FUR
doni l'une était colle de Passy, près Paris. Ce béué- Hcelcura occasionné une conleslaiion en 1773, avec M. le marquis de Boulainvilliers, seigneur de l'endroit, représentant madame de Cliahu, dame de Passy, et fondatrice de ce bénéfice. Il était dit par le litre de fondation passé le 4 et 5 mai 107*2, que le supérieur de la communauté des Barnabites , de la maison de Saint-Lloi à Paris , indiquerait à cotte dame et à ses successeurs , seigneurs de Passy, un religieux pour desservir la cure, et que la nomination serait donnée aux religieux par cette dame et ses successeurs, sur l'indication : en conséquence, lorsqu'il fut question de nommer, en 1773, un nouveau curé à Passy , doin Noguères fut indiqué par son supérieur. M. de Boulainvilliers s'opposa à sa prise de possession, quoiqu'il lui eût été présenté pour avoir son agrément ; il prélendit être maître lui-même du choix du sujet. Les Barnab tes de Saint-Lloi prirent le fait et cause de leur religieux : ils firent voir que la nomination, laissée au seigneur de. Passy n'éia;l qu'un droit honorifique, et que ce seigneur ne pouvait refuser le sujet qu'on lui présentait. Celle assertion fui appuyée de différenls moyens tirés de plusieurs actes concernant le bénéfice, et surtout du fait de possession, suivant lequel jamais aucun curé de l'endroit n'avait été autre que celui qui ava'l été indiqué par son supérieur; au moyen de quoi la conleslaiion se termina à l'avantage des Barnabites (a).
Leur manière de se gouverner était assez conforme à celle de la plupart des corps religieux : ils avaient un général qui faisait ordinairement sa résidence à Rome ou à Milan, et ce général étendait son autorité sur toute la congrég lion. Chaque province" avait ensuite son supérieur particulier sous le litre Je provincial. La congrégation tenait un chapitre général tous les trois ans, alternativement à Rome et à Milan. C'est dans cette asseftihlée que se nommaient tous les supérieurs généraux et particuliers; mais l'autorité qu'on leur donnait n'étail que pour trois ans ; elle pouvait cependant leur être continuée dans un autre chapitre pour le mène nombre d'années, mais elle «levait cesser au bout de ce temps-là, excepté pour les maisons de noviciat, où les supérieurs pouvaient encore être continués pour trois années de plus.
L'ordre des Barnabites n'a jamais donné prise à la censure : la douceur de son gouvernement entretenait parmi ses membres une union exemplaire. Les religieux, uuiqueaietii occupés de leurs devoirs, ne se sont jamais mêlés de ces misérables disputes qui, dans ces derniers temps, affligeaient la religion. Leur élude principale élail celle des sciences pour l'instruction des jeunes gens conliéi à leurs soins dans les collèges; et l'on peut dire qu'ils s'acquittèrent de cette partie de leur institut avec autant de succès que de zèle. Leur congrégation a fourni à l'Eglise nombre de piélats, entre autres dom de la Roque, promu à l'évêché d'Eumènes. Us ont eu on Italie plusieurs grands écrivains, et en France, les Pères Colomue, Mirasson et de Livoy, se soûl laii connaître par des ouvrages pleins de sagesse et d'érudition. (Extrait du Diction, de Jurisprudence.)
BABSAMENS ou SEM1DUL1TES, hérétiques qui parurent au vte siècle. Ils soutenaient les erreurs des gadianites, el faisaient consister leurs sacrifices à prendre du bout du doigt de la Heur de farine el à la porler à sa bouche. Voy. saint Jean Dauiasc., de Uœrcs.; Baronius, ad ann. 535.
BARTHÉLÉMY (saint), apôtre. Les anciens écrivains ecclésiastiques ne nous apprennent rien de certain des actions ni des travaux de
(a) Ce réunie n'existe plus.
ce saint apôtre. Selon la tradition commune', il a prêché dans les Indes; mais il paraît que sous ce nom l'on entendait autrefois l'Arabie heureuse. 11 n'a rien laissé par écrit; le faux évangile que quelques hérétiques avaient forgé sous son nom fut déclaré apocryphe par le pape Gélase.
Barthélémy (Massacre de la Saint-J. C'est un des plus fâcheux événements de notre histoire, dont les ennemis de la religion sont trèsattentifs à renouveler le souvenir, et qui fournit une ample matière à leurs déclamalions. C'est le massacre des calvinistes, fait à Paris le 24 août 1572, que l'on a nommé la journée de la Sainl-Barthélemy. En supposant que les catholiques furent poussés à cet acio de cruauté par le zèle de religion, il a été aisé de rendre ce motif odieux, et de faire conclure qu'il n'est point de passion plus redoutable. — Mais il est prouvé par des monuments incontestables, 1° que la religion ne fut point le motif de ce massacre, et que les ecclésiastiques n'y eurent aucune part. L'entreprise formée par les calvinistes d'enlever deux rois, plusieurs villes souslraitos à l'obéissance, des sièges soutenus, des troupes étrangères inlroduiles dans le royaume, quatre batailles rangées livrées au souverain, n'élaient-elles pas des raisons assez puissantes pour irriter Charles IX , sans le motif de la religion, et pour lui faire envisager les caivinistes comme des sujets rebelles et dignes de mort? Ils ont beau excuser leur révolte par la prétendue droiture de leurs intentions et par la raison du bien public, ce motif, toujours aisé à feindre, ne peut pas plus servir à les justifier qu'à excuser la cruauté des catholiques. — Aucun ecclésiastique ne fut consulté el n'entra au conseil dans lequel le missacre des calvinistes fut résolu ; le duc de Guise môme en fut exclu. 11 est faux, quoi qu'en dise l'auteur des Essais sur l'histoire générale, que celte funeste resolution ait été préparée et méditée par les cardinaux de Birague et de Kelz; ces deux hommes n'avaient pour lors que trèspeu d'influence dans les affaires; ils ne furent élevés au cardinalat que longtemps après. Si Grégoire XIII rendit solennellement grâces à Dieu de l'événement, ce n'était pas pour se réjouir du meurtre des calvinistes, mais de la conservation du roi, qui écrivit danstoules les cours que les rebelles avaient mis sa vie cl sa couronne en danger. Que le fait fût viai ou faux, le pape pouvait le croire de bonne foi el remercier Dieu do ce que le roi el la religion catholique étaient sauvés. Si les ennemis étaient sur nos frontières, si on les battait et que l'on en tuât un grand nombre, nous remercierions Dieu, sans doute, non de l'effusion de leur sang, mais de la cessalion du péril. — il est prouvé encore, par l'aveu même des protestants, que les évoques, les ecclésiastiques, les religieux, loin de prendre part au meurtre dans les villes où le peuple voulait massacrer les calvinistes, comme on avait fait à Paris, tirent leur possible pour l'empêcher, et en sauvèrent un grand nombre dans les couvents. Cela se (il même dans la
sr>
BAR
BVR
ville de Nîmes, où les huguenots avaient deux fois massacré les catholiques de sangfroid. Plusieurs catholiques furent enveloppés dans le massacre des calvinistes. L'auteur dos Annales politiques n'a donc pas eu tort de soutenir, loin. III, n° 18, que le clergé n'a eu aucune part à cette boucherie.
2° La proscription des calvinisies fut dictée par une fausse politique. L'ambition de l'amiral de Coligny, sa jalousie contre les Guises, sa conduite séditieuse, furent la vraie cause de tous les troubles du royaume. Il était plus souverain, a l'égard des calvinistes, que Charles IX ne l'était a l'égard des catholiques ; les huguenots avaient osé dire au roi : Faites 1 1 guerre aux Espagnols, ou nous serons contraints de vous la faire; l'amiral avait eu la témérité d'offrir au roi dixmillchommes pour entrer dans les Pays-Bas; il les avait doue à ses ordres. Ce sujet rebelle n'avait que trop mérité l'arrêt de proscription prononcé contre lui; mais ce n'est pas par un massacre qu'il fallait le punir. Les éloges que lui ont prodigués les calvinistes sont trop suspects pour servir à sa justification. — 3° Il est encore prouvé que le massacre de l'amiral et de ses partisans ne fut point un projet prémédité et préparé de longue main, mais l'effet momentané du ressentiment de Catherine de Médicis et de son fils le duc d'Anjou, et de la colère qu'ils inspirèrent à Charles IX. La proscription regardait seulement Paris et les chefs du parti huguenot, et non les autres villes du royaume; mais la fureur du peuple une fois allumée se porta beaucoup plus loin que le gouvernement n'aurait voulu. Dans Les autres villes, où le peuple fil de même malgré les ordres du roi, ce ne fut pas le même jour, mais dans des temps très-différents, puisqu'à Toulouse et à Bordeaux ce fut plus d'un mois après le massacre fait à Paris. Les calvinistes et leurs partisans ont eu la mauvaise foi de dire que le roi dépêcha des courriers dans les différentes villes du îoyaume pour y faire massacrer les huguenots, pendant qu'il les envoyait réellement pour empêcher que cela n'arrivât. — 4° Il est certain que le nombre de ceux qui périrent est beaucoup moindre qu'on ne l'a supposé. Si quelques écrivains l'ont porté jusqu'à cent mille hommes, d'autres ont soutenu qu'il n'a pas pa^sé dix mille hommes, et c'est encore trop. Le Martyrologe des protestants, qui en comptait mille à Paris, n'a pu en assigner dans le détail que quatre cent soixante-huit, et pour tout le royaume sept cent quatrevingt-six, au lieu de quinze mille qu'il supposait en bloc. — Si l'on y veut faire attention,cen'élail pasau has peuplecalvinislc que l'on en voulait, c'était aux chefs, à ceux auxquels on attribuait les révoltes, les séditions, les meurtres, qui s'étaient commis dans les différentes villes ; il est donc impossible que le nombre des morls ail été aussi grand que nos déclamateurs modernes l'ont supposé.
Ce que nous venons de dire est tiré d'un ouvrage doni on a indignement calomnié l'auteur, en prétendant qu'il a\ail tait l'apo-
logie de ia Saint-Barthélémy, tandis qu'il ne s'esi proposé autre chose que de montrer que les protestants et leurs copistes ont déguisé le vrai molif de celte exécution sanglante, en ont exagéré l'atrocité, et en ont chargé des hommes qui n'y eurent aucune part. Un auteur qui commence par dire : « Quand on enlèverait à la journée de la Saint- Barthélémy les trois quarts des horribles excès qui l'ont accompagnée, elle serait encore assez affreuse pour être délestée de ceux en qui tout sentiment d'humanité n'est pas éteint; » et qui finit par les vers du président de Thou : Excidatilla (lies, etc., peutil être désigné de bonne foi comme l'apologiste de ce massacre?
L'auteur d'un écrit intitulé l' Esprit de Jésus-Christ sur la tolérance , pour excuser les calvinistes d'avoir pris les armes , dit qu'ils y furent obligés parce qu'ils savaient qu'on en voulail à leurs privilèges ; qu'ils agissaient de concert avec Catherine de Médicis, et pour empêcher que les Guises ne devinssent maîtres du royaume.— Mais, parce qu'il plaisait aux huguenots de penser qu'on en voulait aux privilèges qu'ils avaient obtenus par force , était-ce une raison légitime do prendre les armes contre leur souverain ? Catherine de Médicis était-elle en droit de les y autoriser, et la crainte de voir les Guises devenir trop puissants était-elle un juste sujet de se révolter? Voilà d'étranges principes de droil public. — 11 prétend que le meurtre des calvinistes fut une affaire de religion et de proscription lout ensemble. La proscription est certaine , il vient lui-même d'en indiquer les motifs; mais où sont les preuves de l'influence de la religion ? 11 n'eu donne aucune. Il n'est pas sûr, dit-il , quo Barague et de Retz ne soient pas entrés au conseil. S'ils y étaient entrés, les huguenots ne se seraient pas lus , el ne leur auraient jamais pardonné. Cet écrivain prétend que l'humanité de plusieurs catholiques , en celte rencontre, ne prouve rien; mais l'humanité des évêques,des prêtres, des moines, prouve-t-elle en eux un fanatisme de religion ? — 11 justifie très-mal la conduite et les desseins de l'amiral de Coligny, par les éloges que les historiens ont faits de lui. Ces éloges sont partis de la plume des protestants ou d'érrivains qui les ont copiés par prévention. Le comble du ridicule est de soutenir que le sac de Mérindol et de Cabrières, arrivé vingt-sept ans auparavant , avail été le prélude du massacre des huguenots. — Il assure que, pendant que Charles IX envoyait des courriers pour prévenir ce désordre dans les provinces, il dépêchait des émissaires secrets pour y exciter les catholiques : c'est une pure calomnie. Pour prouver le grand nombre de ceux qui furent mis à mort, il n'allègue que des écrits qui ont été plusieurs fois réfutés.
Nous ne voyons pas quel avantage les incrédules peuvent tirer de ce fait odieux pour calomnier la religion.
BARTHÈLEMITKS, clercs réguliers fondes par Barthélémy llobz auzer, à Salz'oourg,