‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 97 sur 183 · BIB · texte numérisé non relu

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dans les polyglottes de Paris et de Londres, avec, quelques changements faits par Gabriel

Sionile. , .., .

1Lbles cophtes. Ce sont les Bibles des chrétiens d'Egypte que l'on appelle cophtes <.u coptes : elles sont écrites dans l'ancien langage de ce pays-là, qui est un mélange de grccetd'égvptien. Il n'y a aucune partie de la Bible imprimée en cophtz (1), mais il y en a plusieurs en manuscrit dans les grandes bibliothèques , surtout dans celle du roi. Comme la langue rophle n'est plus entendue par les chrétiens d'Egypte, depuis qu'ils sont sous la domination des mahométans, ils lisent l'Ecriture dans une version arabe. Quant aux leçons tirées de l'Ecriture qu'ils lisent dans leur liturgie, ils les prennent dans une version cophte qui a clé fiite sur celle des Septante. — L'abbé Renaudol juge que leur version cophte du Nouveau Testatament est très-ancienne ; il lui paraît certain que les aucuns solitaires de la Thébaïde n'entendaient que le cophte, et ne pouvaient lire l'Evangile que dans cette langue. Il serait bon d'avoir plus de connaissance que nous n'en avons de celle version, de savoir si elle renferme tous les livres que nous recevons comme canoniques : ce serait un argument de plus contre les prétentions des protestants. Nous pouvons le présumer ainsi, puisque les Abyssins ou Ethiopiens, qui ont reçu des patriarches d'Alexandrie leur croyance et leurs usages, ont dans leur Bible le même nombre de livres que nous ; c'est du moins ce que rapporte le P. Lobo. Voy. Lebrun, Expl. des Cérémon., tom. IV, p.

Bibles éthiopiennes. Les chrétiens d'Eihiopie, que l'on appelle abyssins, ont traduit quelques parties de la Bible dans leur langue, comme les psaumes, les cantiques, quelques chapitres de la Genèse, Kulh, Joël, Jonas, Malachie et le Nouveau Testament. Ces divers morceaux ont été d'abord imprimés séparément, et ensuite recueillis dans la polyglotte d'Angleterre. Celte version (2) doit avoir été faite ou sur le grec des Septante, ou sur le cophte qui a lui-même été tiré des Septante. Le Nouveau Testament éthiopien, imprimé d'abord à Borne en 1548, est très-inexact ; on n'a pas laissé de le faire passer avec toutes ses fautes dans la polyglotte de Londres. Wallon, Prcléq. 15, pense que cette version du Nouve:iu Testament a été faite sur le texte grec, cl non sur aucune autre version; il est persuadé, avec raison, que les Ethiopiens ont une version complète de la Bible dans leur langue, qui ressemble beaucoup au chaldéen, par conséquent à l'hébreu ; mais il n'avait pas pu parvenir à en avoir un exemplaire complet. Leur Nouveau Testament renferme l'Apocalypse et les

(1) Il y a quelques parties des versions co->liies du egyiieunes qui ont été imprimées. Le Penlaleuque a été imprimé à Londres ei 1731, le Psautier à Borne en 1744eili4!),et une partie, de Daniel en 1786.

(2) Elle est fort ancienne. S-'int Jean Chrysosioii, e en parle dans sa 2e homélie sur saint Jean.

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quatre épîtres dont certains critiques modernes ont voulu contester l'authenticité. Nous parlerons ailleurs de leur croyance et de leur liturgie. Voy. Ethiopiens.

Bibles arméniennes. H y a une très-ancienne version arménienne de toute la Bible, qui a été faite d'après le grec des Septante par quelques docteurs de cette nation, dès le temps de saint Jean Chrysostome, vers l'an 4-10, et longtemps avant que les Arméniens fussent engagés dans le schisme. Comme les exemplaires manuscrits étaient rares et chers, Oscham ouUscham, évêque d'Uschoùanch, l'un de leurs docteurs [après l'avoir corrigée sur la Vulgate], fit imprimer la Bible arménienne entière, in-k°, à Amsterdam, en 1664, et le Nouveau Testament in-8". Le Psautier arn énien avait déjà été imprimé longtemps auparavant. 11 ne paraît pas que les Arméniens aient rejeté aucun des livres que nous appelons deutéro canoniques.

Bibles persanes. Comme le christhnisme a éié florissant dans la Perse dès le rr siècle de l'Eglise, on présume que l'Ecriture sainte fut traduite de bonne heure en langue persane, et quelques-uns des Pères semblent l'insinuer; mais il ne reste rien de cette ancienne version que l'on suppose avoir été faite sur le grec des Septante. Le Pentateuque persan, que l'on a imprimé dans la polyglotte d'Angleterre, est l'ouvrage de U. Jacob, juif persan. Les quatre Evangiles que l'on y a mis dans la même langue, avec une traduction latine, ont été traduis plus récemment : plusieurs critiques ont jugé que celte version était très-inexacte, et ne valait pas la peine d'être publiée.

Bible gothique. On croit généralement que Uphilas ou Gulphilas, évêque des Goths qui habitaient dans la Mœsie, fit dans le ive siècle une version de la Bible entière pour ses compatriotes, qu'il en retrancha cependant les livres des Rois ; il craignit que la leclure de celte histoire ne fût dangereuse pour une nation déjà trop belliqueuse, que les guerre9 et les combats dont il y est fait mention ne fussent pour elle un prétexte d'avoir toujours les armes à la main. Quoi qu'il en soit, on n'a plus rien de cette ancienne version que les quatre Evangiles qui furent imprimés à Dordrecht en 1665, d'après un trèsancien manuscrit.

Bible moscovite. C'est une traduction de la Bible entière en langue esdavone, de laquelle la langue des Russes ou Moscovite* est un dialecte. Elle a été faite sur le grec, et imprimée à CMravic ou Oslrog en Volhinie, province de Pologne, aux dépens de Constantin Basile, duc d'Oslrasie, à l'usage des chrétiens qui parlent la langue esdavone. On ne sait pas précisément par quel auteur, ni en quel temps celte version a été faite; mais elle ne peut pas être fort ancienne.

Bidles en langues vilgaires. Le nombre en exl prod'gieux, et ces traductions sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en traiter en particulier. Au mot Version, nous dirons quelque chose de celles qui ont été faites par les protestants.

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Sur les différentes Bibles dont nous venons do parler, toi/. Korlholt, de tariis Biblior. eilit.: B. Elias, levita; le P. Moriu, Exercitationeg biblicœ ; Simon, Hist. Ci it. du Vvux rt du Xouveau Testament ; du Pin. Bibliot. des Auteurs celés.., tom. 1; Bibliothèque sacrr'e du P. Lelong, et celle que dom Calmet a joi 'le à son Dictionnaire de la Bible [édil. Migne].

Il nous reste deux mots à dire de la division de la Bible en livres, en chapitres et en versets. Dans l'origine, le texte était écrit de suite sans aucune division; l'an 3JG, un auteur, dont on ne sait pas le nom, partagea en chapitres les Epîtres de saint Paul, et y mitdes litres qui indiquentle sujet en abrégé, comme l'on fait encore. L'an 458, Euthalius, diacre d'Alexandrie, fit la même chose sur les Actes des apôtres et sur les Epîtres canoniques; il distingua même ces différents ouvrages en versets. D'autres ont introduit les mêmes divisions dans le texte des Evangiles, avant et après Euthalius ; mais on n'en sait rien de certain. Voy. Zacagni, Collect veter. M onum. Ecclesiœ g< œcœ et latinœ ,\nk' , Rotnœ, 16 8. — Quant à la division des livres de l'Ancien Testament en chapitres et en versets, elle est beaucoup plus moderne : elle n'a été faite qu'au xnr siècle, lorsque l'on a dressé les concordances de la Bible. Voy. Concordance. — Par conséquent cette division ne fait pas loi ; si, pour trouver le vrai sens d'un passa»e il faut réunir deux versets séparés, ou diviser par une nouvelle ponctuation une phrase réunie dans un seul verset, cela est très-permis, à moins que le sens différent ne soit fixé par 1 1 tradition. L'Eglise, en déclarant la Vulgate authentique, n'a pas déci !é que la ponctuation et l'arrangement des versets sont une chose sacrée, à laquelle il n'est pas permis de loucher.

BIBLIOTHÈQUE. On a ainsi nommé, nonseulement les lieux dans lesquels on a rassemblé des livres, mais les recueils ou catalogues d'auteurs et d'ouvrages d'un certain genre. I! en est deux ou trois dont un théologien doit avoir connaissance; telle est la Bibliothèque sacrée du P. Lelnng de l'Oratoire, dins laquelle ce savant donne la notice de tous les auteurs qui ont travail é, ou sur l'Ecriture sainte en général, ou sur quelqu'une de ses part es. Le P. Desmolcts l'a publiée en 172.J, en deux volumes in-folio. En second lieu, la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques ; le docteur du Pin en a fait une très-ample en cinquante-huit vol. i'n-8", et dom Bemi Cellier, bénédictin, une plus exacte en vingt-quatre volumes m- 4", sous le titre A* Histoire des Au'eurs ecclésiastiques. Il y en a une de Guillaume Cave, savant Anglais, en deux volumes in-folio, et une trèsahrégée de Grandi olas, en deux volumes in-12. — La Bibliothèque de Pholius, composée au ix' siècle, est précieuse; parce qu'il y a donné un extrait d'un grand nombre d'ouvrages d'anciens auteurs, soit ecclésiastiques, soit profanes, qui sont perdus.

BIBLIQUE, terme que les théologiens emploient pour désigner un g' nre de méthode

et de style conforme à celui de l'Ecriture sainte.

A la naissance de la théologie scolastique, au xii" siècle, les docteurs chrétiens se partagèrent en deux classes ; ceux qui continuèrent à prouver les dogmes de la foi par l'Ecriture sainte et par la tradition, furent nommés doctores biblici, positivi, veteres; les autres furent appelés doctores sententiarii et novi, parce qu'ils s'attachaient principalement à expliquer les sentences de Pierre Lombard, et à prouver leurs opinions par des raisonnements philosophiques. Ceux-ci se croyaient fort supérieurs aux premiers, et s'attiraient toute la considération ; mais ils furent vivement attaqués par leurs adversaires. Guibcrt, abbé de Nogent ; Pierre, abbé de Moutier-la-Celle; Pierre le Chantre, docteur de Paris ; Gauthier et Bichard de Saint- Victor, écrivirent avec chaleur contre les scolasiiques, et les accusèrent d'altérer la foi chrétienne; cette dispute fit gryid bruit, surtout dans les universités de Paris et d'Oxford, et continua pendant le xme siècle. Grégoire IX, pour arrêter ce désordre, écrivit aux docteurs de Paris : « Nous vous ordonnons et vous enjoignons rigoureusement d'enseigner la pure théologie sans aucun mélange de science mondaine, de ne point altérer la parole de Dieu par les vaines imaginations des philosophes, de vous tenir dans les bornes posées par les Pères, de remplir les esprits de vos auditeurs de la connaissance des vérités célestes, et de les faire puiser à la source du Sauveur. » Du Boulay , Hist. Acad. Paris., tom. III , p. 129. — A la renaissance des lettres, les théologiens sont revenus à la méthode des Pères, mais sans abandonner entièrement celle des scolasiiques, qui met plus d'ordre et de netteté dans les discussions des matières. Voy. Scolastique.

* BIBLIQUES (Sociétés), établies dans le dessein de propager la Bible. — Un ecclésiastique que le besoin de se procurer une Bible conduisit à Londres donna lieu à la première société biblique. Elle se proposa d'abord de répandre la Bible dans toutes les lainilles pauvres d'Angleterre. Mais bientôt son cercle d'action s'étendit beaucoup. Il y cul des afliliations de la société biblique dans les principaux Eiats du mon 'e. Ou (il des traductions de la Bible dans tomes les langues. Pinkerlon acquit à Paris pour la société des traductions loues faites dans les dialectes du Nord et du Ttiibet, ainsi que les manuscrits apportés des archives delà propagande de Rome sous Map >IO'>n. Elle a également contribué à l'impression de la Bible tradirto en langue serbe. Ou assure que le travail le plus dilAcile a été la traduction de la Bible dans la langue des Esquimaux.

Les sociétés bibliques ont dépensé des sommes prodigieuses cl inondé le monde d'Anciens el de Nouveaux Testaments. Elles n'ont voulu les accompagner d'aucun commentaire afin que chacun puisse lonner sa foi à sa volonté. Quelques auteurs ont regardé comme incalculable le progrès que les société- bibliipies ont fan Taire au monde. Il est po>sible (pie par leurs Voyageurs, elles aient contribué à l'ébranlement du monde qui semble vouloir rétrograder vers le chaos.

L'Eglise catholique, tout en regardant la Bd»le comme contenant la parole de Dieu, a condamné Ie9 tuiiété» biblique, (Pie VU, Léon XII, Pic Mil, Gté-

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pi-ire XVI, les ont hautement réprouvées). En effet l'Eglise catholique ne regarde pas l'Ecriture comme la seule source de la vérité chrétienne, elle reconnaît encore, la tradition; elle enseigne de plus qu'il est impossible de former sa foi par la lecture seule de la Bible qui doit être interprétée par une autorité infaillible. Ces principes reçoivent des développements dans divers articles de ce D'ctionnaire. La Bible protestante n'est pas entière, elle est mutilée, autre danger pour la loi. Un catholique sincère ne paît donc que condamner les sociéiés bibliques.

Ces sociétés n'ont pas eu pour le protestantisme le succès qu'il en attendait. «Les Sociétés bibliques et les associations des missionnaires protestants , disait en 1833, le Mouthly-Revicw, ont commencé leurs travaux il y a pins de trente ans. Elles ont amassé et dépensé des revenus de prince ; elles ont des agents dans toutes les parties du globe. Les îles les plus éloignées des mers du Sud, de l'Océan picilique et des mers de l'Inde, ont été visitées par leurs envoyés. Nous les avons entendues proclamer pins d'une fois non-seulement que l'idolâtrie était anéanlie dans les petites îles, mais même que la ïartarie, la Perse et l'Inde étaient sur le point de céder aux effuts des missionnaires britanniques, et d'adopter la religion de la croix...

< La Société biblique de Londres existe depuis plus de trente ans : elle a, dans l'Angleterre seule, t.29 sociétés auxiliaires qui travaillent sous sa direction. Un très-grand nombre de sociétés protestantes semblables ont éié établies à Paris, Lyon, Toulou-e, Montpellier, Nîmes, Strasbourg, Nantes, Monlauban, et autres parties de la France ; dans les Pays Bas, la Suisse, la Prusse, dans toute l'Allemagne, la Suède, le Danemark, etc. La Société biblique de Londres reçoit seule annuellement des souscriptions rarement au dessous de 80,000 livres sterling, (deux millions de francs). Il y a eu des années où elles ont été au-dessus de 90,000, (deux millions, 250,000). EHe a l'ail imprimer douze millions de Bibles en 143 langues. Mais, outre les Sociétés établies pour la distribution de la Bible, il y a un très-grand nombre d'associations de missionnaires qui ramassent aus-i des souscriptions. L'Angleterre seule en a dix de différentes sectes; les Etals-Unis en ont cinq de sectes diverses ; il y en a aussi en Allemagne, en France, etc. ; toutes possèdent d' grands revenus. En 1819, une seule de ces associations reçut pmir sa part trente mille livres sterling (750,000 fr.), et les recettes annuelles de neuf autres, une année dus l'autre, sont de vingtcinq mille livres slerli g (625,000 fr.), pour chacune dans l'Angleterre seulement. Selon les rapports publiés par ces assortions, le nombre des missionnaires entretenus par elles dans les deux mondes est de 2,800, sans compter leurs femmes, dont on vante au^si les travaux efficaces dans la même carrière. La plus grande paite cependant de ces missionnaires sont des personnes d'nn • éducation Irèsbornée- Le plus souvent, leur vocation a sa source dans le désir de recevoir de riches appointements de deux à trois ccn>s livres sterling p>r an, uniquement à 1 1 charge de lire el de fane circuler la B.bie parmi les peuples idolâtres; el à ce prix- là est-ce un sacrifice, p. nr des hommes qui peuvent à pe ne se procurer chez eux les moyens de vivre, de s'-mbarquer pour les pays lointains, surtout lorsqu'ils peuvent emmener avec eux leurs femmes et leurs enfants ? Lorsqu'ils sont arrivés à leur destination, quels efforts font-ils, ou peuvent, ils faire ? La première pensée qui les occupe, c'e>l de se loger aussi commodément qu'il e>t possible, et de se tenir toujours, autant que faire se peut, sous la protection du canon britannique. Ils ne pénètrent que rarement chei les nations barbares; ils ont peur de la peste et du chojéra-morbus, auxquels on ne peut pas raisonnablement s'attendre qu'ils veuillent expoacr

leurs familles, ou que leurs familles leur permettent de s'exposer eux-mêmes ; el, d'un autre côlé, pour les mêmes raisons, ils n'ont pas envie d'être martyrs.

« Nous avons des preuves en abondance qu'aussi longtemps que les missionnaires britanniques continueront leur système actuel, ils doivent nécessairement échouer dans leurs tentatives de convertir les Indiens : l'éducation, les mœurs et les préjugés de ces peuples sont tels que la simple lecture de la Bible, sans de longues instructions préalables pour les aider à l'interpréter, les éloigne de la religion de l'Evangile, plutôt que de les y attirer. D'ailleurs, les traductions de la Bib'e dans les dialectes de l'Inde, sont si inexactes el si éminemment ridicides, que même le petit nombre d'Indiens qui les lisent avec un esprit impartial el dépouillé de préjugés, en sont dégoûtés à la première vue. On peut donc assurer que, malgré tout ce que nous lisons dans les rapports pompeux de la Société biblique, et dans ceux des missionnaires britanniques, leurs succès sont réellement si peu de chose, que leur résultai n'est rien en comparaison des dépenses énormes qu'ils occasionnent. >

BIBLISTES, nom donné pnr quelques auteurs aux hérétiques qui n'admettent que le texte de la Bible ou de l'Ecriture sainte, sans aucune interprétalion, qui rejettent l'autorité de la tradition et celle de l'Eglise, pour décider les controverses de la religion. Plus:çurs protestants sensés ont tourné en ridicule cet entêtement, et l'ont appelé bibliomanie, parce qu'il dégénère fort aisément en fanatisme. C'est une absurdité de prétendre que tout fidèle qui sait lire, est suffisamment en état d'< ntendre le texte de l'Ecriture sainte, pour y conformer sa croyance. C'est un excellent moyen pour former autant de religions que de têtes. Vuy. Ecriture sainte.

BIEN, MAL, dans l'ordre ph s que termes relatifs et qu'il faut s'abstenir de prendre dans un sens absolu.

11 est dit dans l'histoire de la création : Dieu vit tout ce qu'il avait fait , et tout était bien ou très-bon (Oen. i, 31). Est-ce à dire que les créatures sont sans défaut? Elles seraient égales à Dieu; le bien absolu, c'est l'infini. Nous nommons bien ce qui nous est utile et conforme à nos désirs; mais nos désirs ne sont pas toujours justes et sages; ce qui est un bien pour nous est souvent un mal pour d'autres. — Les créatures sont bien lorsqu'elles correspondent à la fin pour laquelle Dieu les a faites ; c'est donc une bonté relative; elles ne peuvent être bonnes ou bien dans un autre sens : il ne s'ensuit point qu'il n'en puisse résulter un mal relatif dans plusieurs circonstances, et que Dieu n'en eût pu f tire de meilleures. Puisque toute créature est essentiellement bornée, il est impossible qu'elle ne soit bonne et mauvaise, un b en et un mal, sous différents aspects.

Tout est donc bien, relativement au dessein que Dieu s'est proposé; mais tout pourrait être mieux, parce que la puissance du Créateur est infinie; tout est mcl aux yeux des incrédules, parce que rien n'est conforme à leurs désirs; mais ces désirs même sont un mal, parce qu'ils ne sont conformes ni a la volonté de Dieu, ni à la raison. -- Dans l'hypothèse de l'athéisme, du matérialisme, de

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