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cine à tous leurs subterfuges. — Constantin lui-même ne put faire consentir Alexandre, évêque de Constanlinople, à recevoir Arius dans sa communion; cet hérétique mourut d'une manière tragique dans cette circonstance même, l'an 336; ceux qui accusent les catholiques de l'avoir empoisonné, les calomnient sans fondement et par pure malignité. — Après la mort de Constantin, arrivée l'an 337, le parti des ariens fut tantôt plus fort et tantôt plus faible, selon qu'ils furent protégés ou proscrits par les empereurs. Sous Constance, qui les favorisait, ils remplirent tout l'Orient de troubles, de séditions, de violences ; mais Constantin le Jeune et Constant, qui régnaient sur l'Occident, empêchèrent Varianisme d'y faire beaucoup de progrès. En 351, Constance, devenu maître de tout l'empire par la mort de ses deux frères, protégea l'hérésie encore plus hautement qu'auparavant; il y eut plusieurs conciles tenus en Italie, dans lesquels les ariens dominèrent; d'autres, dans losqucls les catholiques reprirent le dessus, condamnèrent Arius et ses partisans, et confirmèrent la foi de Nicée. Au concile d'Arles en 353, à celui de Mil. in tenu en 355, à Kimiui en 359, plusieurs évêques, vaincus par violence, souscrivirent à la condamnation de saint Athanase et signèrent des confessions de foi dans lesquelles le mol de consubstantiel était supprimé. Ceux qui ont conclu de là que ces évêques avaient signé Varianisme, ont abusé des termes : les professions de foi auxquelles ils souscrivirent n'exprimaient pas assez expressément le dogme catholique, mais elles n'exprimaient pas non plus l'erreur d'Arias, puisqu'elles portaient ou que le Fils est semblable au Père, en substance, ou qu'il lui est semblable en toutes choies, ou qu'il lui est semblable selon les Ecritures, etc. Ce ne sont pas là des hérésies, quoique les ariens abusassent malicieusement de ces expressions vagues pour semer leur erreur. — Il en fut de même de la formule que le pape Libère signa par faiblesse dans son exil, l'an 357. Voy. Libère. Il est constant d'ailleurs que, pendant toutes les disputes des évêques. les peuples, qui n'y comprenaient rien, continuaient à croire et à professer le dogme de la divinité de Jésus- Christ. Les évêques ariens eux-mêmes n'osaient pas prêcher en public, comme Arius, que le Fils de Dieu est une créature tirée du néant; qu'il est inférieur en nature à son Père; qu'il n'est pas Dieu dans toute la rigueur du terme. Comment donc peut-on soutenir que, dans le temps dont nous parlons, l'onanisme avait étouffé la foi catholique, et dominait dans l'Eglise? — Julien, parvenu à l'empire l'an 302, laissa disputer les ariens et les catholiques : son règne ne dura que deux ans, celui de Jovien ne fut que de quelques mois. Valens, maître de l'Orient l'an 364, favorisa et embrassa Varianisme ; Valentinien, son frère, travailla efficacement à l'extirper en Occident. Gratien, et ensuite Théodose, le proscrivirent dans tout l'empire, de manière que, vers l'an 380, celte hé-
résie, après soixante ans de tumulte, n'osa presque plus se montrer. Au commencement du v" siècle, les Golhs , les Bourguignons et les Vandales, qui en étaient infectés, voulurent la rétablir dans les Gaules et en Afrique; ils exercèrent beaucoup de violences, et firent un grand nombre de martyrs ; les Visigolhs la portèrent en Espagne : c'est où elle a subsisté le plus longtemps sous la protection des rois qui l'avaient embrassée; mais ceux-ci l'ayant enlin abjurée, el!e s'y éteignit aussi vers l'an 660. Nous la verrons renaître de ses cendres au xvi4 siècle.
II. Il est probable que Varianisme aurait subjugué l'Orient tout entier, si ses partisans avaient pu s'accorder; mais, comme tous les hérétiques, ils se divisèrent promptetnenl. Les deux factions principales furent celle des purs a-iens et celle des semi-ariens. Les premiers disaient sans détour, comma Arius, que le Fils de Dieu était une créature, par conséquent très-inférieur et dissemblable à son Père : c'est ce qui les fil nommer anoméens, dissemblables. On les appelle encore acaciens, eudoxiens, eusébiens, aétiens, eunomiens, ursaciens, etc.; parce que Acace, évêque de Césarée, Eudoxe, évêque d'Antioche, Eusèbe de Nicomédie, Aétius, Eunomius, Ursace, évêque de Tyr ou de Sigedun, furent successivement à leur tête; mais il ne parait pas que ce parti ait été le plus nombreux ; leur hérésie proposée ainsi sans déguisement révoltait les esprits. — Les semi-ariens, qui pensaient peut-être de même dans le fond, dissimulaient leurs vrais sentiments. Nous ne pouvons mieux connaître leurs artifices et leurs détours, qu'en examinant la conduite d'Eusèbe de Césarée, qui paraît avoir été constamment dans ce parti. Il ne faisait point de difficulté de dire, comme le concile de Nicée, que Jésus-Christ est le Verbe, la raison ou la sagesse divine, Dieu de Dieu, lumière de lumière, engendré du Père avant lous les siècles, et qui a fait toutes choses; mais il n'avouait pas que ce Verbe fût engendré de toute éternité et coéternel au Père; il prétendait, comme font encore les socinieus, que le Père avait donné l'être au Fis avant la création ; et quand il disait que ce n'est pas une créature, il entendait que ce n'est pas une créature semblable aux autres, mais d'une nature beaucoup plus parfaite, et autant semblable à Dieu qu'une créaluro peut l'être. C'est pour cela même que les semi-ariens, au lieu du mot homoousios, consubstantiel, substituaient celui de homoiousios , semblable en substance. — Eusèbe, en professant, même dans le symbole de Nicée, que le Fils est consubstantiel au Père, entendait que le Fils est sorti du Père non par division ou par retranchement, comme un corps qui faisait partie d'un autre corps, mais sans changement cl sans diminution de la substance «lu Père; ainsi, par eonsub*stantiel, il n'entendait toujours qu'une ressemblance imparfaite dans la substance, et non une parfaite égalité avec le Père. Il ne refusait pas de condamner Arius, ni de dire anatlième à tous ceux qui enseignaient que
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le Verbe est sorli du séant, ou de ce qui n'était pas; qu'il a élé un temps où il n'était p;i9 encore, parce que, disait-il, ces expressions ne sonl pas dans l'Ecriture sainte. C'est ainsi qu'il s'explique dans la lettre qu'il écrivit au peuple de Césarée après le concile de Nicée. Socrale, llisL écrié*,, l. i, c. 8. Dans ses autres ouvrages, il a nié plus d'une fois l'éternité du Verbe et son égalité avec le Père. (Pelau, Dogm. théol. t. Il, 1. i, c. 11 et 12.) Plusieurs sociniens se servent encore aujourd'hui de» mêmes artifices pour pallier l'impiété de leur sentiment touchant la divinité de Jésus-Chri-t. Vog. Seui-Arunisme.
■— Cel abus continuel des termes, ces explications subtiles pour altérer le sens des paroles de l'Ecriture sainte, ces expressions ambiguës dans les professions de foi des ariens, ces disputes toujours renaissantes parmi eux, démontraient assez la duplicité de leur caractère et la fausseté de leur opinion. Ils croyaient avoir remporté une grande victoire, lorsque par fourberie ou par violence ils étaient venus à bout de faire signer aux évêques catholiques une profession de foi dans laquelle le mol consubstantiel était. retranché. Quelle différence entre cette marche lorlueuse de l'héré>ie, et la conduite franche et ferme de l'Eglise catholique l Le concile de Nicée, du premier coup et d'un seul mot, fixa la croyance d'une manière irrévocable. Le mot consubtantiel rendait toute l'énergie et le vrai sens des expressions de l'Ecriture sainte; il prévenait toutes les équivoques et les subtilités des ariens; l'Eglise, après l'avoir une fois adopté, ne l'abandonna plus; il fut conservé dans toutes les professions de foi et dans les divers conciles où les catholiques furent libres d'exposer leur croyance; malgré toutes les attaques de l'hérésie, après quatorze siècles, la consubstantiatité du Verbe est encore la foi •le cette même Eglise. Voy. Consubstantiel, Div.nité de Jésus-Christ, Fils de Dieu.
111. Un des artifices dont se sont servis les fauteurs de Varianisme a été de représenter ces disputes comme des contestations indifférentes au fond du christianisme, qui ne valaient pas la peine de faire tant de bruit; de prétendre que l'on peut être bon chrétien sans souscrire à la décision du concile il ■ Nicée. Les incrédules n'ont pas manqué d'appuyer celle prétention, afin de couvrir de ridicule les Pères du ive siècle, et de rendre le zèle de religion responsable dis troubles que Varianisme a causés dans le monde. Nous soutenons au contraire que la divinité de Jésus-Christ, fondée sur la consubstantialilé du Verbe, est le dogme fondamental du christianisme; que si ce dogme n'est pas vrai, Jésus-Christ a établi une religion iiiusse<
1" Il est clair que si les trois Personnes divines le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ne sonl pas un seul Dieu dans le sens le plus exact et lo plus rigoureux, le christianisme, tel qu'il subsiste dans toutes les communions qui ne sont pas ariennes ou socinienucs, est un véritable polythéisme, puisque
nous rendons à ces trois personnes divines le mémecultc suprême. Entre les païens et nous, il n'y aura point de différence, sinon qu'Us admettaient un plus grand nombre de dieux que nous, et que nous savons déguiser notre polythéisme par des subtilités qui leur étaient inconnues. Dans ce cas le mahomélismc, qui se borne au culte d'un seul Dieu, est une religion plus pure que le christianisme. Abbadie a porté celle conséquence jusqu'à la démonstration, dans son Traité de la divinité de Jésus-Christ, Elle est confirmée par le suffrage de tous les sociniens, qui ne cessent de nous reprocher le trilhéismc, ou l'adoration de trois dieux. — Est-il croyable que Dieu, qui, sous l'Ancien Testament, s'est montré si jaloux du culte suprême exclusif; qui répétait continuellement aux Juifs : Je suis seul Dieu, il n'y a point d'autre Dieu que moi, ail permis que l'univers fût bouleversé pour établir une religion qui n'aboutît qu'à offusquer, par sa croyance et par son culte, le dogme capital de l'unité de Dieu, sans lequel il ne peut point y avoir de vraie religion?— Dans ce même cas, les Juifs sonl bien fondés à demeurer dans l'incrédulité. Le dogme de l'unité de Dieu est le bouclier que le juif Orobio ne cesse d'opposer aux arguments de Limborch; celui-ci, qui élait socinien déguisé, en affectant de laisser de côlé le dogme de la Trinité et celui de la divinité de Jésus-Christ, a évidemment trahi la cause du christianisme qu'il voulait défendre. Voyez Philippia Limborch arnica collatio cum erudito Judœo, troisième partie.
2° Jésus -Christ a déclaré qu'il élait venu dans le monde pour apprendre aux hommes à rendre à Dieu le culte d'adoration en esprit et en vérité (Joan. iv, 24). Or il veut que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père, c. v, jL 23. S'il n'est pas un seul Dieu avec le Père, ce culte csl-il juste el légitime? C'est une profanation et une imp été. Nous prenons encore pour juges les sociniens. Y en a-l-il un seul qui se croie obligé de rendre à Jésus-Christ le même culte suprême, la même adoration qu'il rend à Dieu le Père? Us ont beau chercher des palliatifs, il s'ensuit toujours de leur opinion que Jésus-Christ, par cette funeste leçon, a voulu nous plonger dans une superstition grossière el inévitable, et que loule la chrétienté y est tombée en effet. Pendant que d'un côté les sociniens affectent de prodiguer à Jésus-Christ les titres les plus pompeux, de l'autre ils nous donncnl à conclure qu'il a été le moins sage de tous les législateurs, el un usurpateur des honneurs de la Divinité.
3° Lorsque nous citons les paroles de saint Paul (Philip, ii, G) : huilez Jésus-Christ, qui, étant dans la forme de Dieu, n'a point regardé comme une usurpation de s'égaler à Dieu, etc., les sociniens nous disent que nous traduisons mal ; qu'il y a dans le texte : u Jésus-Christ qui, étant dans la forme de Dieu, n'a point fait sa proie de s'égaler à Dieu, » ou ne s'est point attribué I égaillé avec Dieu. — Nous soutenons que colle exi I cation socinienuc est fausse. En premier