‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 96 sur 183 · BIB · texte numérisé non relu

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!nno, et non à Bclhléhem ; on ne peat pas dire de lui que sa naissance est de toute éternilé, qu'il a réuni aux Israélites le reste de leurs frères, qu'il a été reconnu grand jusqu'aux extrémités de la terre, et l'auteur de la paix : ces caractères ne conviennent qu'au Messie et à Jésus-Christ. 2° Le parapliraste chaldaïque l'a compris, et en a fait l'application au seul Messie; c'était II tradition des Juifs, on le voit dans le Talmud et dans les écrits des anciens rabbins : plusieurs modernes l'ont encore entendu de même (Galatin, I. iv, c. 13). 3° Le cinquième concile de Constantinople, art. 2, un concile romain tenu sous le pape Vigile, Théodoret et d'autres Père*, ont condamné ceux qui cherchaient à détourner le sens de celte prédiction. Grolius a vainement fait ses efforts pour faire valoir cette opinion; il cherchait à favoriser les juifs et les sociniens, qui voient avec peine un prophète attribuer au Messie une naissance de toute éternité. Voy. la Synapse des critiques.

BETHLÉHÉMITF.S (les frères). C'est un ordre religieux qui a été fondé dans les îles Canaries par un gentilhomme français nommé Pierre de Bétencourt , pour servir les malades dans les hôpitaux. Le pape Innocent XI approuva cet instilut en 1687, et lui ordonna de suivre la règle de saint Augustin. L'habit de ces hospitalier est semblable à celui des capucins, hormis que leur ceinture est de cuir, qu'ils portent des souliers et ont au cou une médaille qui représente la naissance de Jésus-Christ à Bethléhem.

BIBLE. Du grec Bi€Xof, papier, l'on a f.iit BtÇiicv, livre, et l'on a nommé biblia l'Ecriture sainte, pour désigner les livres par excellence, et qui sont les plus dignes de respect. Cette collection de livres sacrés, ou écrits par l'inspiration du Saint-Esprit, se divise en deux parties, savoir : l'Ancien et le Nouveau Testament. Les premiers sont ceux qui ont été écrits avant la venue de Jésus-Christ; ils contiennent, outre la loi de Moïse, l'histoire de la création du monde, celle des patriarches et des Juifs, les préJiclions des prophètes cl différents traités de morale. Le Nouveau Testament renferme les livres qui ont été écrits depuis la mort de Jésus-Christ par ses apôtres ou par ses disciples.

Au mot Testament, nous ferons l'énuméralion des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, conformément au catalogue qu'en a dressé le concile de Trente, sess. ». — Dans l'article Ecriture sainte, nous parlerons de l'inspiration des livres sacrés, de leur autorité en matière de loi, des règles que l'on doit suivre pour en acquérir l'intelligence, de l'usage que doivent en faire les théologiens, etc. — Au mot Livres saints , nous en ferons la comparaison avec les écrits que les Chinois, les Indiens, les Parsis, les mahométans , nomment Vivres sacres , et nous montrerons le ridicule de la méthode que les incrédules ont suivie pour attaquer les nôtres. loi nous n'envisageons la Bible que

D.CT. DE ThEOL. OOfîM ATIQUB. I.

comme un objet d'histoire littéraire et critique.

La plus grande partie des livres de l'Ancien Testament ont été reçus comme saerés et canoniques par les juifs, aussi bien que par les premiers chrétiens. 11 y en a cependant quelques-uns que les juifs n'ont pas reconnus comme tels, et que les chrétiens des premiers siècles ne paraissent pas avoir reçus non plus comme canoniques; mais ils ont été ensuite placés dans le canon par l'Eglise. Tels sont les livres de Tobie et de Judith, la Sagesse, l'Ecclésiastique et les deux livres des Macbahées. Quelques anciens même ont douté de l'auihenticié des livres de Baruch et d'Eslhcr. il serai? singulier que l'Eglise chrétienne n\ût pas, à l'égard des livres sacrés, la même autorité que l'or, accorde à la synagogue. Ceux qui ne veub-nl s'en rapporter qu'au témoignage de celle-ci, ne sont pas seulement instruits des motifs qui ont déterminé les juifs à recevoir comme sacrés tels livres, et à ne pas faire le même honneur aux autres. Voy. Gvnon.

Tous les livres qui ont été anciennement reconnus pour sacrés ont été écrits en hébreu, nous n'avons les autres qu'en grec; mais il n'a pas été essentiel à l'inspiration d'jin auteur qu'il écrivît dans une langue plutôt que dans une autre : une traduction fidèle tient lieu de I original lorsqu'il est perdu. — Les anciens caractères hébreux, dont les écrivains juifs se sont servis, étaient les samaiitains; mais après la captivité de Babylone, les juifs trouvèrent les caractères chaldéens plus commodes, et les adoptèrent. La date de ce changement n'est pas certainement connue; mais il n'a pas pu introduire plus d'altération dans le texte, que la substitution que nous avons faite de nos caractères modernes aux lettres gothiques. — Les livres écrits en hébreu ont été plusieurs fois traduits en grec; la version la plus ancienne et la plus célèbre est celle des Septante, qui a Clé faite avant Jésus-Christ, et de laquelle on pense que les apô'res se sont servis; nous en parlerons en son lieu.

Quoique la plupart des livres du Nouveau Testament aient été aussi reçus pour canoniques dès les premiers temps'de l'Eglise, il y en a cependant desquels on a douté d'abord ; tels sont l'EpItre de saint Paul aux Hébreux, celle de saint Jude, la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean , l'Apocalypse. — Tous ont été écrits en grec, excepté l'Évangile de saint Matthieu, que l'on croit avoir été originairement composé en hébreu, mais dont le texte ne subsiste plus ; c'est le sentiment de saint Jérôme. Quelques critiques modernes ont voulu soutenir que tout le Nouveau Testament avait d'abord été écrit en syriaque; mais leur opinion est absolument destituée de preuves et de vraisemblance. Le P. Haidouin, qui a voulu prouver que les apôtres ont écrit eu latin, et que le grec n'est qu'une version, n'a persuadé personne (1).

(t) Il importe extrêmement de connaître en quolle

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(il M

On conçoit que les exemplaires de la Bible ont ilû se multiplier beaucoup ; non-seulement les textes originaux ont été copiés à l'ioGni, mais il s'en est fait des versions dans

langue nos livres saints ont élé écrits et quelle est la valeur du texte primitif qui est parvenu jusqu'à nous.

La plupart tics livres de l'Ancien Testament ont été écrils en hébreu. Les livres deulérocanoniques «lu Vieux Testament ne nous sont parvenus qu'en crée. On croit généralement que la Sagesse et le second livre des Machabées ont é<é composés en grec. Ou ignore en quelle langue le livre de Tobie a éié écrit primitivement. L'Ecclésiastique, Baruch, les fragments deutérocanoniqnes de Daniel et d'E^lher, paraissent avoir été écrits originaiiement en hébreu ou eu cbaldéen : mais le texte en e-l perdu.

Les livres du Nouveau Testament ont é é éeri s en grec, à l'exception de ['Evangile de saint Matthieu, qui liés probablement a élé composé dans un hébreu mêlé de syriaque, mais dont il ne reste plus maintenant qu'une version grecque qui nous lient lieu d'original. Plusieurs auteurs ont prétendu que VEpitre aux Hébreux avait éié composée primitivement en hébreu. 11 y en a beaucoup d'autres qui pensent qu'elle a éié écrite en grec ou en syro-chaldaïque. On comprend que nous ne pouvons entrer dans l'examen de celte question.

Plusieurs auteurs de haute réputation oui prétendu que le texte hébreu a été profondément altéré par les Juifs, et qu'on ne doit le consulter qu'avec une extrême défiance. Telle est l'opinion du P. Hardouin, de lloubigant , de Serrarius, de Bïltuari, etc. La discussion de celte opinion ne manque pas d'importance, car on recourt souvent au texte hébreu pour déterminer le sens des différentes versions. Nous émettons en principe que le texte hébreu est parvenu jusqu'à nous sans altération substantielle, et il répugne en particulier d'attribuer celte altération à la malice des Juifs. Tel est maintenant le sentiment commun.

Nous prouvons celte proposition par la croyance de l'Eglise et par l'impossibilité de l'hypothèse de nos adversaires.

i* l'ar la croyance de l'Eglise. Ou doi< regarder comme certain ce qui a toujours été cru dans l'Eglise depuis les apôtres jusqu'à nos jours. Or l'intégrité du texte hébreu a toujours élé due dans l'Eglise. Ll!e était regardée comme incontestable au iue siècle, puisque c'est à celte époque qu'Origène, Pamphile et saint Lucien entreprirent leurs iuiinen es travaux pour corriger la version des Septante suc le texte hélireu, ou comme ils le disent eux-mêmes sur la Vérité Hébraïque (juxla hebraicmn veritaiem), et chacun sait avec quel empressement leur travail fut accueilli par les différentes églises ; or, comment aurait-on pu entreprendre et adopter des corrections faites sut un texte que l'on aurait icgirdé connue altéré substantiellement? Au v siècle, à l'instigation du pape Damas on entreprit une version latine du Vieux Testament sur le tcxie hébreu, et malgré quelques oppositions ce*ie version fulbien>ôl reçue dans tonte l'Église latine sous le nom de Vutgaie. Le droit canonique a érigé en maxime cette sentence de saint Jérôme, que quand il s'agit de corriger les versions du Vieux Testament, il laul recourir à l'original hébreu, et c'est d'après celle maxime qu'Aicuin, au VIII" siècle, le cardinal Hugues de Saint Cher au xiv1' siècle , ont corrigé les fautes qui s'étaient glissées dans la Vulgi c, et même depuis le COItcile de Trente, sous les papes Sixte V et Clément VIII, on a corrigé 1j Vulgalesur le texte hélireu. — Donc l'Eglise a toujours cru que le texte hébreu avait conservé son mtégriié substantielle, autrement elle n'aurait pu adopter les versions collectives laites

la plupart des langues mortes ou vivantes. Sous ce double rapport, on distingue le, liibles hébraïques, grecques, latines, cb.ildaïques, syriaques, arabes, copbles, arméniennes , persanes , moscovites , etc. , el celles qui sont en langue vulgaire. Nous donnerons une courte notice des unes et des autres.

Bible-; hébraïques, Elles sont manuscrites ou imprimées. Entre les manuscrites, les meilleures el les plus estimées sont celles qui ont été copiées par les juifs d'Espagne ; les juifs d'Allemagne en ont fait un plus grand nombre, mais elles sont moins exactes. Il est môme facile de les distinguer au coup d'oeil ; les premières sont en beaux caractères carrés, comme les Bibles hébraïques de Bomberg, d'Etienne et de Plantin; celles d'Allemagne ont des caractères semblables à ceux de Munster et de Grypbe.

Richard Simon observe que les plus anciennes Bibles hébraïques manuscrites ont tout au plus six à sept cents ans d'antiquité; cependant le rabbin Menahcm, dont on a imprimé quelques ouvrages à Venise, en 1618, sur les Bibles hébraïques, en cite un grand nombre qui, dans ce temps-là, dataient déjà de plus de six cents ans.

Morin ne donne que cinq cents ans d'antiquité au fameux manuscrit d'Hillel, qui est à Hambourg. Le P. Houbigant n'en a point connu qui remontât au delà de six à sept siècles; il a pensé que celui de la bibliothèque des Pères de 1 Oratoire, de 1 1 rue Saint- Honuré à Paris, pouvait avoir près de sept cents ans. Ceux de la bibliothèque do roi ont paru moins anciens à l'abbé Sallier. L< s dominicains de Bologne en Italie en ont un du Pentateuque, dont le P. de Monifaucon a parlé, el dont l'antiquité peut être d'environ neuf cents ans. Dans la bibliothèque bod-

sur ce texte. Au resle, saint Augustin qui s'éiait d'abord opposé à la version de saint Jérôme, est ensuite totalement revenu au sentiment que nous soutenons, car \oici comme il s'exprime : Absit ut prudens quispiam Judaoriiin perversiKitem tantuui politise credal in cordibus tain mullis et tain longe lateque dispersis (De Civil. Dei, 1. xv.)

t" Pur l'impossibilité de l'hypothèse de nos adversaires. Lu elfet il est impossible d'assigner l'époque de «eue prétendue altération, l'allé n'a pu avoir heu avant Jésus-Christ ; car alors les Juifs n'avaient aucun motif de falsifier les prophéties, et Jésus-Cbrisi et les apôtres qui leur ont reproché tant d'autres crimes n'auraient pas manqué de leur reprocher une falsification aussi criminelle. De plis, comment Supposer que tout un peuple s'accorde ainsi dans une cuti epnse de celte natu e sans qu'il se fasse aucune réclamation ? Ce ne peut être non plus depuis Jé-ns-Cbrist ; car comment les Jtlifs convertis au Christianisme et les chrétiens qui savaient I hébreu, auraient-ils souiïeri une altération importante ï Cela esi impossible. Comme les autres livres anciens, la Bible n'était divisée ni en chapitres, ui en versets. Il n'y avait ni accents, ni esprits, ni po nls-voyellcs. C'est le cardinal lingues de Saini-Cher qui le premier divisa la Bible en chapitres. Le célèbre imprimeur Robert Etienne divisa les chapitres du Nouveau Testament en versets. La ponctuation ne remonte pas avant le ix *' siècle : on ne trouve ni points ni

virgules dans les manuscrits qui remontent plus haut.

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leyenne, en Angleterre, il y en a un du Pentaleuque, et un autre qui contient le reste de l'Ancien Testament, auxquels on attribue sept cents ans d'antiquité. Le plus fameux manuscrit du Pentateuque samaritain que gardent les samaritains <lc Naplousc, qui est l'ancienne Sirhem, n'a, dit-on, que cinq cents ans. Celui de la bibliothèque ambrosiennc à Milan peut être plus ancien. 11 y a un manuscrit hébreu à la bibliothèque du Vatican, que l'on dit avoir été copié en 973.

Les plus anciennes Bibles hébraïques imprimées ont été publiées par les juifs d'Italie, en particulier celles de Pesaro et de Bresce. Ceux de Portugal avaient commencé d'imprimer quelques parties de la Bible à Lisbonne, avant qu'on les chassât de ce royaume. On peut remarquer en général que les meilleures Bibles en hébreu sont celles qui ont été imprimées sous les yeux des juifs; ils sont si attentifs à observer jusqu'aux points et aux virgules, que personne ne peut pousser l'exactitude plus loin.

Au commencement du xvr siècle, Daniel Bomberg imprima plusieurs Bibles hébraïques, in-folio et m-i°, à Venise, dont quelques-unes sont également estimées par les juifs et par les chrétiens. La première parut en 1517; elle porte le nom de son éditeur, Félix Prœenni; c'est !a moins exacte. La seconde fut publiée en 1526. On y joignit les points dos massorètes, les commentaires de divers rabbins, et une préface du R. Jacob ben Chajim. En 1548, le même Bomberg imprima la Bible in-folio de ce dernier rabbin; c'est la meilleure et la plus parfaite de toutes. Elle est distinguée de la première Bible du même éditeur, en ce qu'elle contient le commentaire de R. David Kimchi sur les chroniques ou Paralipomènes, qui n'est pas dans l'autre. — Ce fut sur cette édition que Buxtorf le père imprima à Bâle, en 1G18, sa Bible hébraïque des rabbins ; mais il se gliss i, surtout dans le commentaire de ceux-ci, plusieurs fautes; Buxtorf altéra un assez grand nombre de leurs passages peu favorables aux chrétiens. La même année p;irut à Venise une nouvelle édition de la Bible rabbinique de Léon deModène, r.ibbin de celte ville ; il prétendit avoir corrigé un grand nombre de fautes répandues dans la première édition ; mais outre que celle B ble est fort inférieure, pour le papier et pour le caractère, aux autres Bibles de Venise, elle passa par les mains des inquisiteurs, qui ne laissèrent pas les commentaires des rabbins dans leur entier. Au reste, on ne voit point en quoi les traits lancés contre le christianisme par les rabbins, et retranchés par Buxtorf et par les inquisiteurs, pouvaient contribuer à la perfection d'une Bible hébraïque. — Celle de Robert Etienne est estimée pour la beauté des caractères, m lis elle est infidèle. Plantin en a fait aussi imprimer à Anvers de fort bell s ; la m illeurc est celle de 1500, in-'t-". Manassé b.>n Israël, savant juif portugais, donna à Amsterdam deux éditions de la B ble en hébreu, l'une in-l°, l'autre in 8'. La première est en deux co-

lonnes, et par là plus commoJe pour le licteur. En 163i, Rabbi-Joseph Lornbrosû en publia une nouvelle édition t'n-4-* à Venise, avec de petites notes au bas des pages, ou les mois hébreux sont expliqués par des mots espagnols. Celle Bible est estimée des juifs de Constantinople ; on y a distingué dans le texte, par une petite étoile, les endroits où il faut lire le point carnets par un o, et non par un a.

De toutes les éditions des Bibles hébraïques in-8°, les plus belles et les plus correctes sont les deux de Joseph Athias, juif d'Amsterdam; la première, de 1601 , préférable pour le papier; la seconde, de 1667, plus fidèle* Cependant Vander-Hoogt en a publié une en 1705, qui l'emporte encore sur ces deux-là. — Après Athias, trois proletanls qui savaient l'hébreu s'engagèrent à avoir et à donner une Bible hébraïque, savoir : Claudius, Jablonski cl Opilius. L'édition de Claudius fut publiée à Francfort, en 1077, in-h°. On trouve au bas des pages les différentes leçons des premières éditions; mais l'auteur n'est pas toujours exact dans la manière d'accentuer, surtout à l'égard des livres poétiques de l'Ecriture; d'ailleurs, comme cette édition n'a, pas été faite sous ses yeux, elle fourmille de fautes. Celle de Jablouski parut à Berlin en 1699, ink". L'impression en est fort nette et les caractères très-beaux. Quoiijue l'auteur prétende s'être servi de l'édition d'Athias ei de celle de Claudius, il paraît n'avoir fait autre chose que de suivre servilement l'édition in-k° de Bomberg. Celle d'Opilius fut aussi imprimée in-k" àKeil, en 1709; c'est dommage que la beauté du papier n'ait pas répondu à celle des caractères. D'ailleurs l'auteur n'a fait usage que des manuscrits d'Allemagne, et a négligé ceux qui sont en France; défaut qui lui est commun avec Glaudius et Jablonski. Ces Bibles ont cependant cet avantage, qu'outre les divisions, s ;it générales, soit particulières, en paraclus et eu penlcim, selon la manière des juifs, elles sont encore divis es en chapitres et en versets selon la méthode des chrétiens ; elles renferment les keri hélib, ou différentes façons de lire, et les sommaires en latin ; ce qui les rend d'un usage très-Commode pour les éditions latines et les concordances. — La petite Bible in 10 de Robert Etienne est estimée pour la beauté du caractère. On doit observer qu'il y en a une autre édition à Genève qui lui ressemble beaucoup, mais dont l'impression esl mauvaise et le texte moins correct.

Ou peut ajouter à ce catalogue quelques autres Bibles hébraïques sans points, in-S" et in-1\, fort estimées des juifs, uniquement parce que la petitesse du volume les leur rend plus commodes dans leurs synagogues cl dans leurs écoles. Il y en a deux éditions de cette forme, l'une de Plantin, tn-8° à deux colonnes, l'autre m-2i, imprimée par Ra~ phelingius, à Leyde, en 1610. On en trouve aussi une édition d'Amsterdam en grands caraetères, par Laurent, en 1631, et une a lire in 12, de Francfort, en 169'*, avec une

.".il!

préface de Leusden; mais elle e<i pleine de fautes. — Le texte hébreu sans points, que le F. Houbigant de l'Oratoire a fait imprimer en quatre volumes in- fol., à Paris, en 1753, avec un commentaire , est d'une grande beauté; cependant on reproche à l'auteur d'avoir hasardé trop légèrement des corrections, et de s'être exposé souvent à corrom-. pre le texte, au lieu de le corriger. — On sera désormais plus à couvert de ce danger, avec le secours de la Bible hébraïque que le docteur Kennicot vient de faire imprimer à Londres en deux volumes in-folio. 11 a suivi l'édition de Vander-Hoogl, qui passe pour la plus correcte, et a rassemblé au bas des pages toutes les variantes recueillies d'après les meilleurs manuscrits qui se trouvent dans toute l'Europe. Rien ne nous manque donc plus pour avoir le texte hébreu dans la plus grande correction. Voy. Texte.

Biiji.es gkecqi es. Le grand nombre des Bibles qae l'on a publiées en grec peut être réduit à trois ou quatre classes principales, savoir : celle de Complule , ou d'Alcala de Hénarès, celle de Venise, celle de Home et celle d'Oxford. — La première parut en 1515, par les ordres du cardinal Ximénès, et fut mise dans la Bible polyglotte, que l'on appelle ordinairement la Bible de Complule. Celle édition n'est pas exacte, parce que dans plusieurs endroits l'on y a changé la version des Septante, pour se conformer au texte hébreu. On l'a cependant réimprimée dans la polyglotte d'Anvers , dans celle de Paris et dans la Bible in-k° connue sous le nom de Valable, sans y rien corriger. — La seconde Bible grecque est cel:'e de Venise, qui parut en 1518, où le lexle grec des Septante a été imprimé conformément au manuscrit sur lequel on a travaillé. Celte édition est pleine de fautes de copistes, mais aisées à corriger. On l'a réimprimée à Strasbourg, à li aie, à Francfort et ailleurs, en l'altérant dans quelques endroits pour la rendre conforme au texte hébreu. La pi s commode de ces Bibles est celle de Francfort, à laquelle on a joint de courtes scholies dont l'auteur n'est pas nommé, mais que l'on attribue à Junius : elles servent à marquer les différentes interprétations des anciens traducteurs grecs. — La troisième est celle de Home, en 1587, que l'on appelé [édition Sistinr, dans laquelle on a inséré des scholies tirées des manuscrits grecs des bibliothèques de Home, et recueillies par Pierre Monn. Elle passe pour la plus exacte. Cette belle édition l'ut réimprimée à Paris eu 1 (>2S, par le P. Morin de l'Oratoire, qui j joignit l'ancienne version latine de Nobihus; celleci, dans l'édition de Home, était imprimée séparément avec, les commentaires. L'édition grecque de Home se trouve dans la polyglotte de Londres, et porte en marge les différences leçons tirées du manuscrit d'Alexandrie.

On la au.»si doi née en Angleterre in-k" et in \2, avec quelques changements. Lambert iios l'a encore publiée en 170!), à Franeker, avec toutes les différentes leçons qu'il a pu recouvrer. — Euûn , la quatrième Bible

grecque est celle qu'on a faite en Angleterre d'après un exemplaire très-ancien, connu sous le nom de manuscrit d'Alexandrie, parce qu'il a été envoyé de celte ville. Elle fut commencée à Oxford par le docteur Crabe, en 1707. Dans celte Bible , le manuscrit d'Alexandrie n'est pas imprimé tel qu'il élait, mais tel qu'on a cru qu'il devait élre. On y a changé les endroits qui ont paru être des fautes de copistes, et les mois qui étaient de différents dialectes. Quelques-uns ont applaudi à celle liberté, d'autres l'ont blâmée; ils ont prétendu que le manuscrit était exact, que les conjectures ou les diverses leçons avaient été rejetées dans les notes dont il était accompagné. Voy. Septante; el pour les autres versions grecques, voy. Version.

Bibles latines. Quoique leur nombre soit encore plus grand que celui des Bi'des grecques, on peut le réduire à trois classes; savoir, l'ancienne Vulgate, nommée Versio Jtala, traduite du grec des Septante ; la Vulgate moderne , dont la plus grande partie est traduite du texle hébreu, et les nouvelle versions latines faites sur l'hébreu dans le xvi siècle. — De l'ancienne Vulgate, dont on s'est servien Occident jusqu'après le temps de saint Grégoire le Grand, il ne reste point de livres enliers que les Psaumes, le livre de la S.igesse et l'EccIésiaste, et des fragments épars daus les écrits des Pères, d'où Nobilius a tâché de la tirer tout entière: projet qui a élé exécuté de nos jours par dom Sabalier, bénédictin.

On connaît un grand nombre d'éditions do la Vulgale moderne, qui est la version de saint Jérôme faite sur l'hébreu. Le cardinal Ximénès en fil insérer dans sa polyglotte une qui est altérée ou corrigée en plusieurs endroits. La meilleure édition de la Vulgate de Hubert Etienne est celle de 15V0, réimprimée on 15i5, où l'on trouve en marge les différentes leçons des manuscrits dont il avait pu avoir connaissance. Les docteurs de Louvaiu l'ont revue, y ont ajouté de nouvelles leçons inconnues à Hubert Etienne ; leur meilleure édition est celle qui contient à la fin les notes critiques de François Lucas de Bruges, Toutes ces corrections de la Bible lutine furent faites avant le temps de Sixte V et do Clément Vlll, depuis lesquels personne n'a osé h.ire aucun changement dans le lexle de la Vulgale, si ce n'est dans des commentaires ou dans des notes séparées. Les corrections! ordonnées par Clément VIII, cil 151)2, sont celles que l'on suil dans toute l'Eglise catholique; de deux réformes qu'a faites ce pontife, on s'est toujours tenu à la première. Co fut d'après elle que Plautin donna son édition, et toutes les autres furent faites d'après celle de Planlin ; de sorte que les Bibles communes sont d'après la correction de Clément \ III. Voy. Vulgate. Il y a un très-grand nombre de Bibles lutines de la troisième classe, ou de versions latines des livres sacrés faites sur les originaux depuis deux siècles. La première csl celle de S.inclès Pagninus, dominicain ; elle fut imprimée à Lyon in-!*', en 1528; elle est fort estimée des juifs. L'au-

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leur la pcrf -ctionna, el l'on en fil à Lyon une belle édition in-folio, en 15i2, avec des scholies sous le nom de Michael Villanovanus. On croit que c'est Michel Servet, brûlé depuis à Genève. Servet prit ce nom, parce qu'il était né à Villanueva en Aragon. Ceux de Zurich donnèrent aussi une édition in-\° de la Bible de Pagninus. Robert Etienne la réimprima in-folio avec la Vulgate, en 1586, en quatre colonnes sous le nom de Vatahle, et on l'a insérée dans la Bibleen quatre langues de l'édition de Hambourg. — Celte même version de Pagninus a été retouchée et rendue littérale par Arias Montanus, avec l'approbation des docteurs de Louvain, insérée ensuite, par l'ordre de Philippe 11, dans la polyglotte de Complote, et enfin dans celle de Londres, où elle estplacée entre les lignes du texte hébr< u. 11 y en a eu différentes éditions in-folio, in-k" et tn-8°, auxquelles on a joint le texte hébreu de l'Ancien Testament et le grec du Nouveau. La meilleure est celle de 1471, in-folio. — Depuis la réformation, les protestants ont aussi donné plusieurs versions latines de la Bible. Les plus estimées sont celles de Munster, de Léon Juda, de Castalion et de Trcmellius; les trois dernières ont été souvent réimprimées. Celle de Castalion l'emporte pour la beiuté du latin ; mais les critiques sensés jugent que cette affectation d'élégance est déplacée dans les livres saints. La version de Léon Juda, ministre de Zurich, corrigée par les théologiens de Salamanque, a été jointe à l'ancienne édition publiée par Robert Etienne, avec les notes de Valable. Celles de Junius et de Tremillius sont préféré» s par les calvinistes, et il y en a un grand nombre d'éditions. Mais c'est mal à propos que les protestants donnent à ces différentes éditions la préférence sur la Vulgate; leurs plus habiles critiques, comme Louis de Dieu, Drusius, Milles, Walson, Capel ont rendu justice à la fidélité de celleci. — L'on pourrait ajouter pour quatrième classe des Bibles latines, celle d'Isidore Clarius ou Clair, écrivain catholique, et évêque de Fuligno dans l'Ombrie. Cet auteur, peu content des corrections faites à la Vulgate, voulut la corriger de nouveau sur les originaux. Son ouvrage, imprimé à Venise en 154-2, fut d'abord mis à Y index, ensuite permis el réimprimé à Venise en 156'*, à l'exception de la préface el des prolégomènes, dans lesquels Clarius avait paru ne pas respecter assez la Vulgate. Plusi urs protestants ont suivi cette méthode ; André el Luc Osiander ont publié chacun une nouvelle édition de la Vulgate corrigée sur les originaux ; mais ont-ils toujours été assez sûrs du sens des originaux, pour juger avec certitude que l'interprète latin s'était trompé ?

Bibles orientales. On peut mettre à la lète de ces Bibles la version samaritaine, qui, de tous les livres de l'Ecriture, ne renferme que le Pentateuque. [Il ne faut pas confondre celle version avec le Pentateuque samaritain qui n'est que ''hébreu écrit en caractères samaritains.] Celte version est faite en samaritain moderne, peu différent du chaldaïque,

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sur le texte hébreu écrit en caractères samaritains, et qui est différent en quelque chosti du texte hébreu des Juifs. Le P. Morin de l'Oratoire est le premier qui ait fait imprimer le Pentateuque hébreu des samaritains avec, la version. L'un et l'autre se trouvent dans les polyglottes de Londres et de Paris. Les samaritains ont encore une version arabe du Pentateuque, qui n'a point été imprimée et qui est fort rire ; il y en a deux exemplaires dans la bibliolhèquedu roi. L'auteur de celte version se nomme Abusaïd, et a mis en marge quelques notes littérales. Ils ont aussi l'histoire de Josué, qu'ils ne regardent point comme canonique, el qui est différente du livre de Josué renfermé dans nos Bibles.

B.bles chaldéenne*. Ce ne sont point de pures versions du texte hébreu, mais des gloses ou paraphrases de ce lexle, que les Juifs ont faites en langue chaldaïque, lorsqu'ils la parlaient. Ils les nomment (argumim, interprétations. [ Elle est si littérale qu'on peut la regarder comme une simple version. 1 Les plus estimées sont celle d'Onkélos, qui ne comprend que ie Pentateuque , et celle de Jonathan, sur les livres que les juifs nomment prophètes, tels que Josué, les Juges, les livres des Rois, les grands el les petits prophètes. Les autres paraphrases chaldaïques sont la plupart remplies de fibles. On les a mises dans la grande Bible hébraïque de Venise et de Râle, mais elles se lisent plus aisément dans les polyglottes où la traduction latine se trouve à côté. Voyez Targitm.

Bibles syriaques. ( 1 ) Les Syriens ont deux versions de l'Ancien Testament dans la langue de leurs ancêtres; l'une faite sur le grec des Septante, qui n'a point été imprimée, l'autre faite sur le lexle hébreu, qui se trouve dans la polyglotte de Paris et dans celle d'Angleierre. Parmi les versions orientales de l'Ecriture, celle-ci est l'une des plus précieuses. — Elle paraît avoir été faite ou du temps même des apôtres, ou immédiatement après, pour les Eglises de Syrie où elle est encore en usage. — Les maronites, et les autres chrétiens qui suivent le rite syrien, attribuent à cette version une antiquité fabuleuse, lis prélendent qu'une partie a été faite par ordre de Sal)mon, pour Hiram, roi de Tyr, el le reste par ordre d'Abgare, roi d'Edesse, contemporain de Notre- Seigneur. La seule preuve qu'ils en donnent est que saint Paul, dans son Épître aux Ephésiens (iv, 8) , a cité un passage du psaume Lxvm, v. 18, selon la version syriaque. Il dil de Jésus Christ qu'il a mené captive une multitude de captifs, et a donné des dons aux hommes ; l'hébreu et les Septante portent seulement : Il a reçu des dons pour les hommes. Celle preuve esl trop légère pour établir un fail aussi important. — La vérité est que celte version est fort ancienne, qu'elle a pré-

(l) Mgr Wiseman a fait un travail Irès-imporlant sur les versions syriaques. Il eu a lire des preuves tiès-puissanles contre le prolesiantisine. Le savant écrit de Mgr Wiseman se trouve dans le tome XVI des Démonstra ions évangéliques (édit. Migue).

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cédé toutes les autres, excepté celle des Septante, les targums d'Onkélos et de Joii.iiIi.iu. C'est le sentiment «le Pocock, dans sa Préface, de Michée; de l'abbé Uenaudoî, dans sa Collection des liturgies orientales; de Wallon, l'rolég., 13, etc. Il paraît que son auteur est un chrétien, juif de nation, qui savait très bien les dru* langues; elle est fort exacte et rend avec plus de justesse qu'aucune autre le sens de l'original. Le génie de la langue y cont'ibue beaucoup; comme c'était la langue maternelle de ceux qui ont écrit le Nouveau Testament, et un dialecte de l'hébreu, il y a plusieurs choses qui sont plus heureusement exprimées dans cette version que dans aucune autre. Elle n'est pas moins fidèle sur le Nouveau Testament que sur l'Ancien ; il n'en est donc aucune de laquelle on puisse tirer plus de secours pour l'intelligence des livres sacrés. Gabriel Sionite a publié à Paris, en 1525, une très-belle édition des psaumes en syriaque, avec une traduction latine.

La première éditionduNouveau Testament syriaque est celle que Widmanstadius fit paraître à Vienne en Autriche, l'an 1555, aux frais de l'empereur Ferdinand. Dans le manuscrit apporté d'Orient, etdonton se servit, il manquait la seconde Kpitre de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et l'Apocal pse. Ou en conclut assez légèrement que ces livres n'étaient

f>oint admis dans le canon des Kcrilures par es jacoluses, quoiqu'ils lussent entre leurs mains. Mais Louis de Dieu, aidé de Daniel Heinsius, fit imprimer en syriaque l'Apocalypse en 1627, sur un manuscrit que Joseph Scaliger avoit légué à l'université de Leyde. En 1030, le savant Pocock, âgé seulement de vingt-quatre ans, trouva dans la bibliothèque bodleyennc un très-beau manuscrit syriaque, qui contenait plusieurs écrits du Nouveau Testament, cl en particulier les quatre épîtres qui manquaient dans le manuscrit de Vienne. 11 joignit aux caractères syriaques les points selon les règles données par (Gabriel Sioiite, le texte grec, une version latine comparée avec celle d'E-'zélias, des notes savantes et utiles, el fil imprimer cet ouvrage à Leyde ; ainsi l'on est parvenu â nous donner une version Irès-comp'.èLe de l'Kcriture sainte da^s une langue qui a été celle de noire Sauveur et des Apôtres. Elle est dans la poly^lo'le d'Angleterre, tom. V. — Comme ou ne peut pas prouver que celte veision des différentes parties de l'Ecriture sainte ail été faite en divers temps et par des auteurs différents, il en résulte que, quand elio a été faite, les Eglises de S) ne regardaient comme canoniques les livres que les protestants ont trouvé bon de rejeter, et dont ils s'obstinent encore à méconnaître 1 1 caunnicité. — Assémaui, Riblioth. orient., t. ||, chap. 13, attribue celte version à Thomas. d'Ilcrarlée, évêque de Gcrmaiiicic, qui »< rivait eu G 1 Ci. [Il y a <u plusieurs autres tersions syriaques qui n étaient peut-être que la première qui parut SOUS différent' s Io.uil.-. L'Fxiipluiie, faite sur les Kxaplètd'l •-

rigène, est probablement du ru* siècle La Philoxénienne, qui a eu pour auteur Philoxène, évêque d'Hiéropolis, est de la fin du ve siècle.]

C'est donc très -mal à propos que Beausobre a triomphé de ce que l'Apocalypse ne se trouvait pas dans le manuscrit mis au jour par Widmanstadius, et qu'il en a conclu que les Eglises orientales ne reconnaissaient pas ce livre pour canonique. Les autres preuves négatives qu'il allègue de ce n éme fait ne concluent rien. Yoy. Apocalypse.

Pihi.es ar unes. Elles sont en très-grand nombre; les unes à l'usage des juifs, les autres à l'usage des chrétiens, dans les pays où les uns et les autres parlent cette langue. Les premières oui toutes été faites sur l'hébreu, les secondes sur d'autres versions. Ainsi, la version arabe des Syriens a été prise du syriaque , depuis que cette dernière langue n'a plus été entendue du peuple : celle des cophles a pris pour original la version cophli |ue, dont nous parlerons ciaprès.

En 1516, Augustin Ju&tiniani, évêque de Nébio, donna à Gênes une version arabe du Psautier, avec le texte hébreu et la paraphrase chaldaïque, et y joignit l'interprétation latine. On trouve dans les polyglottes de Londres et de Paris une version arabe d& toute l'Ecriture sainte; mais l'abbé Uenaudot a observé que cette version n'est qu'une compilation de plusieurs autres (1) qui n'ont rien de commun avec celles dont se servent les chrétiens orientaux, soit syriens, soit cophtes ; qu'ainsi, elle n'aurait chez eux aucune autorité. Liturg. orient, collectio, loin. I, p. 208. — Il y a une édition complète de l'Ancien Testament en arabe, qui lui imprim e à Home, en 167!, par ordre de la congrégation de propayanda fuie; mais on a voulu la faire cadrer avec la Vulgatc, et par conséquent elle n'est pas toujours conforme au texte hébreu. — Plusieurs savants pensent que celle qui est dans les polyglottes a été faite par Saadias Caon, rabbin, qui vivait au commencement du \* siècle; en effet Aben-Ezra, grand antagoniste de Saadias, cite quelques passages de sa version qui se trouvent dans celle des polyglottes; mais d'autres pensent que la version de Saadias ne subsiste plus (2). — En 1622, Erpénius fit imprimer un Pentateuque arabe qui fut appelé le Pentaleuque de Mauritanie, parce qu'il était à l'usage des juifs de barbarie ; la version en est très-littérale et passe potfr exacte. Déjà en 1716, il avait publie à Leyde un Nouveau Testament complet en urabe , tel qu'il l'avait trouvé dans un manuscrit. Avant lui, m 1591, l'on avait imprimé à Home les quatre Evangiles eu arabe, avec une version latine in-folio. Celle version a été réimprimée

(I) Celle do Josiié a éié l'aie sur l'hébreu; celle de Joli sur une version «yriitque.

( ') Elle comprenait l« Peiiiateuque et le propbéi Lais.

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