‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 59 sur 183 · ARI · texte numérisé non relu

ARI

mien, tiennent la première place du côé gnurlitavec les doyens ruraux, et suivent immédiatement l'archevêque à la procession à côté des grands vicaires.— A Tours, il y a cin<| are iprêires. Le premier, qui a le liire de (jrand archi prêtre, csl un dignitaire de la cathédrale, qui a séance au de-sus des chanoines, et les précède à la procession, il a un revenu fixe, outre le casuel qui lui est commun avec, les «unes ttrchrprêtret. Ceux-ci ne marchent a la procession qu'après les chanoines prébendes. — A Orléans, il n'y a qu'un anhiprêire, qui e-t une des dignités du chaptre, mais il n'exerce aucune fbuClioii. M jouit du droit de prendre, dans retendue du grand archid.aconé, le lit garni des cinés après leur mort. Ce droit e?t évalué cinquante livres pour les cures où il y a vicaire, et vingt-cinq livres pour relies où il n'y en a point. Il a d'ailleurs le tiers des déports dans l'étendue du grand arehidiaeoné; les \\iiux auties tiers appartiennent au doyen, comme giand archidiacre. — Dans d'autres diocèses, les urcliiprêtres ont les mêmes droits sur les curés de ville que les doyens ruraux sur les curés de campagne. Dans l'église métropolitaine de Iteims, les crehiprêtres ne sont <|ue les vicaires des chanoines, ils officient à leur place. Ils entonnent les petites heures.

Il serait trop long de parler des fonctions des ercliipréires dans les différents diocèses de France. Leurs droits et leur rang varient d'un diocèse à un autre ; il fat.t avoir recours à l'usage de chaque endroit, lorsqu'il arrive quelque contestation à cet égard.

Lorsqu'un arcliiprêlré est dignité, il faut être gradué et âgé de vingt-deux ans pour le posséder; et s'il a charge d'aines, il ne faut pas moins de vingt ans accomplis, comme pour les curés. (Extrait du Dictionn. de Jurisprudence.)

AUCHONTIQUE, adjectif, mot formé du grec «px^v, au pluriel k/j^b-.tîç, principautés ou hiérarchies d'anges. On donne ce nom à une secte d'héréliques qui parurent sur la tin du il* siècle, parce qu'ils attribuaient la création du monde, non pas à Dieu, mais à diverses puissances ou principautés, c'està-dire à (1rs intelligences subordonnées à Dieu, et qu'ils appelaient archontes, lis rejetaient le baptême et les saints mystères, doul ils faisaient auteur Sabaoth, qui élait, selon eux, une des principautés inférieures. A les entendre, la femme était l'ouvrage de Satan , et l'âme devait ressusciter avec le corps. On les regarde comme une branche de la secte des valentiniens oudes marcosiens. (Tillemont, t. Il, p. 295.)

AKÊOPAGITE. Voy. S. Denys.

AR1AN1SME, ARIENS. Arius, prêtre d'Alexandrie , premier auteur de l'hérésie à laquelle il a donné son nom, commença de la publier l'an 319. Mécontent d'une explication qu'Alexandre, son évèque , avait donnée du mysli re de la sainte Trinité, dans une assemblée de prêtres, il soutint que le Eils de Dieu, ou le Verbe divin, était une créature tirée du néant, que Dieu le l'ère avait produite avant tous les siècles, cl de laquelle il s'était servi pour créer le monde; qu'ainsi le Eils de Dieu était dune nature et d'une dignité très-inférieures au l'ère; qu'il n'était appelé Dieu que dans un sens impropre. Condamné d'abord par son évèque dans un concile d'Alexandrie, et dans un second tenu l'an '321, il se retira dans la Pa-

lestine; il écrivit aux évêques les plus célèbres, pour se plaindre de la rigueur avec laquelle il était traité; il sut déguiser sa doctrine et rendre odieuse celle d'Alexandre, aussi bien que sa conduite : il gagna ainsi plusieurs partisans, surtout Eusèbe de Nicomédie, dont le crédit était grand pour lors, soit à la cour, soit dans l'Eglise- Alexandre, de son côté, rendit compte des erreurs d'Aniis et des motifs de sa condamnation ; Il dispute commença dès ce moment de s'échauffer de part et d'autre.

1. L'empereur Constantin, qui en prévit les suites, tacha vainement de concilier ou de calmer les deux partis, et de leur imposer silence. Voyant qu'il ne pouvait y réussir, il assembla, l'an 325, un concile général à Nicée en Bilhynie, auquel se trouvèrent trois cent dix-huit évêques, tant de l'Orient que de l'Occident. Après un sérieux examen, dans lequel Arius et se3 partisans furent entendus, le concile condamna leur doctrine; il décida que Jésus-Christ, Fih unique de Dieu, est né du Pete avant /oits les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel <) son Père, et que pur lui toutes choses ont été faites. C'est le symbole de la foi que l'Eglise répète encore aujourd'hui dans sa liturgie. Arius, ayant refusé de souscrire à sa condamnation, fut exilé en Illyrie ; dix-sept évoques firent d'abord le même refus, ensuite ils se réduisirent à cinq, et enfin à deux, qui furent aussi exilés. — Mais l'an illième prononcé contre l'erreur ne la détruisit pas ; la plupart de ceux qui n'avaient signé la décision du concile que pour éviier l'exil, demeurèrent attachés au parti d'Arius. Constantin lui-même, séduit par un prêtre arien, que Constanlia sa sœur lui avait recommandé eu mourant, et qui avait gagné sa confiance, consentit à rappeler Arius de son exil en 328 ; et cet hérétique, léuni à ses partisans, recommença de semer ses erreurs avec encore plus de chaleur qu'auparavant. Mais saint Alhanasc, qui avait succédé au patriarche Alexandre dans le siège d'Alexandrie, refusa constamment de recevoir Arius à sa communion, cl parcelle fermeté il encourut l'indignation de Constantin. — Dès ce moment, les ariens devinrent un parti redoutable; ils tinrent plusieurs conciles dans lesquels ils se trouvèrent les maîtres; ils parvinrent à faire ixiler plusieurs des évêques les plus attachés à la foi de Nicée, en particulier saint Athanase et saint Euslache, évoque d'Antioche. Us s'appliquèrent à interpréter dans un mauvais sens la doctrine du concile do Nicée, surtout le terme consubstantiel; ils prétendirent que ce mol pouvait faire confondre la l'er-onne du Lils avec celle du l'ère, et renouveler l'erreur de Sabellius, et ils eurent grand soin de le retrancher dans toutes les professions de foi qu'ils dressèrent. Mais leurs disputes, leurs variations dans ces confessions de loi, sur lesquelles ils no pouvaient s'accorder, et qu'ils changèrent au moins vingt fois, ne piouvèrenl que trop la nécessité d'un terme qui coupait la ra-

Page 1