‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 55 sur 183 · RÉDEMPTION · texte numérisé non relu

RÉDEMPTION

ARC-EN-ClfïL. Ce quien est dit dans l'Ecriture sainte a semblé ridicule à plusieurs incrédules. Après le déluge, Dieu dit à Noé et à sa famille ; 11 n'y aura plus désormais de déluge qui désole la terre, et voici le signe de l'alliance que je fais avec vous, ou de la pi omesse que je vous fais. Je mettrai mon akc dans les nues, et lorsque j'aurai couvert le ciel de nuage*, mon ahc y paraîtra, et je me soutiendrai de la promesse que j'ai faite de vous conserver et tous les animaux (Gen. ix. 11 el fcuiv). 1€ Cela suppose, disent nos critiques, que l'arc-en-ciel n'avait pas existé avanl le déluge, puisque Dieu d.l, je mettrai mon arc dans les nues : or, ce phénomène a dû paraître toutes 1 • s fois qu'il a plu d'un côté, pendant que le soleil luisait de l'autre ; il nVit dont pas probable que Noé cl sa fa-

mille n'eussent jamais vu Varc-en-ciel. 2* Il est ridicule de donner le signe de la pluie pour sûreté qu'il n'y aura plus d'inondation, el que l'on ne sera pns noyé ; cela prouve que l'auteur de cette histoire était très-mauvais physicien.

Réponse. Cela prouve plutôt que les censeurs de cet historien sont téméra res. 1° Comme les verbe; hébreux ne sont que des participes indéterminés , pour traduire à la lettre , il faudrait dire: Me voilà mettant mon arc dans les nues, et cela signifie également Je mets, j'ai mis ou je mettrai. 2° En laissant le verbeau futur il ne s'ensuit pas encore que Varcrnc/c/ n'avait pas élé vu avant le déluge, mais qu'il n'avait pas été vu pendant le déluge , et qu'il allait reparaître de nouveau. 3' En effet, V arc- en-ciel ne peut avoir lieu lorsque les nuées sont très-épaisses, et chargées de beaucoup d'eau , comme cela dut être pendant le déluge ; on ne peut donc le voir que quand les nuages sont assez légers et assez interrompus pour que le soleil puisse darder ses rayons au travers. Donc toutes les fois que V arc- en-ciel paraît, c'est un signe certain qu'il ne tombera pas assez de pluie pour causer une inondation générale ; ce signe était donc très-propre à rassurer Noéel ses enfants contre la crainte d'un nouveau déluge.

Le terme d'alliance, donl se sert l'écrivain sacré, a encore ému la bile d'un philosophe. « En quoi consiste donc, dit-il, celte alliance que Dieu a faite avec l'homme et avec les animaux? quelles ont élé les conditions du traité? Que tous les animaux se dévoreraient les uns les autres, qu'ils se nourriraient de notre sang et nous du leur ; qu'après les avoir mangés, nous nous exterminerions

avec rage S'il y avait jamais eu un tel

pacte, il aurait été fait avec le diable.» — Le ridicule de celte tirade est poussé à l'excès ; ce philosophe ne savait pas que le même terme en hébreu signifie alliance el promesse Qu'est-ce, en effet, qu'une alliance, sinon une promesse réciproque ? Toute promesse emporte l'obligation de fidélité d'un côté, de confiance et d'obéissance de l'autre. Or, Dieu promet de ne plus désoler la terre, de ne plus exterminer la race des hommes ni des animaux par un déluge universel; il dit ' Tant que durera la terre, les semailles et la moisson, le chaud el le froid, l'été et l'hiver, le jour et la nuit se succéderont constamment (Gen. vin, 22). Celle promesse devait donc engager Noé à cultiver la terre el à nourrir des animaux, sans craindre d'être frustré du fruit de ses travaux.

Quoique les animaux féroces el carnassiers dévorent les autres, quoique les hommes eu détruisent beaucoup pour se nourrir, cependant les espèces utiles ne laissent pas de se conserver el de multiplier ; Dieu leur a donné une fécondité relative à la consommation qui s'en fait. Maigre les dérangements passagers des saisons, les orages, les stérilités, la terre continue depuis le déluge à fournir la subsistance à ses habitants, quelque nombreux qu'ils soient ; les lamines ne sont que locales et passagères. A mesure

ARC

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