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testants ont conclu que, selon la croyance de l'Eglise grecque, ce sacrement n'est quo la figure du corps de Jésus-Christ. — Celte conséquence nous paraît fausse. Quoique les espèces eucharistiques renferment le corps île Jésus-Christ, elles en sont cependant la figure, le type, le symbole, ce qui parait aux yeux ; puisque ce corps n'y paraît point sous ses qualités sensibles, mais sous les apparences du pain. — 11 est vrai que Marc d'Ephèse, le patriarche Jéiémie, el d'autres Grecs, disent que dans la liturgie de saint fiasile le pain et le vin sont appelés antitypes avant la consécration. C«da n'empêche pas qu'ils ne puissent être nommés de même après, puisque par la consécration il ne se fait aucun changement dans les qualités sensibles ou dans les apparences du pain et du vin ; la figure demeure donc la même, quoique la substance soit changée. — Qu'importe l'abus que l'on peut faire d'un mol lorsque la croyance est prouvée d'ailleurs? Au concile de Florence, les Grecs ont solennellement déclaré qu'ils croyaient Jésus- Christ réellemeul présent dans l'Eucharistie, après la consécration; toute leur dispute avec les Lalins consistait à savoir si, après l.i consécration, les symboles devaient encore être appelés antitypes, contestation qui nous paraît assez frivole. Après la consécration, nous disons encore symboles eucharistiques ; pourquoi les Grecs ne pourraient-ils pas dire antilypes dans le même sens? — Il n'est donc pas nécessaire de changer la signification usuelle de ce terme, de supposer que antitype signifie ce qui esl mis à la place de la figure; le corps de Jésus-Christ n'est point mis au lieu de la figure, mais au lieu de la substance du pain : et cette substance n'a jamais pu être appelée figure en aucun sens. Dans le septième concile général, saint Jean Damascène, les diacres Jean et Epiphaue, voulant expliquer la pensée des liturgistes grecs sur ce sujet, disent qu'en nommant l'Eucharistie antitype, ces auteurs avaient égard au temps qui avait précédé la consécration, el non à celui qui la suit. Simon, llist. cri t. de la croyance des nations du Levant. Cette explication ne paraît pas fort nécessaire. Ce qui était figuré avant la consécration l'est encore après, puisque par la consécration rien ne change dans la figure, ou dans ce qui paraît à nos yeux.
Nous avons à présent des monuments si authentiques de la croyance des différentes sectes que renferme l'Eglise grecque, des melchiles, des jacobites syriens, des nestoriens, des cophles eutychiens, etc., que les protestants n'oseraient plus former aucune contestation sur ce point. Yoy. la Perpétuité de la Foi.
ANTOINE (sainl). Chanoines réguliers de Suint-Antoine de Viennois. Voy. le Dictionnaire de Jurisprudence [et celui des Ordres religieux, édit. Mignc].
ANTOMN (sainl), archevêque de Florence, mort l'an 1 'i.'il>, assista, en qualité de ihéologiiMi , au concile général qui y fut tenu en Ï439, lorsqu'il n'était encore que religieux
de Saint-Dominique. On a de lui une Somme théologique dans laquelle il traite des vertus et des vices, plusieurs sermons et d'autres livres de morale.
AOD. Il est dit dans le livre des Juges, que les Israélites, en punition de leur idolâtrie, furent subjugués par Eglon, roi de Moab, et lui furent assujettis pendant dix-huit ans ; que Dieu leur suscita un vengeur dans la personne A'Aod. Cet homme tua Eglon en feignant d'avoir à lui parler, se mit à la têle des Israélites, gagna une bataille , et les affranchit du joug des Moabites. Les censeurs de l'histoire sainte disent qu'Aod fut coupable d'un régicide, que c'est un trèsmauvais exemple à proposer à tout peuple mécontent de son souverain, qu'il a été la cause de plusieurs crimes de même espèce. — Celte décision nous surprendrait moins, si nous ne connaissions pas d'ailleurs la morale enseignée par ces mêmes censeurs. Ils soutiennent qu'un conquérant n'acquiert aucune souveraineté sur une nation vaincue que par le consentement de celle-ci; que jusqu'à ce qu'elle l'ait reconnu librement pour son roi, tout acte d'autorité qu'il exerce esl une violence et une usurpation; qu'elle a droit de s'en rédimer par la force quand elle le pouira Qu'ils nous montrent le traité par lequel les Israélites avaient librement reconnu Eglon pour leur roi.
On nomme régicide un sujet qui tue son propre roi, et non celui qui lue un roi ennemi pour mettre en liberté ses compatriotes. Chez les anciens peuples on croyait généralement que la fourberie était permise contre les ennemis de l'Étal. MuciusSeîevola ne lut point accusé de régicide, pour avoir voulu tuer par surprise Porsenna qui assiégeait Rome. — D'ailleurs, lorsque l'Ecriture dit que Dieu suscita un libérateur à son peuple, elle n'enseigne point quo Dieu lui inspira le mensonge, ni le meurtre qu'il conj-r mil; une action citée comme un trait de courage n'est pas louée pour cela comme un acte de justice.
Souvenons-nous toujours que c'est l'Evangile qui a donné aux nations chrétiennes les vraies notions du droit des gens et du droit politique, soit en paix, soit en guerre ; que ces notions n'existent point, et n'ont jamais existé ailleurs.
APATHIE, insensibilité ; c'est l'état auquel aspiraient les stoïciens. Quoique les anciens écrivains ecclésiastiques se soient quelquefois servis de ce terme pour exprimer la patience et le détachement des choses de ce monde que l'Evangile nous prêche, il n'eu faut pas conclure que Jésus-Christ a voulu faire de ses disciples autant de stoïciens, et nous inspirer une insensibilité absolue. 1* Ces philosophes interdisaient au sage, sous le nom de passions, les affections naturelles les plus modérées et les plus légitimes, l'amitié entre les parents, la pitié pour ceux qui souffrent, l'amour du bien public, elc. L'Evangile, loin de nous défendre ces sentiments, nous les commande sous le nom général de charité ; il ne les désapprouve quo