‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 90 sur 183 · EG · texte numérisé non relu

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toujours accompagnée, il n'y avait point d'autre moyen de la prévenir et de l'extirper que de mettre à mort tous les coupables. 2U Les tribus des Madianites voisines des Moabites n'étaient point les mêmes que celles qui étaient près de l'Egypte , et où Moïse s'était retiré : on voit, par l'exemple de Jéihro son beau-père , que celles-ci adoraient le vrai Dieu ; les premières s'étaient corrompues avec les Moabites, et honoraient liévlphéyor. 3U La conduite de ces peuples était une perQdie; ils avaient suivi le conseil détestable que Balaam leur avait donné de séduire les Israélites et de les porter au crime, afin d'exciter contre eux la colère de Dieu [Num. xxxi, 16). Us étaient aussi coupables que s'ils avaient envoyé la peste dans le camp des Hébreux, h" Que les Israélites, les Moabites, les Madianites et tous les coupables aient été punis par un supplice, par le lléau de la guerre, par une contagion, etc., cela est fort égal pour la justice divine; on ne peut pas l'accuser plutôt de cruauté dans un de ces cas que dans l'autre. Voy. Justice de Dieu.

BÉELZÉBUB, dieu des mouches ; il était adoré par les Accaroniles. Comme dans l'Orient les insectes sont souvent un lU-au terrible, il n'est pas surprenant que les peuples de ces climats aient souventehargé les dieux du soin de les chasser. Ainsi les Grecs ont adoré Hercule Mviaypo; et Kopri^moç, Hercule qui chasse les mouches et les sauierelles , Apollon Zpivdsù;, qui lue les rats, etc. Voy. Pline, I. x, c. 28; et 1. xx, c 6. Ochozias, roi d'Israël, étant malade, envoya consulter Jiéelzébub, et en fut puni par la mort [IV Reg. .)•

Il est dit dans l'Evangile que les Juifs accusèrent Jésus-Christ de chasser les démons par le pouvoir de Béelzébub, prince des dénions (Matth. xii, 2ï). Le Sauveur leur lit aisément sentir qu'il ne pouvait avoir de collusion avec l'ennemi du salut ; qu'au contraire il était venu pour le vaincre et lui enlever ses dépouilles. La plupart des exemplaires grecs du Nouveau Testament portent Uc£^e6oj>, le dieu des ordures ; ce peut être une faute des copistes grecs.

BEGGAKDS ou BEGHARDS, secte de faux spirituels ou de faux dévots, qui parut en Italie, en France et eu Allemagne, sur la fin du xme et au commencement du xiv siècle.

Avant celte époque, les albigeois et les vaudois s'étaient fait remarquer par un extérieur simple, mortifié, dévot; plusieurs renonçaient à leurs biens, vaquaient à la prière et à la lecture de l'Ecriture sainte , taisaient profession de pratiquer les conseils evangéhques. Cette régularité vraie ou feinte, comparée à la vie licencieuse de la plupart des catholiques , et d'une partie du clergé, avait contribué beaucoup aux progrès de l'hérésie et au discrédit de la foi catholique. Plusieurs personnes, touchées de ce malheur, sentirent la nécess lé de réformer les mœurs et de tenir une conduite plus conforme aux maximes de l'Evangile. C'est te qui Ut nuitre la multitude d'ordres reli-

gieux et de congrégations que l'on vit éclore dans le temps dont nous parlons. Les esprits une fois tournés de ce côté-là, seraient encore allés plus loin, si le concile de Latran, tenu l'an 1215, n'avait défendu d'établir de nouveaux ordres religieux, de peur que leur trop grande diversité ne mît de la confusion dans l'Eglise. — Plusieurs séculiers, sans prendre l'habit religieux, formèrent aussi des associations de piété, et s'unirent entre eux pour vaquer à des pratiques de dévotion; mais par le défaut d'instruction et de lumière, plusieurs donnèrent bientôt dans l'illusion, et d'un excès de piété tombèrent d ms un excès de libertinage. Tels furent ceux que l'on nomma beggards, frérols ou fratricelles , dulcinistes, apostoliques, etc. Ces différentes sectes n'avaient entre elles aucune liaison ; elles ne se ressemblaient que par la manière dont chacune s'était égarée de son côté.

Il faut distinguer des beggards de plusieurs espèces. Les premiers furent des franciscains austères que l'on appelait les spirituels, qui se piquaient d'observer la règle de saint François dans toute la rigueur, de ne rien posséder en propre ni en commun , de vivre d'aumônes , d'être couverts de haillons, etc. Comme ils se séparèrent de leur ordre, et "refusèrent d'obéir à leurs supérieurs , Boniface YT11 condamna ce schisme vers l'an 1300. Alors ces révoltés se mirent à déclamer contre le pape et contre les évêques ; ils annoncèrent la réformation prochaine de l'Eglise par les vrais disciples de saint François, ils adoptèrent les rêveries de l'abbé Joachim, etc. Ils attirèrent dans leur parti un bon nombre de frères lais du tiers ordre de Saint-François, que l'on nommait fratricelles ou petits frères, en italie bizochi ou besaciers, en France béguins, dans les Pays- Bas et en Allemagne beggards ; de là tous ces noms furent donnés à la secte en général : comme tous les prédicants, ils en imposèrent par leur extérieur mortifié.

Au commencement du xiv* siècle il s'en trouvait un grand nombre en Allemagne le long du Rhin, surtout à Cologne ; et comme leur fanatisme était allé toujours en croissant, leurs erreurs se réduisaient à huit chefs principaux. 1° Us prétendaient que l'homme peut acquérir en celle vie un tel degré de perfection, qu'il devienne impeccable et ne puisse plus croître en grâce. 2' Ceux qui sont parvenus à ce degré, n'ont plus besoin de prier ni déjeuner; leurs sens son tellement assujettis à la raison, qu'ils peu vent accorder librement à leur corps tout ce qu'il demande. 3° Parvenus à l'état de liberté, ils ne sont plus tenus d'obéir, ni d'observer les préceptes de l'Eglise, k" L'homme peut parvenir ici-bas à la parfaite béatitude, et posséder le mémo degré de perfection qu'il aura dans l'autre vie. 5° Toute créature intelligente est naturellement bienheureuse, et n'a pas besoin de la lumière de gloire pour voir et posséder Dieu. 0° La pratique des Ycrtus est pour les âmes imparfaites ; cclUs

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