‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 53 sur 183 · AIT APP · texte numérisé non relu

AIT APP

usage dans l'Eglise laline dans le même anges <|ui parlaient aux hommes, leur appa-

sens, comme noua l'apprennent saint Gré- laissaient sous une ligure humaine : ainsi un

poire le Grand, Hincmar et Isidore de ange conversa dans le désert avec Agar, el

Séville : c'est ce qu'on m mine aujourd'hui cette femme crut que c'était Dieu lni-mèmo

épis tôlier. [Gen. xvi, 7 et 13). Les trois anges envoyés

'Apôtres (Faux). Il se tr mva dans la primitive P<>u»" détruire Sidoine prirent un repas dans

Eglise des Juifs convertis qui voyaient avec peine la la tente d'Abraham ; 1 un d'entre eux, qui Lui

doctrine de Jésus-Christ s'étendre au delà de la Ju- promit un fils, est appelé le Seigneur, Jélio-

dée; ils disaient qu'il était venu uniquement i>our san- vah (xviii, 13). Ces sortes d'apparitions des

ver Israël. Ils lurent condamnés. Ils sont connus bons anges sont fréquentes dans l'ancien cl

sous le nom de faux apôtres. |fi Nouveau Testament ; mais nous ne voyons

APPARITION. Action par laquelle un dans l'Ancien aucun exemple d'apparitions

esprit tel que Dieu,unange bon ou mauvais, des anges de ténèbres; la première fois qu'il

l'âme d'un mort se rend sensible, agit et en est fait mention dans l'Ecriture sainte, est

converse avec les hommes. Les exemples en à l'occasion de la tentation de Jcsus-C .risl

sont fréquents dans l'Ecriture sainte. au désert (Mntilt. iv, lj.

Selon l'histoire même de la création, Dieu J| esl aus»i rarement question d'apparition a converséd'une manière sensible avccAdam des morts. S imuel apparut à Saùl, lorsque et ses enfants, avec Noé et sa fami!!e, avec celui-ci le lit évoqu r par la pylhonisse Abraham, Isaac, Jacob, MoTfxe et plusieurs d Endor (/ Heg. xxvni, 15). Judas Machabée prophètes. Les Pères de l'Eglise ont agité la vit aussi le grand prêtre Onias el Jérémie qui question de savoir si c'était Dieu lui-même lui parlèrent après leur mort, mais c'était en qui screndail présent el visible aux hommes», songe (// Machab. xv , ik). Nous lisons, ou si c'était un ange qui parlait el agissait Malth., xxvn, 52, qu'à la mort du Sauveur, ;.u nom de Dieu. Presque lous les anciens et après sa résurrection, plusieurs morts oui été persuadés que celait le Verbe divin, sortirent de leur tombeau, entrèrent à Jérusecotide personne de la sainte Trinité, qui salcm, el apparurent à plusieurs personnes, préludait ainsi au mystère de l'incarnation ; Nous ne nous arrêterons point à exad 'a u 1res ont cru que c'étaient des anges. Il mirer la multitude des apparitions des esserail difficile de prouver d'une manière prits rapportées par les auteurs profanes; incontestable l'un ou l'autre de ces senti- bs philosophes du hp et du ive siècle de menls; tousdeux peuvent ctrevrais, eu égard l'Eglise, entèlés de lliéurgie, de theopsie et aux circonstances. Il semble d'abord qu'à de magie, croyaient ou faisaient semblant moins de faire violence au texte sacré, on ne de croire que l'on pouvait converser avec les peut pas nier que le Créateur lui-même n'ait génies ou dieux du paganisme; que plusieurs parlé et conversé avec Adam, Noé et Abia- hommes en avaient vu, leur avaient parlé ham ; il ne parait pas probable qu'un auge et en avaient reçu des réponses. Quelques ail iiil à Moïse , dans le buisson ardent : Je Pères de l'Eglise' ont été persuades qu'en suis le Dieu de (on père , le Dieu d'Abraham; effet le démon s'était rendu sensible à ses ei aux Israélites assemblés au pied du mont magiciens, en particulier à Julien l'Aposlat, Sinaï : Je suis le Seigneur votre Dieu, qui et que Dieu l'avait permis pour punir leur vous ai tires d'Egypte [Exod. xx, 2). Cepen- impiété. Un ne peut savoir avec cerlilude danl nous lisons ilans les Actes des apôtres jusqu'à quel point l'imagination, les presli- ( vu, 37), que c'était un ange qui pariait à ges de l'esprit impur, ou l'imposture, ont eu Muïse sur le mont Sinaï; el saint Etienne dit lieu dans ces circonstances. Comment nous aux Juifs: Vous avez reçu une loi disposéepar fier à de prétendus philosophes, dont la les anges [Ibid., 53). Sous quelle figure cet mauvaise foi allait de pair avec leur fanaange se montrait-il alors? Sous aucune, lisme? Porphyre et Jamblique, moins entélés Moïse dit formellement aux Israélites : que les autres, ont témoigné qu'ils n'ajoui.orsgue Dicuvousa parlé à Iloreb du mil eu taienl aucune foi à toutes ces visions; les d'un feu, vous avez entendu sa voix: mais chrétiens ont plus d'une fois défié les païens vous n'avez vu aucune figure, de peur que, d- turc agir en leur présente ces génies trompés pir là, vous ne fussiez tentés de faire dont on vantail 11 puissance (Tcrlull., Apoguelijue représentation de mâle ou de femelle, log., c. il el 23). Si l'on veut en cioire les et.de l'ado» er [Deut. îv, 12, 15, etc.). il est voyageurs, les magiciens caraïbes oui soudit que Moïse pariait à Dieu face à face venl commerce avec le démon, dans la nuée qui était à l'entrée du laberna- Quant aux apparitions des morts, rien n'est lie; mais lorsque Moïse lui dit : Seigneur, si plus commun, soïi chi'l les historiens païens, J'ai trouvé grâce devant vous, munirez moi soil dans nos écrivains des bas siècles; c'est votre visage, afin g ne je vous counai se... ce qui avait fait nailre dans le paganisme rentrez -moi votre gloire. Dieu lui répond : la nécromancie, ou l'an d'évoquerles inorls, Vous ne pouvez pas » oir mon visage ; nu -un pour apprendre d'eux l'avenir; mais aucun homme ne me verra sans mourir [Exod. de ces laits dont nos pères repaissaienl leur xxxii!,!), 11, 13, eic). 11 paraît nénutitoiiis, crédulité, n'est fondé sur des preuves assez par les premiers chapitres de la Genèse, que fortes pour nous obliger à le croire. S'il y eu Dieu, pour converser avec nos premiers pa- avail de bien prouvés, nous n'aurions aurents, se revêtail d'.un corps vi- ib!c ; mais on cune répugnance à y ajouicr foi. D'autre lie peut pas affirmer que c'était un corps bu- part. 1< s doutes que nous inspirent des nar- Inain. --Dans d'aulrcs circonstances, les niions apocryphes, ne dérogeai en aucune

535 APP

manière à la certitude des faits rapportés dans les livres saints; vainement les incrédules se croient en droit de tout nier , parce que tout n'est pas également prouvé.

l'Ceux qui admettent un Dieu, peuvent-ils mettre des bornes à sa puissance, régler ses décrets, prescrire la conduite qu'il a dû tenir envers les hommes depuis la création? Dieu sans doute peut se revêtir d'un corps, c'està-dire rendre sa présence sensible, pirla parole et par l'action qu'il donne à un corps quelconque : que ce corps soit igné, aérien, lumineux ou opaque, cela est égal; on ne prouvera jamais que cette manière d'instruire les hommes, de leur dicter des lois, de leur prescrire une religion, est indigne de la sagesse et de la majesté divine : Dieu a donc pu s'en servir. Comment prouverat on qu'il ne l'a pas fait? Une preuve qu'il l'a fuit à l'égard des patriarches, de Moïse et d'autres, c'est qu'il uous ont laissé les monuments d'une religion, plus pure, pus sainte, plus sensée, plus vraie que toutes celles des peuples qui n'ont pas vu le môme secours. 11 faut donc que Dieu la leur ait révélée. La manière dont ils disent que cette révélation leur a été faite était donc convenable, puisqu'elle a produit l'effet que Dieu se proposait. — Les apparitions des anges et des morts ne renferment pas plus de difficulté que les apparitions de Dieu. 11 ne lui est pas moins aisé de donner un corps à un ange que d'en revêtir une âme humaine ; lorsque celle-ci est séparée de son corps. Dieu peut certainement la faire reparaître, lui rendre le même corps qu'elle ayait, ou un autre, la remettre en étal de faire les mêmes fondions qu'elle faisait avant la mort. Ce moyen d'instruire les hommes et de les rendre dociles est un des plus frappants que Dieu puisse employer.

2° Les matérialistes mêmes, qui ne croient ni à Dieu ni aux esprits, et qui nient tous les faits capables d'en prouver l'existence, ne raisonnent pas couséquemment.

Jiaylc a démontré que Spinosa, dans son système d'athéisme, ne pouvait nier ni les esprits, ni leurs apparition», ni les miracles, ni les démons, ni les enfers. Dict. crit., Spinosa, rem. Q et suiv. En effet, selon l'opinion des matérialistes, la puissance de la nature, c'est-à-dire de la matière, est infinie : or, elle ne le serait pas si elle ne pouvait pas faire tout ce qui est rapporté dans l'histoire sainte. Un défenseur de ce système nous dit que nous ne savons point si la nature n'est I as actuellement occupée à produire plusieurs êtres nouveaux, si elle ne rassemble pas d.ms son laboratoire les éléments propres à faire éclore des générations toutes nouvelles, et qui n'auront rien de commun avec ce que nous connaissons. Système de 1 1 7iiit., lom. 1, c. 6, pag. 8o, 87. Donc nous ne savons pas non plus si, plusieurs milliers d'années avant nous, elle n'a pas produit des phénomènes singuliers, et que nous ne con- *evons point. Nous ignorons si, par quelques combiihiisons fortuites de la matière, il ne s'est pas a.lumc au sommet du uiout Siuaï

APP

un feu terrible, d'où sortait une voix qui a dicté le Décalogue. Nous ne pouvons décider si par d'aulres combinaisons il ne s'est pas formé tout à coup une figure d'homme qui a conduit, protégé et comblé de biens le jeune Tobie; si, par magie ou autrement, il n'est pas sorti de terre un spectre semblable à Samuel qui a parlé à Saiil, etc. Puisque la nature, p ir sa toute-puissance, a fait des hommes tels que nous sommes, pourquoi ne pourrait-elle pas former des anges beaucoup plus puissants que les hommes, des corps ignés ou aériens capables de faire des choses supérieures aux forces humaines?

3U Eu bonne logique, les sceptiques peuvent encore moins rejeter le témoignage des auteurs sacrés. Selon leur système, il n'y a aucune connexion nécessaire entre les idées qui nous viennent à l'esprit par les sensations, et l'état réel des corps existants hors de nous : nous ne sommes pas sûrs s'ils sont réellement tels qu'ils paraissent à nos sens. Donc le cerveau de Moïse a pu être a'Tecté de manière qu'il ait cru voir, entendre, et faire tout ce qu'il raconte ; les têtes de ia famille de Tobie ont pu se trouver dans la même situation que si un ange leur était apparu, leur avait parlé, et avait fait tout ce qu'il ont ont cru voir et éprouver; les organes de Saiil ont pu être modifiés de la même manière que si Samuel était réellement sorti du tombeau, etc. Nous aurions do:;c tort de suspecter la sincérité de ceux qui ont écrit ces faits. A la vérité, si c'étaient des illusions, tous ces gens-là n'étaient pas dans leur bon sens ; qu'importe? Nous ne sommes pas sûrs si à ce moment notre cerveau et celui des sceptiques ne sont pas aussi malades que celui des personnages dont nous parlons. — Si donc les incrédules savaient raisonner, ils ne borneraient jamais les forces de la nature, ni le nombre des possibles; ils seraient aussi crédules que les vieilles, les enfants et les ignorants les plus grossiers. Ceux qui croient à la magie sans croire en Dieu ne sont pas ceux qui raisonnent le plus mal.

k° Le grand argument est de dire : Si tout celaétail arrivé autrefois, il arriverait encore; puisqu'il n'arrive plus depuis que l'on est mieux instruit, c'est une preuve qu'il n'est jamais arrivé. Faux raisonnement.

Selon l'opinion des matérialistes, il est sorti autrefois du sein delà terre ou de la mer, des hommes tout formés, il n'en sort plus aujourd'hui; tous viennent au monde par une suite de générations régulières. Si nous en croyons les sceptiques, il n'y a aucune connexion nécessaire entre ce qui se fait aujourd'hui et ce qui est arrivé autrefois. Dès qu'il n'y a point de providence qui entretienne dans la nature un ordre constant, il n'est rien qui ne puisse arriver par hasard, ou par des combinaisons inconnues de la matière.

Les déistes, à leur tour, se fondent mal à propos sur ce même argument. S'il y a un Die a, il a pu et il a dû conduire lutrcmcul le

ATP

APP

genre humain dans son enfance que dans les âges postérieurs. Il fallait alors des miracles, des prophéties, des apparitions et des inspirations pour établir la vraie religion : une fois fondée, elle n'en a plus besoin : les mômes faits qui lui ont servi d'attestation dans l'origine, lui en serviront jusqu'à la fin de s siècles : il n'est donc plus nécessaire que Dieu tasse aujourd'hui ce qu'il a fait autrefois. C'est la réflexion de saint Augustin.

Il s'en faut beaucoup que les dissertations de dom Calmct sur les apparitions aient été laites avec la sagacité et le bon sens qu'exigeait une matière aussi délicate. L'abbé Langlet lui a fait, avec raison, plusieurs reproches dans son traité sur le même sujet, t. II, p. 91. Celui-ci prouve fort bien que le très-grand nombre >\cs apparitions des morts', rapportées par les écrivains des bas siècles, manquent de preuves et de vraisemblance, p. 393 et suiv.

• Apparition* de Jësus-Curist après sa résurrection. 11 est dit, Actes des apôtres, qu'après sa résurrection, Jésus-Christ s'est montré vivant à ses apôtres, et les en a convaincus par un grand nombre de preuve» pendant quarante jours, conversant avec eux, leur parlant du royaume de Dieu, buvant et mangeant avec eux; qu'ils l'ont vu de leurs yeux monter aux cieux (Act. i). Les évangélistes nous apprennent qu'il s'est montré différentes fois à ses apôtres, soit dispersés, soit rassemblés, et aux saintes femmes ; qu'il leur a parlé, qu'il s'est laissé loucher, qu'il a invité le plus incrédule d'entre eux à mettre le doigt sur ses plaies, qu'il a bu et mangé plusieurs fois avec eux. Ces apparitions n'étaient donc point des illusions. — Mais aucun des évangélistes ne s'est attaché à raconter toutes ces apparitions et ces conversations, à les arranger dans l'ordre selon lequel elles sont arrivées , à en détailler toutes les circonstances. Saint Matthieu n'en a cité que deux, saint Marc fait mention de quatre, saint Luc n'en a rapporté que cinq, saint Jean quatre; aucun d'eux n'en a fixé le nombre. Ils en parlaient comme d'une chose très-connue parmi eux, sur laquelle personne ne pouv.iil former des doutes. Ils ne pensaient pas que dans la suite des siècles les incrédules éplucheraient toutes leurs paroles, y chercheraient des contradictions, argumenteraient sur la brièveté de leur récit, ta plaindraient de ce qu'il n'est pas assez exact, etc. Aucun titre, aucune histoire ne peut être assez claire, ni assez précise, pour prévenir toutes les objections des opiniâtres.

La grande objection des incrédules, est que ces apparitions ne suffisent pas pour prouver la résurrection de Jésus-Christ. Il avait promis publiquement de ressu citer, disenl-ils; donc il devait ressusciter en pu« blic. Il fallait se montrer aux prêtres, aus pharisiens, aux docteurs juifs, au sanhédrin île Jérusalem; le témoignage de ces gens-là aurait été d'un toulaulre poids que celui d'une poignée de disciples déjà séduits. Du gouverneur romain, un léirarqiie, un grand prêtre juif, convertis par l'apparition de

Jésns-ChrM, eussent fait plus d'impression sur un homme de bon sens, que celle populace ignorante que l'on suppose avoir été persuadée par la prédication de saint Pierre. — Mais ici nos adversaires s'arrêtent en beau chemin : la résurrection de Jésus- Christ ne devait pas seulement êire crue à Jérusalem, elle devait être publiée et crue dans le monde entier. Pourquoi vouloir que les autres nations fussent obligées de croire aux témoignages des principaux de Jérusalem ? Il ne tenait qu'à Jésus-Chri-t de mourir et de ressusciter à Home, à Pékin, à Paris, de se montrer à l'univers entier : le miracle aurait été plus authentique et plus convaincant; les hommes debon sens auraient cru sur le témoignage de leurs propres yeux.

De tous les arguments des incrédules, il n'en est peut-être point de [dus absurde que celui-ci : Dieu pouvait donner de plus fortes preuves de telle ou telle vérité ; donc celles qu'il a données ne suffisent pas. Les athées sont partis delà; ils disent que s'il y a un Dieu, il devait écrire son existence dans le ciel en car. ictères lumineux et visibles à tous les yeux. — Nous soutenons que Jésus-Christ n'a pas dû faire ce que l'on exige de lui, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni en faveur des incrédules; que quand il l'aurait fait, sa résurrection ne paraîtrait pas mieux prouvée à ces derniers, et qu'ils ne seraient pas plus disposés qu'ils le sont à y croire. — 1° Plusieurs posent pour principe, qu'une résurrection est un fait impossible, qu'aucune preuve ne peut jamais le constater; d'autres, que c'est un fait incroyable; que quand ils verr. lient de leurs yeux un mort ressuscite, il> ne croiraicnlpas. Donc c'e>t une absurdité et une dérision pure de leur part, d'exiger des preuves auxquelles ils sont résolus d'avance de ne pas croire. Si les Juifs pensaient de même, comme ils l'ont assez témoigné par leur conduite, il est clair que la vue même de Jésus-Christ ressuscité ne les aurait pas convaincus. Il ne leur aurait pas é é plus difficile de dire : C'est le diible qui a pris la figure de Jésus pour nous tromper, que de dire, comme ils ont fait : C'est par le pouvoir du démon que cet homme fait des miracles. — 2" C'est une impiété de soutenir que Jésus-Christ devait, par un excès de bonté ei par le don de la foi, récompenser la faiblesse de Pilale qui l'avait livré à la mort contre sa conscience, l'injustice du grand piètre qui l'avait condamné comme blasphémateur, la turpitude du sanhédrin qui avait souscrit à l'arrêt, la fureur du peuple qui avait crié, Crucifiez-le, la ragedes bourreaux qui l'avaient couvert d'opprobres et de plaies. Dieu avait-il donc besoin de tous ces ma liaileurs pour accomplir ses desseins? — 3' Jésus-Cnrisl a rempli sa pro messe dans loule soi: ôteu lue; il n'avait pas promis de ressusciter en public et sous les yeux des Juifs, ni de se montrer à eux après sa résurrection incontestable. Mais les Juifs ont résisté au témoignage des gardes, à l'attesta ion des apôtres, confirmée par leurs miracles, à l'exemple dr> huit mille hommes convertis par saint Pierre

à l'impression que devaient faire sur eux les verlusdcs premiers chrétiens, aux fléaux terblesqueDieufittombersur laJudée pour punir le d icide qui y avait été commis. Dieu doit-il multiplier les miracles pour forcer de pareils hommes à se convertir? Tels ont été et tels seront toujours les incrédules de tous les siècles. — 4° Quand les principaux Juifs et le sanhédrin auraient cru en Jésus-Christ, quelle impression leur témoignage aurait-il l'ait sur les Romains ou sur les incrédules modernes? Aucune. Les Romains ont dit, et les incrédules répètent, que les Juifs étaient des ignorants, des rêveurs, des fanatiques avides de merveilleux, incapables de discerner le vrai d'avec le faux, et un miracle d'avec un prestige. Selon le principe de nos adversaires, les Juifs de la Grèce ni ceux de Rome n'étaient pas obligés de s'en lier au témoignage de leurs Irères de Judée, sur un fait aussi merveilleux et aussi incroyable que la résurrection de Jésus ; les païens encore moins; tous pouvaient dire comme les incrédules : Est-il raisonnable d'exiger que nous croyions, sur la parole d'autrui, un fait dont Dieu pouvait nous convaincre par nos propres yeux? — 5° Quand Jésus res* suscité se serait montré aux chefs de la synagogue, comment le saurions-nous? Par le témoignage des Ju fs convertis ; car enfin des Juifs incrédules n'auraient pas pris la peine de nous en informer , ni de mettre par écrit un fait qui les aurait couverts d'opprobre. Or, les incrédules modernes commencent par rejeter comme suspecte l'attestation de tous ceux qui ont cru en Jésus- Clirist : ce sont , disent-ils, des hommes prévenus, séduits, intéressés à la cause de leur maître ; ce sont des fanatiques ou des imposteurs. Les chefs de la synagogue seraient-ils plus à couvert de celle accusation que les apôtres et les évangélistes ? C'est assez qu'un fait quelconque, ou un témoignage, paraisse aux incrédules trop favorable au christianisme, pour qu'ils les rejettent sans examen : voilà la principale raison qui les prévient contre le témoignage que l'historien Josèphe a rendu à Jésus-Christ. — G° Enfin, si les grands prêtres, le tétrarque de la Judée, le sanhédrin en corps, avaient attesté la résurrection de Jésus- Christ, et avaient cru en lui, les incrédules diraient qu'il y a eu collusion entre tous ces personnages et les apôtres, qu'ils avaient formé de concert le projet de faire reconnaître Jésus-Christ pour le Messie, afin de soulever le peuple, de faire une révolution, et de secouer le joug des Romains; que touti cellescène a éléun complot d'inlérêlnational et de politique; qu'ainsi la prétendue conversion des granJs et du peuple ne prouve rien, etc. L'espiit fécond de nos adversaires pourrait-il jamais manquer de raisons ou de prétextes pour autoriser leur incrédulité?

Dieu a su mieux qu'eux ce qu'il (allait pour persuader les espriis droits et les hommes sensés. La résurrection de Jésus-Christ, a été publiée, prouvéeel crue cinquante jours a;rès, sur le lieu même où elle était arrivée,

APP

par huit mille Juifs que l.i prédicalionde saint Pierre persuada et convertit (ici. h, 41; iv, G). Telles furent les prémices de l'Eglise qui se forma dès lors à Jérusalem, et qui a suhsis'é aussi longtemps que celle ville. Bientôt plusieurs prêtres furent au nombre des fidèles ( Acl. vi, 7). Aucun motif ne pouvait les engager à croire la résurrection de Jésus- Christ, qucla certitude incontestable et la notoriété du fait : donc les preuves en étaient convaincantes et invincibles. Tel est le point essentiel contre lequel aucune objection ne prévaudra. Voy. Résurrection.

APPEL AU FUTUR CONCILE. C'est un expédient dont on s'est avisé de nos jours pour esquiver la censure de certaines opinions condamnées par le souverain pontife, censure approuvée et confirmée par le suffrage de l'Eglise universelle, puisqu'à l'exceplion de quelques évêques de France, point d'autres n'ont réclamé. H esl étonnant qu'un procédé aussi étrange ait pu trouver des partisans et des apologistes. — Les appelants savaient bien qu'il n'y avait poinl pour eux de futur concile à espérer ; que l'Eglise universelle ne s'assemblerait pas pour juger s'ils avaient droit ou lort, que c'était appeler à un tribunal qui n'existerait peut-être jamais. L'Eglise dispersée avait applaudie plusieurs jugemen's déjà portés par le saint-siége sur celte même matière ; pouvait-on supposer que l'Eglise changerait de croyance lorsqu'elle serait assemblée , et que la circonstance d'un concile opérerait une révolution subite dans tous les esprits? Le comble du ridicule a é!é de croire qu'un appel donnait le droit de continuer à enseigner la doctrine censurée. Si les appelants avaient été condamnés dans un concile, ils auraient appelé, comme tous les hérétiques, au jugement de Dieu.

Mosheim, dans une de ses dissertations sur Y Histoire ecclésiastique, t. 1, pag. 581, a très-bien prouvé que ces sortes d appels sont inconciliables avec la doctrine catholique touchant l'unité de l'Eglise, que les appelants se sont joués des termes, en protestant qu'ils ne prétendaient point déroger à cette unité par leur appel ; mais nous réfuterons ailleurs ce qu'il soutient dans le même endroit, savoir, que cetle même croyance louchant l'unité de l'Eglise, ne peut pas s'accorder avec le sentiment de l'Eglise gallicane sur la supériorité des conciles généraux à l'égard du pape. Les partisans de Quesnel n'appelaient pas de la décision du pape seul à celle d'un concile général, mais de la décision du pape, confirmée par l'acquiescement de l'Eglise universelle. Cela est fort différent. Foy. Unité de l'Eglise.

* Appel comme d'adus. L'appel comme d'abus est un acte par lequel une personne qui croit avoir raison de se plaindre d'un jugeaient rendu parmi juge inférieur, demande que l'alfa ire soit examinée et jugée de nouveau par un juge supérieur. Ayant traité de l'appel et de ses diverses espèces dans noire Dictionnaire de Théologie morale, nous nous contenterons d'y renvoyer.

APPELANT, nom qu'on a donné, au com-

Page 1