‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 93 sur 183 · DER · texte numérisé non relu

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cent fois convaincu d'imposture et de perfidie.

BERNARD (saint), abbé de Clairvaux , mort l'an 1153, est, dans l'ordre des temps, le dernier des Pères de l'Eglise. La meilleure, édition de ses ouvrages est celle qu'a donnée dom Mabillon en 1690, et qui a été réimprimée en 1719, en 2 vol. in-folio.

Les philosophes incrédules n'ont pu lui imputer aucune erreur ; mais ils lui reprochent d'avoir faussement prophétisé le succès de la seconde croisade. Comme sur ce point saint Bernard a fait lui-même son apologie, ce reproche est réfuté d'avance. Nous ajouterons seulement que si les croisés avaient mieux suivi dans leur conduite les avis du saint abbé, la croisade aurait eu un succès plus heureux. Voy. Croisade. — On dit encore qu'il avait une science très-médiocre, qu'il entasse pêle-mêle l'Ecriture sainte, les canons et les conciles, qu'il est fécond en allégories. Mais saint Bernard savait beaucoup pour son siècle, puisqu'il possédait l'Ecriture sainte et les canons: ce n'est pas sa faute s'il est né dans un temps que l'on nomme siècle de brigandage, d'ignorance el de superstition; il n'a été coupable d'aucun de ces irois \ices. Quant aux allégories, il en tait moins usage que plusieurs des ancien- Pères ; il ne les emploie que dans des ouvrages de morale el de piété, jamais dans les écrits qui concernent le dogme ;. ce n'est point là-dessus qu'il fonde la croyance catholique, lorsqu'il la défend contre les hérétiques.

En général, on ne peut refuser à ce Père un esprit vif et pénétrant, une belle imagination, un style doux et insinuant, une éloquence persuasive, une piété tendre, un zèle ardent, mais éclairé, pour la pureté de la foi et pour l'observation de la discipline, enfin des vertus fort sup^rieures à l'esprit de son siècle.

Il a été aussi accusé d'avoir persécuté Abailard par jalousie; nous avons réfuté celte calomnie dans l'article Abailard. Pour avoir une juste idée des talents et des vertus du saint abbé de Clairvaux, il faut consulter Vllist. de l'église gallicane, loin. IX, I. xxv et xxvi.

BEU1NAB.DINS (a). On désigne par ce nom les religieux de l'ordre de Ciieaux, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres religieux qui porlenl le même nom, el dont nous parlerons sous le mol suivant.

On a donné aux Cisterciens le nom de Bernardins, à cause de saint Bernard, premier abbé de Clairvaux, l'un des plus illustres abliés de cet ordre, dont les vertus et les talents lui ont acquis, ainsi qu'à l'ordre entier, une grande répuiation.

Anciennement les Bénédictins, dont nous avons parlé, et les Bernardins d'aujourd'hui, ne faisaient qu'un même ordre de religieux sous la règle de saint Hennit. Dans la suite, ce corps se divisa en deux branches : il fut question d'une réforme, que les uns embrassèrent, et que les autres ne voulurent point adopter. Mais pour ne point user de redites sur la filiation de l'ordre de saint Benoît, voyez ce que nous avons dit à l'article Bénédictins.

L'ordre de Cîteaux, dont il s'agit ici, a pris nuisance dans l'abbaye de ce nom ùiiuée en Bourgogne,

(a) Cet article el tes deux suivants sont reproduits d'après l'édition de l.ié^e. Foi), le Dictionnaire des Ordres religieux par le P. Hèlyot (éùil Migue).

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