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autrefois de l'abus dans les motifs et dans la manière d'accorder les indulgences, et dans les effets qu'elles ont produits, à quoi sert-il d'en rappeler le souvenir, lorsqu'il est incontestable que ces abus ne subsistent plus? Cela démontre que les pasteurs de l'Eglise n'étaient pas incorrigibles, puisqu'ils se sont corrigés. 11 n'en est pas de môme des protestants, puisqu'ils sont encore aussi entêtés, aussi malicieux, aussi aveugles dans leurs haines qu'ils l'étaient il y a deux cents ans.
JUDA, quatrième fils de Jacob, chef de la principale Iribu de sa nation ; son nom signifie louange, ou celui qui est loué. La prophétie que son père, au lit de la mort, lui adressa, est célèbre, et a donné lieu à un grand nombre de dissertations. « Juda, lui dit-il, tes frères te combleront de louanges; 1 >s enfants de ton père se prosterneront devant toi ; ta main sera levée sur la tète de tes ennemis ; tu ressembles à un lion prêt à se jeter sur sa proie, et qui inspire encore la frayeur pendant son sommeil. Le sceptre ne sera point ôté de Juda ; et il y aura toujours un chef de sa race, jusqu'à ce que vienne l'envoyé qui rassemblera les peuples. O mon fils ! tu attacheras ta monture à la vigne, tu laveras tes vêtements dans le suc du raisin, tes yeux recevront un nouvel éclat par le vin, et le lait te blanchira les dents. » (Gen. c. xlix, v. 8).
Les Paraphrases chaldaïques et les anciens docteurs juifs ont appliqué unanimement cet oracle au Messie ; les plus savants rabbins l'entendent encore ainsi. Voyez Munimcn ûdei, part. 1, c. 14. Ils ne contestent qu^ sur l'application que nous en faisons à Jésus- Christ. Saint Jean, dans l'Apocalypse, y fait allusion, lorsqu'il nomme Jésus-Christ le lion de Juda qui a vaincu (c. v, v. 5).
Il est certain d'abord que le mot sceptre ne désigne pas toujours la royauté ; dans le style des patriarches, ce n'est autre chose que le bâton d'un vieillard ou d'un chef de famille : il exprime seulement une prééminence, une autorité analogue aux divers états de la nation. Ce sens est encore déterminé par le mot suivant, qui signifie un chef, un magistrat, un dépositaire de lois ou d'archives.
Jacob prédit à Juda, 1° une supériorité de force sur ses frères ; fl le comparé à un lion; 2° une possession meilleure ; il la désigne par l'abondance du lait et du vin ; 3" l'autorité marquée par le bâton de commandement ; 4° le privilège de donner la naissance au Messie ; 5° des chefs ou magistrats da sa tribu, jusqu'à ce que cet envoyé de Dieu vienne rassembler les peuples. Les Juifs ne contestent aucune de ces circonstances, et toutes ont été exactement accomplies. En effet, la tribu de Juda fut toujours la plus nombreuse; on le voit par les dénombrements qui furent faits dans le désert {Num. c. i, v. 27 ; c. xxvi, v. 22). Elle campait la première à l'orient du tabernacle (cap. h, v. 3). Moïse, près de mourir, fait l'éloge des" guer, iers de cette tribu ; il lui annonce qu'elle marchera à la tète des autres pour
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conquérir la Palestine {Deut. c. xxxm, v, 7). Les livres de Josué et des Juges nous apprennent qu'il en fut ainsi (Jud. c. i, v. 1 ; Jos. c xv).
Dans la distribution de la Terre promise, elle eut la portion la plus considérable , et fut placée au centre ; elle renfermait dans son partage la ville de Jérusalem, capitale de la nation : les vignobles des environs éîaient célèbres. Après la mort de Saiil, elle prit David pour son roi, et forma un état séparé pendant que les autres tribus obéissaient à Isboseth. David le fait remarquer (Ps. lix, v. 8) : le Seigneur a dit : Juda est mon roi. Sous Roboam, lorsque dix tribus se séparèrent, celle-ci garda la fidélité aux descendants de David, et continua de faire un royaume séparé sous son propre nom de Juda ; souvent e!lc tint tète aux rois d'Israël et à toutes leurs forces. Après que les dix tribus eurent été emmenées en captivité et dispersées par les Assyriens, celle» de Juda subsista encore dans la Palestine, sous ses rois, pendant plus d'un siècle.
Au bout de soixante et dix ans de captivité à Babylone, elle revint dans sa patrie, se maintint en corps de nation, usa de ses lois ; les restes de Benjamin et de Lévi lui furent incorporés ; le nom de Juda ou do Juifs a été dès lors commun à toute la raco de Jacob ; Jérémie l'avait prédit (c. xxx, v, 1). Les livres d'Esdras et des Machahées nous parlent des princes, des grands, des anciens, des magistrats de Juda. Lorsque la nation eut pris pour ses chefs des prêtres issus de Lévi, ils n'agirentpoint enleur nom, mais au nom des anciens et du peuple des Juifs (I Mach. c. xu, v. 16, etc.).
Cette tribu a ainsi conservé sa consistance, ses généalogies, ses possessions, sa prééminence sur les autres tribus, jusqu'à la destruction de la république juive sous les Romains, et à la ruine de Jérusalem. Mais alors le Messie était arrivé ; son Evangile rassemblait les peuples dans une seule Eglise : il avait prédit lui-même que la nation juive allait être dispersée, son temple et sa capitale rasés. L'oracle de Jacob était accompli dans tous ses points. Pour le prouver, il n'est pas nécessaire de montrer dans la tribu de Juda un sceptre royal, une autorité souveraine et monarchique toujours subsistante jusqu'à ce moment, mais une prééminence toujours sensible et remarquable dans les divers états dans lesquels la nation juive s'est trouvée. Or, on ne peut contester ce privilège à la tribu de Juda, ni méconnaître le moment auquel elle a cessé d'en jouir. Depuis que le Messie a rassemblé les peuples sous ses lois, les descendants de Juda, chassés de leur terre natale et de leurs possessions, n'ont eu ni sceptre, ni autorité, ni gouvernement dans aucun lieu du monde.
11 n'est pas nécessaire non plus que Juda ait perdu tous ses privilèges au moment précis de la naissance du Messie ; il suffit qu'on les ait vus s'anéantir lorsque l'Eglise de Jésus-Christ s'est formée par la réunion des juifs et des gentils, puisque, selon la
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