‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 45 sur 183 · ANC ANG · texte numérisé non relu

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de faire efficacement toutes ces choses , de menl les rites des Orientaux. 8° Avant d'être manière qu'il achève en vous son ouvrage, ordonnés évéques, Barlow et Parker n'équ'il vous trouve innocent et sans tache au taient pas prêtres : or, on ne peut citer, dans dernier jour, par Jésus-Christ Notre-Seigneur, toute l'histoire ecclésiastique , aucun excm- Ainsi soit-il. » — Or, on a soutenu contre Le pie certain d'une pareille ordination recon- Courrayer, et nous soutenons encore que nue pour valide.

cette formule est nulle et insuffisante. 1° Loin En 1730 , un théologien luthérien, d :ns de faire aucune mention directe ou indirecte une thèse soutenue sous la présidence du du sacrifice ni du sacerdoce, elle a été faite docteur Mosheim , a examiné de nouveau exprès pour en exclure formellement ces celle question , tant sur le fait que sur le notions, puisque l'art. 31 de la confession de droit. Dans le premier chapitre, il fait l'hisfoi anglicane les rejette comme un blasphè- loire de la dispute et des ouvrages qui ont me. 2U Que demande le consécrateur pour été faits pour ou contre la validité des ordil'élu ? Que Dieu lui donne la volonté de rem- nations anglicanes. Dans le second, il complir les devoirs de l'épiscopat, selon les cons- pare les arguments qui ont été allégués de ti< niions du royaume ; vainement il ajoute, part et d'autre. Dans le troisième, il porte selon la volonté de Jésus-Christ , puisque la son jugement sur le fond et sur la forme. On constitution du royaume louchant l'épisco- conçoit bien qu'il a pris parti pour Le Courpal est formellement contraire à la volonté rayer; il n'approuve pas néanmoins tons ses de Jésus-Christ : l'une de ces choses exclut raisonnements , mais il témoigne beaucoup l'autre. 3° 11 n'est pas une fonction civile de mépris pour tous ses adversaires. 11 serait pour laquelle on ne puisse faire la même inutile de nous arrêter à l'histoire des faits; il prière en faveur de celui qui y est installé : vaut mieux nous attacher au fond, elle n'a donc rien de sacré ni de sacra- Chap. 2, § 13, l'auteur convient que le camentel. k° Les erreurs particulières du con- P*tal de la dispute est de savoir si la forme sécraleur ou de l'élu ne feraient rien à la va- de l'ordination des évoques anglicans est validité de la cérémonie, si d'ailleurs elle n'ex- "de et suffisante ; il soutient l'affirmative primait pas formelleinenl ces erreurs ; mais par les mêmes arguments que LeCourrayer; ici les erreurs anglicanes sont formellement mais il ne satisfait point à ceux que nous lui exprimées par le brevet du roi , par le ser- opposons. Suivant les meilleurs théologiens, ment de l'élu , par les interrogations du con- dit-il , le rit essentiel de l'ordination épiscosécrateur, cl par la prière qui y est relative : pale consiste dans l'imposition des mains cl c'est le total de la cérémonie qui détermine le dans une prière; l'Ecriture sainte n'exige sens de la formule. 5° il n'esl pas question rien de plus : or, l'une et l'autre se trouvent de savoir qui adressé le rituel d'Edouard VI, dans le rituel anglican. — Nous soutenons mais qui lui a donné la sanction, l'autorité, que toute prière ne suffit pas; que si le sens la force de loi : or, selon la déclaration for- n'en est point relatif aux fins du sacrement , melle de tout le clergé d'Angleterre, c'est le aux devoirs et aux fonctions qui y ont élé roi et le parlement. Les évéques et les théo- attachés par Jésus-Christ , à plus forte railogiens qui y ont travaillé étaient de sim- son si les circonstances déterminent les paples commissionnaires , inc pables de don- rôles à un sens contraire, cette forme est abner à leur ouvrage aucune autorité ; ils solumenl nulle. Or, nous avons fait voir que étaient d'ailleurs hérétiques , et ils y ont ex- telle est la formule anglicane. pressément professé leur hérésie. 6° Ceux qui Les Anglais eux-mêmes ont si bien senti ont refilé Le Courrayer ont fait voir qu'en qu'elle était défectueuse, que, sous Charsoutenant la validité de cette formule, il est les II, ils l'ont changée. Ils y ont ajouta tombé dans plusieurs erreurs grossières et pour les évéques : Recevez le Saint-Esprit dans des hérésies proscrites par le concile de pour exercer les devoirs et les foncti ns d'é- Trenlc et par l'Eglise catholique. En effet , végue dans l'Eglise de Dieu, et souvenez-vous trente-sept de ses propositions ont été con- de réveiller la grâce de Dieu qui est en vous damnées par l'assemblée du clergé de Fran- par l'imposition des mains ; et pour les prête, le 22 août 1727, comme fausses, erronées très : Recevez le Saint-Esprit pour exercir el hérétiques. 7° Le Courrayer a posé en fait les devoirs et les fonctions de préire dans que, dans l'Eglise grecque, l'ordination des l'Eglise de Dieu. Recevez le pouvoir de prêprêtres se fait par la seule imposition des cher la parole de Dieu et d'administrer les samains , avec la prière ; il cite le Traité des crements. Les péchés seront remis à celui à gui ordinations du père Morin , et le père Har- vous les remettrez , et ils seront liés à celui douin l'avait supposé ainsi; mais il est cer- auquel vous les lierez. Ibid. , n. 22, 23, 28. tain que, chez les Grecs, l'évêque, assis de- Qu;ind celte addition rendrait la forme vavant l'autel, met la main sur la tète de l'or- lide, elle n'a pas eu lieu dans l'ordination de dinand,et lui applique le front contre l'autel Barlow et de Parker : ils étaient morts 80 chargé des vases pleins, en récitant la for- ans auparavant ; des évéques ordonnés sans mule; ainsi la porrection des instruments est celte addition n'ont pas pu en ordonner réunie à l'imposition des mains, et détermi- d'autres validement. L'apologiste a beau dire ne la formule à désigner le double pouvoir que ces paroles ajoutées ne font point partie du sacerdoce. Traité sur les formes des sa- de la forme, qui consiste dans la prière, les crements, par le P. Morin, jésuite, c. 25. Au- Anglais ont compris qu'elles étaient tiécesjouni'hui les savants conviennent que le saires pour déterminer le sens de la prière ; i ère Morin n'a pas rapporté assez exacte- donc avant l'addition le sens n'était pas asrez

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déterminé ; il l'était même, par les circonstances, à signiOer le contraire, comme nous l'avons observé. Qu'ils aient cru ou n'aient pas cru que la forme élait déjà valide sans celle addition, cela ne nous fait rien.

11 n'est pas nécessaire , dit notre auteur, que la formule exprime la fin principale et l'effet du sacrement; elle n'est point telle I our le baptême, pour la confirmation, pour l'exlrême-onction, ni pour le mariage ; cela est faux. Ces paroles : Je te baptise, au nom du Père, etc., signifient certainement, non la purification du corps, mais celle de l'âme, qui est l'effet principal du baptême. Dans la confirmation , la formule : Je te marque du signe de la croix, et je te confirme par le chrême du salut, etc., exprime très-distinctement l'effet du sacrement. 11 en est de même de la prière de Pextrême-onclion : Que par cette onction, et sa grande miséricorde , le Seigneur vous pardonne les péchés, etc. Pour le mariage, la bénédiction du prêtre , oui dit : Je vous unis en mariage, au nom du Pire, etc., n'est pas moins expressive non plus que l'absolution dans la pénitence : à plus forte raison, dans l'Eucharistie, les paroles de Jésus-Chri t : Ceci est mon corps , expriment l'effet de la consécration.

Le Courrayer en a\ait imposé à ses lecteurs, eu disant que les anglicans ue rejettent pas absolument la notion du sacrifice dans l'Eucharistie, qu'ils y admettent au moins un sacrifice commémoratifet représentatif, qu'entre eux cl les théologiens catholiques il n'y a qu'une dispute de mots; que la notion de sacrifice n'est point fondée sur le dogme de la présence réelle. Ibid. , § 27. Son apologiste, plus sincère, convient, c. 3, § 19, qu'un sacrifice commémoratifet représentatif, dans le sens anglican, n'est qu'une ombre ou une figure de sacrifice; que ce n'est point ainsi que l'a entendu le concile de Trente. En effet, ce concile a évidemment fondé la notion du sacrifice sur >e dogme de la présence réelle , sess. 22, c. 1 et 2; et au mot Elcharist e, § 5 , nous avons fait voir que cette notion ne peut pas être fondée autrement. C'est une des principales raisons qui ont attiré à Le Courrayer sa condamnation prononcée parle clergé de France, et approuvée par le souverain pontife. — Quand ce critique ajoute qu'il n'est pas nécessaire qu'un homme soit prêtre pour pouvoir être ordonné évêque, qu'on ne le pense pas, même dans l'Eglise romaine , il se trompe encore; le sentiment contraire a été condamné, comme nous l'avons observé ailleurs. Voy. Evêquk. — 11 avoue, c. 3, § 10, que le rituel d'Edouard VI a reçu du roi toute la sanction et toute l'autorité qu'il a pu avoir; que les évêques et les théologiens, chargés de le rédiger, n'ont été que les mandataires et les députés du roi; que l'on ne reconnaît en Angleterre point d'autre source de l'autorité ecclésiastique.

De tout cela il résulte que l'Eglise romaine est très-bien fondée à regarder les ordinations anglicanes comme absolument nulles, et à réordonner ceux qui ont ce ainsi

promus au sacerdoce ou à l'ép'sropal, lorsqu'ils rentrent dans le sein de l'Eglise.

Le même auteur soutient, contre Le Courrayer, que si les évêques d'Angleterre sont ordonnés validement, ils le sont légitimement, et qu'ils ont droit d'exercer leurs fonctions, malgré les analhèmes de l'Eglise romaine , nous n'avons aucun intérêt d'examiner lequel des deux a raison. Nous verrons ailleurs les autres reproches que ce critique fait contre la doctrine catholique : suivant la coutume de tous les prolestants, il la défigure pour avoir droit de la censurer; il prend pour doctrine de l'Eglise les opinions particulières des théologiens les plus décriés. — Nous avons déjà dit que la liturgie anglicane se trouve dans le P. Lebrun ; mais elle a été changée au moins quatre fois avant d'être mise dans l'état où elle est aujourd'hui. Quoique l'on en ait retranché tout ce qui pouvait donner l'idée de la présence réelle de Jésns - Christ dans l'Eucharistie et du sacrifice , elle déplaît encore beaucoup aux puritains ou calvinistes rigides. — L'archevêque de Canlorbéry. primat d'Angleterre, jouit encore de la même juridiction et des mêmes privilèges dont jouissaient les évêques dans le xi.r siècle ; mais le clergé anglican ne peut faire sur la doctrine, sur les mœurs, sur la discipline, aucun décret , sans commission spéciale du roi , et ses décrets n'ont de force qu'autant qu'ils sont confirmés par l'autorité royale. Les foncions des évêques sont de prêcher, de donner la confirmation et les ordres ; celles des recteurs de paroisse ou des curés, sont de prêcher, de baptiser, de marier, d'enterrer les morts. Les trois dernières fonctions se paient très-chèrement, et tous les Anglais, sans distinction de religion, y sont assujettis: mais en général le clergé est très-peu respecté en Angleterre (1).

Vu l'indifférence que les anglicans affectent pour le dogme, on ne doit pas être surpris du peu de zèle qu'ils ont pour la conversion des infidèles ; ils ont même souvent tourné en ridicule celui de nos missionnaires. La religion ne leur paraît pas une affaire de très-grande importance, et c'est pour cela qu'ils ont été tant loués par nos philosophes ; la plupart de leurs théologiens ont passé de l'arianisme aux opinion dès sociniens (2).

ANIMAUX. Dieu dit à l'homme en le créant : Dominez sur les poissons de la mer,

(I) L'in différence dont se plaint Relier a fait place chez les anglicans à un certain zèle pour la propagation du christianisme et pour les éludes théologiqnes. Ce zèle s'est manifeste par de nombreuses associations pour la propagation de l'anglicanisme, et |i:t une foule de traductions de la Bible, dont les exemplaires ont é:é répandus par millions sur toute la surface du globe. (Voy. Bibliques, Sociétés.) L'élude des sciences ecclésiastiques a en en An^letene un grand effet en faveur du catholicisme, elle a ramené au giron de PKglise. une multitude d'esprits éminents de l'université protestante d'Oxford. Voy. Putégme.

(-2) Noos croyons devoir terminer cet artu le «le Bergier par l'appréciation que lait de VanglicnnUmt l^iiti des organes les plus dévoues à cette religion.

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sur les oiseaux du ciel , et sur tous les animaux qui se meuvent sur la terre (G en. i , 28). Il le répète à Noé après le déluge : Que tous les animaux, vous craignent et vous redoutent

Ces pages ont été écrites à l'occasion de la mort de Mgr Affre, archevêque de Paris.

i Que la mort est glorieuse quand elle est la récompense delà venu! L'héroïsme est vénérable, lors même qu'il est superstitieux : le fanatisme est respectable, quand il prouve sa sincérité par le sacrifice de sa vie. Un homme qui ne croit à rien, que peut-il l'aire pour le inonde? Un homme qui croit trop, peut au moins mourir pour sa croyance. Ne laissons pas une telle action s'effacer du miroir du présent, sans l'imprimer dans la mémoire. Elle place son auteur parmi les hommes qui ont bien mérité de la société. C'est une goutte de rosée versée sur le sens moral desséché ; c'est une résurrection de l'âge héroïque dans un siècle de fer. Cet homme du moins était dans son devoir. Qu'un prêtre reçoive son salaire ou qu'il le prenne, c'est chose fort ordinaire; mais ce qui est moins commun, c'est un prétie qui le mérite. Voici un évêque qui ne se borne pas à prêcher l'fcvangile de paix, mais qui de plus le pratique; qui, le visage serein, au milieu de misérables aliéi es de sang, les presse d'obéir au commandement nouveau de s'aimer les uns les autres; et qui, dans l'accomplissement de sa grande mission, celle d'humaniser le monde, tombe avec plus de gloire que le guerrier enseveli dans un triomphe ensanglanté.

• Son maître, le pape, est devenu le libéraieur de l'Italie. Les Juifs eux mêmes ont été émancipés à Home. Le Pontife-Prince, au milieu des splendeurs de sa souveraineié, frugal sans avarice, désintéressé et sobre sans ascétisme et sans momeries pharisaïques, soulage à ses propres frais les malheurs de son peuple, et cherche à régner non-seulement en Italie, mais aussi dans un royaume qui n'est pas de ce monde, non-seulement sur des contrées, m^is aussi sur des cœurs. En Amérique, ce n'est que dans les chapelles catholiques qu'on voit le maître et l'esclave agenouillés côte à côte devant le même autel. En Irlande, pendant le plus fort du choléra, et pendant la période la plus fatale de la fièvre engendrée par la famine, les piètres catholiques étaient là, la foi dans un œil et la mort dans l'autre, succombant par centaines sous le fléau, mais fidèles et pleinsd'ardeur dans l'accomplissement de leurs devoirs envers le peuple. Nous ne nous arrêterons pas à demander quelles prières ils récitaient : nous n'examinerons pas avec curiosité la forme de leur croyance ni la coupe de leur phylactère. C'est par leurs fruits que nous voulons les reconnalire. Qu'on les appelle des hérétiques idolâtres et superstitieux, de pernicieux destructeurs d'âmes; pour nous, nous les v yons respectant l'esclave, consolant le mendiant, relevant le cœur brisé du paysan mourant de laim, et gagnant à la bouche du canon, au milieu des passions déchaînées des combattants féroces, la bénédiction promise à ceux qui procurent la paix. Ce n'est pa> à celle classe de prêtres que nous infligerons un blâme injurieux (Priest crast, intrigue nacerdotale) ; non, la ruse n'atlronle pas si aisément le choléra; le charlatanisme se tient à une dislance plus respectueuse de la fièvre, et l'hypocrisie fastueuse se trouve plutôt à la lin d'un festin, qu'au commencement d'une mêlée comme celle du faubourg Saint-Antoine.

« El que faisaient nos évêques pendant tout ce temps? Le doyen de lléiéford luttait avec le docteur llampden dans l'arène des cours ecclésiastiques, se disputant avec lui sur le cadavre de leur religion. Sj'apy Sum, d'Oxford (Soapy savonneux, sobriquet d'un évêque anglican), se vengeait de la perle de Caniorbéry eu latent des discours politiques contre

(n,2). Le psalmisle bénissait Dieu de cet empire qu'il a donné à l'homme sur (ous les animaux (Ps. vm, 8). Les philosophes qui ont observé la nature avec un sens droit

la concession des droits réclamés en faveur des Juifs. L'évêque de Londres marchandait ses baux dans Piccadilly, el plusieurs de ses très-révérends frères dans le Seigneur mouraient en odeur de sainteté sur les plumes de leurs palais, laissant après eux des biens qui s'élevaient en meyenne à 70,000 liv. st. (1,750,000 fr ). L'archevêque de Paris ne lecevait que 1,200 liv. st. (environ "28,000 fr.), et il dépensait tout pour sa religion et pour ses frères. L'évêque de Londres reçoit "25,000 liv. st. par an (025, 000 fr.), et il dépense tout pour lui et sa famille. Dans ses tournées de confirmation, il fait payer à ses paroissiens l'avoine de ses chevaux, il laisse faire de sa cathédrale et de son abbaye des spectacles à 2 p 'nce (20 centimes) et il répand des larmes de crocodile sur le dénùmeni spirituel de son diocèse, uniquement pour vider les bourses des fidèles et pour s'emparer du patronage des nouvelles succursales.

< Quel est le chef de la croisade contre l'ivrognerie? un prêtre catholique, le P. Matthew. Qui a donné l'idée et pris la direction du comité sanitaire? Souihwood Smith, le prédicateur unitairien. Qui a fondé des écoles pour les enlanis en haillons? les dissidents. S'agit-il d'affronter la lièvre au chevet du pauvre, de dissiper l'ignorance de la religion dans les hideux repaires du vice : qui ose braver le fléau, s'exposer au danger? Quel évêque, quel recieur, quel doyen, que! curé de l'église de l'Etal trou vera-t-on dans de semblables occasions? Forcés parla charité active des dissidents à produire quelques œuvres chrétiennes, ils font souscrire le stupide public de l'Eglise anglicane à de misérables salaires accordés à ce qu'un appelle les missionnaires de la cité, et ils envoient ces prédicateurs laïques, comme David envoya IJrie sur le champ du péril, au milieu des repaires du crime, tandis qu'eux ils font leur ronde parmi leurs paroissiens d'élue, exerçant le christianisme par procuration, remplissant en personne l'office de prêtre et de lévite, et laissant les fonctions du Samaritain qui leur soin imposées à quelque Nathaniel affamé : celui-ci, avec un revenu annuel de deux jumeaux devra évangéliser les Seven Dials, être le rédempteur de Field Lane, braver le typhus, affronter chaque jour la fièvre scarlatine, le tout pour 40 liv. st. par au (1,000 fr.), el un habit no r à Noël, si l'un e l content de ses services. Nous n'a vions jamais entendu parler de taxe pour l'Eglise et de taxe des pauvres avant le protestantisme. Quand l'Eglise papale régnait en Anglef rre, elle nourrissait ses pauvres et entretenait la splendeur de ses temples avec ses propres revenus. Examinez (histoire des missions instituées pour évangéliser les païens et porter aux sauvages Lee bienfaits de la civilisation. Quels sont les faits qui se représentent invariablement ? Des prêtres catholiques, el généralement des Jésuites, furent les premiers missionnaires. Après eux viennent des prédicateurs non conformistes, et l'Egli.-e anglicane firme tciilemeni la tardive et boiteuse arrière-garde. Dans les chambres des lords, ce sonl les votes prépondérants de notre banc des évêques qui oui maintenu la traile des noirs jusqu'à ce que le torrent de l'opinion publique l'eut enfin renversée.

< Pour peu que l'on soit impartial, quelle aulre caille pouri a-i-on assigner à la mauvaise administration de l'Irlande, que l'oigueilleuse el intolérable dominât! >n protestante que nous avons usurpée? et qu'est-ce que celte domination protestante, sinon la propriété exclusive des pains el des poissons que s'adjuge rétablissement protestant? L'Angleterre

nous fonl remarquer que cet ordre du créateur s'exécute sur toute la face du globe. Le très-grand nombre des animaux sont dociles, s'accoutument aisément avec l'homme ,

est le seul Etat civilisé de la terre qui n'ait point île système national d'éducation, et son peuple péiil dans l'ignorance, uniquement à cause de la violence avec laquelle le clergé s'oppose à tous les plans d'amélioration dans l'enseignement- Bien plus, il a élé constaté devant la commission charitable , en beaucoup d'occasions, que leur odieuse rapacité n'a pas même respecté le patriotisme généreux des part euliers. Institués administrateurs îles dotations e' fondations bienfaisantes d'éducation, ils eu ont détourné les fonds et se sont approprié les revenus destinés par les fondateurs à soulager la population dans son indigence physique et intellectuelle; ils ont tranquillement laissé leur troupeau dans l'ignorance et dans la misère, tandis qu'ils empochaient les sommes destinées à guérir celle double plaie. L'Eglise «te l'Etat a élé mise dans la balance, et l'opinion publique l'a depuis longtemps jugée trop légère. Combien de temps souffrira-t-on qu'elle encombre le sol? Elle reçoit plus que toutes les hiérarchies de toutes les croyances de l'Europe. Qu'a-t-clle fait pour son argent? Sommes-nous plus religieux que nos voisins? N'esl-il pas notoire que la majorité de la population est irréligieuse, ce qui est dû en grande parlie à la vie que mène le cleigé de l'Etat? Sommes nous plus vertueux? au contraire. Les crimes de l'Angleterre surpassent proportionnellement au inoins de moitié (eux que présentent les divers pays catholiques de l'Europe. Sommes-nous plus intelligents? 11 n'est que tiopceitain qu'à très-peu d'exceptions près, noue population olïre un moindre nombre d'individus sachant lire et écrire que toutes les autres nations civilisées. Interrogeons le 10 avril, les maisons de pauvres toutes remplies, les assemblées de Con\éderuiion et de CoHciliation Hall.

« A quoi donc a servi l'Eglise de l'Etat? Quels fruits a-t-elle portés? Que I bien a-t-elle lait ? (Jtief mal a t-elle détourné? Est-ce donc nu simple patrimoine qu'il convient de définir non par ses devoirs, ses travaux, ses charges publiques, mais par ses revenus, ses bénéfices, ses dîmes, ses offrandes, ses présents, ses honoraires, ses pourboires? Combien de temps celle monstrueuse imposture mangera-telle le pain de la paresse et recevra-t-elie le salaire de l'iniquité? Quand finira celte duperie solennelle, cette religieuse inutilité, celle fulililé sociale, celte orgueilleuse, celle vaine et bruyante parade, affinée aux é.ections, sévère au tiibuiial pour garder legbier, mais peu soucieuse de sauver les âmes, courant à la pigte des riches, mais négligeant te soin des pauvres. Jamais on n'a vu dans l'histoire des gouvernemenls un renversement aussi complet de lout <e qu'une institution doit cire, jamais une aussi éclatante nécessité de soustraire a tous Jes regards le plus promptemeni possible, dans Tinté) et du hou sens et pour l'honneur de la nation, une semblable personnification d'hypocrisie pharisaïque.

« Ennemi de tout progrès et de loulej amélioration, obstacle au développement de l'éducation et de la réforme, arc-boulaul de tous les abus privilégiés, parti-an de la tyrannie, a Iversaire décidé de toute extension de l'esprit de liberté, de tout développement social suis quelque forme que ce soit, et de toule espèce de droits humains, que peut on finie d'un tel lléau, sinon l'anéantir? El quo mérite une semblable institution, sinon d'être uivachée comme une heibe pe-lilenlielle du champ île l'histoire humaine? Considérée en elle même, la charge pa-lorale, la mission cléricale est un dei. plus grands Irait» sociaux il politiques du chnslia Usine. Kéunir dans un empire une société d'hommci» bien él \és,

semblent souvent rechercher sa compagnie et implorer sa protection ; les autres fuient devant lui , ils ne l'attaquent point, à moins que des besoins extrêmes ne les jettent, pour ainsi dire, hors de leur naturel. L'éléphant, tout monstrueux qu'il est, se laisse conduire par on enfant; le lion s'éloigne de tous les lieux habités par les hommes , et l'immense baleine , au milieu de son élément, tremble et fuit devant le petit canot d'un Lapon Eiud. de la Na$., t. Il, p;ig. 230, de. Boileau a pu douier, en plaisantant,

Si, vers les anlres sourds, L'ours a peur du passant, ou le passant de l'ours, Kl si, sur un édil des patres de Nubie, Les lions de Barra videraient la Libye.

L'ours n'atlaque jamais le passan', à moins qu'il ne soit provoqué, ou qu'il ne craigne pour ses petits; et si les déserts de Barca pouvaient être habiles par des hommes, I s lions n'y demeurerai nt p;is longtemps. Mais nos philosophes incrédules nous objectent fort sérieusement que cet empire prélendu de l'homme sur les animaux est chimérique : le requin, disent-ils, engloutit le mafelot qui tremble à sa vue; le crocodile dévore le vil Egyptien qui l'adore; toute la nature insulte à la majesté de l'homme. Les manichéen ; faisaient déjà cette objection. Suint Augus-

verlueux, capables, désintéressés, pour enseigner continuellement au peuple ses devoirs, pour lui taire connaître la morale, pour lui apprendre autant par des exemples que par des leçons, les principes de la vertu appliqués à la yie de chaque jour, c'est assuré nent poser le fondement le plus solide d'un h m gouvernement et de la félicité des peuples. Mais sur les i6, 000 serinons prêches chaque semaine du haut des chaires protestantes sur les sujets les plus intéressants pour le cœur humain, les plus attrayants pour l'esprit, el de la plus haute importance pour la vie intime de l'homme, combien y en a-l-il qui servent à quelque chose, si ce n'est à l'aire trop littéralement du dimanche un jour de repos, en procurant un profond el confortable sommeil à des paroissiens somnolents? Combien y en a-l-il qui soient écrits en rhétorique passable ? Combien y a-t-il de phrases qui valent la peine qu'on se les rappelle une heure aptes les avoir entendues?

i Si la religion est une chose bonne, sommes-nous religieux? Si le christianisme est précieux, sommesnous chrétiens? Où esi le ministre qu'ace muagueut au tombeau les larmes des pauvres? Quel est L'été que qui meurt entouré des regrets et de la vénération de son pays? Les augures, ses confrères, convoite l avidement sa dépouille , el avant que le dernier souffle n'ait abandonné son corps, ils assiègent Djwning-streel pour solliciter sa place. Oxford, llerel'ord, Exeler, que dirons-nous de ceux-là, si nous les rapprochons du se; mon sur la montagne? Le pays demande à l'Eglise : C 'in, où esi ton frère? El ceile l'.g ise visiblement établie dans le seul but d'élevei . d'instruire, de spirilualiser le peuple, celte Egl se qui reçoit d'énormes revenus pour faire du peuple un peuple tpécial remjili île zèle pour tes tonnes œuvre» (Kpit. alite, U, 14), cette Eglise, desii 6e à l'uriner le cœur eus habitudes de la vdlu et à évangéliser les âmes, celte Eglise qui, lorsqu'elle ne l'ail pas ces choses, ne fait rien, n'est rien, est moins que rien, ou n'est plus qu'un simple syphnn à boire cl à manger, une outre remplie de veut ; celle Eglise ru lui ne peut donner que celle triste réponse : \ miment, je n'en sais rien; suis je le gardien de mon hère? >

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tin, 1. i de Gen., c. 18. — Cela prouve seulement que le roi de la nalure trouve quelquefois des rebelles parmi ses sujets; mais il ne s'ensuit pas de là que sa domination soit inviste ou chimérique. Pour un matelot englouti par les requins, il y a mille requins harponnés par les hommes; pour un Egyptien dévoré par les crocodiles, il y a mille crocodiles éventrés par les Egyptiens. L'empire de l'homme sur les animaux n'est point illimité ni affranchi des règles de la prudence; lorsque les forces lui manquent, l'industrie y supplée et le rend enfin le maître. La férocité de plusieurs animaux est une des raisons qui forcent les hommes à se rassembler et à vivre en société.

D'autres ont prétendu, avec aussi peu de raison, que l'Ecriture sainte semble attribuer aux animaux de l'intelligence, de la réflexion, et les mettre au niveau de l'homme. Gen., ix, 5, Dieu dit à Noé et à ses enfants : Je vengerai votre sang sur tous les animaux et sur l'homme qui l'aura répandu; vers. 9; Je vais faire alliance avec vous et avec les animaux. Mais le verset 5 est plus clair dans le texte samaritain; il y aijeredemanderaivotre sang à la main de tout vivant, de tout homme, etc. Il n'est pas question là des animaux. On sait que dans l'Ecriture sainte le mut alliance signifie souvent une simple promesse : Dieu promet, v. 9 et suiv., de ne plus détruire les hommes ni les animaux par un déluge universel. C'est à quoi se borne celte alliance.

A la vérité, la plupart des peuples ont été dans la fausse persuasion que les animaux ont une âme intelligente et raisonnable, qu'ils ont même plus de pr: voyance et de sagacité que l'homme, et qu'ils connaissent l'avenir; plusieurs philosophes en ont eu cette opinion. Celse soutient fort sérieusement que les animaux ont plus de raison, plus de sagesse, plus de vertu que l'homme, et sont dans un commerce plus intime avec la Divinité. Dans Origène, I. iv, n. 88. De là est venu le culte que les Egyptiens rendaient à plusieurs espèces d'animaux. — Mais les adorateurs du vrai Dieu n'ont jamais adopté cette erreur, et l'Ecriture sainte n'y donne aucun lieu; elle mit une différence trop marquée entre l'homme et les animaux, pour que l'on ait pu s'y tromper. Voy. Ame. Comme nous sommes éclairés par la révélation, il nous semble qu'il n'y avait rien de si aisé que de prévenir toute illusion sur ce point essentiel; mais enfin les philosophas n'étaient pas stupides, et cependant ils pensaient comme le peuple, et tomme font encore aujourd'hui les Nègres et les Sauvages. Nous ne devons donc pas attribuer à une supériorité de raison naturelle les réflexions que nous faisons sur ce sujet, et par lesquelles nous démontrons la différence infinie qu'il y a entre l'homme et les brutes.

Les Egyptiens rendaient un culte religieux à plusieurs espèces d'animaux, parce qu'ils les supposaient animés par un dieu, par un génie bienfaisant, ou par un esprit redoutable; ils les consultaient pour connaitic

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l'avenir. Les Grecs consacrèrent aux dieux certains animaux, par des rai>ons bizarres Les Romains n'entreprenaient aucune expédition sans avoir consulté le vol des oiseaux ou l'appétit des poulets sacrés. Pendant qu'ils donnaient les invalides aux animaux qui leur avaient rendu de bons services, ils faisaient, pour leur plaisir, combattre des liommes contre des animaux féroces, et ils se jouaient de la vie des esclaves. Telle a été la démence des peuples qui ont été regardés comme les plus sages (1).

(i) Les matérialistes ont cherché de nouveau entre l'homme et la bêle des termes de similitudes, pour conclure qu'ils étaient de même nature. i\ous allons montrer l'immense disproportion qui se trouve entre les animaux et l'homme. La grande différence se tire de l'intelligence ou de la spontanéité. Or l'homme est intelligent , à l'exclusion des animaux qui produisent des actes qui paraissent spontanés et le Irnit de la réflexion, pane que de tels actes qui sont invariablement les mêmes, si on les considère substantiellement , ne sont que les eiîeis d'appétits ou d'instincts relatifs aux diver-es espèces. Mous disons que pour bien apprécier la cause purement instinctive des actes chez les animaux , il faut considérer ces actes substantiellement , c'est-à-dire dans leur principe secondaire, qui n'est autre chose que le bien-être physique, bous la direction de l'homme , les animaux paraissent agir contre leurs appétits par suite de l'apprivoisement, de la domesticité, et dans ces élats d'une éducation spéciale; mais dans tous les cas ils ne sont véritablement mus que par des appétits plus impérieux , ou par des besoins que l'on lait naître en eux pour les satisfaire , après avoir exigé d'eux des exercices pénibles et peu conformes ou contraires à leurs habitudes. M. Frédéric Cuvier a reconnu, d'après de nombreuses expériences faites principalement à la Ménagerie de n are Jardindes-Planles, que les moyens les plus puissants poi.r arriver à l'apprivoisement et à une éducation quelconque des animaux sont la faim et la veille forcée. L'homme excite ainsi les besoins les plu- impérieux de l'animal pour les satislaire ensuite, et triomphe par là même de la violence du tigre et de la férocité de l'hyène. Ces moyens, appliqués à un animal solitaiie, n'en font encore qu'un animai apprivoisé; mais appliques à un animal sociable, ils « n lont un animal domestique, dont la race est constituée par le lait de la transmission, d'une génération à une autre, des modifications acquises sous l'influence humaine. C'est en taisant naître de nouveaux appétis dans les animaux domestiques , pour se donner à leurs yeux le mérite de les satisfaire , qu'on obtient d'eux de pénibles efforts qui quelquefois semblent être les fruits u'une noble passion, telle que la gloire, la générosité , etc. Voici ce que dit M. Edouard Alletz (Essai sur l'homme, ou accord de la philosophie et de la religion, secl. 1, livre m, ch. 5) sur les chevaux du Corso, à Home : i lems cavaliers ont éperonné leurs lianes pour accélérer leur vitesse , et oui eu soin de ménager une sensation de plaisir à celui qui atteignait le premier l'extrémité de la carrière, .soit eu lui passant légèrement sur la crinière une main caressante , soit eu lui faisant offrir nu aliment pi éleré. l'unissant , au contraire, par une impression opposée , le cheval le plus tardif, ils ont joint ainsi le plaisir à la rapidi.e et la souffrance à la lenteur, Ces impressions devaient être réveillées par les mêmes circonstances q»i les ont lait naître ; l'animal, conduit instinctivement à chercher le plaisir et à éviter la douleur dont l'image solfie à lui en réalité ou par le souvenir , s élam e dans la carrière au jour tixé pour lu course publique ; et, tandis que tous les spectateurs étonné* admirent ces coursiers,

Animaux pubs ou impuks. D'où est venue cille distinction? Elle est aussi ancienne

qui semblent impatients de gloire et avides des suffrages de la foule , le cheval cède au mouvement instinctif, et court comme une boule qui, frappée par me autre, roule tant que le ressort qui a été repoussé en elle conserve son élasticité (a). Ils sont libres . ils se disputent le prix sans être conduits ; mais c'est l'impression réveillée en euxquiles pousse, les guide , les anime et leur sert de cavalier. » C'est par l'emploi de moyens analogues et surtout par la diète , que les écuyers du Cirque national de France parviennent à obtenir de leurs coursiers des actes si étonnants. Ce n'est pas non plus autrement que l'on dresse les chats les chiens, etc., dits savants. L'animal donc, en quelque étal qu'on le considère, n'a pour agir d'autre mobile que les instincts et les appétits qu'il n'est pas libre de combattre. Au contraire, l'homme agit très -souvent contre ses instincts, dédaigne le plaisir et se détermine pour la peine. C'est que son âme , en vertu de sa spontanéité , commande en souveraine à l'organisme, qui , chez les brutes, est sous l'empire absolu des impressions fortuites de délectation et de douleur. L'homme donc étant un être évidemment actif et libre, ne peut être un animal parfait, car comment perfectionner ce qu'on n'a pas? Le passif ne peut être le principe de l'actif.

L'homme dilfèie ausM essentiellement de l'animal par son principe actif d'iuielleclion , qui le rend indéliniment perfectible ; tandis que la brute demeure stationnai! e dans ses opérations, qui ne sont pas plus parfaites aujourd'hui qu'autrefois, et qui sont les mêmes pour les mêmes esi èces sur tous les points de la surlace du globe. Comme certains animaux font des merveilles dont le secret nous échappe , et qu'il nous est impossible d'imiter, par exemple les alvéoles hexagonales dei abeilles , il importe d'examiner ici si c'est en venu de leur intelligence ou par l'impulsion de leurs instincts.

Un a beaucoup discuté sur l'âme des bêles depuis Descartes, qui les regardait comme de purs automates, buiion , sans aller aussi lom que Descaries , refusait aussi toute iulelligence aux animaux : c'est que ces deux grands hommes n'apercevaient pas la limite qui sépare l'intelligence de l'homme de celle des animaux. Condillac et G. Leroy, au contraire, attribuaient aux animaux des opérations intellectuelles très-élevées , pour ne pas avoir distingué la limite qui si pare l'instinct de l'intelligence. Il y a en elfel chez les animaux , comme chez l'homme , intelligence ei instinct tout à la fois; mais il fallait, pour faire la part de l'une el de l'autre, des données premières fondées sur de nombreuses observations cl sur des inductions immédiates et rigoureuses. H fallait, après avoir étudié analomiquemenl et zoologiquemenl les diverses parties des animaux, et surtout leur système nerveux comparé, c s'enfoncer dans les bois, comme dit Leroy, pour suivre les allures de ces êtres sentants, juger des développements et des effets de leur faculté de seuiir, et voir comment, par l'action répétée de la sensation et de l'exercice oe la mémoire, leur instinct l'élève jusqu'à Finit-Il,gènee. i |i fallait, en un mol, que l'on convertit eu science positive l'élude des instincts et de l'inlel- I KOlice des animaux , commencée par Uulfon et Kéaumur, et continuée par Leroy el par les deux iiubei . Or, c'est ce qu'uni fait dans ces deruiei s temps MM. Frédéric Cuvier el Flourens, membres de l'académie des Sciences ( Voir le Compte rendu des tenace* de l'académie des Sciences, avril 1841) : le premier de ces savants a fourni les observations, le second y a joint les inductions qui en fixent les Cl-

MiJ Nous ne garantissons eu aucune façon cille cx| Il GMMl Ou liiou.euiCUl.

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que le mon le, puisqu'elle se trouve déjà observée par Noé, dans le choix qu'il fil des

ractères. M. Flourens (Résumé analytique des observations de M. Frédéric Cuvier sur l'instinct et Fintei' tigence des animaux), après avoir réfuté les assertion* de Descaries, de Buffon, de Condillac, et réfuté les erreurs de Réiumur el de Leroy, annonce que M. F. Cuvier s'esl attaché à chercher des faits et des limites. Le premier résultat de ses observations inarque les limites de l'intelligence dans les différents ordres des mammifères : l'orang-outang est celui qui eu a le plus, mais cei animal même n'a toute cette intelligence que dans le jeune âge, et elle décroît à mesure que les forces s'accroissent. Ondoitconclurede la que l'animal, considéré comme être perfectible, a sa borne marquée , non-seulement comme espèce , mais aussi comme individu. M. Cuvier cherche eu suite la limite qui sépare l'instinct de l'intelligence , et c'est particulièrement sur le castor que portent ses observations. Cet animal est un mammifère de l'ordre des rongeurs, c'est-à-dire de celui où il y a le moins d'intelligence ; mais il a un instinct merveilleux que tout le inonde connaît, pour exercer une industrie qui, si elle dépendait de l'intelligence, eu supposerait une très-élevée. Le point essentiel était donc de prouver qu'elle n'en dépend pas, et c'est ce qu'a fait M. Cuvier. Il a entériné dans une cage des castors très-jeunes, pour qu'ils n'eussent pas besoin de bâtir; cependant ils ont lài, poussés par un aveugle inslinct.il est bien reconnu , d'après des expériences décisives, que louice qui dans l'animal paraissait supérieur à l'intelligence de l'homme, n'est qu'une force machinale analogue à celle de l'organisme, cl que tout ce qui chez lui esl électif et dépendant de l'intelligence est lié -.-éloigné de l'intelligence de l'homme, et a toujours avec le pur instinct une connexion plus ou moins éloignée.

Lutin M. Cuvier a posé la limite qui sépare l'i telligence de l'homme de celle des animaux. Ceux-ci reçoivent par leurs sens des impie sions dont ils conservent les ii aces; ces impressions combinées, forment des associations variées dont ils tirent des rapports pour fonder des jugements louchant la satisfaction de leurs appétits. Mais toute leur intelligence se réduit là, elle ne s'élève pas jusqu'à la réflexion. C' lie de l'homme, au contraire, se développe indéliiuineni eu dehors de loul appétit, en vertu d'un principe spontané proprement dil ; elle considère les aunes êtres sous leurs divers rapports, surtout elle se connaît el se réfléchît sur elle-même. C'est dans celle rétlexiou de l'âme humaine sur ses propres opérations que M. Cuvier voit une limite infranchissable entre l'intelligence de l'homme et celle des ani maux. Ilelvélius avait dil que l'homme ue devait qu'à ses mains sa supériorité sur les bêtes; M. Cuvier montre par l'exemple du phoque que du cerveau seul dépend le développement de l'intelligence. M. de lilainvnle a répété bien des fois dans ses cours que les mains de l'homme sont non la traduction , mais les simples instruments de son intelligence.

La gradation observée dans l'intelligence des animaux e>l Continuée par la physiologie el l'analomie: elle dépend du développement graduel du cerveau. Il esi reconnu que l'orang-outang , qui ressemble le plus à l'homme, esl aussi celui ne tous les animaux qui a le plus d'intelligence. Mais quelle différence dans le développement même du cerveau entre l'uomme et cet animal. Feu M. Geoffroy Saint-llilaire ne peut paraître suspect eu celle muiiéie : il avait appartenu à l'école ne Lamarck, qui faisait de fnouinte un animal perfectionné par des transformations successives, el soutint toujours lui-même le système de la variabilité des espèces, même depuis la découveile des laits si décisi s de l'embryogénie comparée. Toutefois, après avoir tracé les caractères aua« Uwiiuues du développement de lu tête eu -eus inverse

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animaux qui devaient entrer dans l'arche (Gen., vu, 2). Dans les climats plus chauds 'que le nôtre, l'usage trop fréquent ou excessif de la chair des animaux cause infailliblement des maladies, et il en est plusieurs dont il faut s'abstenir entièrement. Comme les hommes ont offert de tout temps à Dieu les aliments dont ils se nourrissaient, ils ont jugé qu'il ne convenait pas d'offrir à la Divinité des chairs dont ils ne pouvaient pas se nourrir, et pour lesquelles ils avaient de l'aversion. Les animaux exclus des offrandes et des sacrifices ont donc été regardés comme impurs, comme indignes d'être offerts à Dieu. Cependant Moïse non-seulement s'est réglé sur cette connaissance pour désigner les victimes dont les Juifs pouvaient faire usage, et dont ils pouvaient manger la chair, mais il a été inspiré de Dieu pour leur intimer ce précepte. II n'y avait en cela ni superstition, ni allusion à aucune fable. Si dans la suite les nations idolâtres ont imaginé de fausses raisons de celte distinction, cela ne déroge en aucune manière à la sagesse du législateur des Juifs. On sait avec quelle exactitude les prêtres égyptiens avaient réglé le régime diététique

chez l'homme et l'orang-outang , voici comme il se résume : « Voyez comme ces deux êtres, avec leurs matériaux semblables, tendent avec l'action de leurs modifications partielles à s'écarter : leurs rapports naturels les tiennent à une distance très-grande. Car, si l'on pouvait se permettre d'admettre une nouvelle accumulation de masse médullaire chez l'homme, il deviendrait plus homme, si je puis m'exprimerainsi, je veux dire plus susceptible d'intelligence, plus capable encore de fonctions plus élevées , plus disposé aussi au progrès continu , qui est l'objet et le terme de la philosophie transcendante. L'orang-outang marchant dans un développement inverse, gagnerait à l'éyatd de l'homme en force corporelle ce qu'il perdrait, ce qu'il e*t appelé à perdre du côté des fonctions intellectuelles (Compte-rendu des séances de l'Académie des sciences, séance du 4 juillet 1856). > Cet académicien s'exprima encore dans le même sens dans la séance suivante (11 juillet 1836) : « Le système sensilif (encéphalo-rachidien) , dit il , domine sur les appareils dont il est enveloppé chez l'homme, tels que os, muscles et téguments, lesquels ne s'accroissent point proportionnellement : et au contraire, !e» mêmes choses se passent tout différemment chez l'orang-outang, chez qui les masses médullaires du cerveau et de l'épine gagnent peu, tout le fort du développement profitant plus et même disproportionnellement aux os enveloppants, aux muscles et à la peau. Il y a là comme un effet de bascule d'une espèce à l'aulie. i On voit , d'après de tels aveux , arra< liés I ar l'évidence des faits à un naturaliste qui a passé sa vie sous la domination des préjugés les pl^ antireligieux , combien il serait ridicule de soutenir, comme on l'a fait dans le siècle dernier et au commencement de celui-ci, que l'homme a passépar les dhers degrés de la série animale, et qu'il n'est qu'un orang-outang perfectionné. Il est ana(omi<|uement démontré, au contraire, que plus l'animal qui^res- 8' mble le plus à l'homme acquerrait de développement , plus il perdrait du côté des (onctions intellectuelles , et par conséquent , plus il s'éloignerait de l'espèce humaine. Nous avons déjà dit, d'ailleurs, que d'après les observations directes de MM. F. Cuvier et Flourens, et celles faites par plusieurs autres savants illustres, il est constaté que l'orang-outang perd son intelligence en devenant adulte.

DlCT. DE TuÉOL. DOGMATIQUE. I.

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qui devait être observé par le peuple, quels inconvénients résultent de la malpropreté, de la paresse, de la voracité des Egyptiens inahométans.

La plupart des animaux que Moïse avait ordonné d'immoler en sacrifice, étaient honorés d'un culte superstitieux par les Egyptiens (Spencer, de Legib. Hebr. ritual., 1. n, c. 4, sect. lre). C'est pour cela que quand Pharaon dit à Moïse : Offrez, si vous voulez, des sacrifices à votre Dieu dans ce pays- ci. Moïse lui répondit : Cela ne se peut pas; nos sacrifices seraient une abomination aux yeux des Egyptiens ; ils nous lapideraient, s'ils nous voyaient immoler les animaux qu'ils adorent (Exod. vin, 25).

Lorsque l'Evangile s'est établi, la distinction des animaux purs et impurs est devenue très-inutile; les sacrifices sanglants ont été abolis par Jésus-Christ, et les nations étaient assez policées pour n'avoir plus besoin qu'on leur défendît par religion les nourritures malsaines. Comme le christianisme est destiné à tous les peuples et à tous les climat?, les institutions locales ne doivent poinl y a>oir lieu. Lorsque PEglise défend de manger de la viande, ce n'est pas par régime de sanlé, mais par mortification. Voy. abstinence,

ANNEAU, ornement affecté aux évêques pour marquer l'étroite alliance qu'ils ont contraclée avec l'Eglise par leur ordination, l'attachement et l'affection qu'ils lui doivent, etc. Voy. Y Ancien sacramentaire par Grandcolas, première partie, page 149.

* Anneau du pêcheur. C'est le sceau avec lequel sont scellés les brefs apostoliques. On l'appelle ;\'m>i parce qu'on suppose que saint Pierre, qui était | êcheur, en a usé le premier, et qu'il porte l'empreinte du chef du collège apostolique. Il n'y a que cinq cents ans que ce terme est en usage.

* AMVÉC. Pour bien apprécier certains faits de la Bible, pour les ramener à une époque déterminée, pour résoudre certaines difficultés qui prennent leur origine dans la chronologie, il faut avoir une idée distincte de Vannée, et du sens que les différents peuples ont attaché à cette expression. On distinguo deux sortes d'années, l'une astronomique et l'autre civile.

Année astronomique. Définition, t L'année astronomique, dit Para du Phaujas, est celle qui ramène les saisons, celle qui règle aujourd'hui l'ordre politique et civil de toutes les nations policées et éclairées, celle à laquelle on assujetti! les calculs astronomiques et chronologiques ; c'est une révolution enlièie, réelle ou apparente, an soleil autour de l'ccliptique, à compter d'un point quelconque de l'écliplique, par exemple, du point équinoxial du printemps , jusqu'au retour vrai ou apparent du soleil au même point, au point équinoxial du printemps suivant. Celle révolution renferme,

Selon Tycho-Brahé

De la H ire Jours. Heures. Min. Ser.

El Cassini 365. . . 5. . . . 49. . . 00.

Selon Kepler 565. . . 5. . . . 4& . . 57.

Selou de la Caille 36a. . . 5. . . . 48. . . 45.

Selou Lalande 365. . . 5. ... 48. . . 45.

L'année astronomique a été fixée et déterminée par les astronomes de ces derniers temps, avec la plus grande précision qu'on puisse avoir ei désirer : l'incertitude ne va pas, dit M. de Lalande, à trois ou quatre secondes de temps. >

Année cimle. Définition. « L'année civile est un

trt

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espace périodique île temps, déterminé par l'usage on par les lois d'une nation : b plus parfaite est celle qui s'accorde le mieux avec l'année astronomique tropique. Mais les premiers habitants de la terre, et les pieiniers fondateurs des républiques ou des monarchies, furent et durent être nécessairement de très-mauvais astronomes, et leur année civile fut souvent l'oit différente et fort indépendante de Tannée astronomique dont nous venons de pailer.

< 1° Chez les Romains, l'année civile fui d'abord, sous llomulus, de dix mois lunaires, auxquels on attribua trois cent quatre jours : elle fut ensuite, sous [Xtima, de douze mois lunaires, que l'on supposa lépomJre à trois cent soixante-cinq jours. Comme celle année de trois cent soixante-cinq jours était trop courte de près de ïix heures, il fallut ajouter de terni s en temps des jours intercalaires à l'année civile, pour la ramener à peu près à l'année astronomique : ce qui fui abandonné au caprice des pontifes. Jules ( ésar fil l'année civile de trois cent soixante cinq jour- el six heures ; el celle année, trop longue de onze minutes et un quart de minute, a subsisté jusqu'au temps de la réforme du calendrier, par le pape Grégoire XIII, eu l5#"2, où l'année civile se trouva devancer de dis jours l'année astronomique. — 2° Chez les Grecs, l'année civile é ait de douze lunaisons, à laquelle on ajoutait, tous les deux ou trois ans, une lunaison, qu'ils nommaient embolémique ou intercala re. — 5° Chez les Hébreux, l'année civile était de douze lunaisons, qu'on lâchait de rapprocher de l'année astronomique, soil en ajoutant chaque année onze ou douze jours à la fin de ces douze lunaisons, soil en insérant de temps eu temps, à une année de douze lunaisons une treizième lunaison, el celte amée de treize lunaisons était appelée année embolémique. Chez les Juifs modernes, chez les Turcs, chez les Arab.s, l'année civife est à peu près la même chose, c'est-à-dire une période de douze lunaisons, rapprochée de l'année astronomique ou par des jours intercalés à chaque année, ou par une lunaison intercalée à une année apiès un certain espace de temps. Déjà au temps du déiuge, l'année civile, chez les patriarches, étail de douze lunaisons etqueiques jours, puisqu'il est ditdans la Genèse que le déluge dura douze mois et dix jours, el qu'il est «lit ensuite ailleurs que le déluge dm a environ un an. Les années des patriarches n'ont lien de commun avec les années lunaires et d'un mois dont on a souvent parlé; ceux qui ont eu ce soupçon n'ont pas l'ait attention que dais leur absurde calcul les painaiches auraient élé pères à l'âge de deux ans et demi. — 4" Chez les Egyptiens, l'année civile, selon Pline, l'iularque, Ueiodote, Diodore de Sicile et plusieurs autres ailleurs, lui d'abord composée d'une seule lunaison, ensuite de li ois, de quatre, de six, de douze lunaisons. Ascih, trente-deuxième roi d'Iigype, ajouta cinq jours à l'année de douze lunaison» auxquelles on alli ilniait trois cent soixante jours. — On voit par là quelle horrible Confusion a dû nécessairement répandre, dans la chronologie des différentes nations, celle bizarre diversité d'années civiles dont ks commencements variables erraient successiveniciil de mois en mois. — b° Chez les Chalaéem, l'année civile lui de trois cent soixante-cinq jours, selon liérose, apiès le règne d'un certain Evochus; avant CC rè;nc on complaît la durée du Irmps par saies, par nères, par sosies, donl on ne connaît guèie la valeur. — bu Chez les Chinois, l'année civile a cité de temps immémorial de trois cent soixante-cinq jours et six heures : elle commençait el Unissait au solstice d'hiver. Gette manière de compter et d'évaluer les années remonte, selon la tradition nationale, Jusque \eis les premiers temps de leur monarchie; Cl il parait, par leurs annales, qu'elle avail déjà lieu environ 2UuO ans avant Jésu.-t-Christ. — "î0 Duns louâtes tJuls cltiéiiens, à l'exception de la Russie,

L'auuée civile est maintenant, selon la réforme du

calendrier faite par les oidres el par les soins du pape Grégoire XIII, de trois ceul soixante-cinq jours pendant trois ans consécutifs, et de trois cent soixante six jours l'année suivante. — Si l'année astronomique étail exactement de Irois cent soixantecinq jours et six heures, le bissexte ou le jour intercalé au mois de février, lequel se trouve alors de vingt-neuf jours, ramènerait précisément lous les quatre ans l'année civile à l'année astronomique. Mais ce hissexte ajoute à l'année astronomique, en quatre ans, environ 45 minutes de trop, ou environ 45 minutes au delà du temps qu'emploie le soleil, en quatre ans, pour retourner au même point du zodiaque : ce qui f il environ un jour en VliS ans. De sorte qu'api es enviion 128 ans il faut omettre le bissexte occurrent, pour que l'année civile cadre à peu près avec l'année astronomique. — Les astronomes employés à la réforme du calendiier grégorien proposèrent, et d'après leur avis il fut arrêté, que dans le cours de quatre cents ans on omettrait trois bissextes. t'est pour cette raison que l'année 171)0 ne fut point bissextile ; l'année IbOO et l'année 1900 ne le seront point encore; mais l'année iOOO le sera.

ANNIVERSAIRES (lesj. Jours anniversaires, chez nos ancêtres, étaient les jours où les martyres des saints étaient annuellement céléb:és dans l'Eglise, comme aussi les jours où, chaque fin d'année, l'usage élail de prier pour les âmes des parents cl amis trépassés. — Dans ce dernier sens, Vanniver-rsaire est le jour où, d'année en année, on rappelle la mémoire d'un défunt, en priant pour le repos de son âme. Quelques auteurs en rapportent la première origine au pape Anaclel, el depuis à Félix l'r, qui instituèrent des anniversaires pour honorer avec solennité la mémoire des martyrs. Dans la suite, plusieurs particuliers ordonnèrent par leur testament, à leurs héritiers, de leur faire des anniiersaires, el laissèrent des fonds tanl pour l'entretien des églises que pour le soulagement des pauvres , à qui l'on distribuait lous les ans , ce jour-là, de l'argent et des vivres. Le pain el le vin qu'on porte encore aujourd'hui à l'offrande dans ces anniversaires, peuvent être des iraces de ces distributions. On nomme encore les anniversaires obils el services.

ANNONC1ADE, nom commun à plusieurs ordres militaires, institués pour honorer le mystère de l'Annouciation ou de l'Incarnation.

Le premier ordre religieux de celte espèce lut établi en 1^32, par sept marchands florentins; c'est l'ordre des serviles on serviteurs de la Vierge. Voyez Sertîtes. — Lo second fut fondé a Bourges l'an 1500, par sainte Jeanne de Valois, reine de Frauce, fille de Louis XI el femme de Louis XII, qui fit casser son mariage par le pape Alexandre VI, du consentement de celte vertueuse reine. Ces religieuses ont un habit brun, un m a pulai iv rouge, un manteau blanc cl uu voile noir. Leur règle est établie sur douze articles, qui regardent douze vertus do la sainle Vierge ; elle fui approuvée pur Alexandre VI, Joies II, Léon X, Paul V et Grégoire XV. Le couvent de l'opincourl à Paris <M de cet ordre. — Le troisième, qu'on appelle des aunonciades célestes ou filles bleues f fui foudé l'an 100V, par une pieuse

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veuve de Gènes, nommée Marie-Victoire Fornaro, qui mourut en 1617. Cet ordre a été approuvé par le saint-siége, et il y en a quelques maisons en France. Leur règle est beaucoup plus austère que celle des annonciades fondées par la reine Jeanne. Elles ont un habit blanc, un scapulaire et un manteau bleu; elles gardent la plus sévère clôture.

Annoncude. Société fondée à Rome dans l'Eglise de Notre-Dame de la Minerve, l'an 1460, par le cardinal Jean de Turrecremata, pour marier de pauvres filles. Elle a été depuis érigée en archiconfraternilé, et est devenue si riche par les grandes aumônes et legs qu'on y a faits, que tous les ans, le 23 de mars, fête de l'Annonciation de la sainte Vierge, elle donnedes dois de soixanle écus romains chacune a plus de quatre cents Clles, une robe de serge blanche, et un florin pour des pantoufles. Les pape* ont fait tant d'eslime de cette œuvre de piété, qu'ils vont en cavalcade, accompagnés des cardinaux et de la noblesse de Rome, distribuer les cédules de ces dots à celles qui doivent lvs recevoir. Celles qui veulent être religieuses ont le double des autres, et sont distinguées par une couronne de fleurs qu'elles portent sur la léle. Voy. l'abbé l'iazza, Ritralto di lioma moderna.

ANNONCIATION, est la nouvelle que l'ange Gabriel vint donner à la sainte Vierge, qu'elle concevrait le Fils de Dieu par l'opération du Saint-Esprit. Voy. Incarnation. Les Grecs l'appellent svK/yùîapo;, bonne nouvelle , et zxipeTMTpoç, salutation.

Annonciation, est aussi le nom d'une fêle qu'on célèbre dans l'Eglise romaine, communément le 25 de mars, en mémoire de l'incarnation du Verbe divin. Le peuple appelle cette fêle Notre-Dame de Mars, à cause du mois où elle tombe.

Il paraît que celte fêle est de très-ancienne institution dans l'Eglise latine : parmi les sermons de saint Augustin, qui mourut eu 430, nous en avons deux sur V Annonciation, savoir, le dix-septième et le dix-huitième de sanctis. Le Sacramenlairc du pape Gélasc Ier montre que celle fête était établie à Home avant l'an 469; mais l'Eglise grecque a des monuments d'un temps encore plus reculé. Proculus, qui mourut en 4'*6, et saint Jean Chrysostome en 407, ont dans leurs ouvrages des discours sur le même mystère. Rivet, Pelkins et quelques autres écrivains protestants ont à la vérité révoqué en doute l'authenticité des deux homélies de ce dernier Père sur ce sujet ; mais Vossius les admet, el prouve qu'elles sont véritablement de ce saint docteur. — Ainsi, Bingham s'est trompé, en reculant l'origine de celle fêle jusqu'au septième siècle. Origin. ecclés., tom IX, I. xx, c. 8, § 4. Il est assez probable qu'elle fut célébrée d'abord en mémoire de l'incarnation du Verbe, el que l'usage d'y joindre le nom de la sainte Vierge est plus récent. 11 en est de même de la coutume de la solenniser le 25 de mars. Les Grecs la font comme nous ce jour-là ; mais plusieurs

Eglises d'Orient l'ont placée au mois de décembre, avant la fête de Noël. Les Syriens l'appellent Buscarahé, information, et leur calendrier l'a fixée au 1" décembre. Les Arméniens la font le 5 janvier, afin qu'elle n'arrive pas en carême. Selon l'ancienne discipline, les fêtes et le jeûne étaient regardés comme incompatibles. — En Occident, même variation. L'on prétend que l'Eglise du Puy-en-Vélay a conservé l'usage de célébrer celte fête pendant la semaine sainte, lorsqu'elle y tombe, même le vendredi saint: celle de Milan et les Eglises d'Espagne la mettent au dimanche avant Noël; mais ces dernières la font aussi en carême. En 630, le dixième concile de Tolède ordonna que la fête de V Annonciation de Notre-Dame et de l'Incarnation du Verbe divin se célébrerait huit jours avant Noël, parce que le 25 de mars, jour auquel ce mystère a été accompli, arrive ordinairement en carême, quelquefois dans la semaine sainte ou pendant la solennité de Pâques, temps auquel l'Eglise est occupée d'autres mystères el de cérémonies différentes. Saint Ildefonse confirma ce décret, et nomma cette fête l'attente des couches de Notre-Dame. Elle fut encore appelée la fêtes des O, ou de VO; parce que, durant cette octave, on chante chaque jour pour le Magnificat, une antienne solennelle qui commence par O, comme, O Rex gentium, O Emmanuel, elc. C'est une exclamation de joie el de désir. — Dans l'Eglise de Rome et dans celles de France, cette dernière fêle ne se fait point, si ce n'est dans quelques monastères d'annonciades ou d'autres religieuses; mais depuis le 15 décembre jusqu'au 23, l'on chante tous les jours à Vêpres, au son des cloches, une de ces antiennes, que le peuple nomme les O de Noël, et que les rubricaires appellent les grandes antiennes, anliphonœ majores ; elles expriment les différents litres sous lesquels les prophètes ont annoncé le Messie.

Les Juifs donnent aussi le nom d'/lnnondation à une partie de la cérémonie de Pâques, celle où ils exposent l'origine el l'occasion de celle solennité, exposition qu'ils appellent Zhaygadu, qui signifie Annonciation.

ANNOTINE, pâque annotine. C'est ainsi qu'on appelait l'anniversaire du baptême, ou la fête qu'on célébrait tous les ans en mémoire de son baptême, ou, selon d'autres, le bout de l'an dans lequel on avait été baptisé. Tous ceux qui avaient reçu le baptême dans l;\ même année s'assemblaient, dil-on, au bout de cette année, et célébraient l'anniversaire de leur génération spirituelle.

ANNUELLES ( offrandes ). Ce sont celles que faisaient anciennement les parents des personnes décédées, le jour anniversaire do leur mort.

On appelait ce jour un jour d'an, et l'on y célébrait la messe avec une grande solennité.— On nomme encore à Paris annuel, une fondation de messes pour tous les jours de l'année, à l'intention d'un défunt . Fonder un annuel. Voy. l'Ancien Sacramen-

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taire par Grandcolas, i" part., pag. 529. ANOMÉKNS, ou dissemblables. On donna ce nom, dans le quatrième siècle, aux purs avions parce qu'ils enseignaient que Dieu le Fils était dissemblable , àvopoo-ov, à son Père en essence et dans tout le reste. — Ils eurent encore différents noms, comme aétiens, eunomiens, etc., qu'on leur donna à cause d'Aélius et ri'Euuoinius, leurs chefs. Ils étaient opposés aux semi-ariens, qui niaient, à la vérité, la consubstantialité du Verbe avec le Père, mais qui lui attribuaient une ressemblance en toutes choses avec le Père. Voy. Ariens, Semi-Ariens. — Ces variations firent que ces hérétiques ne s'attaquèrent pas moins vivement entre eux, qu'ils avaient attaqué les catholiques; car les semi-ariens condamnèrent les anoméens dans le concile de Séleucie, et les anoméens à leur tour condamnèrent les semi-ariens dans les conciles de Conslantinople et d'Anlioche; ils effacèrent le mot ô/xo*vfftoc de la formule de Rimioi et de celle d'Autiuche, en protestant que le Verbe avait non-seulement une différente substance, mais encore une volonté différente de celle du Père. Sucra e, liv. u ; Sozomène, liv. îv ; Théodoret, liv. iv.

ANOMIENS. Voy. Ant;nomiens.

ANSELME (saint), archevêque de Cantorbéry, mort l'an 1109, est compté parmi les docteurs de l'Eglise. 11 a laissé plusieurs ouvrages de théologie et de piété, dont le Père (lerberon, bénédictin, a donné une bonne édition in-folio. Ce saint a été plus instruit et meilleur écrivain que son siècle ne semblait le comporter. Mosheim convient qu'il excella dans la dialectique, la métaphysique et la théologie naturelle ; qu'il est l'auteur de l'argument dont on a faussement attribué l'.nvenliou à Descartes, c'est-à-dire de la démonstration de l'existence de Dieu , tirée de l'idée innée qu'ont tous les hommes d'un être infiniment parfait. Il ajoute que ce saint archevêque et Lanfranc, son prédécesseur et son maître, sont les vrais fondateurs de la lliéulogie scolasliquc, mais qu'ils la traitèrent avec plus de sagesse, de discernement et de solidité que leurs successeurs. 11 dit enfin que saint Anselme fut le meilleur moraliste de son temps ; qu'il est le premier qui ail donné un système général ou un corps complet de théologie , mais que cet ouvrage fut surpassé par celui que composa sur la lin île ce mène siècle Hildcbcrt, archevêque de Tours. Ilist. ecclés. du xie siècle, li* part. , c. 1 , § 7 ; c. 3, § 5 el G. Cet éloge est confirmé par le suffrage du traducteur anglais de Mosheim, et par Brucker, Ilist. de la Philos. , torn. 111, p. GGV. Il n'est pas ordinaire aux protestants de parler si avantageusement des Pères de l'Kgli c. Il y a une bonne notice dei ouvrages de saint Anselme dans les V tes des Pères et des m irtyrs, loin. 111, p. 573.

ANTECEDENT. Ce terme est usité en théologie, où l'on dit, en parlant de Dieu , décret antécédent , volonté antécédente. — Un décret antécédent e>.l celui qui précède, ou un autre décret* ou quelque action de la créa-

ture, ou la prévision même de cette action.

Les théologiens sont fort partagés pour savoir si la prédestination à la gloire est un décret antécédent ou subséquent à la prévision de la foi et des mérites de ceux qui sont appelés ; c'est une opinion qu'on agile librement pour et contre dans les écoles catholiques, cl toutes deux sont fondées sur des autorités et des raisons très-fortes. Voy. Prédestination.

Volonté antécédente, dans un sens général , est celle qui précède quelque autre volonté, désir ou prévision. On dit qu'il y a en Dieu une volonté antécédente de sauver tous les hommes ; mais, conséquemmenl à la prévision des crimes de plusieurs , il ne veut plus les sauver, mais les damner. — On dispute beaucoup dans les écoles sur la nature de celle volonté : les uns prétendent que ce n'est qu'une volonté de signe , une volonté métaphorique, inefficace, un simple désir qui n'a jamais d'effet ; les autres, mieux fondés , soutiennent que c'est une volonté de bou plai-ir, volonté sincère et réelle, qui n'est privée de son dernier effet que par la faute des hommes, qui n'usent pas, ou qui usent mal des moyens que Dieu leur accorde pour opérer leur salut. Celte volonté est donc prouvée par son effet immédiat, qui esl d'accorder des grâces. Voy. Grâce, § 3 ; Salut. — 11 est bon de remarquer que ce terme antécédent n'est appliqué à Dieu que relativement à notre manière de concevoir. En effet, Dieu voit et prévoit en même temps et sans diversité dans la manière, tant l'objet de sa prévision, que les circonstances inséparables de cel objet: de même il veut en même temps tout ce qu'il veut, sans succession et sans inconstance : ce qui n'empêche pas que Dieu ne puisse vouloir ceci à l'occasion décela, ou qu'il ne puisse avoir un désir à cause de telle prévision. C'est ce que les théologiens appellent ordre on priorité de nature, pricritas natura-, par opposition à l'ordre ou à la priorité du temps, prioritas lemporis.

ANTECHRIST. Ce terme est formé de la préposition grecque ùvti, contra, et de XpuTÔc, Chris tus, U signifie en général un ennemi de Jésus-Christ, un homme qui nie que Jésus- Christ soit venu, et qu'il soit le Messie promis. C'est la nolion qu'en donne l'apôtre saint Jean dans sa première Epîlre, c. 2. En ce sens, on peut dire des Juifs el des infidèles que ce sont des antechrists. — Par Antéchrist, on entend plus ordinairement un tyran impie el cruel à l'excès, qui doit régnei sur la terre lorsque le monde louchera à sêf fin. Les persécutions qu'il exercera contre les élus, seront la dernière et la plus terri ble épreuve qu'ils auront à subir. Selon l'o pinion de plusieurs commentateurs , Jésus- Christ même a prédit que les élus y auraient succombé, si le temps n'en eût élé abrégé en leur faveur : c'esl par ce lléau que Dieu annoncera le jugement dernier el la vengeance qu'il doil prendre des méchants. — L'Ecriture et les Pères parlent de ['Antéchrist comme d'un seul homme, auquel , à la vérité, ils donnent un grand nombre de précur

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seurs. Suivant saint lrénée, saint Ambroise , saint Augustin et presque tous les aulres Pères, V Antéchrist doit être, non un homme engendré par un démon , comme l'a prétendu saint Jérôme, ni un démon revêtu d'une chair apparente et fanlaslique, moins encore un démon incarné, comme l'ont imaginé d'autres ; mais un homme de la même nature et conçu par la même voie que tous les autres , qui ne différera d'eux que par une malice et une impiété plus dignes d'un démon que d'un homme. Comme les traits du tableau qu'ils ont tracé ne sont que des conjectures et n'ont aucun fondement solide, il est assez inutile de nous y arrêter.

On sait que plusieurs écrivains protestants ont trouvé bon d'appliquer au pape et à l'Eglise romaine tout ce que PEcrilurc, et surtout l'Apocalypse, dit de V Antéchrist. L'absurdité de celle idée n'a pas empêché que les protestants du dernier siècle ne l'aient adoptée comme un article tle foi dans leur dixseptième synode national, tenu à Gap en 1603. Ils affectèrent même de publier que Clément VIII, qui décédaquelquelempsaprès, élail mort de chagrin de cette décision; mais ce pontife, aussi bien que le roi Henri IV, qu'ils avaient déclaré en plein synode race de r Antéchrist , n'opposèrent à leurs excès que la modération, le inépris et le silence. — Quoique le savant Grolius et le docteur Haminond se fussent attachés à détruire ces rêveries, on a vu, sur la fin du siècle dernier, Joseph Mède en Angleterre, et le ministre Jurieu en Hollande , les présenter sous une nouvelle forme, qui ne les a pas accréditées davantage. Les catholiques ont démontré le fanatisme des explications de l'Apocalypse, par lesquelles ces écrivains s'efforçaient de montrer que l'Antéchrist devait paraître et sortir de l'Eglise romaine vers l'an 17i0. Ou peut consulter sur celle matière l'JIist. des Variations , pir Rossuet, lom. Il, liv. xui, depuis l'art. 2 jusqu'à la lin du même livre. — 11 est fâcheux que celle idée bizarre des protestants ail été consacrée à Genève par une iuscripliouqui fait pitié aux voyageurs sensés.

Pour en pallier l'absurdité, quelques protestants ont dit que, quand ils soutiennent que le pape est V Antéchrist, ils n'entendent point parler de sa personne , mais de son autorité; que cela signifie seulement que sa domination est un règne antichrétien , ou contraire à l'esprit du christianisme. Mais onl-ils prévu les conséquences de celle prétention même ? Jésus-Christ avait promis à son Eglise qu'il serait avec elle jusqu'à la consommation des siècles, et que les portes de l'enfer ne prévaudraient point contre elle ; il a si mal tenu sa parole, que pendant plus de mille ans, selon le calcul des protestants mêmes, celle Eglise a reconnu pour son pasleur légitime et pour vicaire de Jésus-Christ un personnage anti-chrétien, et lui a constamment attribué une autorité anti-chrétienne : ainsi, le royaume de Jésus-Christ est devenu un royaume anti-chrétien. Autant vaudrait dire qu'il n'y a pas eu de vrai christianisme sur la terre depuis le v siècle

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jusqu'au xvr , et que l'antichristianisme en avait pris la place. Il faudrait même supposer que cet anlichristianisme a commencé immédiatement après la mort des apôtres, si le portrait que les protestants ont fait des pasteurs de l'Eglise dans tous les siècles était vrai ; il nous parait que de toutes les opinions, il n'y en a point de plus anlichrélienne que celle-là.

On trouve parmi les écrits de Raban-Maur, d'abord abbé de Fuldc, puis archevêque de Mayence, auteur fort célèbre du ix° siècle, un traité sur la vie et les mœurs de V Antéchrist. Nous n'en citerons qu'un endroit singulier ; c'est celui où l'auteur, après avoir prouvé par saint Paul que la ruine totale de l'empire romain, qu'il suppose être celui d'Allemagne, précédera la venue de l\4niechrist, conclut de la sorte : « Ce terme fatal pour l'empire romain n'est pas encore arrivé. Il est vrai que nous le voyons aujourd'hui extrêmement diminué, et pour ainsi dire détruit dans sa plus grande élendue ; mais il est certain que son éclat ne sera jamais entièrement éclipsé; parce que, tandis que les rois de France, qui en doivent occuper le trône, subsisteront, ils en seront toujours le f rme appui. Quelques-uns de nos docteurs assurent que ce sera un roi de France qui, à la fin du monde, dominera sur tout l'empire romain.» — 11 ne paraît pas que nos rois aient jamais compté beaucoup sur cette prédiction.

Malvenda, théologien espagnol, adonné un long et savant ouvrage sur Y Antéchrist, Son trailé est diviséen treize livres. Il expose dans le premier les différentes opinions des Pères touchant ['Antéchrist. 11 détermine , dans le second, le temps auquel il doit paraître, et prouve que tous ceux qui ont assuré que la venue de V Antéchrist élail proche ont supposé en même lemps que la fin du monde n'elait pas éloignée. Le troisième est une dissertation sur l'origine de l'Antéchrist, et suf la nation dont il doit être. L'auteur prétend qu'il sera Juif et de la tribu de Dan , et il se fonde sur l'autorité des Pères et sur le verset 17 du chap. xlsx de la Genèse, où Jacob mourant dit à ses lils : Dan est un serpent dans le chemin, et un céraste dans le sentier; et sur le chap. vin, verset 16 de Jérémie, où il est dit que les années de Dan dévoreront la terre; et encore sur le chap. vu de l'Apocalypse, où saint Jean a omis la tribu de Dan, dans l'énumération qu'il fait des aulres tribus. 11 traite, dans le quatrième et le cinquième, des caractères de V Antéchrist. Il parle dans le sixième de son règne et de ses gue. res ; dans le septième, de ses vices ; dans le huitième , de sa doctrine et de ses miraclos ; dans le neuvième, de ses persécutions ; et dans le reste de l'ouvrage, de la venue d'Enoch et d'Elie, de la conversion des Juifs, du règne de Jésus-Chrisl cl de la mort de ['Antéchrist, qui arrivera après un règne do trois ans et demi. Il ne manque à toutes ces belles choses que des preuves et du bon sens. Ceux qui vouJronl prendre la peine de lire la longue dissertation sur ["Antéchrist , que

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l'on a placée dans la Bible d'Avignon, t. XVI, Saint Jean Chrysostome, i/t Ps. ex, n. 3. Saint

pi?. .'39, n'en seront pas plus instruits. Jérôme, Epist. ad Océan. , loin. IV, 11e partie,

S il nous est permis d'en dire notre avis , pag. 650. Saint Augustin, in Ps. lviii, serm. 2, nous pensons que c'est une mauvaise ma- n. 6; serm. 171, de Yerbis Apost.,n. 5, etc. mère d'expliquer l'Ecriture sainte, que de Us ont présumé que, comme le déluge n'arrapprocher l'une de l'autre des prédictions riva pas tout à coup et dans un seul instant, qui ont un objet tout différent, de prendre à mais peu à peu, les pécheurs eurent le temps la leitre des expressions qui sont évidem- de demander pardon à Dieu, et que le Seiment figurées et hyperboliques, de supposer gneur se servit de la crainte de la mort pour au contraire des figures où il n'y en a point, leur inspirer le repentir, et où l'on Irouve un sens littéral très-clair et ANTHOLOGE, du grec ««OoW/tov, que nous très-simple. I! n'est pas sûr que Malachie, en rendrions en latin par florilegium, recueil de annonçant le retour d'Elie, ail voulu parler fleurs. — C'est un recueiides prineipauxoffices de cet ancien prophète, puisque Jésus-Christ qui sont en usage dans l'Eglise grecque.. Il reua fait à saint Jean-Baplisie l'application de ferme les oifices propres des fêtes de Jésuscelte prédiction. Voy. Hue. Il n'est pas cer- Christ, de la sainte Vierge et de quelques lain que Jésus-Christ lui-même ait prédit la saints; de plus, des offices pour les prophèfin du monde, puisque tout ce qu'il dit peut tes, les apôtres, les martyrs, les confesseurs, s'entendre de la ruine de Jérusalem et de la les vierges, etc. Léon Allalius, dans sa préfin delà république juive ; plusieurs interprè- mière Dissertation sur ies livres ecclésiastiques tes catholiques l'ont ainsi entendu. Voy. Fin des Grecs, en parle, mais avec peu d'éloge. du monde. Il est fort douleux si, dans la se- Ce n'était d'abord qu'un livret, que l'avidité conde Epilre aux Thessaloniciens, saint Paul, ou la fantaisie de ceux qui l'ont augmenté, par l'homme de péché, a voulu désigner Y An- a beaucoup grossi; mais qui, à quelques techrist, ou un des persécuteurs qui avaient nouveautés près, ne contient rien qui ne se entrepris la ruine du christianisme. Nous n'a- Irouve dans les menées et dans les autres livons aucune preuve certaine que saint Jean, vres ecclésiastiques des Grecs. — Outre cet par Y Antéchrist , ail entendu un seul homme, antholoije, qui est à l'usage des Eglises grecpuisqu'il dit qu'il y a eu plusieurs ante- ques, Antoine Arcudius en a publié un nouchrists, etc. Enfin, l'on ne peut pas prouver veau sous le litre de nouvel Anthologe ou qu'il est question de ce personnage dans l'A- Florilège, imprimé à Rome en 1598: c'esl pocalypse. Que peut-il donc résulter de la un abrégé du premier, une espèce de bréçomparaison de quatre ou cinq prophéties viaire raccourci et commode dans les voya- <!ont le sens n'est pas clair, sur l'explication ges pour les prêtres elles moines grecs, qui desquelles les interprètes ne sont point d'ac- ne peuvent porter le premier, à cause de son cord, et qui peut-être n'ont aucun rapport extrême grosseur ; mais il est encore moins entre elies ? Notre religion n'a pas besoin de que celui-ci du goût d'Allatius, qui accuse conjectures, de vains systèmes, de figurisme l'abbrévialeur de plusieurs altérations et innrbilraire, pour se soutenir ; la fureur de lui fidélités considérables. Allât., de libr. Eccl. donner de pareils appuis ne peut que lui Grœc. R.; Simon, Suppl. aux cérém. des Juifs. nuire et donner prise à ses ennemis. Voy. Fi- ANTHROPOLOGIE, mot formé du grec cLU!«iiiî. «vfyûwc?, homme, ),6yof, parole; c'est une ma-

ANTEDILUVIENS , hommes qui ont vécu nière de s'exprimer par laquelle les écri-

avant le déluge. L'Ecriture nous les repré- vains sacrés attribuent à Dieu des membres,

seule comme une race d'impies et d'hommes des actions ou des affections qui ne convien-

pervers ; elle dit que leur malice était ex- nent qu'à l'homme : et cela pour s'accom-

Irème, et toutes leurs pensées tournées vers moder à la faiblesse de notre intelligence,

le mal, que toute chair avait corrompu sa Ainsi il est dit dans la Genèse que Dieu

voie. Dieu dit, ajoute la Vulgate, Mon esprit marchait dans le paradis terrestre, qu'il ap-

ne demeurera point avec l'homme pour tou- pela Adam, qu'il se repentit d'avoir fait

■jours, parce qu'il est charnel; je nele laisserai l'homme ; dans les psaumes, que les creux

plus vivre que cent vint/tans {Grn. vi, 3). sont l'ouvrage des mains de Dieu, que ses

A ce sujet, saint Jérôme fait une observation yeux sont ouverts et veillent sur l'indi-

rrmarquablc : « 11 y a, selon l'hébreu, mon gent, etc.

esprit ne jugera pas ces hommes pour l'éternité, Vainement les manichéens se bobI scandaparce qu'ils sont de chair ; c'est-à-dire, je ne lises autrefois de ces expressions, et ont actes rési rverai pas à des châtiments éternels, cusé d'erreur les écrivains de l'Ancien Tcstapnce que la nature de l'homme est fragile; ment; plus vainement encore, d'autres hérémais je leur rendrai ce qu'ils méritent. Ainsi liipies les ont prises à la lettre, et en oui ce verset n'exprime point la sévérité de Dieu, conclu que Dieu a une firme humaine. L'E- Comme dans nos versions ; mais s'i clémence, criture nous enseigne assez clairement que lorsque le pécheur est puni en ce monde Dieu estun être purement spirituel, simple, pour ses crimes. » {In G en. C>.) En effet, le sans composition et sans parties. Mais pour texte hébreu et le samaritain portent lilléra- faire comprendre aux hommes les opéra - I: nient le sens qu'y a m saint Jérôme. De là «ions de Dieu, il a fallu se servir du langage les Pères ont conclu que par le déluge Dieu humain, et ce langage ne peut fournir, pour a puni les pécheur:, en CC monde , pour leur exprimer les actions de Dell , d'autres ter-

fafre miséricorde en l'autre. Origène, tfom. mes que ceux qui désignent les actions des

H Ezecli.f n. 2. Tcrlull., L </< Bapl., c. 8. uuuiincs. Ces termes, ù l'égard de Dion, sont

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