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II. Du minisire du baptême. I! est prouvé, par les Actes des apôlres et par les lettres de saint Paul, qu'ils baptisaient eeux qui croyaient en Jésus-Christ ; mais qu'ils préféraient à cette fonction colle d'annoncer l'Evangile (/ Cor., i, 17). Il y a donc lieu de penser qu'ils se déchargèrent de ce soin sur les diacres ou sur lesulaïques. Aussi, selon la pratique de l'Eglise, il a été établi que les évoques et les prêtres sont les minisires ordinaires de ce sacrement ; mais que dans le cas de nécessité il peut être administré par toutes sortes de personnes, même par .des femmes.
Au nr siècle il y eut une dispute assez vive pour savoir si le baptême administré par les hérétiques était valide ; les évêques d'Afrique, à la tête desquels était saint Cyprien, prétendaient que ce baptême était nul, et ils s'autorisaient de la coutume établie parmi eux, de rebaptiser ceux qui l'avaient reçu. Le pape saint Etienne leur opposa la pratique de l'Eglise de Rome, qui était universellement suivie hors de l'Afrique, et qui était plus ancienne que la leur : N'innovons rien, leur dit-il, tenons-nous-en à la tradition. Règle invariable, que l'Eglise catholique a toujours observée, et qu'elle suit encore, qui démontre la fausseté du fait dont les protestants voudraient se prévaloir; savoir, que les apôlres n'avaient point établi de discipline uniforme, qu'ils avaient laissé aux différentes Eglises la liberté'de faire ce qui leur paraîtrait le plus, convenable, et qu'ils n'avaient donné à personne l'autorité d'en juger, ni le soin d'y veiller. Après quelque temps de résistance, les évêques d'Afrique sentirent la sagesse de la règle alléguée par le pape et la nécessité de s'y conformer. Voy. Rebaptisants. Il est donc demeuré pour constant que le baptême donné par les hérétiques est valide, à moins qu'ils n'aient altéré ou la matière ou la forme de ce sacrement. C'est encore la décision du concile de Trente, sess. 7, de Bapt., can. h.
III. Des personnes capables de recevoir le baptême. Il est évident que ceux qui reçurent le baptême de la main de Jésus-Christ et des apôtres étaient des adultes, et qu'avant de le leur donner, Jésus-Christ et les apôtres exigeaient d'eux la foi : Allez, dit le Sauveur, enseignez toutes les nations et baptisez-les [Matth. xxvm, 19). Prêchez VEvangite à toute créature ; celui qui croira et recevra le baptême sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné (Marc, xvi, 15). Les apôtres baptisèrent ceux qui avaient cru à la prédication de saint Pierre {Act., u, k\). Saint Philippe dit à l'eunuque de la reine Candace : Si vous croyez de tout votre cœur, vous pouvez recevoir le baptême (vin, 27, etc.). De là les anabaptistes et les sociniens ont conclu que la foi actuelle est une disposition nécessaire pour le sacrement; que les enfants étant incapables d'avoir la foi, ne doivent point être baptisés ; que s'ils l'ont été, il leur faut renouveler le buptéme lorsqu'ils sont parvenus à l'âge de raison et suffisamment instruits. Cette doctrine est une
Dïct. deThéol. dogmatique. I
conséquence naturelle de celle des protestants, qui enseignent que la grâce de la justification est l'effet non du sacrement, mais de la foi, et que toute l'efficacité du sacrement consiste à exciter la foi. De là s'est ensuivie une autre erreur ; c'est que comme le baptême n'est pas le seul moyen capable d'exciter la foi, ce sacrement n'est pas absolument nécessaire; et pour le soutenir, il a fallu nier le péché originel : ainsi s'enchaînent les erreurs ; nous ignorons pourquoi tous les protestants n'ont pas raisonné de môme. — Nous répondons d'abord que le meilleur interprète du sens de l'Ecriture sainte est la pratique constante et universelle de l'Eglise : or l'usage a été, dès le commencement du christianisme, débaptiser les enfants, comme le témoignent saint Irénée, adv. Hœr., 1. m, c. 22, Origène, saint Csprien, et les Pères postérieurs, quoique cet usage n'ait pas été d'abord généralement observé. On peut môme le prouver par une lettre de l'hérésiarque Manès. (Saint Augustin, Op. imperf., 1. m, n. 187.) Les sociniens ne le nient point ; mais ils prétendent que c'est un des abus qui s'introduisirent dans l'Eglise incontinent après la mort des apôlres. Us ajoutent que le baptême des enfants n'est fondé sur aucun passage de l'Ecriture sainte ; nous soutenons le contraire. — Dans saint Matthieu, chap. xix, v. \k, Jésus-Christ dit : Laissez approcher de moi les enfants, tels sont les héritiers du royaume des deux. Or, il dit ailleurs que l'on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu, si l'on n'est pas régénéré par l'eau et par ie Saint-Esprit. Donc les enfants sont capables de celle régénération. U est dit de quelques-uns des piemiers fidèles , qu'ils ont été baptisés arec toute leur maison (I Cor. i, 16, etc.). Les enfants ne sont pas exceptés. D'ailleurs, nous prouvons par l'Ecriture, contre les anabaptistes, les sociniens et les protestants, que les enfants naissent souillés du péché originel ; que celte tache est effacée, non par la foi, mais par le baptême; que ce sacrement est absolument nécessaire : donc, c'est leur système , et non pas le nôtre, qui est contraire à l'Ecriture sainte. Quand ils nous parlent de prétendus abus introdui s dans l'Eglise immédiatement après la mon des apôtres, nous les prions d'êlie moins téméraires, et de présumer que les disciples immédiats des apôlres ont dû connaître ce qui était ou n'etaii pas abusif, pour le moins aussi bien que les raisonneurs du xvr siècle. C'est donc avec, raison que le concile de Trente a condamné le sentiment de ces derniers touchant le baptême des enfants, sess. 7, de Bapt., can. 13. Mais nous ne voyons pas de quel droit les protestants, en suivant leurs principes, peuvent blâmer les sociniens ni les anabaptistes.
On convient aujourd'hui que l'on uç doit pas bapliser les enfants des infidèles, malgré leurs parents, à moins que ces enfants ne soient en danger de mort ; non-seulement parce que celle espèce de violence faite aux pères et mères esl contraire au droit naturel
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qu'ils ont sur leurs enfants, mais encore parce que roux-ci, devenus grands, seraient exposés à profaner leur baptême par l'apostasie à laquelle Ms seraient engagés par leurs parents.
D;ms les premiers siècles, plusieurs chrétiens différaient leur baptême jusqu'à la mort, et le recevaient au lit pendant leur dernière maladie : les uns agissaient ainsi par humilité, et parce qu'ils craignaient de n'être pas encore assez bien disposés ; les autres par libertinage, afin de pocher plus librement, dans l'espérance que tous leurs péchés seraient effacés par le baptême. L'Eglise n'approuva ni les uns ni les autres, elle s'éleva même hautement contre la négligence des derniers ; elle déclara irréguliers, les cliniques ou grabataires, c'est-à-dire, ceux qui avaient été ainsi baptisés au lit ; le concile de Néocésarée défendit de les élever aux ordres sacrés, à moins qu'il ne fût prouvé que leur baptême n'avait pas été différé par un mauvais motif. Voy. Cliniques. — On refusait aussi, dans l'Eglise primitive, ce sacrement aux personnes réputées infâmes, engagées dans des professions criminelles et incompatibles avec la sainteté du christianisme, à moins qu'elles ne renonçassent à leur é4at. Tels étaient les sculpteurs et autres ouvriers qui faisaient des idoles, les femmes publiques, les comédiens, les cochers, gladiateurs, musiciens ou autres, qui amusaient le public dans le cirque ou dans l'amphithéâtre; les astrologues, devins, magiciens, enchanteurs; les hommes passionnément adonnés aux jeux du théâtre, les eoncubinaires publics, ceux qui tenaient des lieux de débauche, etc. : ceux qui promettaient de s'en abstenir étaient mis à l'éi neuve (Bingliam, Orig. eccl., I. xi, c. 5, § i et suiv.).
Saint Paul (/ Cor. xv,30) dit : Si les morts ne ressuscitent point, que font ceux qui sont baptisés pour les morts ? à quoi bon ce baptême? De là quelques-uns imaginèrent que l'on pouvait baptiser après la mort les catéchumènes qui avaient désiré le baptême, et un concile de Garlhage condamna cet abus ; d'autres se figurèrent qu'un vivant pouvait recevoir le baptême à la place du mort, et lui oblcnir'ainsi le pardon de ses fautes. Terlullien parle de cette superstition dans son livre de Iicsurrcctione carnis, et quelques Pères l'ont attribuée aux marcioniles. 11 est évident que tous ces sectaires entendaient mal le texte de saint Paul, et que ces abus n'étaient pas encore connus du temps de l'Apôtre ; mais les commentateurs, soit catholiques, soit protestants, ne sont pas d'accord dans l'explication qu'ils donnent de ce passage. V oy. la Synapse des Crit. sur cet eudroit, et la Disserl. sur le baptême pour les morts, Bible d'Avignon, lom. XV, p. 478.
IV. Des effets du baptême. Nous avons déjà observé plusieurs conséquences de l'erreur des protestants, qui enseignent que toute l'efficacité des sacrements consiste dans la ver lu qu'ils ont d'exciter en nous la foi iuMiliaule ; mais elle a encore donné lieu à
d'autres excès. Plusieurs sectaires en ont conclu que le baptême de Jésus-Christ n'opère rien de plus que celui de saint Jeaii- Baplisle, puisque celui-ci avait aussi la vertu d'exciter la foi et les sentiments de pénitence. Us ont soutenu, ou qu'il n'y a point de péché originel dans les enfants, ou qu'il n'e^t pas effacé par le sacrement ; que la tache de ce péché demeure encore dans le baptisé, et que celui-ci peut encore être réprouvé à cause du péché originel ; ils ont dit que le baptême ne donne point la grâce sanctifiante, n'imprime à l'âme du chrétien aucun caractère, qu'ainsi rien n'empêche de le réitérer, si on le trouve bon : ils ont enseigné que ce sacrement impose tout au plus au chrétien l'obligation de croire, mais non celle d'observer les commandements de Dieu etdelEglise ; d'où il s'ensuit, en dernière analyse, que le baptême n'est ni fort utile, ni absolument nécessaire, et que l'on peut le négliger, sans courir aucun risque de son salut ; aussi les quakers d'Angleterre s'absliennenl-ils de donner et de recevoir ce sacrement, et un assez grand nombre de protestants ne se pressent point de le faire donner à leurs en fants.
Le concile de Trente a condamné toutes ces erreurs dans les sessions 5, 6 et 7, où il a établi la croyance catholique louchant le péché originel, la justification, les effets des sacrements et ceux du baptême en particulier; et les théologiens n'ont pas de peine à faire voir que toutes les conséquences du système des protestants sont formellement contraires à l'Ecriture sainte. Si les prétendus réformateurs avaient été aussi grands théologiens qu'on les suppose, ils les auraient prévues, et il est à présumer qu'ils auraient reculé à la vue de l'abîme dans lequel ils allaient se précipiter.
Saint Jean-Baptiste dit lui-même aux Juifs: Je vous baptise par l'eau, mais celui qui vient après moi vous baptisera par le Saint-Esprit et parle feu (Malth. m, 11). Saint Paul fil baptiser au nom de Jésus-Christ des fidèles qui avaient déjà reçu le baptême de sain! Jean (Act. xix, v). Il est donc faux que ces deux baptêmes aient eu la même vertu. Au moi Originel, nous prouverons que tous les enfants, sans exception, naissent souillés du péché : qu'il soil pleinement effacé par le baptême, c'est la doctrine formelle de saint Paul, qui dit aux Calâtes (m, 17) : Vous tous qui êtes baptisés en Jésus-Christ, avez été revétus de Jésus-Christ. Et aux Romains (vin, i) : Il n'y a donc plus aucun sujet de condamnation dans ceux qui sont en Jésus- Christ, et ne marchent plus selon ta chair. Auanic lui avait dit quand il fut converti : Recevez le tUPTÊUB, et lavez vos péchés, après avoir invoqué te nom de Jésus-Christ (Act. xxn, 10). Saiul Pierre écrit aux fidèles (/ Epist, m, 21) : Le baptême vous sauve, non en purifiant les souillures de la chair, mais en vous donnant le témoignage d'une bonne conscience devant Dieu, pur une résurrection semblable à celle de Jésus-Christ. De quoi vous sauve-t il, sinon du péché et du chàti-
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nient? Sainl Pierre n'attribue point cet effet à la Foi, niais au baptême, quoique la foi soit une disposition nécessaire.
Dans le paragraphe suivant, nous démontrerons par l'Ecriture la nécessité absolue de ce sacrement, et l'obligation rigoureuse imposée à tout chrétien de le recevoir. Saint Paul parle du caractère qu'il imprime, en disant aux Ephésiens (iv, 30) : Ne contristez pas le Saint-Esprit de Dieu, dans lequel vous avez été marqués d'un sceau pour le jour de la rédemption. El ces paroles sont analogues à ce qu'il a dit d'Abraham, qu'il a reçu la circoncision comme un sceau de la justice qui vient de la foi (Boni, iv, 11). Or, le sceau ou le caractère de la circoncision était ineffaçable. C'est sur ce fondement que saint Augustin a soutenu, contre les donatistes, que c'était un crime de réitérer le baptême, et dans toute l'antiquité ecclésiastique ou ne peut citer aucun exemple de cet attentat, si ce n'est chez les hérétiques.
Ceux qui ont soutenu que le baptême n im- ' pose point au chrétien d'autre obligation que d'avoir la foi, n'ont pas moins contredit la doctrine de saint Paul, puisqu'il exige des chrétiens une foi qui opère par la charité, et qu'il ne cesse de les exhorter à faire de bonnes œuvres (Galat. v, 6 ; vi, 9, etc.). Voy. Œuvres, Ju»t:f:cation, etc.
V. De la nécessité du baptême. Jésus-Christ a institué ce sacrement comme un moyen de salut absolument nécessaire, lorsqu'il a dit: Si quelqu'un n'est pas régénéré par l'eau et par le Saint-Esprit, il ne peut pris entrer dans le royaume de Dieu (Joan. m, 5). Prêchez l'Evangile à toute créature ; celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné (Marc, xvi, 10). Saint Pierre a répété cette même vérité, en disant que le baptême nous sauve (1 Epist., n;, 21); et saint Paul nous enseigne que Dieu nous a sauvés par le bain de la régénération et le renouvellement du Saint-Lspril (Tit. m, 5). Nous n'ignorons pas les subterfuges par lesquels les calvinistes et les sociniens ont tordu le sens de ces passages, et de plusieurs autres qui établissent ce dogme ; mais l'Eglise, en condamnant leurs erreurs, a frappé du même analhème les interprétations fausses qu'ils ont données à l'iîcrilure sainte. Le concile de Trente, après avoir décidé qu'Adam a transmis à tout le genre humain, non-seulement la nécessité de souffrir et de mourir, mais encore le péché, qui est la mort de l'âme, enseigne que ce péché ne peut être effacé que par les mérites de Jésus- Christ, et qu'ils nous sont appliqués parle baptême, sess. 5, can. 2 et 3; que depuis la promulgation de l'Evangile, l'homme ne peut passer de l'étal du péché à l'état de grâce sans le baptême, ou sans le désir de le recevoir, sess. 0, can. k. Conséquemment il dit analhème à quiconque soutient que ce sacrement n'esl pas nécessaire au salut, sess. 7, can. 5. — Cette doctrine a été déjà soutenue au ve siècle contre les pélagiens. Pelage prétendait que le péché d'Adam n'avait nui qu'à lui seul cl non
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à ses descendants ; que le baptême était donné aux enfants, non pour effacer en eux aucun pé-hé, mais pour leur donner la grâce d'adoption ; que quand ils mouraient sans l'avoir reçu, ils obtenaient la vie éternelle par le mérite de leur innocence. Saint Augustin combattit de toutes ses forces contre ces erreurs ; elles furent condamnées par plusieurs papes cl par plusieurs conciles d'Afrique, et celte condamnation fut confirmée par le concile général d'Ephèse, l'an 431. Calvin n'a pas été moins téméraire que Pelage en enseignant que les enfants des fidèles sont sanctifiés dès le sein de leur mère ; la croyance commune des calvinistes est que les enfants des infidèles qui meurent sans baptême sont damnés; mais qu'il n'en est pas de même des enfants des chrétiens, parce qu'ils ont part à l'alliance que Dieu a faite avec les hommes par Jésus- Christ. Dans cette supposition, l'on ne voit pas pourquoi il est encore nécessaire de baptiser les enfants des fidèles.
11 faut remarquer que le concile de Trente déclare que l'homme ne peul passer de l'état du péché à l'état de grâce sans le baptême ou sans le désir de le recevoir. En effet, l'on a toujours cru dans l'Eglise que la foi, jointe au désir do baptême, peul tenir lieu de ce sacrement, lorsqu'il y a impossibilité de le recevoir ; on n'a jamais douté du salut des catéchumènes morts sans avoir pu obtenir celle grâce. On a jugé encore que le martyre opérait le même effet à l'égard de ceux qui mouraient pour Jésus-Chrisl ; c'est dans celle croyance que l'Eglise rend un culte aux saints Innocents. De respectables évéques du troisième siècle ont même pensé que les fidèles qui avaient reçu chez les hérétiques un baptême nul, mais qui étaient revenus de bonne foi à l'Eglise, et qui avaient participé aux saints mystères, n'avaient pas absolument besoin qu'on leur réitérât le baptême. C'était le sentiment de saint Denys d'Alexandrie et de sainl Cyprien (Epist. 73 ad Jubaian.). Voy. Eusèbe, Hist. ecclés., 1. vu, c. 9, et la note de Lowlh ; Bingliam, Orig. ecclés., I. x, c. 2, § 23. Enfin, les Pères, à l'exception de saint Augustin, ont tous été d'avis que saint Jean-Baptiste a été sandifié par Jésus-Christ dans le sein de sa mère; c'est pour cela que l'Eglise célèbre sa nativité. Conséqucmment les théologiens distinguent trois espèces de baptême, savoir : celui de désir, baptismus flaminis; celui de sang ou le martyre, baptismus sanguinis ; et le baptême d'eau.
Le passage de sainl Paul, duquel Calvin et ses sectateurs abusent, ne prouve pas ce qu'ils veulent. L'Apôtre dit (/ Cor. vu, \k) qu'un mari païen est sanctifié par une femme chrétienne, et qu'une épouse païenne esl sanctifiée par un mari chrétien; autrement, ajoute-t-il, vos enfants seraient impurs; or, ils sont saints. Cela ne prouve pas que ce^i enfants naissent exempts de péché , mais qu'ordinairement un pèiv ou une mère, qui fait profession du christianisme, procure le baptême à ses enfants, ou qu'il y a lieu d'es*
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pérer qu'ils soronl élevés dans celle roli- dommage de la perte qu'ils ont faile du houpion. Yoy. la Synopse des criliques sur ce heur éte;»el acquis par les mériles de Jésuspassade. Christ. C'a été l'opinion du cardinal Sfon-
VI. Quel est le sort éternel des enfanta drale (1), dans le livre inlilulé: No du s morts sans baptême? Celle question paraît prœdestinalionis dissolulus , dont plusieurs déjà suffisamment résolue pareeque nous évoques de France demandèrent au souvev étions de dire louchant la nécessilé absolue rain pontife la condamnation en 1696. de ce sacrement pour obtenir le saint, et par Personne ne s'est élevé avec plus de châles raisons dont on s'est servi au cinquième leur contre le sentiment mitigé des scolastisiècle pour réfuter les erreurs de Pelage, ques que les partisans de Jansénius. Comme Dans les commencements, cet hérésiarque il était de l'intérêt de leur système de per» n'osa rien décider touchant le sort de ces en- suader qu'un adulte même peut être coupafa nts. Je sais bien, disait-il, où ils ne vont ble et punissable pour un péché qu'il ne lui pas; mais j'ignore où ils vont : Quo non eant, était pas libre d'éviler, ils ont Tait tout leur scio;quo eant, nescio. Dans la suite, pour ne possible pour prouver que la condamnation nas contredire formellement les paroles de d< s enfants morts sans baptême aux supplices Jésus-Christ {Joan. m, 5), il dit qu'à la vé- de l'enfer est un article de foi, et que l'on ne riié ces enfants n'entraient pas dans le peut pas soutenir le contraire sans être héréroyaume des cieux, mais qu'ils n'étaient pas lique. Nous ne prétendons pas favoriser leur non plus condamnés à l'enfer ; qu'ils avaient entêtement, en rapportant fidèlement les la vie éternelle parle mérite de leur inno- preuves qui établissent le sentiment rigou- « ence. Saint Angusl., 1. i de Pecc. meritis et reux des autres théologiens. La plupart ont remiss., c. 28, n. 5i; Serm. 294-, c. 1, n. 2; élé employées par saint Augustin contre les rpist. 136. etc. Il imaginait ainsi un lieu ou pélagiens, et son autorité y ajoute un nouuii élal mitoyen entre la gloire du ciel et la veau poids.
damnation, dans lequel il plaçaitees enfants; 1° Les paroles de Jésus-Christ {Joan. m, 5) d'où il s'ensuivait qu'ils étaient sauvés de sont claires: Si quelqu'un n'est pas régénéré l'enfer sans avoir participé en rien aux mé- par l'eau et par le Saint-Esprit, il ne peut rites ni à la rédemption de Jésus-Christ. — entrer dans le royaume de Dieu. L'expédient Saint Augustin et les autres défenseurs de la imaginé par Pelage, de distinguer le royaume foi catholique réfutèrent toutes ces vaines de Dieu d'avec la vie éternelle, était absurde, opinions ; ils prouvèrent par l'Ecriture puisque ces deux termes, dans l'Ecriture sainte, par la tradition des quatre premiers sainte, désignent également le bonheur élersiècles, par les exorcismes du baptême, que nel. Les sociniens et les prolestants ne s'en tous les enfants d'Adam naissent souillés du tirent pas mieux en disant que, dans plupéché originel, par conséquent privés de tout sieurs autres endroits, le royaume de Dieu, le droit à la vie éternelle ; qu'ils ne peuvent royaume des cieux, signifient le règne de Jéélrc purifiés de ce péché que par l'applica- sus-Christ sur son Eglise: rc n'est point ainsi lion des mérites de Jésus-Christ et par le bap- qu'on l'entendait du lempsde Pelage, ni avant léme ; que s'ils meurent sans l'avoir reçu, ils lui ; les Pères ont donné constamment à ces sont damnés- Conséquemmenl ils rejetèrent paroles le même sens qu'a suivi le concile de le lieu ou l'état mitoyen que Pelage avait Trente, et ont entendu par là le bonheur imaginé entre le royaume de Dieu et la éternel. — 2° Saint Paul (Eplies. u, 3) dit : damnation, état qu'il nommait la vie éier- Nous étions par naissance enfants de cov.elle, et dans lequel il plaçait les enfants 1ère (2). Donc, dil saint Auguslin, nous étions morts sans baptême. Depuis celte époque, le enfants de vengeance et de châtiment, masse sentiment commun des théologiens est que de perdition et de damnation, à cause du pénon-seulement ces enfants sont exclus du ché originel. L'Apôtre dit {Rom. v, 18) que le bonheur éternel, mais qu'ils sont condam- péché d'un seul est pour la condamnation de nés aux tourments de l'enfer; que cepen- tous, et que la justice d'un seul est pour la dant ils les souffrent dans un degré beaucoup moindre que les autres réprouvés. (I) Celte opinion du cardinal Sfundraie n'a pas été
Malgré le nombre et l'autorité de ceux qui condamnée, il s'ensuit une conséquence immense :
soutiennent ce sentiment, saint Thomas, que la raison la plus ex igeanle ne peut trouver l'on-
saint Uonavcnturc, le pape Innocent III et bie d injustice dans l'exclusion du paradis des en-
d autres théologiens scolastiqucs, Irès-ins- l:,nts ",or!s Bans banlêmc. Nous taisons ressortir
i • i..n i/ • ix ii i»'i cette cnnsciincn- e au mol Okic.inf.l ( ivr/i.' ).
tru.ts de ce qui a été décidé contre es Pela- 2 u ^ (le sain( Pau] ,Qn J .
giens, ont jugé qu a la vente >1 est de foi que ircs.grave difficulté, les commentateurs se sont paries enfanls morts sans baptême ne peuvent lagés sur le sens qu'il faut donner à ee passage. Quelentrer dans le royaume des cieux, ni jouir de ques-unsTeniendent de tousles hommes sans excepta vie éternelle; qu'ainsi ilséprouvent ce que tion,jeuneset\ieux;le8auireslereslreignentauxseuJs l'on nomme la peine du dam; mais qu'il n'est coupables de péchés actuels. Le contexte semble fanai de foi qu'ils souffrent aussi la peine du »oruereeite interprétation. Voici le passage tout ni- Ul, ou les supplices de l'enfer; que c'est l™:. E\ vo*>. .""" ..««*« ««««j £«*li et peeauk seulement une opinion Idéologique fondée cull:m „„„'„,,. llUjl^ Kewdum m ■■ sur de fortes preuves, de laquelle cependant aniê ,,„;„a tpiritm% (jHl nuuc „,„,,,„„. m fiIOi dlf/i. il est très-pormis de s'écarter. Quelques-uns doutas. In Mtbuset uos omîtes atiquando «mversati rnéme sont allés jusqu'à dire que ces enfanta lunms, in aesiderih earnit nottrw facienttt voiimiu iou.ssent d'une félicité naturelle qui les dé- tem canin et coghationum ; a eramut .nati iu fitii
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justificalion de tous. S'il n'est pas question là d'une condamnation à l'enfer, on ne peut plus dire, comme l'Ecriture sainte, que Jésus-Christ nous a sauvés de l'enfer, delà puissance des ténèbres, de la puissance du démon, etc.; il faut prendre le terme de rédemption dans un sens métaphorique, comme font les sociniens après les pélagiens. — 3" Ce même Apôtre dit, comme saint Pierre, que le baptême nous sauve. De quoi nous sauve-t il, sinon de l'enfer et du supplice éternel? Donc, quiconque n'a pas reçu ce sacrement n'est pas sauvé. — h-0 Jésus-Christ, parlant du jugement dernier, ne fait mention que de deux places ; savoir, de la droite, où sont les justes qui sont envoyés à la vie éternelle, et de la gauche, où sont les méchants condamnés au feu éternel [Matth. xxv, 33). Les enfant.» morts sans baptême ne peuvent être placés à la droite , donc ils seront à la gauche, et subiront le sort des réprouvés : point de milieu. — 5° Les conciles d'Afrique, les papes Innocent Ir,Zozime, Célestin I' r, Sixte III, saint Léon et Gélase, qui ont condamné les pélagiens, le concile général d'Ephèse, qui a confirmé cette condamnation, sont censés avoir approuvé la doctrine de saint Augustin : or, ce saint docteur a toujours enseigné que les enfants morts sans baptême sont damnés. — G" C'a été aussi le sentiment de tous les Pères latins des siècles suivants et des théologiens, jusqu'à la naissance des scolasliques. Dans le second concile de Lyon, qui est le quatorzième général, tenu l'an 127k, il est expressément décidé que les âmes de ceux qui meurent en péché mortel, ou avec le seul péché originel, descendent incontinent en enfer, pour y subir néanmoins des peines différentes ou inégales. Cette même décision est répétée mot pour mol dans le concile de Florence, tenu l'an 1439 , canon k. C'est une condamnation formelle du sentiment des scolasliques. — 7° Le concile de Trente, sess. 5, dans son décret touchant le péché originel, déclare, canon 1er, qu'Adam, par son péché, a non-seulement perdu la sainteté et la juslice originelle, mais qu'il a encouru la colère et l'indignation de Dieu, la mort et la captivité sous la puissance du démon ; can. 2, qu'il a transmis à tout le genre humain, nonseulement la mort et les peines du corps, mais le péchéqui est la mort de l'âme ; can. 3, que ce péché ne peut être ôlé que par les mérites de Jésus-Christ, et qu'ils nous sont appliqués par le baptême. Or, la mort de l'âme et la captivité sous la puissance du démon entraînent la damnation comme uneconséquence nécessaire ; et il n'y a d'autre moyen que le baptême par lequel les mérites de Jésus- Chrijt puissent être appliqués aux enfants. On ne peut pas nier que ces arguments ne
ine. Voyez Menocliius, Cornélius a Lapide, Tequiguy, sur ce passage de l'Apôtre.
Mais, quelle que soit l'interprétation qu'on admette, elle ne doit rien préjuger sur l'état des enfants m* rts sans baptême. Nous rappelons dans la lutte précédente ce «pie la loi nous oblige de cruire sur le sort de ces entants.
soient très-forts ; ils prouvent invinciblement que les enfants morts sans baptême sont exclus du bonheur éternel, et souffrent la peine du dam; mais ils ne démontrent pas aussi certainement que ces enfants souffrent encore la peine du sens. En voulant trop presser ces raisonnements, l'on s'expose à des inconvénients fâcheux, et l'on pourrait y en opposer d'autres qui ne paraîtraient pas moins concluants. Il n'y a donc aucun • nécessité d'embrasser sur cette question le parti le plus rigoureux: aussi, la faculté de théologie de Paris, dans la censure A'EmHt, prop. 2i- etsuiv., édit. in-12, pag. 90, a lait remarquer que l'Eglise catholique laisse la liberté de penser, avec saint Thomas, qu'on n'est point sujet à la peine du sens à cause du seul péché originel, mais que l'on est seulement privé de la vision intuitive tic Dieu, qui est un don gratuit, surnaturel, auquel les créatures intelligentes n'o nt, de leur nature, aucun droit.
[ « Pour ce qui est du digme du péché origine', dit l'auteur de la Foi justifiée de tout reproche de contradiction avec la raison, p. 60, il n'y a ni injustice ni défaut du bonté dans Dieu de refuser, à la postérité d'un | ère coupable, des privilèges purement granits, qui n'étaient dus ni au père ni aux entants, et qui n'étaient assuiés aux uns et aux autres que sous la condition d'une obéissance tidèle à la loi du Créateur. Un sujet comblé des grâces et des faveur.-; de son prince se révolte contre lui, et le prime eu conséquence lui relire et à sa postérité des privilèges qui ne devaient être liéiéJitaires que sous des conditions justes, qui n'ont pas été remplies, et auxquelles même on a manqué formellement. Y a l-i! eu cela quelque injustice ou un défaut de bonté? Mais voilà au vrai à quoi se réduisent les suites du péché originel.» ]
Ajoutons que saint Augustin a éprouvé les mêmes embarras que nous au sujet du sort des enfants, sans pouvoir se satisfaire luimême (Epist. 28 ad Meron.). Et s'il n'ose les exempter de toute peine, il ne les assujettit qu'à la plus légère de toutes. Il ne se hasarde; pas même à décider quelle sera la nature île cette peine, ni quel en sera le caractère et l'élenduc (L. vi contra JuL, c. 5). Il n'oso assurer qu'elle sera pire que l'anéantisse ment, et qu'il eût mieux valu pour ces enfants n'avoir jamais été [Ibid.). Aussi quelques théologiens estiment, et Gonet enlro autres, que la privation de la vision héatifique ne causera aucune douleur ni aucune tristesse à ces enfants infortunés. Cet étal sera, en quelque sorte, un état mitoyen entre la récompense et le châlim'ent ; ce qui ne paraissait point impossible à saint Augustin lui-même (De Lib. Afb.t 1. m, c. 23). Gonet s'appuie encore de l'autorité de saint Grégoire de Nazianze, de saint Grégoire de Nysso et de saint Ambroise. Saint Thomas (in 2, dist. 59, q.2, art. 2) semble insinuer celte façon de penser, et admettre un ordre de provideuce bienfaisante de la part de Dieu sur ceux même qu'il ne peut récompenser.
Si l'on trouve mauvais que des théologiens qualifient trop rigoureusement les sentiments rigides de l'école, lors même qu'ils ressemblent assez dans l'expression aux or*