‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 72 sur 183 · AID · texte numérisé non relu

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faire qu'il no senle pas au fond de son cœur un mouvement d'amour de cette bonté infinie? 11 paraît donc impossible d'espérer sincèrement le pardon de nos crimes, sans commencer d'aimer Dieu comtne source de toute justice, à moins qu'on ne soutienne qu'il est possible de désirer et d'espérer un bienfait , sans penser directement ni indirectement au bienfaiteur, et sans ressentir aucun mouvement de reconnaissance : or cela n'est pas concevable.

11 est bon de remarquer que le nom d'attrition ne se trouve ni dans l'Ecriture ni dans les Pères ; qu'il doit son origine aux tbéologiens scolastiques; et ils ne l'ont introduit que vers l'an 1220, comme le remarque le P. Morin, de PœniL, lib. nu, c. 2, n. Ik. Avant ce temps-là on ne pensait pas à faire l'anatumie des sentiments du pécheur au tribunal de la pénitence. On supposait que la volonté sincère de se réconcilier avec Dieu est déjà un commencement d'amour de Dieu.

ATTRITIONNAIRES , nom qu'on donne aux théologiens qui soutiennent que Yaltrilion servile ou conçue par une crainte servile est sufiisanle pour justifier le pécheur dans le sacrement de pénitence.

Ce terme est ordinairement pris en mauvaise part et appliqué à ceux qui ont soutenu, ou que Valti'iiion conçue par la crainte des peines éternelles, sans nul motif d'amour de Dieu, était sufiisanle, ou qu'elle n'exigeait qu'un amour naturel de Dieu, ou que la ci ai nie des maux temporels suffisait pour la rendre bonne : opinions condamnées par les papes et par le clergé de France. Voy. Ckainte.

AUBE Yoxj. Hab.ts sacerdotaux.

AUD1ENS, AUDÉENS ou VADIENS, hérétiques du ive siècle, ainsi appelés du nom û'Audius, leur chef, qui vivait en Syrie ou en Mésopotamie vers l'an 3'+2, et qui, ayant déclame contre les mœurs des ecclésiastiques, finit par dogmatiser et former un schisme.

Entre autres erreurs, il célébrait la pâque à la façon des Juifs , et enseignait que Dieu avait une figure humaine, à la ressemblance de laquelle l'homme avait été créé. Selon Théodoret,il croyait que les ténèbres, le feu et l'eau n'avaient point de commencement. Ses sectateurs donnaient l'absolution sans imposer aucune satisfaction canonique, se contentant de faire passer les pénitents entre les Livres sacrés et apocryphes. Us menaient une vie très-retirée, et ne se trouvaient point aux assemblées ecclésiastiques, parce qu'ils disaient que les impudiques et les adultères y étaient reçus. Cependant Théodore! assure qu'il se commettait beaucoup de crimes parmi eux. Saint Augustin les appelle va~ diens, et dit que ceux qui étaient en Egypte communiquaient avec les catholiques. Quoiqu'ils se fussent donné des évoques , leur secte fut nombreuse; leur hérésie ne subsistait déjà plus , et à peine connaissait-on leur nom du temps de Fucundus, qui vivait dans le ve siècle.

Le P. Petau prétend que saint Augustin et Théodorel ont mal pris le sentrm ni des auiiens cl ce qu'eu dit tainl Kpipfranc , qui ne

leur attribue, dit-il, d'autres sentiments que de croire que la ressemblance de l'homme avec Dieu consistait dans le corps. En effet, le texte de saint Epiphane ne porte que cela, et ce Père dit expressément que les audiens n'avaient rien changé dans la doctrine de l'Eglise ; ce qui ne serait pas véritable, s'ils eussent donné à Dieu une forme corporelle. • •

AUGSBOURG. Confession û'Augsbourg ; formule ou profession de foi présentée par les luthériens à l'empereur Charles V, dans la diète tenue à AugsOourg en 1530.

Celte confession , composée par Mélanchthon, élail divisée en deux parties. La première contenait vingt-un articles sur les principaux points de la religion. Dans le premier, on reconnais ait ce que les quatre premiers conciles généraux avaient décidé louchant l'unité d'un Dieu et le mystère de la Trinité. Le second admettait le péché originel, de même que les catholiques, excepté que les luthériens le faisaient consister tout entier dans la concupiscence et dans le défaut de crainte de Dieu el de confiance en sa bonté. Le troisième ne comprenait que ce qui est renfermé dans le Symbole des apôtres, touchant l'incarnation, la vie, la mort, la passion, la résurrection de Jésus-Christ , el son ascension. Le quatrième établissait, contre les pélagiens , que l'homme ne peut être justifié par ses propres forces : mais on y prétendait, contre les catholiques, que la justification se faisait par la foi seule, à l'exclusion des bonnes œuvres. Le cinquième élail conforme aux sentiments des catholiques, en ce qu'il disait que le Saint- Esprit est donné par les sacrements de la loi de grâce ; mais il différait d'avec eux, en reconnaissant dans la seule foi l'opération du Saint-Esprit. Le sixième , avouant que la foi devait produire de bonnes œuvres, niait, contre les catholiques, que ces bonnes œuvres servissent à la justification, prétendant qu'elles n'étaient laites que poar obéir à Dieu. Le septième voulait que l'Eglise ne fût composée que des seuls élus. Le huitième reconnaissait la parole de Dieu et les sacrements pour efficaces , quoique ceux qui les confèrent soient méchants et hypocrites. Le neuvième soutenait, contre les anabaptistes,, la nécessité de baptiser les enfants. Le dixième professait la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ d.jns l'eucharistie. Le onzième admettait, avec les catholiques , la nécessité de l'absolution pour la rémission des péchés, mais rejetait celle de la confession. Le douzième condamnait les anabaptistes qui soutenaient l'inarnissibililé de la justice, et l'erreur des novaliens sur l'inutilité de la pénitence ; mais il niait, contre la foi catholique , qu'un pécheur repentant pût mériter, par des œuvres de péniience, la rémission de ses péchés. Le treizième exigeait la foi actuelle dans tous ceux qui reçoivent les sacrements , même dans les enfants. Le quatorzième défendait d'enseigner publiquement dans l'éjlise, ou d'y administrer les sacrements sans une vocation lé^U

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