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des protestants copies par les incrédules sont donc téméraires cl sans aucun fondement.
En général, tout écrivain adopte aisément et sans beaucoup d'examen une histoire, un monument, un livre qui lui paraît favorable à son opinion ; il le cite avec confiance lorsqu'il ne voit aucune raison de le suspecter, el son erreur contribue à en tromper d'autres sans qu'il le veuille. Ce faible est commun aux catholiques et aux hérétiques, aux ecclésiastiques et aux profanes, aux incrédules el aux croyants ; il est dans l'humanité, et il durera autant qu'elle; ce n'est souvent ni malice, ni mauvaise foi, c'est préoccupation. Y a-t-il de la justice à vouloir que les écrivains ecclésiastiques en aient été exempts ? Lorsque nous accusons nos adversaires de mauvaise foi, ils crient à la calomnie, et euxmêmes ne cessent de former celte accusation contre les personnages les plus respectables, sans aucune preuve. Voy. Authenticité, Canon, Canonique.
APOD1PNE. C'est ainsi que les Grecs nomment l'office de complies. Voy. Heures canoniales.
APOLL1NA1RES ou APOLL1NAUISTES , anciens hérétiques qui ont prétendu que Jésus-Christ n'avait point pris un corps de chair tel que le nôtre, ni une âme raisonnable semblable à la nôtre.
Apollinaire de Laodicée,chef de cette secte, donnait à Jésus-Christ une espèce de corps, dont il soutenait que le Verbe avait été revêtu de toute éternité : corps impassible, qui était descendu du ciel dans le sein de la sainte Vierge, mais qui n'était pas né d'elle; qu'ainsi Jésus-Christ n'avait souffert, n'étail mort et ressuscité qu'en apparence. Il metlait aussi de la différence entre l'âme de Jésus-Christ et ce que les Grecs appellent T-ôof, esprit, entendement ; en conséquence, il disait que le Christ avait pris une âme, mais sans l'entendement; défaut, ajoutait-il, suppléé par la présence du Verbe. Il y en avait même, entre ses sectateurs, qui avançaient positivement que le Christ n'avait point pris d'âme humaine. On leur donne le nom de synousiastes, de même qu'aux euly- «hiens et à tous ceux qui confondaient les deux natures de Jésus-Christ en une seule. Voy. Synoisiastes.— Apollinaire faisait encore revivre l'héré-ie des millénaires, et enseignait d'autres erreurs sur la Trinité. Thétrooret l'accuse d'avoir confondu les Personnes en Dieu, et d'être tombé dans l'erreur des sabelliens. Saint llasile lui reproche, d'un autre côté, d'abandonner le sens littéral de l'Ecriture, cl de rendre les livres saints entièrement allégoriques.
L'hérésie A* Apollinaire consistait, comme on voit, dans des distinctions très subtiles, auxquelles il n'étail guère possiblo que le (Uinimin des fidèles entendit quelque chose; cependant l'histoire ecclésiastique nous apprend qu'elle fit des progrès considérables ni Orient; plusieurs Eglises de celle partie du UlOllde en lurent infect* es. Elle lut ana- Ihen. ilisi e dans un concile d'Alexandrie ,
sous saint Athanase, en 3G0; dans un concile de Home, sous le pape Damase, l'an Wlh, et dans le concile général de Constantinople, en 381. Les apullinaristes furent aussi appelés dimériles ou séparateurs, parce qu'ils séparaient l'âme de Jésus-Christ d'avec l'entendement : erreur née probablement de l'opinion de Platon, qui distinguait l'âme sensitive d'avec l'âme raisonnable.
Il ne faut pas confondre l'hérétique dont nous p irions avec Apollinaire, évêque d'Hiéraples, qui vivait au ir siècle, et qui présenta, l'an 177, à l'empereur Marc-Aurèle, une apologie du christianisme. Quelques auteurs prétendent que celui de Laodicée avait écrit contre Julien l'Apostat.
APOLLONIUS DE TYANES , philosophe pythagoricien, qui a vécu pendant tout le rr siècle, et qui est devenu célèbre par l'histoire romanesque que Philostrate, autre espèce de philosophe, en a faite cent ans après la mort de ce personnage.
On sait que le christianisme n'a point eu d'ennemis plus déclarés que les philosophes ; ils n'onl épargné aucune sorte de fourberie pour en détourner les hommes, et pour soutenir l'idolâtrie prête à être détruite. Comme ils virent que les miracles de Jésus-Christ étaient une des plus fortes preuves dont nos apologistes se servaient pour démontrer la divinité de notre religion, et qui faisait le plus d'impression sur les païens, ils trouvèrent bon d'attribuer des prodiges semblables à quelques philosophes, en particulier à celui dont nous parlons.
Vers l'an 211, l'impératrice Julia Donna, femme de Seplime Sévère, princesse très-deréglée, et curieuse de merveilleux, chargea Philostrale d'écrire la vie d'Apollonius de Tyaues. Ce sophiste la servit selon son goût. En comparant les prodiges qu'il rapporte de son héros avec ceux que les évangélîstes ont attribués à Jésus-Christ, on voit que Philostrate s'est proposé de copier ces derniers, et d'en obscurcir l'éclat par la multitude de ceux qu'il met sur le compte d'Apollonius ; mais il ajoute tant de circonstances fabuleuses, lant d'absurdités etde contradictions, qu'il n'a pas daigné garder la moindre vraisemblance : il s'ensuivrait tout au plus, de ce qu'il raconte, qu'Apollonius était un magicien qui fascinait les yeux, et prolitait de l'imbécillité de ses admirateurs pour se faire une réputation. — Il s'en faut beaucoup que son historien l'ait représenté comme un homme très-vertueux ; outre les efforts qu'il fil pour exciter des séditions contre Néron et contre Domiticn,on ne voit en lui qu'un Sophiste orgueilleux, qui ne cherche que la célébrité, el qui ne s'occupe en aucune manière de la réforme des mœurs.
Sous le règne de Dioclétien, Hiéroclès, président de llilhynic, et ensuite gouverneur d'Alexandrie, grand ennemi des chrétiens, fil un ouvrage pour prouver qu'Apollonius élail un plus grand personnage que Jésus- Christ, el il opposa les prétendus miracles du philosophe à ceux de notre Sauveur.
Eusèbe do Cesarée réfuta ce parallèle ridi-
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cule; il fit voir que toutes ces merveilles n'avaient été rapportées par aucun témoin oculaire; qu'il n'en avait pas été question pendant tout le siècle qui s'était écoulé, depuis la mort d'Apollonius jusqu'à la naissance du roman de Philostrale ; que ces miracles imaginaires n'avaient produit aucune révolution ni aucun effet qui en pût constater la réalité; que la plupart étaient ridicules, indignes de Dieu, sans aucune utilité pour les hommes, et ne pouvaient aboutir ' qu'à faire regarder leur auteur comme un magicien. Lactance oppose une partie de ces mêmes réflexions à Hiéroclès, Divin. Instit., I. v, c. 3. — Aussi, malgré tous les efforts des philosophes, le nom d'Apollonius et ses prétendus prodiges sont demeurés plongés dans l'oub!i, pendant que Jésus-Christ a été reconnu pour Fils de Dieu et Sauveur des hommes dans une très-grande partie de Y univers.Ti\\iïn\onl,Vie des Emper., t.ll,pag. 120; Pruker , llislor. philosoph. , lom. II , p. 98.
Mosheim, dans ses Noies sur Cudworlh, c. k, § 15, n'approuve point le sentiment de ceux qui ont cru qu'Apollonius avait récllemcni opéré des prodiges par l'intervention du démon ; il ne peut se persuader que Dieu ait permis à l'ennemi du salut d'exercer sur la terre un pouvoir surnaturel pour tromper les hommes, dans le temps même que Jésus- Christ et les apôtres y exerçaient un pouvoir divin pour détruire l'empire du démon. 11 pense donc que les prétendus miracles d'Apollonius ne sont que des guérisons naturelles opérées par l'art de la médecine que ce philosophe avait étudiée, mais qui parurent miraculeuses à des Orientaux, toujours extasiés du mérite des médecins, et auxquelles ce fourbe habile eut soin de mêler des tours de charlatans, afin de rendre ses cures plus merveilleuses. — Mosheim ajoute que ce philosophe ne fut que le singe de Pytbagore, dont il ambitionnait la célébrité ; que si l'on veut comparer l'histoire d'Apollonius par Philostrale, avec celle que Lucien a faite du faux Alexandre, on trouvera entre ces deux imposteurs une ressemblance parfaite. Ces réflexions nous paraissent trèsjudicieuses.
APOLOGÉTIQUE. Ecrit ou discours fait pour excuser ou justifier une personne ou une action. Voy. Apologie.
L'Apologétique écrit par Terlullicn pour la défense du christianisme , est un ouvrage pleiu de force et d'élévation , digne du caractère véhément de son auteur. Il y adresse la parole aux magistrats de Carlhage. aux grands de l'empire , aux gouverneurs des provinces. — Tertullien s'y attache à montrer l'injustice de la persécution contre une religion que l'on condamnait sans la connaître et sans l'entendre , à réfuter l'idolâtrie et les reproebcs odieux que les idolâtres faisaient aux chrétiens d'égorger des enfants dans leurs mystères, d'y manger de la chair humaine, d'y commettre des incestes, etc. Pour répondre au crime qu'on leur imputait de manquer d'amour et de fidélité pour la patrie, sous prétexte qu'ils refusaient de faire
les serments accoutumés et de jurer par les dieux tulélaircs de l'empire, il prouve la soumission des chrétiens aux empereurs. Il en expose aussi la doctrine autant qu'il était nécessaire pour la disculper, mais sans en dévoiler trop clairement les mystères, pour ne pas violer la religion du secret, si expressément recommandée dans ces premiers temps. Cet écrit, tout solide qu'il était, n'eut point d'effet, et la persécution de Sévère n'en fut pas moins violente.
la meilleure édition de cet ouvrage est celle de Leyde en 1718, in 8°, avec des notes de Havcrcamp, et la meilleure traduction est celle qu'a donnée récemment M. l'abbé de Gourcy.
APOLOGIE , APOLOGISTES. Nous avons perdu plusieurs apologies delà religion chrétienne, faites par des auteurs du ne siècle de l'Eglise, et il y a lieu de les regretter : celles de Quadralus, évêque d'Athènes, de Méliton, évêque de Sardes, d'Apollinaire, évêque d Hiéraples. On ne nous saura pas mauvais gré de donner ici la liste des ouvrages de nos anciens apologistes qui subsistent encore.
Les deux Apologies de saint Justin, et son dialogue avec le juif Tryphon. Le discours aux Gentils, par Tatien. La satire contre les philosophes païens, par Hermias. L'ambassade d'Athénagore pour les chrétiens. Les trois livres de s :inl Théophile, évêque d'Antiochc, à Aulolycus. La lettre à Diogénèle. Tous ces ouvrages se trouvent dans la nouvelle édition des œuvres de saint Justin, ils sont du il1' siècle. — L'Exhortation de saint Clément d'Alexandrie aux païens. L'Apologétique de Tertullien, ses livres aux nations et à Scapula, gouverneur de Carlhage. Son livre contre les Juifs. La dispute d'Arnobe contre les païens, en six livres. Le Dialogue de Minulius Félix , intitulé Oclavius, Juiius Firmicus Malcrnus, sur les erreurs des religions profanes. — Les huit livres d'Origèna contre Cclse. Les Institutions divines de Lactance, en sept livres. La Préparation cl la Démonstration évangélique d'Eusèbe, et son livre contre Hiéroclès. Le discours de saint Alhanase contre les païens. La Thérapeutique de Théodore!. Les dix livres de saint Cyrille d'Alexandrie contre Julien. Les discours de saint Grégoire de Nazianze contre le même empereur. — Le traité de saint Cyprien sur la vanité des idoles, et sa lettre à Déméli ien. Les discours de saint Jean Cbrysoslome contre les Gentils et les Juifs. Les vingt-deux livres de la Ci!é de Dieu de saint Augustin ; son traité de la vraie Heligion et celui des Mœurs de l'Eglise contre les manichéens. — La dispute d'Evagre enire le juif Simon et le chrétien Théophile. Le livre des Consultations de Zachëe, chrétien, et d'Apollonius, philosophe. Le traité de saint Fulgence sur la foi. Les traités dogmatiques de saint Isidore de Séville ; celui do la foi orthodoxe, par saint Jean Damascène. Les Dialogues enire un chrétien et un juif, un neslorien él uu sarrasin, par Théodore d'Abucara. Le Monologue cl le Prologue de saint
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Anselme sur I existence de Dieu. Dcix ouvrages contre les Juifs, par Pierre de Mois. — Lé livre de Rayni<>nd Martin, intitulé Pugin fidei, contre les Juifs, a été publié par Galalin, dans son ouvrage de Arcanis catitolicœ verilatis.
On ne peut pas accuser les premiers apo~ logistes du christianisme d'avoir déguisé les faits ; Qiadratus, Mélïton, saint Justin, Minutius Félix, étaient environnés d'ennemis qui avaient toutes les facilités possibles île trouver des preuves et des témoins pour confondre l'imposture, si ces écrivains courageux avaient osé hasarder un seul mensonge. Us avaient eux-mêmes examiné les preuves de cette religion, puisque c'étaient des philosophes ou des hommes instruits ; ils étaient à la source des événements, puisqu'ils avaient été convertis ou par les apôtres, ou par leurs disciples immédiats. Le christianisme était persécuté; aucun intérêt temporel n'avait donc pu les engager à l'embrasser. Saint Justin confirma, parson marl)re, la sincérité de sa croyance. — On ne peut pas dire qu'ils ont passé sous silence ou affaibli les raisons et les objections de leurs adversaires. Origène rapporte les propies termes de Celse ; saint Cyrille copie exactement les paroles de Julien. Sans cette bonne foi, il ne resterait pas aujourd'hui une seule phrase des ouvrages de ces deux philosophes. Les aveux que ceux-ci sont forcés de faire sont encore le bouclier que nous opposons aux attaques des incrédules modernes. Ou ils conviennent expressément des miracles de Jésus-Christ et des apôtres , ou la manière dont ils les combattent équivaut à un aveu formel. 11 n'a pas tenu à Origène de verser son sang pour sceller la vérité de son Apologie.
Quelques incrédules, pour esquiver les conséquences de ces témoignages, ont prétendu que ces premiers écrivains étaient des philosophes platoniciens ; qu'ils avaient embrassé le christianisme, parce qu'ils avaient trouvédela ressemblance entre sesdogmes et ceux de Platon; qu'une fois persuadés de la doctrine, ils n'avaient point contesté sur les faits, et les avaient admis sans examen. Malheureusement cette conjecture est contredite par d'autres critiques, qui soutiennent que ce sont les plus anciens Pères de l'Eglise qui ont introduit dans le christianisme les idées de Platon ; elles n'y étaient donc pas encore lorsqu'ils se sont convertis. Si le platonisme chrétien est leur ouvrage, il n'a pas pu être le motif de leur conversion. — Est-ce de Platon que les Pères ont emprunté l'unité d'un Dieu créateur, le péché originel, la rédemption du monde par un Dieu lait homme? Ces dogmes s'accordent si peu avec ceux de Platon, que Celse et Julien ne cessent d'opposer la doctrine de ce philosophe à celle du christianisme. C'est aux hérétiques de son temps que Terti'llien reproche la fureur de vouloir substituer les ré* cries de Platon et des autres philosophes aux leçons de Jésus- Christ et des apôtres. Yoy. Pi.atomsmk.
Loin de passer légèrement sur les fa:ls,
Origène y renvoie continuellement son adversaire : personne n'a soutenu la vérité des miracles de Jésus-Christ et des apôtres avec plus de force que lui ; c'est cependant l'un des Pères auquel on a supposé le plus d'idées platoniciennes.
D'autres critiques ont conjecturé que les remontrances de nos anciens apologistes n'a» vaient jamais été présentées ni aux empereurs , ni aux gouverneurs des provinces; que ces écrits étaient restés inconnus dans le portefeuille de leurs auteurs, comme tes apologies que composèrent plusieurs protestants à la naissance de la prétendue réforme. — Il faut du moins que celles de saint Justin aient été présentées aux empereurs, puisque la première est suivie d'un récit d'Adrl n à Miuutius Fundanus. et d'un ordred'Anlonin aux communes de l'Asie, pour défendre de persécuter les chrétiens pour cause de religion, à moins qu'ils ne se trouvent coupables de quelques crimes. Des hommes toujours prêts à mourir pour leur religion n'ont pas pu craindre de produire au grand jour Vapologie qu'ils en avaient faite. Mais sur ce fait, comme sur tous les autres, nos adversaires sont encore en contradiction : tantôt ils accusent les chrétiens d'être allés provoquer la colère des juges païens sur leurs tribunaux ; tantôt ils imaginent que ces hommes avides du martyre n'ont pas seulement osé présenter des remontrances sages et respectueuses. La vérité est que ces deux reproches sont aussi mal fondés l'un que l'autre.
Mosheim, qui ne laisse échapper aucune occasion de déprimer les Pères de l'Eglise, dit, en parlant de nos apologistes du w et du m" siècle, qu'ils attaquèrent avec beaucoup de jugement, de dextérité et de succès, la superstition païenne, mais qu'ils ne réussirent pas si bien à développer la vraie nature et le génie du christianisme ; que leurs Apologies sont défectueuses à plusieurs égards; qu'ils ne furent pas toujours heureux dans le choix de leurs arguments ; que la plupart paraissent avoir manqué de pénétration , d'érudition, d'ordre, d'exactitude et de force ; qu'ils emploient souvent des arguments futiles, plus propres à éblouir l'imagination qu'à convaincre l'esprit. L'un, dit-il, abandonnant les livres saints, où l'on doit prendre des armes pour défendre la religion, s'en rapporte aux décisions des évêques qui gouvernaient les Eglises apostoliques; un autre, s'imagiuant que l'ancienneté d'une doctrine est une preuve de sa vérité, fait valoir la prescription contre ses adversaires, comme s'il défendait sa propriété devant un magistral civil ; un troisième, entêté d'idées cabalistiques, allègue la puissance imaginaire de certains noms ou termes mystiques. Do là Mosheim conclut que ce fut dès le H' siècle que commença de s'introduire la méthode vicieuse de disputer, que l'on nomme économique, par laquelle on cherchait plutôt à dérouler et à confondra un adversaire, qu'à lui montrer la venté. Ilisi. eccles. du il' sièile , r part., C. 3, § 7 et 8.
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Mai», n'est-ce pas Mosheim lui-même qui manque ici de droiture ou de jugement ? 1° La contradiction est palpable entre l'éloge qu'il a fait d'abord de nos apologistes et les reproches par lesquels il l'empoisonne. Si tous ces reproches sont vrais, leur travail est détestable ; en quel sens ont-ils attaqué la superstition païenne avec beaucoup de jugement , de dextérité et de succès ? — 2° De quel poids auraient été, pour défendre la religion, des arguments tirés de l'Ecriture
' sainte, contre des païens qui ne croyaient point à cette Ecriture , qui la regardaient comme un recueil de rêveries et de fables? H fallait done, pour les convaincre de la vérité et de la divinité de ces livres, des arguments tirés d'ailleurs ; Ifoslteim lui-même aurait été forcé de prendre celte même roue, s'il avait eu à prouver le christianisme contre un philosophe païen. Mais voilà l'entêtenient des protestants : parce que, selon leur opinion, rien n'est plus vrai que ce qui est écrit, et que l'Ecriture est le seul organe de la révélation, ils jugent que les Pères du il* siècle, qui ont pensé différemment , ont été dans l'erreur, qu'ils n'ont pas connu la nature et le vrai génie du christianisme. Si on veut parler du christianisme prolestant, cela est très-vrai; mais ces Pères, instruits par les disciples immédiats des apôtres, ont trèsbien connu et développé la vraie nature et le génie du christianisme apostolique, qui n'est pas celui des protestants. — 3° Un des principaux préjugés des païens contre noire religion était de prétendre que cette religion était nouvelle, inconnue à tous les sages de l'antiquité; ils se persuadaient que toute vérité devait se trouver chez les Grecs. Pour détruire cette prévention, saint Justin, Tatien, Athénagore, saint Clément d'Alexandrie, se sont attachés tous à prouver que la doctrine de Moïse louchant la Divinité, doctrine qui est la base du christianisme, est beaucoup plus ancienne que celle de tous les écrivains grecs, et que Moïse l'a enseignée plusieurs siècles avant la leur. Ils font voir que les auteurs grecs les plus anciens et les plus estimés sont d'accord avec Moïse touchant l'unité de Dieu, la création du monde, la formation de l'homme, etc. Ces Pères pouvaient-ils répondre plus directement et plus solidement à la prétendue prescription sur laquelle se fondaient les païens? — 4° Un autre préjugé, répandu môme parmi les philosophes , était de croire qu'il y a des mots efficaces, mais qui n'opèrent rien s'ils ne sont
., prononcés dans la langue originale. Origène se sert de celle opinion pour réfuter certaines objections de Celse contre les exorcismes et contre les miracles que les chrétiens opéraient par des paroles; nous ne voyons pas où est le crime. De tout temps il a été permis de faire à un adversaire un argument personnel, que l'on nomme argumentai hominem, tiré des principes et des opinions de celui contre lequel on dispute. Il ne s'ensuit pas que par celte méthode on a plus envie de confondre un homme que de lui montrer la vérilé : la manière la plus efficace de le
convaincre e&l de le prendre par ses propres principes. — 5" C'est Tertullien qui, (huis ses Prescriptions contre les hérétiques, s'en rapporte aux décisions des évêques qui gouvernaient les Eglises apostoliques; mais il ne disputait pas alors contre des païens. Il était question de savoir quels étaient les livres canoniques ou divins ; si les nôtres étaient falsifiés, ou si c'étaient ceux des hérétiques; quel était le sens qu'il fallait leur donner. Or, nous soutcnoi:s, avec TcFtullieu, que ces questions ne pouvaient être solidement résolues que par le témoignage des évêques qui gouvernaient les Eglises apostoliques, et que ce témoignage était irrécusable. Au mol Prescription, nous ferons voir que cet argument, invincible au ni' siècle, n'est pas moins solide aujourd'hui, et qu'il n'est pas vrai, comme le prétend Mosheim, que celle façon de disputer puisse nuire à la cause de la vérilé. — G° Si l'on veut se donner la peine de lire l'analyse des apologies de saint Justin, de Talien,d'Alhénagore, etc., que les savants éditeurs de saint Justin en ont faite, on verra qu'il est faux que ces auteurs manquent d'ordre, de méthode, de pénétration, d'érudition et de force. 11 en est de même de. l'Exhortation aux Gentils de saint Clément d'Alexandrie , dont on trouvera l'analyse dans l'édition de Polter, pag. 1, dans les notes. Au mot Celse, nous donnerons celle de l'ouvrage d'Origène contre ce philosophe.
Rien n'est donc plus injuste ni plus téméraire que la censure de Mosheim , adoptée aveuglément par les protestants , pour se mettre à couvert d'une objection qui les écrase. Nous persuaderont-ils qu'au ue siècle, immédialement après la mort des apôtres, on avait déjà oublié la vraie nature et le génie du christianisme ?
APOLYTIQUE. C'est, dans l'Eglise grecque , une sorte de refrain qui termine les parties considérables de l'office divin. Ce refrain change selon les temps. Le terme apolitique est composé de à™ et de W», je délie, je finis, etc.
APOSTASIE, APOSTAT. Eh laissant aux canonistes les divers sens de ce terme qui peuvent les concerner, nous entendons pat apostasie, le crime de celui qui abandonne la vraie religion pour en embrasser une fausse.
Du temps des apôtres mêmes, il y eut des apostats du christianisme; saint Jean nous en parle , et les nomme des anlcchrists (/ Joan. ii, 8). Le nombre en augmenta lorsque les persécutions devinrent truelles, Plin*; en avait interrogé plusieurs, et il déclare, dans sa lettre à Trajan, qu'il n'a rien découvert par leur aveu, sinon que le christianisme est un excès de superstition. En effet, aucun des transfuges n'a jamais révélé au\ juifs ni aux païens un seul fait désavantageux à la religion qu'il avait quittée ; ils en tirent plutôt l'apologie. Lorsque les persécutions cessèrent, plusieurs revinrent à la pénitence, et obtinrent le pardon. C'est une preuve invincible de la vérilé et de la sainteté du chris-
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Hanismo, A laquelle ses accusateurs n'ont jamais fait attention.
Hobbes, qui prétendait mettre l'autorité «les souverains au-dessus de relie de Dieu, soulient qu'un chrétien est obligé en conscience d'obéir aux lois d'un roi infidèle, même en matière de religion, parconséquent de renier Jésus- Christ par ses paroles, lorsque le souverain l'ordonne , pourvu qu'il conserve dans son cœur la foi en Jésus- Christ. Alors, dit-il, ce n'est pas le sujet qui renie Jésus-Christ devant les hommes, c'est le roi et le gouvernement. Conséqucmment il n'approuve pas la constance des martyrs. Pour prouver cette détestable doctrine; il demande ce que devrait faire un mahomélan auquel on commanderait, sous peine de la vie, d'abjurer le mahométisme et de professer le christianisme contre sa conscience. Si l'on soutient, dit-il, qu'il doit plutôt souffrir la mort, on autorise tout sujet à résister à son souverain pour cause de religion, soit vraie, soit fausse. Leviath. c. xlii, p. 334. — Nous répondons que ce mahomélan doit commencer par se laisser instruire, afin de déposer sa fausse conscience ; que s'il lui était impossible de dissiper son aveuglement, supposition que nous n'admettons point, il serait obligé de souffrir la mort. Dieu avait ordonné aux Israélites d'exterminer les autres, mais il n'avait pas commandé de les «rainer aux pieds de ses autels, pour leur faire pratiquer le judaïsme sous peine de la vie. Jésus-Christ n'a jamais ordonné d'employer la violence et les supplices, pour forcer les païens à professer sa doctrine contre leur conscience. Au reste, c'est un sophisme de comparer la conscience éclairée et droite d'un chrétien, avec la conscience erronée et fausse d'un païen ou d'un mahométan. C'est une absurdité de vouloir que l'autorité du souverain l'emporte sur la loi divine formellement portée par Jésus-Christ. Si quelqu'un me renie devant les hommes, je le renierai devant mon Père (Matth. x, 33). La loi du souverain ne peut avoir de force qu'autant que Dieu nous ordonne de lui être soumis : or, Dieu n'a donné à aucun souverain l'autorité de faire des lois contraires à la sienne. Jésus- Christ nous dit de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, c. xxn, v. 21 : or, c'est à Dieu, et non à César, de nous prescrire la religion. Si le souverain ordonnait de commettre un parjure, un vol, un adultère, un homicide, ou tout autre crime contraire à la loi nalurelle, serionsnous forcés de lui obéir?
Quelques anciens apostats , pour excuser leur crime , nièrent la divinité de Jésus- Christ ; ils dirent qu'i's avaient renié, non un Dieu, mais un homme. Voy. Iù.cèsaïtks.
Parmi les catholiques, on nomme encore epostat un homme qui, sans dispense légitime, renonce à l'habit cl A l'état religieux <lans lequel il avait fait profession.
* APOSTOI.ICMÉ de l'Eglite. Un symbole reçu
pic-que universellement clic/, les chrétiens «les diverses communions assigne, pour notes de la véritable l'.gijîe, c'est -à- dira de telle nui s conservé
toute l.i doctrine et Ions les préceptes de JésnS- CliriSt, l'UMTÉ, I» SAINTETÉ, b CATHOLICITÉ, ()ol||
nous parlerons en leur lien, et I'apostolicité, dont nous avons maintenant à nous occuper, tant sous le rapport du droit que sous celui du fait.
I. La véritable Eglise de Jésus-Cbrist doit-elle êire apostolique? On Fait par l'Evangile que le fondateur de l'Eglise se servit pour l'établir de douze apôtres qu'il instruisit, et qu'il envoya d ms les diverses pariies du monde pour y annoncer la bonne nouvelle. Il leur dit : Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur ta terre; allez donc et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées. Et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. Comme mon Père m'a envoyé je'vous envoie. En parlant à Pierre : Tu es Pierre, et sur celte pierre je bâtirai mon Eglise •; et les portes de l'enfer ne prévuuelront point contre elle , el je te donnerai les clefs du royaume des deux; el tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que lu délieras sur la terre sera délié dais le ciel; pais mes aejneaux, pais mes brebis (a). Saint Paul rappelle (pie Jésus- Cluisi a établi les apôtres afin que l'Eglise demeure ferme dans la foi et ne se laisse pas emporter à tout vent de doctrine {b). On ne peut méconnaître dans ces paroles l'établissement du ministère pastoral. Aussi les apôlres ont organisé des églises particulières en parfaite harmonie les unes avec les autres, y ont institué des pas eurs à qui ils ont enseigné, avec injonction de ies iransmeilre, les doctrines et les observances piescrites par Jésus-Christ; ils ont investi ces pasteurs de toute l'autorité qu'ils avaient reçue eux-mêmes pour se choisir des successeurs légitimes qui auraient aussi le droit de s'en choisir, et ainsi indéliniment, c'est-à-dire jusqu'à la lin du monde, et sans qu'il y ait interruption dans la succession des pasteurs. De ces faits, il est facile de conclure quo la véritable Eglise de Jésus-Christ doit é:re celle qui s'est perpétuée par les moyens qu'a prescrits s.m fondateur, et que, par conséquent, elle doit tenir des apôlres son origine, sa doctrine, les pratiques essentielles de son culte, et ses pasteurs par une succession non interrompue, el en vertu d'une '.nission légitimement transmise jusqu'à ce jour.
Aussi, dès les temps les plus reculés, nous voyons la masse des chrétiens appliquer la règle de l'aposiolicilé pour faire le discernement de la véritable Eglise de Jésus-Christ d'avec les diverses sectes ou fractions de chrétiens qui cherchaient à altérer !a doctrine reçue communément comme venant des apôtres. C'est ce que nous savons principalement par les écrits de ceux qui sont regardés universellement comme les grands docteurs de leur temps, el que l'on nomme pour celle raison les Pères de l'Eglise. Voici d'abord commeni, dans le premier siè. le, saint Clément, quatrième chef de l'Eglise (V. Unité), caractérise I'apostolicité dans sa I" épine aux Corinthiens (vers. 42, 43 el 41) : Les apôtres, écrit— 11, nous ont évaiiejélibé de la part de Noire-Seigneur Jésus- Christ, et Jésus-Christ l'a fuit de la pari de Dieu, là Christ fut donc envoyé par i ieu, cl les apôtres le furent par le Christ, la volonté de Dieu l'ayant ainsi ordonne. C'est pourquoi, après avoir accepté leur mission, tes apôtres, fortement persuadés par la résurrection de Noire-Seigneur Jésus (.lu ist, et confirmés dans la foi tant pur la parole de Dieu que par la plénitude de I Esprit-Saint, se dispersèrent pour annoncer l'arrivée du roycaune de Dieu. Prêchant donc dans les pays et les villes, ils établirent évêquet cl diacre» {c), sur ceux
(a) Matth. xvm, 19,30; KVi, 18, 11).— Joan. xx,2l ; xxi, 15, 16. 17.
(b) l.ph. iv. Il
(<•) Uaelqties-uns oui voulu inférer de ce pensas qu». Mini Clémenl n'admettait nue deux ordres dans le «ler^'.'»
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