‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 65 sur 183 · ASI · texte numérisé non relu

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colique, comme les Egyptiens ; qu'il avait élc élevé parmi les esséuiens, et s'était imbu de leur morale atrabilaire ; que le christianisme, tel qu'il l'a prêché, n'est propre qu'à <Ies moines. — ils auront encore le même reproche à faire à saint Paul : Je châtie mon I corps et je le réduis en servitude, dit-il, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé [1 Cor. ix, 27;. Ceux qui sont à Jésus-Christ crucifient leur chair avec ses vices et ses convoitises (Calât, v, 24). Montrons-nous dignes ministres de Dieu, par la patience, par les souffrances, parle travail, par les veilles, f,ur les jeûnes, etc. (// Cor. vj, 4). Il a loué la vie pauvre, austère et pénitente des prophètes (Uebr. x-, 37). Nous avons cherché vainement dans les commentateurs prolesianisdesexplicalionsel des subterfuges pour esquiver les conséquences de ces passages : nous n'y en avons point trouvé ; nous seions forcé de les répéter aux mots Abstinence, Cél bat, Jeune, Mobtification, Moines, Voeu, etc., parce que les protestants ont blâmé toutes ces pratiques avec la même opiniâtreté et toujours sans fondement.

Mais ils se flattent de répondre à tout par un seul passage de saint Paul, qui dit à Timothée (/ Tim. iv, 7) : « Exercez-vous à la pieté; caries exercices corporels sont utiles à peu de chose , mais la piété est uliie à tout; elle a les promesses de la vie préseule et de la vie future. » La question est de savoir si , par exercices corporels, l'apôtre entend la prière , le travail , les veilles, les jeûnes, etc., qu'il recommandait aux fidèles : dans ce cas l'apôtre se serait contredit grossièrement, et nous demanderions encore ce qu'il faut entendre par s'exercer à la piété. Pour nous, qui craignons de mettre saint Paul eu contradiction avec luimême, nous pensons que, par les exercices corporels, il a entendu la course, la lutte, le pugilat, le jeu du disque et les autres exercices violents dont les Grecs et les Romains faisaient beaucoup de cas et beaucoup d'usage; que s exercer à la piété, c'est s'occuper de la prière, de la méditation, de la lecture, des louanges de Dieu, des veilles et des jeûnes, comme l'apôtre le recommande, et comme faisaient les ascètes de l'Eglise primitive : nous soutenons que ces exercices fout partie de la vraie pieté, à laquelle Jésus-Ctirist a promis les récompenses de la vie présente et de la vie future (Matth. xix, 29j.

ASC1TES, ASCODRUG1TES , ASCODRU- P1TES, ASCODUUTES. Voy. M .ntanistes.

ASEl'lE, terme factice, dérivé du latin ens a se, être qui existe de lui-même, par la nécessité de sa nature. Cet attribut ne convient qu'à Dieu, il se l'est atribué lui-même, lorsqu'il a dit : « Je suis l'Etre; vous direz aux « Israélites : Celui qui est m'a envoyé vers « vous.» (Exod. m, H.) De cet altrbut ue Dieu s'ensuivent tous les autres. En eff.'t, rien n'est borné sans cause : or, l'être nécessaire, qui existe de soi-même, n'a point de cause ; il est lui-même la cause de tout ce qui oxiste hors de lui : on ne peut donc le

supposer privé d'aucune perfection, et aucune des perfections qui lui appartiennent par nécessité de nature ne peut être bornée. La raison pour laquelle tout être créé a des bornes, est que le Créateur a été le mai Ire de lui donner tel degré de perfection qu'il lui a plu; de là vient l'inégalité des êtres crées. Conséquemmenl les théologiens regardent Yaséilé comme l'essence de Dieu , comme l'attribut qui le distingue éminemment <le tous les autres êtres. Par là on démontre encore, contre les matérialistes, que la matière n'est point un être nécessaire, éternel, existant de soi même, puisqu'elle a des bornes, et qu'elle n'est certainement pas douée do toute perfection.

Malgré l'évidence de ce raisonnement , Beausobre a écrit que les anciens philosophes ne le concevaient pas ainsi; que, selon leur sentiment, la nécessité d'être, ou l'éternité, n'emportait pas toute perfection, et il a douté si les Pères de l'Eglise le concevaient mieux. Hist. du Munich., I. in, c.3, § k. Peu nous importe de savoir si les anciens philosophes raisonnaient mal ; cependant Mosheim, dans sa Dissert, sur la création, a cité un passage d'Hiéroclès, qui prouve que ce platonicien comprenait très-bien les conséquences de Vuséilé. Quant aux Pères de l'Eglise, ïertullien, dans son livre contre Hermogène, c. 4 et suiv., a constamment raisonné sur le principe que nous venons d'établir, et il l'a développé en profond métaphysicien. Beausobre lui-même a cité un passage de saint Denis d'Alexandrie, qui prouve que cet évêque a pensé comme ïertullien. Celui que Beausobre allègue «le saint Augustin ne conclut rien, et l'on pourrait en citer vingt autres dans lesquels le saint docteur établit que IVl/eestle caractère propre de Dieu, qu'en lui l'être ou lYssence emporte toute perfection, qu'aucune perfection n'est distinguée de son essence, etc.

Il ne faut pas confondre, comme a fait Spinosa, l'être qui existe par soi-même, per se, sans avoir besoin d'un sujet ou d'un suppôt dans lequel il subsiste, avec l'être qui existe de soi-même, a se, sans avoir aucune cause de son existence; le premier de ces caractères est le propre de toute substance le second ne convient qu'à l'être nécessaire qui est Dieu. C'est sur cette confusion des termes que Spinosa fonde son paradoxe, qu'il n'y a dans l'univers qu'une seule substance qui est tout.

ASIATIQUES, ASIE. Indépendamment de l'attachement opiniâtre des Asiatiques à leurs anciennes mœurs, on conçoit qu'il n'a pas été aisé de faire goûter la morale chrétienne à des peuples aussi livrés au luxe et à la mollesse. C'est là cependant que le christianisme s'est établi d'abord, et qu'il a fait des progrès rapides ; l'Asie mineure, la Syrie, l'Arménie, ta Perse, ont vu éclore des prodiges de vertus dont on n'aval pas seulement l'idée avant la naissance d,i christianisme. Il n'est presque pas possible de convertir aujourd'hui les Turcs qui habitent ces mêmes contrées; les païens devaient eue

pour le moins aussi vicieux et aussi opiniâtre^ que le sont les mahométans. Pline, dans sa Lettre à Trajan, Lucien dans ses Dialogues,Julien dans ses Lettres, rendent témoignage aux vertus des chrétiens; c'est une preuve que celle religion a fait dans les mœurs des peuples autant de changement que dans leur croyance. On ne peut en dire autant d'aucune autre religion de l'univers. ASILE. Yoy. Asyle.

ASI.MA. Yoy. Samaritain.

ASMODAI ou A^MODÉE, est le nom que les juifs donnent au prince des démons, comme on peut voir dans la paraphrase chaldaïque sur l'Ecclésiastique , cap. t. Habbi Elias, dans son dictionnaire intitulé Thisbi, dit i\u' Asmodaï est le même que Samaël qui lire son nom du verbe hébreu samad, détruire; et ainsi Asmodaï signifie un démon destructeur.

ASPERSION, du latin aspergere , arroser»

C'est l'action de jeter de l'eau çà et là avec un goupillon ou une branche de quelque arbrisseau.

Ce terme est principalement consacré aux cérémonies de la religion pour exprimer l'action du prêlre, lorsque dans l'église il répand de Peau bénite sur les assistants ou sur les sépultures des fidèles. La plupart des bénédictions se terminent par une ou plusieurs aspersions. Dans les paroisses, l'aspersion de Peau bénite tous les dimanches précède la grand'messe. — Quelques-uns ont soutenu qu'on devait donner le baptême par aspersion; d'autres prétendaient que ce devait être par immersion, et celle dernière coutume a été assez longtemps en usage dans l'Eglise. On ne voil pas que la première y ait été pratiquée, si ce n'est peul-êlre lorsqu'il fallait baptiser un grand nombre de personnes en même temps. Yoy. l'Ancien Sacramentaire par Grandcolas, seconde partie, p. 71, et Parlicle Purification. — Les païens avaient leurs aspersions, auxquelles ils attribuaient la vertu d'expier et de purifier. Les prêtres et les sacrificateurs se préparaient aux sacrifices par des ablutions; c'est pourquoi il y avail a l'entrée des temples, et quelquefois dans les lieux souterrains, des réservoirs d'eau où ils se lavaient. Celle ablution était pour les dieux du ciel; car pour ceux des enfers, ils se contentaient de Paspersion. Yoy. Eau iiknite.

ASPHALTE , lac Asphultite. Yoy. Mer

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