‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 71 sur 183 · ATT · texte numérisé non relu

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admettait un Dieu suprême et des dieux secondaires, ou des génies inférieurs à Dieu , n'élait pas polythéiste; de l'autre, nos critiques soutiennent que celle doctrine, présentée à deux empereurs instruits, a dû leur paraître un polythéisme. Burheyrac prétend qu'Allié nayore n'enseigne point le culte des anges ; comment donc les empereurs ont-ils pu conclure de sa doctrine, que les chrétiens adoraient plusieurs dieux ? Avant de blâmer les Pères, leurs censeurs devraient commencer par s'accorder avec eux-mêmes. — 3° Ils accusent Athénuyore de n'avoir pas été orthodoxe sur le dogme de la Trinité, et jusqu'à présent, dit Barbeyrac, il n'a pas été justifié. Probablement ce critique n'a lu ni la défense de la foi de Nicée par Bullus, ni le sixième avertissement de M. Bossuel aux protestants, c. 10, n. 69 el suiv., où Atliénagore est justifié pleinement et sans réplique. Cet auteur dit : « Nous reconnaissons Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit ; nous montrons et leur puissance dans l'unité, el leur distinction dans l'ordre.» Légat., n. 10. Pour trouver là du polythéisme, Barbeyrac lui fait dire : « Nous a^ons Dieu le Père , Dieu le Fils el le Saint-Esprit unis , à la vérité, d'une certaine manière, mais néanmoins distincts, et ayant Jeur ordre entre eux. Nous avons aussi des divinités inférieures à celles-là, etc. » Esl-il permis d'altérer ainsi la doctrine d'un auteur, pour avoir droit de lui imputer des erreurs? — \° Le grand crime d'Athénagore, aux yeux de nos critiques licencieux , est d'avoir fait trop de cas de la virginité, et d'avt-ir dit que les secondes noces sonl un honnête adultère. Malheureusement presque tous les anciens Pères ont parlé de même, et c'a été le sentiment général des premiers chrétiens. Quand on se rappelle à quels excès la licence du divorce était poriée chez les païens, on n'est plus surpris des expressions et de la morale sévère de nos apologistes. Voy. Bigam e. — 5' L'on a dit, au hasard , quM thénagore n'avait été cité que par sainl Epiphane; c'est encore une erreur : il l'a été par Pholius, Coll. 224, d'après saint Méthode, éveque et martyr, mort vers l'an 311, et par Philippe Sidélas, Serin. 24.

Nous ne sommes pas étonné de l'affectation des incrédules à déprimer les anciens défenseurs du christianisme ; mais il n'est pas fort honorable aux prolestants de leur avoir fourni le canevas de tant de fausses accusations.

Les deux ouvrages à" A thénagore se trouvent à la suite de ceux de sainl Justin , dans L'édition des bénédictins.

ATTRIBUTS , qualités ou perfections de Dieu. Quoique l'essence divine, parfaitement simple en elle-même , exclue toule composition et toute distinction , noire entendement borné est forcé de distinguer en Dieu divers attributs ou perfections. Les uns sonl nommés attributs mctaphysiyuis; tels sonl l'aséilé ou nécessité d'élre, l'éternité, l'infinité, l'immensité , la spiritualité, l'immutabilité , la simplicité, l'enlendemenl, la volonté, la toulepimiancf , la science , la sagesse , cic. Los

autres sont nommés perfections morales ; ce sont celles qui établissent des relations morales entre Dieu et les créatures inlelligen-' tes , et qui nous imposent des devoirs moraux envers Dieu : telles sonl la providence , la bonté, la sainteté, la justice, etc. Voy. chacun de ces attributs sous son nom particulier.

Dans le mystère de la sainte Trinité , les attributs de Père el de Fils sont nommés attributs relatifs, parce que l'un rappelle l'idée de l'autre ; il n'en est pas de même des attributs absolus dont nous avons parlé; l'idée d'immensité ne rappelle point celle de toute-puissance, etc. — Nous ne pouvons concevoir les attributs de Dieu que par comparaison avec ceux de noire âme, ni les exprimer autrement ; comme cette comparaison n'est pas juste, il en résulte une difficulté insurmontable de concilier quelques-uns de ces attributs entre eux, par exemple, la simplicité de Dieu avec son immensité , sa liberté avec son immutabilité. Il n'est pas moins difficile de concilier la prescience de Dieu avec le libre arbitre de l'homme. Mais lorsque plusieurs vérités sont démontrées , la difficulté de les concilier entre e les ne prouve que la faiblesse de notre entendement. — De là les athées ont pris occasion de nous reprocher l'anthropomorphisme spirituel , c'est-à-dire , d'allribuer à Dieu des qualités humaines , et de concevoir Dieu comme un homme plus parfait que nous.

C'est une accusation fausse , puisque nous avouons qu'en Dieu toute perfection est infinie, et que l'infini passe toutes nos conceptions. Voy. Anthropomohpuisme.

ATT1U1TON , contrition imparfaite. Les théologiens scolasliques la définissent une douleur et une délestation du péché, qui naît de la considération de la laideur du péché et de la crainte des peines de l'enfer. Le concile de Trente , sess. 14 , c. 4 , déclare que celle espèce de contrition , si elle exclut la volonté de pécher, et renferme l'espérance d'obtenir pardon de ses fautes passées , est un don de Dieu , un mouvement du Saint- Esprit , et qu'elle dispose le pécheur à recevoir la grâce dans le sacrement de pénitence. Le sentiment le plus reçu sur Vatlrition est que, dans le sacrement de pénitence, elle ne suffit pas pour justifier le pécheur, à moins qu'elle ne renferme un amour commencé de Dieu , par lequel le pécheur aime Dieu comme source de toute justice. C'est la doctrine du concile de Trente, sess. 6, chap. G, et de l'assemblée du clergé de France, en 1700.

Les théologiens disputent entre eux sur la nature de cet amour : les uns veulent que ce soit un amour de charité proprement dit; les aulres soutiennent qu'il suffit d'avoir un amour d'espérance , et qu'il est impossible d'espérer de Dieu grâce et miséricorde, sans ressentit un mouvement d'amour. — En effet, lorsqu'un pécheur fait attention à la boulé de Dieu , qui daigne nous pardonner et nous recevoir en grâce, pourvu que nous nous repentions de l'avoir offensé, que nous en fassions humblement l'aveu, et que nous soyons résolus de ne plus pécher, se peut-il

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