‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 41 sur 183 · AMO · texte numérisé non relu

AMO

pour exemple d'une amitié parfaite : Personne, dit-il, ne peut témoigner un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis (Joan. xv. 13). Dans ce cas, il ne peut y avoir aucun lieu à l'intérêt.

Quelques censeurs se sont plaints de ce que l'Evangile ne recommande p;is Vamitié. Ils devaient faire attention que c'est un sentiment naturel qui ne se commande point; les lois prescriraient vainement à un homme d'avoir des amis, s'il n'a pas reçu de la nature les qualités propres à lui gagner l'affection de ses semblables. Mais l'Evangile nous commande certainement toutes les vertus capables de nous concilier l'amitié de ceux avec lesquels nous vivons : la charité, la douceur, l'indulgence pour les défauts d'autrui, la commisération pour ceux qui souffrent, l'empressement à faire du bien à tous, l'oubli des injures, l'amour même des ennemis. Un chrétien, doué de toutes ces qualités, pourrail-il ne pas avoir des amis? Jésus-Christ en a eu plusieurs; Lazare et ses sœurs étaient de ce nombre; il a eu une affection particulière pour saint Jean ; cet apôtre se nomme lui-même le disciple que Jésus aimait; souvent le Sauveur appelle ses disciples ses amis (Luc. xii, k). Il dit à ses auditeurs : Faites-vous des amis avec tes richesses périssables de ce monde (xvi, 9). Il ne s'est donc pas borné à nous montrer, par ses paroles et par ses exemples, que Vamitié est un sentiment louable; mais il nous a appris à la sanctifier, à la fonder sur sa vraie base, sur la vertu.

AMMON, AMMONITES. Ammon , né de l'inceste de Lot avec sa fille puînée, a été la tige des Ammonites, peuple placé à l'orient de la Palestine. Certains critiques ont écrit que Moïse avait inventé cette origine obscure des Ammonites, aûn de persuader à son peuple qu'il pouvait sans scrupule s'emparer de leur pays. Voy. Lot. — Au contraire, Moïse déclare aux Israélites que Dieu ne leur donnera pas un seul pouce du terrain possédé par les Ammonites, par les Moabites, ni par les descendants d'Esaù; il leur défend «l'y loucher, parce que c'est Dieu qui a placé ces peuples sur le sol qu'ils occupent, comme il veut établir le sien dans le pays des Chananéens (l)eut. -i, 5 et suiv.). Trois cents ans après, Jephté, bien instruit des intentions de Moïse, soutient aux Ammonites que les Hébreux ne leur ont pas enlevé un seul coin de terre , non plus qu'aux Moabites (Jud. xi, 15). Lorsque Moïse décide que ces deux peuples n'entreront jamai« dans l'Eglise du Seigneur, il n'allègue point leur oi igine, mais le refus qu'ils ont fait de laisser passer les Israélites sur leurs frontières in sortant de l'Egypte (Deut. xxui, 3). Il ne parle de celle origine que pour rendre raison à son peuple de la défense qu'il lui fait de la part de Dieu; il n'avait pas tort de regarder les Ammonites comme des ennemis irréconciliables, ils le furent en effet. Lorsque David les vainquit et les subjugua, ils avaient provoqué la guerre par une insulte laite à ses ambassadeurs (// Rcg. x et suiv.).

V.l c'est mal à propos que l'on accuse ce roi d'avoir traité ce peuple avec cruauté. Voy. David.

AMORRHÉENS, peuple. Lorsque Dieu promet à Abraham de donner à sa postéi i'é le pays des Chananéens, il lui dit que cette promesse ne s'accomplira que dans quatre cents ans, parce que les iniquités des Amorrhéens ne sont pas encore parvenues au comble (Gen. xv, 16). Dieu accordait donc quatre siècles de délai à ce peuple pervers pour rentrer en lui-même etdésarmerla justice divine. Bel exemple de la patience de Dieu à l'égard des pécheurs 1 On peut voir les observations de M deGébelin sur les Ammonites, les Moabites et les Amorrhéens, Monde primit.ti.\ I, p. 21.

AM'iS, l'un des douze petits prophètes, était un pasteur de la ville de Thécué : il prophétisait à Bélhel , où Jéroboam adorait des veaux d'or; il prédit que la maison de ce prince serait menée en captivité, s'il persistait dans son idolâtrie. Amasias, prêtre des veaux d'or, choqué de la liberté d 'Amos, l'accusa devant Jéroboam , le traitant de visionnaire et d'homme dangereux , propre à soulever le peuple contre son roi; ce qui obligea le prophète à sortir de Bélhel, après avoir prédit à Amasias que sa femme serait prostituée au milieu de Samarie, cl que ses fils et ses filles périraient par l'épée. Du reste, on ignore le temps et le genre de sa mort. — Le principal objet de ce prophète est de reprocher aux Juifs des deux royaumes d'Israël et de Juda leurs infidélités et leur idolâtrie , de leur annoncer les châtiments qui tomberont sur eux et sur les peuples voisins; mais il finit par prédire que les Juifs seront rétablis dans leur terre natale , et que le trône de David sera relevé (ix, 11). Les Juifs modernes abusent de cette prophétie, en se flattant qu'un jour Dieu les rétablira dans la Palestine, et y renouvellera le règne de David. 11 suffit de lire attentivement le texle , pour voir que le prophète a seulement prédit le rétablissement des Juifs après la captivité de Babylone, cl que ce qu'il a dit s'est accompli pour lors.

La Bible fait mention d'un autre Amos, père du prophète Isaïe : on en trouve un troisième dans la généalogie de notre Sauveur, rapportée dans l'Evangile selon saint Luc.

AMOUR DE DIEU. Moïse dit aux Juifs :

Vous aimerez le Seigneur v >tre Deu de toute votre âme et de toutes vos forces (Deut vi, &•). Dieu fait miséricorde à ceux qui l'aiment et qui gardent ses lois; il punit ceux qui le haïssent ou qui violent ses commandements (Exod. xx, 5). Cependant il y a des philosophes assez mal instruits pour affirmer qu'il n'y avait, dans les tables de l'ancienne loi, aucun commandement d'aimer Dieu. Nous convenons qu'en général les Juifs accomplissaient assez mal ce précepte, que le motif de leur obéissance à la loi était plutôt l'espérance des biens temporels qu'un attachement sincère à Dieu. Ce défaut fut encore plus sensible , lorsque le saducéisme eut infecté uua grande partie de la nation. - Jésus-Cbtisi a

Page 1