‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 63 sur 183 · AMI · texte numérisé non relu

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déclamé. Les arminiens furent d'abo d proscrits en Hollande^ où on les tolère cependant .-ujourd'hui. — Ils ont abandonné la doctrine de leur premier maître sur la prédestination et l'élection faites de toute éternité, en conséquence de la prévision des mérites ; Episcopius a imaginé que Dieu n'élit les fidèles que dans le temps, et lorsqu'ils croient actuellement. Ils pensent que la doctrine de la Trinité n'est point nécessaire au salut, et qu'il n'y a dans l'Ecriture aucun précepte oui nous commande d'adorer le Saint-Esprit. Enfin, leur grand principe est qu'on doit tolérer toutes les sectes ebrétiennes, parce que, disent-ils, il n'a point été décidé jusqu'ici qui sont ceux d'entre les chrétiens qui ont embrassé la religion la plus véritable et la plus conforme à la parole de Dieu.

On a distingué le* arminiens en deux branches, par rapport au gouvernement et par rapport à la religion. Les premiers ont été nommés arminiens politiques , et l'on a compris sous ce litre tous les Hollandais qui se sont opposés en quelque « b se aux desseins des princes d'Orange, tels que MM. Barnewelt et de Witt,et plusieurs autres réformés, qui ont été victimes de leur zèle pour leur patrie. Les arminiens ecclésiastiques sont ceux qui , professant les sentiments des remontrants, n'ont point de part dans l'administration de l'Etat. Ils ont d'abord été vivement persécutés par le prince Maurice; mais on les a ensuite laissés en paix, sans toutefois les admettre au ministère ni aux chaires de théologie, à moins qu'ils n'aient accepté les actes du synode de Dordrccbt. Outre Simon Episcopius, les plus célèbres entre ces derniers ont été Etienne de Courcelles et Philippe de Limborcb, qui ont beaucoup écrit pour exposer et soutenir les sentiments de leur parti. — Le célèbre Jean Leclerc l'avait aussi embrassé. Il est fort douteux, dit Mosheim,si la victoire remportée sur les arminiens par les gomaristes fut avantageuse à I Eglise réformée en général. Pour nous 'I nous paraît qu'elle a couvert la prétendue réforme d'un opprobre éternel. 1° Après avoir posé pour maxime fondamentale de celte réforme que l'Ecriture sainte est la seule règle de foi , le seul juge des contestations en fait de doctrine, il était bien absurde de juger et de condamner les arminiens, non par le texle seul de l'Ecriture sainte, mais par les gloses, les commentaires, les explications qu'il plaisait aux g inarislcs d'y donner. Quand on jette les y< ux sur les passades allégués par ces dernieis dans le synode de Dordrecbt.on voit qu'il n'y en a presque pas un seul à la lettre duquel ils n'ajoutent quelque chose, et que la plupart peuvent avoir un sens tout différent de celui qu'y donnent les gomaristcs. Les ar min en s en alléguaient de leur côté, auxquels leurs adversaires ne répondent point. De quel Iront peut-on dire qu'ici c'est l'Ecriture sainte qui décide la contestalion, pendant que; c'est le fond même sur lequel on dispute? 2° L'on a peine à retenir son indignalion quand on voit le synode do Dordrecbl se fonder sur la promesse que

Jé*us-Christ a faite à son Eglise d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles, pendant que tous les protestants font profession de croire que ce divin Sauveur a abandonné celle même Eglise immédiatement après la mort des apôtres; que, pendant quinze cents ans, il y a laissé introduire les erreurs les plus monstrueuses el les superstitions le-j plus grossières, de manière que celle Eglise n'était plus l'épouse de Jésus- Christ, mais la prostituée de Btbyl -ne, de laquelle il a fallu se séparer au xvr siècle pour pouvoir faire son salut. Que penser encore quand on voit les docteurs de Dordrecht rappeler l'exemple et la méthode des anciens conciles, de condamner les erreurs, et que l'on se souvient des déclamations fougueuses que les protestants se sont permises contre tous les conciles? Pour comble de ridicule, ils citent la conduite des princes el des souverains qui ont protégé l'Eglise contre les attaques des hérétiques, après avoir cent fois blâmé les empereurs qui se sont mêlés des disputes de religion; ils félicitent l'Eglise belgique d'être délivrée de la tyrannie de l'antechrist romain et de l'horrible idolâtrie du papisme, pendant qu'eux-mêmes exercent contre leurs frères un des principaux actes de cette prétendue tyrannie, en se rendant juges et arbitres de la croyance, etc. — 3° Aussi les arminiens ne manquèrent pas de faire à leurs adversaires tous les reproches que les protestants ont faits contre le concile de Trente, qui les a condamnés. Ils dirent que ceux qui s'arrogeaient le droit de les juger étaient leurs accusateurs et leurs parties; qu'un synode devait être libre; que les accusés devaient y être admis à se défendre et à se justifier; que leurs prétendus juges se rendaient arbitres de la parole de Dieu , etc. On n'eut aucun égard a leurs plaintes ni à leurs clameurs. Il est constant aujourd'hui que le synode de Dordrecbl ne fut aulrc chose qu'une farce politique jouée par le prince Maurice de Nassau, prince d'Orange, pour se défaire de quelques républicains qui lui faisaient ombrage. Voy. Gomaristes. — k° Mosheim nous fail observer que les décrets de Dordrecbl, loin de détruire la doctrine d'Arminius, ne servirent qu'à la répandre davantage et à indisposer les espriis contre les opinions rigides de Calvin. Les arminiens, dit-il, attaquèrent leurs adversaires avec lant d'esprit, de courage et d'éloquence, qu'une multitude de gens fut persuadée de la justice de leur cause. Quatre provinces de Hollande refusèrent de souscrire au synode de Dordrecht; ce synode fut reçu en Angleterre avec mépris , parce que les anglicans témoignaient du respect pour les anciens Pères, dont aucun n'a osé mettre des bornes à la miséricorde divine. Dans les Eglises de Brandebourg el de Brème, à Genève même, Varmimanisme a prévalu. Mosheim ajoute que les calvinistes de France s'en rapprochèrent aussi , afin do ne pas donner trop d'avantage aux théologiens catholiques contre eux: mais il oublie l'acceptation tonnelle des décrets do Dordrecht ,

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