‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 81 sur 183 · BA · texte numérisé non relu

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ils ne se sont pas donné la peine do remonter à lu cause première de tous ces maux : \\s ont affecté même de la dissimuler, afin d en faire retomber tout l'odieux sur les ministres delà religion. Si le christianisme n'avait pas été l'œuvre de Dieu, il aurait certainement succombé sous d s attaques aussi violentes ; mais Jésus-Christ a fait voir qu'il n a jama)S oublié ses promesses, qu'il est toujours avec son Eglise, et que nulle révolution humaine n'est capable de l'ébranler.

Nous n'avons fait qu'abréger le récit et les réflexions de M. Fleury ; quiconque voudra les lire sans prévention , demeurera convaincu que non-seulement la religion chrétienne n'a contribué en rien aux malheurs de l'Europe, mais que sans elle ces maux auraient été beaucoup plus grands ; que c est elle qui a fourni des ressources pour les adoucir, et des moyens pour les réparer; nous prouverons ailleurs ce fait important. Voy. Lettres, Sciences, etc.

•Les protestants ont encore fait tous leurs efforts pour donner une idée très-désavantageuse des missions qui ont élé faites pour convertir les Barbares du Nord dans les différents siècles. Quand ce qu'ils ont dit serait vrai, il faudrait encore bénir Dieu des heureux effets qui en ont résulté ; mais nous réfuterons leurs calomnies Voy. Missions,

Nord. *

Un des plus fougueux de nos incrédules modernes a poussé la démence jusqu'à vouloir insinuer que ce furent les chrétiens persécutés par les empereurs païens, qui invitèrent les Barbares du Nord à fondre sur l'empire romain ; sa narration est curieuse. « Quand les Barbares du Nord, dit-il, fondirent sur les terres de la domination romaine, les chrétiens, persécutés par les empereurs païens, ne manquèrent pas d'implorer le secours des ennemis du dehors contre l'état qui les opprimait. Ils prêchèreut à ces vainqueurs une religion nouvelle, qui leur imposait le devoir de détruire l'ancienne. Ils demandèrent les décombres des temples pour bâtir des églises. Les sauvages donnèrent sans peine ce qui ne leur appartenait pas ; ils exterminèrent, ils prosternèrent aux pieds du christianisme tous leurs ennemis et les siens ; ils prirent des terres et des hommes, et en cédèrent à l'Eglise ; ils exigèrent des tributs, et eu exemptèrent le clergé, qui préconisait leurs usurpations : des seigneurs se firent prêtres, des prêtres devinrent seigneurs, etc.»

Cette narration est un chef-d'œuvre d etourderie. 1" Ce savant historien oublie que les irruptions des Barbares sur les terres de l'empire ont commencé au moins 107 ans avant la naissance de Jésus-Christ, et oui continué sans interruption jusqu'à leur établissement dans les Gaules en 40b. On dit que Marius, dans l'espace de deux ans, en tua trois cent mille, et lit cent quarante mille prisonniers; que Jules-César en extermina pour le moins autant. Sous le règne d'Auguste, Drusus les battit de nouveau ; mais ils taillèrent en pièces les légions rom lincs,

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commandées par Quiulilius Varus. Sous Tibère, Germanicus les vainquit encore; mais il ne put empêcher leurs irruptions. Sous Vespasieo, Pline l'Ancien trouva assez de matériaux pour composer en vingt livres une histoire des guerres de Rome contre les Germains. Tacite observe que depuis le consulat de Céeilius Mélullus, jusqu'au second de Trajan, c'est-à-dire, pendant près de cent dix ans, les Romains n'avaient été occupés qu'à dompter ces terribles ennemis, mais que, malgré toutes les défaites de ces Barbares, ils étaient toujours agresseurs ; qu'i's avaient délogé plusieurs fois les légions, et qu'ils n'étaient rien moins que subjugués. Jusqu'alors, ou les chrétiens n'existaient pas, ou ils étaient trop faibles pour oser imp'orcr le secours des Barbares. — 2° Marc-Aurèle , Commode, son fils, Maximin , Valérien , Claude le Gothique, Aurélien, Probus, Dioclétien, Constance et Julien eurent contre eux de grands avantages; mais ils y perdirent souvent des armées* entières. Trouve-ton dans l'histoire quelque sujet de soupçonner que, dans ces différentes circonstances, les Barbares avaient élé appelés par les chrétiens ? Ceux-ci se trouvaient en si grand nombre dans l'armée de Marc-Aurèle, qu'ils s'attribuèrent la victoire sur les Quadcs et les Marcomans, et prétendirent en être redevables à un miracle. Voy. Légion fulminante. Ils continuèrent à servir de mémo sous les empereurs suivants, et nus apologistes ont soutenu aux persécuteurs même qu'ils n'avaient dans leurs armées point de meilleurs soldats que les chrétiens. Les historiens qui ont calculé le nombre des hommes qui avaient péri dans l'empir.- depuis le règne d'Auguste, par "les guerres contre les Barbares, par les batailles entre les divers prétendants à l'empire, par les massacres des Juifs, par la contagion, par les persécutions exercées contre les chrétiens, ont conclu qu'au commencement du ve siècle, l'espèce humaine, en Europe et en Asie, était diminuée au moins de moitié. Les Barbares, placés sur les bords du Rhin, n'avaient donc pas besoin d'être avertis, pour comprendre qu'alors la conquête de l'empire était trèsfacile, et ils ne se trompèrent pas ; comment les forces romaines auraient-elles résisté à des armées de deux ou trois cent mille hommes? — 3° Déjà, l'an 395, les Huns, peuple scythe ou tartare, s'étaient jetés sur la partie orientale de l'empire romain et l'an 4-57 ils pénétrèrent dans la Perse; élaienl-ce encore les chrétiens qui les avaient appelés?—* A cette époque, Arcadius et Honoi ius, qui régnaient, l'un en Orient, l'autre en Occident, étaient chrétiens, aussi bien que Théodose, leur père ; ils n'ont jamais persécuté le christianisme non plus que leurs successeurs ; quels motifs auraient pu avoir les chrétiens d'appeler les Barbares , surtout dans les Gaules où il n'y avait plus de païens? Les Goths, les Rourguignons, les Vandales , les Lombards, qui inondèrent l'empire, étaient chrétiens, puisqu'ils étaient atiens : les Francs étaient païens: si les Gau-

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lois avaient ou l'imprudence de les appeler, ils en auraient été mal récompensés par les ravages que ces Barbares commirent d'aburd.

A la vérité ils se convertirent sous Clovis ; mais alors ce n'était plus le temps de leur demander les décombres des temples pour bâtir des églises, puisqu'il n'y avait plus de temples, et que les Francs pillaient les églises avant d'être convertis. Clovis, devenu chrétien, donna des terres aux églises; mais il ne lut obligé de les enlever à personne, puisqu'alors la moitié des Gaules était en friche, faute de cultivateurs. Ce n'était pas une mauvaise politique d'engager le clergé à mettre les terres en valeur, en se procurant des colons, et de les affranchir des impôts. Le roi Louis XVI a trouvé bon d'accorder une franchise de vingt ans à ceux qui mettront des terrains stériles en culture; personne n'est assez insensé pour l'en blâmer. Mais où sont les ennemis du christianisme que Clovis et les Francs ont exterminés, ou qu'ils ont prosternés aux pieds de cette religion, comme le disent nos philosophes incrédules?

C'est ainsi que ces savants critiques arrangent l'histoire. Ils argumentent sur des faits qu'ils ont rêvés; ils méconnaissent les motifs qui ont déterminé la conduite des souverains et celle du clergé; ils blâment au hasard des procédés que dictaient les circonstances dans lesquelles l'Europe se trouvait pour lors. Voy. Bénéfice, Clergé, etc.

BARBELIOTS ou BAKBOH1ENS, secte des gnostiques, qui disaient qu'un éon immortel nvait eu commerce avec un esprit vierge appelé Barbeloth, à qui il avait accordé successivement la prescience, l'incorruptibilité et la vie éternelle; que Barbeloth, un jour

filus gai qu'à L'ordinaire, avait engendré la umière, qui, perfectionnée par l'onction de l'esprit, s'appela Christ ; que Christ désira l'intelligence, et t'obtint; que l'intelligence, la raison, l'incorruptibilité et Christ s'unirent; que la raison et l'intelligence engendrèrent Autogène; qu'Autogène engendra Adamas, L'homme parfait, et sa femme la connaissance parfaite ; qu'Adamas cl sa femme engendrèrent le bois ; que le premier ange engendra le Saint-Esprit, Lu sagesse ou l'runic; que Prunic, ayant senti le besoin d'époux, engendra l'rolarchonlc , ou premier prince, qui fut insolent et sol; que L'rolarchonte engendra les créatures; qu'il connut charnellement Arrogance, et qu'ils engendrèrent les vices et toutes leurs branches. Pour relever encore louies ces mer- * cilles, les gnostiques les débitaient en hébreu, et leurs cérémonies n'étaient pas inoins abominables que leur doctrine était extravagante, \ 01/. Théodore!, Hceret. fubul.

BARDESANISTES, nom d'une secte d'hérétiques, ainsi appelés de Bardesatics, Syrien, qui vivait dans le u° siècle et demeurait à Edessc, ville de Mésopotamie. Si l'on croit saint Epipbane, Bardes a nés fut d'abord catholique, et se distingua autant par son savoir que par sa piété Eusebe, au contraire, en parle connue d'un homme qui a toujours

été dans l'erreur. Il fut d'abord engagé dans celle de Valenlin, en rejeta une partie, en rel ut une autre, et yen ajouta de nouvelles de son propre fonds.

Beau sobre, qui a fait l'histoire de Bardesmes et de ses erreurs, (Hist. du Munich, t. 11,1. iv, c. 9), les réduit à trois principales. La piemière, d'admettre deux premiers principes de toutes choses, l'un bon, l'autre mauvais; de supposer que celui-ci existe de luimême et s'est produit lui-même, et qu'il est l'auteur de tout le mal qu'il y a dans le inonde. La seconde, de nier que le Verbe éternel ou le Fils de Dieu ait pris une chair humaine; selon cet hérétique , le N'erb^ s'était seulement revêtu d'un corps céleste et aérien, comme les anges qui ont apparu plus d'une fois aux hommes; ainsi la chair du Fils de Dieu n'était qu'apparente, il n'a pu souffrir, mourir et ressusciter qu'en apparence. C'était l'erreur commune à la plupart des sectes des gnostiques. La troisième, de nier la résurrection future de la chair, de soutenir que les bienheureux auront des corps célestes semblables à ceux des auges et à celui de Jésus-Christ.

Après cet exposé, nous ne concevons pas comment Beausobre peut soutenir que Bardesanes, comme tous les autres sectaires qui ont admis deux principes, ne reconnaissait cependant qu'un seul Dieu, bon, tout-puissani, qui a l'empire de l'univers, sans qu'aucun être puisse se soustraire à son pouvoir. Ibidem, § 10. 1° C'est une absurdilé de supposer qu'un être iucréé, qui existe de soimême, par conséquent de toute éternité, est essentiellement mauvais, et qu'il n'est pas Dieu; la notion la plus claire que nous ayons de la Divinité, est d'exister de soimême et nécessairement. Lorsque Bardesanes disait que le mauvais principe s'était produit lui-même, il déraisonnait; ce qui n'existe point encore peut-il se donner l'existence? 2' En quel sens le Dieu bon est-il tout-puissant et maître absolu de l'univers, s'il y a un être mauvais duquel il ne peut pas empêcher l'action, et qui ne dépend pas tic lui, puisqu'il n'a pas reçu l'être de lui? 3" S'il est vrai que le mauvais esprit est contenu et conservé par le Dieu bon, si rien n'arrive sans la volonté ou sans la permission de celui-ci, il est clair, ou que le Dieu bon laisse volontairement exister le mal, ou qu'il en ignore l'existence, ou qu'il n'a pas le pouvoir de l'empêcher. V° Il n'est pas question de savoir si ces mêmes conséquences résultent du système orthodoxe, comme le prétend Beausobre, ou si elles n'en résultent pas, mais de savoir en quoi l'existence supposée d'un mauvais principe peut servir à expliquer l'origine du mal; dès qu'il est évident qu'elle ne sert à rien, que dans cette hypothèse Dieu est toujours responsable du mal qui arrive dans le monde, il est ridicule de la soutenir, o" Il ne s'agit pas seulement d'expliquer d'où vient le mal moral, et de sa voir pourquoi Dieu le permet, mais de dire quelle est la cause du mal physique, des suuffiunccs dos cicalures sensibles et do

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