‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 54 sur 183 · A II A · texte numérisé non relu

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menccmenl do ce siècle, aui évêques et autres ecclésiastiques qui avaient interjeté appel au futur concile de la bulle Unigenitus, donnée par le pape Clément XI, et portant condamnation du livre du Père Qtiesnel, intitulé, Réflexions morales sur le Nouveau Testament. — Comme les appelants se flattaient d'en imposer à l'Eglise entière par leur grand nombre, on sollicitait des appels delà même manière que l'on brigue les suffrages d'un juge ou d'un électeur; et les chefs de ce parti furent assez insensés pour appeler leurs clameurs le cri de la foi. Heureusement ces folles démarches ont été révoquées avec autant de facilité qu'elles avaient été faites, « t l'on rougit aujourd'hui de tout ce scandale.

APPLICATION, se ditparticulièrement, en théologie, de l'action par laquelle notre Sauveur nous transfère ce qu'il a mérité par sa vie et par sa mort. — C'est par cette application des mérites de Jésus-Christ qua nous devons être justifiés, et que nous pouvons prétendre à la grâce et à la gloire éternelle. Les sacrements sont les voies ou les instruments ordinaires par lesquels se fait cette application, pourvu qu'on les reçoive avec les dispositions nécessaires et prescrites par le concile de Trente dans la sixième session. — L'Eglise nous les applique encore par lesaint sacrifice de la messe, par ses prières, par les indulgences, par les bonnes œuvres qu'elle nous prescrit. Elle a condamné les protestants qui soutiennent que cette application ne peut nous être faite que par la foi. Voy. Imputation.

APPROBATION, APPROUVER. Un prêtre approuvé est celui qui a reçu de son évoque le pouvoir d'entendre les confessions el d'absoudre. Comme c'est un acte de juridiction, l'evêque est le maître de limiter celle approbation pour le temps, pour le lieu, pour les cas (1). Un prêtre qui n'est approuvé que pour un an, est obligé défaire renouveler ses pouvoirs à la fin de l'année; celui qui est approuvé pour telle paroisse, n'a pas pour cela le pouvoir de confesser dans une aulrc ; celui qui a le pouvoir d'absoudre des cas ordinair s ou non réservés, a besoin d'un pouvoir spécial pour absoudre des cas réservés.

ATSiS ou ABSIS, mol usilé dans les au-

(I) « Puisque la nature et l'ordre du jugement exigent qu'une sentence ne puisse être portée par un juge (pie sur ceux qui lui sont sujets , on a toujours clé persuadé, dans l'Eglise 'le Dieu , et le concile confirme cette vérité. Que l'absolution prononcée par un piètre sur celui sur qui il n'a pas de juridiction, soit ordinaire, soil subdéléguée i doit être de nul poids. (Concile de Trente, sess. 14, cil. 7.) Quoique les pré- 1 1 es, dans leur ordination , reçoivent la puissance • l'absoudre les péi lié>, le saint concile décrète qu'au- « un prêtre, même régulier, ne peut entendre les confessions des séculiers, même des prêtres, ni cire regardé comme idoine à ce ministère, à moins qu'il ne possède un bénéfice paroi si»! , ou nue l'évoque ne. lui donne gratuitement , après l'avoir examine,

s'il le juge nécessaire, nue approbation, nonobstant tous les privilège* ou coutumes inéinc trouicmoriales.*

(its... 17> de la Hiform , t. 15.)

leurs ecclésiastiques pour signifier la partie intérieure des anciennes églises, où le clergé était assis et ou l'autel était placé. — On croit que cctle partie de l'église s'appelait ainsi, parce qu'elle était bâlic en arcade ou en voûte , appelée par les Grecs tylç , et par les Lalins absis. Dans ce sens, le moloom se prend aussi pour le presbytère, par opposition à la nef, ou à la partie de l'église où se tenait le peuple ; ce qui revient à ce que nous appelons choeur et sanctuaire. — L'apsis était bâtie en figure hémisphérique, et consistait en deux parties, l'autel ou sanctuaire, el le presbytère. Dans celle dernière partie étaient contenues les stalles ou places du clergé, el entre autres le Irène ds l'evêque, qui était p'acé au milieu ou dans la partie la plus éloignée de l'autel. L'autel était à. l'autre extrémité vers la nef, dont ii était séparé par une griile ou balustrade à jour. Il é ait sur une estrade, et sur l'autel était le ciboire ou la coupe, sous une espèce de pavillon ou de dais. Voy. Cordemoy, Mém. de Trév., juillet 1710, p. 1268 et suiv. ; Fleury, Mœurs des Chi él., tit. xxxv.

On faisait plusieurs cérémonies à l'entrée ou sous l'arcade de Vapsis , comme d'imposer les mains, de revêtir de sacs et de cilices les pénitents publics. Il esl aussi souvent fait mention dans les anciens monuments, des corps des saints qui étaient dans Vapsis. Celaient les corps des saints évêques ou d'autres saints, qu'on y transportait avec grande solennité. Synod. ni Cartk., can. 32, Spelman.

Le trône de l'evêque s'appelait anciennement apsis, d'où quelques-uns ont cru qu'il avait donné ce nom à la partie de la basilique dans laquelle il était situé; mais selon d'autres, il l'avait emprunte de ce même lieu. On l'appelait encore apsis gradala , parce qu'il était élevé de quelques degrés au-dessus des sièges des prêtres; ensuite on le nomma exhedra, puis trône et tribune.

Apsis était aussi le nom d'un reliquaire ou d'une châsse, où l'on renfermait ancien nement les reliques des saints, et qu'on nommait ainsi, parce que les reliquaires étaient faits en arcade ou en voûte ; peut-être aussi à cause de Vapsis où ils étaient placés ; d'où les Latins ont formé capsa, pour exprimer la même chose. Ces reliquaires étaient de bois, quelquefois d'or, d'argent ou d'autres matières précieuses, avec des reliefs et d'autres ornements ; on les plaçait sur l'autel, qui, comme nous l'avons dit, faisait partie de Vapsis t qu'on a aussi nommé quelquefois lo chevet de l'Eglise, et dont le fond, pour l'ordinaire, était tourné à l'orient. Voy. Ducange, Dcscript. S. Sophiœ ; Spelman ; Fleury, loc. cit.

AQUARIENS. Voy. Encratites.

AIJIJ1LA, auteur d'une version de la Bible. Voy. Version.

ARABE (Version). Voy. Bible.

ARABIE. Saint Paul nous apprend luimême ( Galat. i, 17 et suiv. ), qu'immédiatemenl après sa conversion, il alla prêcher en Arab'c, <t qu'il y demeura trois ans Ou ne

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peut pas douter qu'il n'y ail fait des conver sions et fondé une Eglise. Parmi ceux qui furent témoins de la descenle du Saint-Esprit sur les apôtres à Jérusalem, le jour o> la Penlecôle, il y avait des Juifs de V Arabie (Act. H,ll). Les interprètes de l'Ecriture ont observé que la conversion des Arabes avait été prédite par Isaïe, chap. xi, 14, où il est dit que le peuple du Seigneur emportera les dépouilles des enfants de l'Orient ; et chap. xlu, v. 14, le prophète dit que les habitants de Pclra, ville d'Arabie, élèveront la voix du sommet de leurs montagnes, et rendront gloire à Dieu. En effet, les deux évêchés principaux de Y Arabie ont été Bostreset l'é'ra; mais il y en avait plusieurs autres, et Ton trouve les noms de leurs évoques dans les souscriptions des conciles.

On ne peut pas douter que les Arabes ne soient la postérité d'Ismaél; i's se font encore gloire aujourd'hui de descendre d'Abraham. C'est le plus ancien peuple du monde ; ils n'ont jamais été chassés de leur pays; ils ont toujours subsisté depuis 1 ur premier établissement; ils n'ont changé ni leur langage ni leurs mœurs, parce qu'ils ne se sont mêlés avec aucune autre nation. Aussi conservent-ils encore le caractère et les mœurs de leur père Ismaël; l'ange du Seigneur, en annonçant sa naissance, dit à sa mère Agir : Ce sera un homme sauvage, sa main sera levée contre tous, et la main de tous sera contre lui ; il dressera ses tentes sous les yeux de «es frères (Gen.xvi, IV). Vainement les Egyptiens, les Grecs, les Romains, les Turcs, ont voulu subjuguer les Arabes, ils n'y ont pas réussi pour longtemps. Ce peuple se maintient dans l'indépendance, et préfère la liberté à toutes les commodités des nations policées. Depuis près de quatre mille ans, ii est toujours le mê ne. Un homme très-sensé, qui l'a vu de près, dit que chez un Arabe il croyait encore être dans la tente d'Abraham ou de Jacob. Ceux du désert furent convertis vers l'an 373 par les moines qui habitaient dans leur voisinage. Théodoret, 1. iv, c.23;Sozom., I. vi, c. 38. Ceux de Y Arabie heureuse le furent sous l'empire de Constance par nu éfcéque arien. Ce peuple est accusé par les anciens d'avoir immolé des victimes humaines ; mais on peut reprocher cette barbarie à un grand nombre d'autres nations.

Nos voyageurs les plus modernes nous avertissent qu'il n'est pas vrai que les Arabes en général, même ceux que l'on nomme Bédouins, Scénilcs, ou habitants du désert, soient voleurs, perfides, sans lois et sans mœurs. Niébur, qui les a vus en 1702 et 1763, les peint tout différemment : il dit qu'à cet égard il n'a aucun reproche à faire contre eux. M. de Pages, qui les a visités peu de temps après, en parle de môme. Voyages autour du monde, tom. I, pag. 307. Les Arabes, dit-il, ne se volent jama's entre eux, et vivent très-sociahlemcnt ; mais une tribu est souvent en guerre avec une autre tribu, et alors les hostilités sont réciproques. Ils ne volent que dans ledéserl et rassemblé* en corps

de nation ; parce que, selon l'ancien préjugé, ils regardent tout é ranger inconnu comme un ennemi, à moins qu'ils n'aient fait une convention avec lui, et qu'il ne leur ait payé une espèce de tribut, ou qu'il ne soit protégé par l'un d'entre eux ; mais quand on a un Arabe pour sauvegarde, on ne risque rien. Comme ils se croient maîtres et seigneurs du désert, ils prétendent qu'un étranger n'a pas droit de passer sur leurs terres sans leur permission et sans leur payer un tribut.

Un incrédule célèbre, pour donner mauvaise opinion des Juifs, a répété dix fois que . dans l'origine, c'était une horde d'Arabes Bédouins. Quand ce fait ne serait pas évidemment faux, il ne s'ensuivrait encore rien, puisque, selon le témoignage des voyageurs, les Arabes Bédouins ne sont pas et n'ont jamais été tels que cet écrivain a voulu '.es représen'er. — Mais, vu rattachement opiniâtre qu'ils ont toujours conservé pour leurs anciennes mœurs* on conçoit qu'il n'a pas été ahé de les convertir au christianisme, et qu'il a fallu pour cela un grand changement dans leurs habitudes et dans leurs idées. Cependant l'an 207. le christianisme était déjà florissant dans celte contrée ; Origène y fit Iroh voyages pour y combattre différentes erreurs; Bérylle, évêque de Bosties, l'une des principales villes de YArabie, enseigna qu'avant, l'incarnation Jésus-Christ n'était point une personne subsistante, qu'il n'était Dieu depuis son incarnation que dans un sens impropre, et puce qu'il participait à la divinité du Père. Dans les conférences qu'il eut avec Origène, il abjura son erreur, l'an 229. Eusèbe, Hist, ccclés., 1. vi, c. 20 et 33. Vers l'an 246, Origène retourna en Arabie pour faire condamner l'erreur des arabiques, et il se tint un concile à cette occasion. Eusèbe, ibul., c. 37. Voy. l'article suivant. L'an 269, l'évêquc de Rostres assista au concile d'Antioche. Titus, évêque de cette même ville au iv" siècle, écrivit un traité contre les manichéens, qui subsiste encore. On conjecture que saint Hippolyle, qui vivait au ni', était évêque, non de Porto en Italie, mais d'Aden en Arabie, que les anciens nommaient Porlus Romanus. Vay. la note sur Eusèbe,!. vi, c. 20.

Le cbrislianisme s'est conservé dans celte partie du monde jusqu'à la naissance du mahométisme, au vu" siècle; alors il y a été entièrement détruit. Mais au ve les nestoriens, et ensuite les eutychiens, y séduisirent beaucoup de personnes, et furent maîtres de plusieurs évêchés. 11 n'est pas même certain que YArabie tout entière ail jamais été soumise à l'Evangile, puisqu'il y avait des idolâtres lorsque Mahomet y prêcha ses erreurs.

ARABIQUES, secte d'hérétiques qui s.'élevèrent en Arabie vers l'an de Jésus-Christ 207. Us enseignaient que l'âme naissait et mourait avec le corps, mais aussi qu'elle ressusciterait en même temps que le corps. Eusèbe, liv. vi, chap. 37, rapporte qu'on tint en Arabie même, dans îe me siècle, un concile auquel assista Origène, qui convainquit si clairement ces hérétiques de leurs erreurs,

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qu'ils les abjurèrent el «c réunirent à l'Eglise.

ARBRE DE LA SCIENCE du bien et du mal. Il est dit dans la Genèse, r. H, v. 9, que Dieu avait planté au milieu du paradis l'ar- Ife delà science du bien et du mal, et qu'il défendit à l'homme de manger de son fruit, sous peine de la vie, vers. 17. On demande pourquoi Dieu ne voulait pas qu'Adam connût le bien et le mal, comment un fruit pouvait donner cette connaissance ; c'est une ancienne objection des marcionites et des manichéens. Tertull. adv. Marcion., 1. Il, c. 23; saint Augustin contra Faustum, I. xxn, c. k. — Nous lisons dans l'Ecclésiastique, c. Mil, v. 5, que Dieu avait donné à nos premiers parents le don d'intelligence, qu'il leur avait montré le bien et le mal. Sans cette connaissance, ils auraient été incapables de pécher. Mais Dieu ne voulait pas qu'ils connussent par expérience la honte, les regrets, les remords d'avoir fait le mal, ni qu'ils pussent comparer ce sentiment avec celuide l'innocence. Voilà ce que le péché leur apprit, el il n'était pas nécessaire pour cela que le fruit dont ils mangèrent eût la vertu physique de faire connaître le bienel le mal. — De quelle espèce était ce fruit funeste ? Etaitce une pomme, une poire, une figue, etc. ? A cette importante question, nous répondons que Dieu n'a pas trouvé bon de nous l'apprendre.

Arbre de vie. Des commentateurs , qui avaient sans doute beaucoup de loisir, ont mis en question si cet arbre était le même que celui de la science du bien et du mal. 11 nous paraît que l'Ecriture les distingue trèsclairement; elle dit que Dieu avait placé au milieu du paradis Varbre de vie et l'ordre de la science du bien et du mal (Gen. n, 9). La vertu qu'avait le premier de prolonger la vie était-elle naturelle ou surnaturelle? Celte question est aussi intéressante que les fables forgées par les rabbins sur ces deux arbres merveilleux. Nous nous contentons de remarquer que, selon Salomon, la sagesse est Varbre de vie pour tous ceux qui l'embrassent (Prov. m, 18), et que Jésus-Chrisl mourant sur la croix, en a fait un arbre dî vie plus puissant que celui du paradis. Voy.

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