d'où ils concluaient que ce fléau n'a pas élé universel, el qu'il n'a pas submergé celte partie du monde. Mais, depuis les nouvelles découvertes qui oui été fuies par les navigateurs, il est démontré que depuis le nord-est de la Tartane le passage en Amérique n'est ni long ni dilficilc. La ressemblance que l'on a remarquée entre les habitants de ces deux continents achève de nous convaincre qu'ils oui une origine commune , que les Américains septentrionaux sont venus des extrémités orientales de l'Asie.
M. de Guignes, dans son Histoire des Huns, a prouvé qu'au \' siècle les Chinois onl commercé avec l'Amérique , el l'on a trouvé des débris de vaisseaux chinois et japonais sur les côtes de la Californie el de la mer du Sud. Au xe siècle , les Norvégiens découvrirent l'Amérique septentrionale, et y envoyèrent une colonie qui fut oubliée dans les siècles suivants: ce qui arriva pour lors a pu se faire de même dans les siècles précédents.
L'auteur des Etudes de la Nature, tome II, p. 621, a rassemblé plusieurs observations qui concourent à prouver que la population de l'Amérique méridionale s'est faite par les îles de la mer du Sud ; que les habitants des extrémités méridionales de l'Asie ont pu, d île en île, pénétrer aisément en Amérique. Les Noirs que l'on y a trouvés en petit nombre ne sont donc pas indigènes ; ils y onl été transportés par hasard ou autrement des côtes méridionales de l'Afrique.
La question de la population de l'Amérique n'est plus une difficulté parmi les savants ; lorsque les incrédules atteclenl de la renouveler, ils ne font pas honneur à leur érudition. Ils n'ont pas pailé avec plus do prudence des missions qui onl élé faites dans celle partie du monde, eldes effets qui en ont résulte. De nos jours on a peint ces missions sous les couleurs les plus noires ; on a soutenu el on a essayé de prouver que le fanatisme ou le zèle aveugle de la religion a élé la vraie cause des cruautés que les Espagnols onl exercées sur les Indiens ; que douze ou quinze millions d'Américains ont élé égorgés, le crucifix à la main, pour établ.r le christianisme eu Amérique.
Pour réfuter complètement celle calomnie, il su Mil d'établir un certain nombre de laits inconles tables, cl tous avoues par les écrivains mêmes qui L'ont avancée. 1" Il est constant que les premiers Espagnols qui ont découvert V Amérique % et ont commence a y pénétrer, étaient i,i lie de leur nation, des aventuriers, des ci imine s échappes des prisons , des scélérats qui avarient mente le
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supplice; ils étaient conduits au delà des mers par la soif de l'or, par l'attrait du brigandage, par l'espoir de l'impunité. 11 «si ahsurde d'attribuer à de pareils hommes un zèle bien ou mal réglé; la plupart n'avaient pas p us de religion que de mœurs. Quelques moines, qui les suivirent en qualité d'aumôniers de vaisseaux, n'ét lient ni assez puissants, ni assez habiles pour réprimer la cruauté de ces malfaiteurs. 2° Après avoir exercé leur caractère féroce sur les Américains, les Espagnols ont fini par se faire, la guerre, par se déchirer et se dévorer les uns les autres; ils ont traité les hommes de leur propre nation avec la même barbarie dont ils avaient usé à l'égard des Indiens. Ce n'est donc pas un zèle fanatique de religion qui a été le principe de leurs crimes. 3° Loin d'avoir envie de contribuer à la conversion de ces malheureux peuples, les conquérants ont traversé tant qu'ils ont pu les travaux des missionnaires. Ceux-ci n'avaient pas plutôt rassemblé un certain nombre d'Indiens, que les Espagnols venaient les enlever pour les faire travailler aux mines. Ils ont donc tourmenté les Américains, non pour les obliger à se convertir, mais pour les forcer à fouiller les métaux, à découvrir leurs trésors, à fournir de l'or, h" Le gouvernement d'Espagne a ignoré d'abord ces cruautés; loin de les autoriser par aucun ordre, il avait recommandé de traiter les Indiens avec douceur; il fut enfin éveillé par les plaintes que Barlhélemi de Las Casas, évêque de Chiapa, vint porter au nom des Américains ; l'on envoya des officiers et des magistrats en Amérique pour réprimer le brigandage des Espagnols ; mais le mal était fait, il n'était plus possible- de le réparer. 5' Aucun tribunal ecclésiastique n'a justifié, approuvé, ni excusé la conduite des Espagnols. Lorsque le vertueux Las Casas la rendit publique et en informa sa nation, un seul docteur, nommé Sépulveda, payé par les grands qui avaient des possessions en Amérique , osa soutenir que la violence était permise contre les Indiens. Son ouvrage fut censuré par les universités de Salamanque et d'Alcala ; le conseil des Indes s'était opposé à l'impression, et le roi d'Espagne en fit saisir tous les exemplaires. 11 est donc démontré que la soif insatiable de l'or, l'orgueil qui veut lout obtenir par la force, le ressentiment contre les Indiens dont on avait provoqué a cruauté, l'habitude de répandre le sang, ont été les seules causes des crimes commis en Amérique par les Espagnols, el que le zè.c fanatique de religion n'y est entre pour rien. "\oyez Histoire d'Amérique , par M. Hobensun.
Des voyageurs désintéressés, des militaires, des navigateurs, ont rendu justice dans plusieurs ouvrages aux travaux, à la sagesse, au zèle pur et véritable de ceux qui ont établi les missions de la Californie, du Paraguay, des Moxes, dos Cliiquiles, du Brésil, du Pérou : les calomnies des pro estan's el des inciéduleS, qui les ont copiées, ne felout pas oublier l'éloge qu'en a fait I auUur
Dict. oe-Théul. LOGUAT qle. 1.
de l'Esprit des Lois, I. iv,c.G. Il est fâcheux que la révolution arrivée en Europe, qui a rappelé les missionnaires, ait entraîné la chute de la plupart de ces établissements aussi honorables à l'humanité qu'à la religion. — Mosheim, quoique luthérien, avait parlé des missions faites par les jésuites dans l'intérieur de l'Amérique, avec une certaine modération ; il avait même applaudi au moyen que ces missionnaires employaient pour convertir les Sauvages. Rien, selon lui, n'était plus sage que de commencer par les civiliser avanl de les instruire, et que d'en faire des hommes avanl de vouloir en faire des chrétiens. Il avait cependant cherché a empoisonner le motif des missionnaires, en disant que ces prétendus apôtres avaient moins pour but la propagation du christianisme, que le désir de satisfaire leur avarice insatiable el leur ambition démesurée : et il citait pour preuve les sommes prodigieuses d'or qu'ils liraient des différentes provinces de Y Amérique. Hist. ecclés. du xvn" siècle, secl. 1, § 19. Mais sou Iraducteur, mécontent de cette modération, soutient que Mosheim n'était pas assez instruit; que depuis ce temps-là il a été prouvé que les jésuites n'avaient point d'autre dessein que de se former au Paraguay une souveraineté, indépendante des cours d'Espagne et de Portugal, de dominer despotiquement sur les Indiens sous prétexte de religion ; que co sont eux qui ont armé les Indiens, el qui les ont engagés à se révolter contre l'échange que ces deux cours avaient fait entre elles d'une partie de ces colonies; que telle a éto l'origine de la disgrâce que les jésuites ont éprouvée en Espagne el en Portugal. Il cite en preuve une relation publiée par la cour de Lisbonne en 1758. Selon lui, Montesquieu, le savant Muraloi et d'aulres, qui ont fait l'apologie de ces missionnaires, ont trahi la vérité, ou ils étaient mal informés.
Pour rendre croyables les relations publiées contre la conduite des missionnaires, il aurait fallu éclaircir plusieurs doute* qu'elles ont naturellement l'ail naître; nous les proposons avec d'autant plus de confiance, que nous en avons puisé la plupart dans l'ouvrage d'un militaire que l'on ne peut pas accuser de prévention, soit en faveur de la religion catholique, soit à l'égard des missionnaires et des missions. De l'Amérique tl des Américains , par le philosophe Ladouceur, Berlin, 1771. — 1" 11 est difficile de comprendre comment des jésuites allemands avaient le courage de se dévouer aux missions de Y Amérique, par l'attrait d'y établir une souveraineté temporelle de laquelle ils ne jouissaient pas, el dont tout l'avantage revenait à leur ordre ou à leur société en Europe. Car enfin on ne les accuse pas d'avoir eu au Paraguay, ou ailleurs , un train de souverains, d'y avoir étalé le faste, la magnificence, les commodit. s de la vie et les plaisirs d'une cour européenne ou asiatique. Ils y étaient pasteurs, catéchistes, pères spirituels et temporels des Indiens: ils supportaient tous les travaux du miuistcru
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