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ecclésiastique ; souvent ils s'exposaient à tMre massacrés par les nouveaux Sauvages qu'ils voulaient apprivoiser. On n'en a vu aucun revenir en Europe, pour y jouir de la récompense que la société devait accorder par reconnaissance à ceux de ses membres qui la rendaient souveraine en Amérique Les officiers de la compagnie anglaise des Indes, après avoir exercé en son nom la souveraineté sur les bords du Gange, se sont empressés de venir dépenser en Angleterre le fruit de leurs concussions ; pas un seul jésuite n'a rapporté en Allemagne, ou ailleurs, la moindre partie des monceaux d'or qu'il avait amassés en Amérique pour le compte de la société. Ou ces missionnaires étaient conduits par des motifs de religion , ou c'étaient les plus vrais insensés qu'il y eût au monde. 2U Si leur gouvernement était absolu, dur et lyrannique, comment les Sauvages, originairement accoutumés à l'indépendance, consentaient-ils à le supporter? Comment ne désertaient-ils pas, comme fout les Nègres marrons rebutés de l'esclavage, pour retourner dans les forêts? Les missionnaires n'avaient pas à leurs ordres une armée d'Européens, pour retenir les Indiens so'us le joug malgré eux. Si au contraire ce gouvernement élait doux et paternel, nous ne voyons plus quel crime commettaient les missionnaires, en tirant les Indiens de l'état sauvage pour leur faire goûter les avantages de la société civile, et eu les amenant par ce bienfait au christianisme. il n'est défendu nulle part aux prédicateurs de l'Evangile de réunir, quand ils le peuvent, le bien temporel d'un peuple à son salut éternel. 3" On ne prouve point le droit qu'avaient les rois d'Espagne et de Portugal d'assujettir à leurs lois des peuplades d'Indiens originairement indépendants, de les échanger et d'en disposer comme d'un troupeau de bétail; on ne dit point pourquoi des jésuites allemands étaient obligés en conscience de soumettre à l'un ou à l'autre de ces rois les Sauvages qu'ils avaient civilisés, et qui n'avaient reçu de Madrid ni de Lisbonne aucun secours, aucun bienfait, aucune marque de protection. La manière dont ces souverains ont traité leurs sujets, dans celte partie du monde, était-elle propre à exciter l'ambition de leur appartenir? En supposant même que ce sont les jésuites qui ont aimé les Indiens, cl 1< s ont excités à défendre leur liberté, nous ne voyons pas encore en quoi ils se sont rendus coupables de sédition, de révolte, de trahison. Ou il faut accuser de ce crime les peuples des Etats- Unis de l'Amérique, ou il faut en absoudre les Indiens du Paraguay; la cause de ceuxci est même plus favorable, puisque jamais ils n'ont été sujets de l'Espagne m du Portugal. 4° Puisque les jésuites, selon l'opinion de leurs accusateurs, ont toujours été aveuglément soumis et dévoués à la cour de Rome, nous ignorons pourquoi celles de Lisbonne et de .Madrid, mécontentes de ces missionnaires, n'ont pas porté d'abord leurs plaintes au pape, et n'en ont pas obtenu un
ordre positif qui enjoignît à ces derniers de soumettre leurs nouvelles peuplades à la domination de l'un ou de l'autre de ces rois. Ce parti n'eût-il pas été plus sage que de mettre des armées en campagne, et de dissiper le troupeau en lui ôtant ses pasteurs? On sait que le mémoire publié en 1758 par la cour de Lisbonne fut l'ouvrage du marquis de Pombal, despote le plus absolu qui fut jamais, et dont la mémoire est aujourd'hui en exécration. Celte pièce n'est pas assez respectable pour opérer la condamnation des accusés, sans autre preuve. 5° Une nouvelle énigme à expliquer est la conduite des missionnaires. Us ont armé les Indiens pour la défense de leur liberté naturelle; mais ils n'ont pas eu recours aux armes pour se maintenir en possession de leur prétendue souveraineté; ils ont obéi sans* résistance au premier ordre qui leur a été donné de quitter leurs missions; ils sont revenus en Europe, où ils étaient bien sûrs d'être maltraités, comme ils l'ont été en effet. Puisqu'on leur suppose des trésors, s'ils avaient gagné les colonies anglaises, qu'aurait-on pu leur faire? 6- Nous ne demandons pas où sont aujourd'hui ces monceaux d'or que les jésuites liraient.de l'Amérique, ce qu'ils sont devenus, comment iis ont disparu; mais s'il est vrai, comme on l'assure, que les Indiens, désolés d'être privés de leurs pasteurs, se sont séparés et sont retournés dans leurs forêts, nous demandons ce qu'ont gagné les deux puissances qui ont fait cette destruction, et quel avantage elles peuvent lirer d'un pays désert , dont les habitants ont mieux aimé redevenir sauvages que de subir leur joug? — Que des protestants el des incrédules applaudissent à celte brillane expédition, nous n'en sommes pas étonnés : c'est un effet de leur fureur anlicbretieune; mais lorsque des hommes qui alTcclenl du zèle pour la religion, semblent se réjouir de la destruction de plusieurs missions trèsnombreuses, on est tenté de leur demander s'ils croient en Dieu.
Disons-le hardiment : il n'est que trop prouvé par l'événement que les accusations formées contre les fondateurs de ces missions sont de pures visions el des calomnies; l'on sent â présent la faute énorme que l'on a faite en y préiant l'oreille : mais le mal est fait, et il ne sera pas réparé. Yoy. Jïcsuites, Missions.
AMITIE. Plusieurs de nos moralistes incrédules ont enseigné qu'il n'y a point dVimitié désintéressée; que V amitié ne fait que dis échanges; qu'il est impossible d'aimer quelqu'un, à moins que l'on n'en espète quelque avantage. Us ont consulté sans doute leur propre cœur; et comme ils se sont sentis incapables d'un sentiment à' amitié pure, ils oui conclu qu'il en est de même do tous les hommes. Jésus-ClirisI, qui connais sait mieux qu'eus, l'humanité, nous a prêché une morale très-opposée à la leur : Si vous n'aime:, dit-il, que ceux qui i ous aiment, quelle récompense, aurez-vous? les publiant!* m font autant (Matlh. v, **6). Il se donne lui-même