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torilé de l'Ecriture sainte et par la force de ses raisonnements. D'autres lui ont reproché d'avoir pou traité la morale ; mais il était trop occupé des dangers que courait le dogme pour avoir eu le temps de composer des traités de morale. Plusieurs auteurs protestants ont rendu justice à ses talents et à ses vertus. La meilleure édition de ses ouvrages est celle qu'a donnée dom de Montfaucon, en 3 volumes in-folio. On convient que le symbole qui porte son nom n'est'pas de lui, m.iis il est tiré de ses écrits. Vies des Pères et des martyrs, t. IV, p. 3i.
ATHÉE, ATHÉISME. Nous entendons par athéisme, non-seulement le système de ceux qui n'admettent point de Dieu, mais encore l'opinion de ceux, qui nient la providence, parce qu'à proprement parler, un Dieu sans providence n'existe pas pour nous. C'est la réflexion que fait Gicéron contre les prétendus dieux d'Epicure. H est triste que ce soit aujourd'hui le sentiment dominant parmi les incrédules ; mais la multitude des ouvrages qui ont paru de nos jours, pour établir cette doctrine désolante, ne prouve que trop le no nbre de ses partisans.
C'est aux philosophes de réfuter les divers systèmes d'athéisme, et de démontrer l'existence de Dieu par les preuves que la raison seule nous suggère (1) : le devoir d'un théologien est de faire voir que les auteurs sacrés ont très-bien connu le caractère, les causes, leseffets detYe théisme; que le portrait qu'ilsont tracé d;'S athées de leur temps convient encore parfaitement à ceux d'aujourd'hui. — Selon le roi prophète (Ps. tu), l'insensé a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu. Ce langage est celui des hommes corrompus et pervers. Il n'en n'est pas un seul parmi eux qui fasse le bien. Leur bouche respire l'infection des tombeaux, leur langue exhale le poison des serpents ; ils cherchent à séduire parle mensonge; ta noirceur de leurs calomnies, l'amertume de leurs reproches, démontrent qu'ils seraient prêts à répandre le sang de leurs adversaires. Ils passent des jours tristes et malheureux, jamais ils n'ont goûté la paix : ils tremblent où il n'y a aucun sujet de frayeur. Le Seigneur est juste ; il se venge de ces insensés, pendant que le pauvre, soumis et tranquille, met son espérance en Dieu. — Longtemps avant David, Job avait remarqué que l'athéisme est le vice des grands du monde, des hommes aveuglés par la prospérité, corrompus par l'opulence, pervertis par l'usage immodéré des plaisirs. ils ont dit à Dieu : Retirez-vous de nous; nous ne voulons ni recevoir vos leçons, ni connaître vos lois. Qui est le Tout-Puissant, pour que nous soyons ses adorateurs, et à quoi nous servirait de l'invoquer?.... Mais Dieu leur
(I) Nous ne voulons pas exposer ici les preuves qui conib illent l'athéisme. Elles seront mieux placées au mol Ditu. Nous allons citer quelques lignes d'une lettre de J.-J. Rousseau qui onlfaii sur notre esprit plus d'impression que les plus longs raisonnements, i Vous me marquez, monsieur, que le résultai de vos recherches sur l'auteur des choses est un état de dette : je ne puis juger de cel éiat parce 'ju'il ne fut jam.tis le mien. J'ai cru dans mon enlan-
rendra ce qu'ils méritent, et alors ils le connaîtront (Job xxi). — Il viendra un temps, dit saint Paul, auquel les hommes ne pourront plus supporter une saine doctrine ; Us sechoisiront des maîtres selon leur goût ; une curiosité effrénée, la démangeaison d'entendre quelque chose de nouveau, les détourneront de la vérité, et les feront courir après des fables (II Tim. iv, 3j.
La principale source de Vathéisme, selon l'Ecriture sainte, est la corruption du cœur;, plusieurs philosophes modernes en sont convenus, et l'expérience le prouve. Les Grecs étaient parvenus au comble de la prospérité par leurs victoires sur les Perses, lorsque leurs philosophes se précipitèrent dans l'épicuréisme. Rome était devenue la maîtresse du monde, elle regorgeait des richesses de l'Asie, lorsque le luxe introduisit dans ses murs cette philosophie meurtrière. Les Juifs venaient d'être délivrés de la persécution des rois de Syrie, ils étaient enrichis par le commerce d'Alexandrie, lorsqu'ils virent éclore parmi eux le saducéisme, qui n'était
ce par autorité, dans ma jeunesse par sentiment, dans mon âge mûr par raison ; maintenant je crois parce que j'ai toujours cru. Tandis que ma mémoire éteinte ne me remet plus sur la trace de mes raisonnements, tandis que ma judiciaire affaiblie ne me permet plus de les recommencer, les opinions qui en ont résulié me restent dans toute leur force ; et sans que j'aie la volonté ni le courage de les meure derechef en délibération; je m'y liens en confiance et en conscience, certain d'avoir apporté dans la vigueur de mon jugement à leurs discussions toute l'attention et la bonne foi dont j'étais capable. Si je me suis trompe, ce n'est pas ma faute, c'est celle de I» nature, qui n'a pas donné à ma tête une plus grande mesure d'intelligence et de raison. Je n'ai rien de plus aujourd'hui : j'ai beaucoup de moins. Sur quel fondement reeommencerai-je donc à délibérer ? Le moment presse, le départ approche. Je n'aurai jamais le temps ni la force d'achever le travail d'une refonte. Permettez qu'à toul événement j'emporte avec moi la consistance et la fermeté d'un homme, non les doutes décourageants d'un vieux radoteur. •
« A ce que je pui3 me rappeler de mes anciennes idées, à ce que j'aperçois de la marche des vôtres, je vois que, n'ayant pas suivi dans nos recherches la même route, il esl peu étonnant que nous ne soyons pas arrivés à la même conclusion. Balançant les preuves de l'existence de Dieu avec les difficultés,, vous n'avez trouvé aucun des côtés assez prépondérants pour vous décider, et vous êtes resté dans le doute. Ce n'est pas comme cela que je lis : j'examinai tous les systèmes sur la fondation de l'univers que j'avais pu connaître, je méditai sur ceux que j'avais pu imaginer ; je les comparai tous de mon mieux : je me décidai, non pour celui qui ne m'offrait point do difficultés ; car ils m'en offraient tous, mais pour celui qui me paraissait en avoir le moins : je me dis que ces difficultés étaient dans la nature de la chose ; que la contemplation de l'infini passerait toujours les borres de mon entendement ; que, ne devant jamais espérer de concevoir pleinement le système de la nature, toul ce que je pouvais faire était de considérer par les côtés que je pouvais saisir; qu'il fallait savoir ignorer en pais toul le reste : et j'avoue que, dans ces recherches, je pensai comme les gens dont vous parlez, qui ne rejettent pas une vériié claire ou suffisamment prouvée pour les difficultés qui l'accompagnent, et qu'on ne saurait lever. J'avais alors, je l'avoue, une confiance si téméraire, ou du-
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