UD
prophétie, la fonction de cet envoyé était de rassembler les peuples, ou de réunir à lui tous les peuples. C'est ce qu'il a fait en envoyant ses apôtres prêcher l'Evangile à toutes les nations et à toute créature, et en déclarant que toutes seraient un même troupeau sous un même pasteur (Joan. c. x, v. 16).
Depuis cette épo'jue, qui est un fait éclatant, la tribu de Juda, dispersée dans l'univers, ne peut plus observer ses anciennes lois ni son culte religieux ; elle n'a plus de possessions ni de généalogies. Un Juif ne peut pius prouver qu'il descend de Juda plutôt que de Lévi, de Benjamin, ou d'un étranger prosélyte. Quand il viendrait aujourd'hui un Messie tel que les juifs l'attendent, il lui serait impossible de montrer de quel sang il est descendu ; au lieu que l'on n'a jamais osé contester à Jésus-Christ sa naissance dans cette tribu : sa généalogie en fait foi ; les Juifs mêmes l'ont appelé fils de David.
Le droit de vie et de mort n'avait été ôté aux Juifs ni par les rois d'Assyrie, ni parles Perses, ni par les rois de Syrie, ni par Hérode ; mais ils en furent privés par les Romains : ils furent obligés d'obtenir de Pilate la confirmation de l'arrrêt de mort qu'ils avaient prononcé contre Jésus-Christ dans leur sanhédrin (Joan. c. xviii, v. 31). Ils n'étaient donc déjà plus en possession du sceptre ni de l'autorité politique ; ils ne l'ont iamais recouvré depuis : donc à cette époque le Messie est arrivé. Que peuvent opposer les Juifs à cette démonstration?
il est bon de remarquer que la prophétie de Jacob n'a pu être forgée ni par Moïse, qui n'a vu que les premiers traits de son accomplissement, ni par Esdras, qui a vécu près de cinq cents ans avant les derniers. A moins que Esdras n'ait eu l'esprit prophétique, il n'a pas pu deviner qu'à l'arrivée d'un Messie de la tribu de Juda, cette tribu perdrait toute son autorité et sa consistance; c'est alors, au contraire, qu'elle aurait dû naturellement acquérir un nouveau degré de prospérité et une prééminence plus marquée. De là nous concluons encore contre les Juifs, qu'il ont très-grand tort d'attendre pour Messie un roi, un conquérant qui leur assujettira tous les peuples. Si celapouvaitarriver, non-seulement la tribu de Juda ne perdrait pas le sceptre pour lors; elle le prendrait, au contraire, et en jouirait asrec plus d'éclat que jamais : la prophétie de Jacob se trouverait absolument fausse. Quelques incrédules cependant ont écrit que cette prophétie ne prouve rien en faveur de Jésus-Christ, que l'on ne peut pas lui donner un sens raisonnable ni en tirer aucune conséquence contre les Juifs.
Nous lui donnons un sens très-raisonnable et avoué de tout temps par les Juifs. Voy. Caîatin, 1. iv, c. h. Nous en faisons voir la justesse par toute la suite de l'histoire; nous démontrons qu'elle ne peut être appliquée à aucun autre personnage qu'à Jésus-Christ, et nous en concluons invinciblement contre les Juifs, que le Messie est arrivé depuis dixsept siècles. Vey. Sceptre, Schh.oh.
JUDAISANTS. Dans le premier siècle de l'Eglise, on nomma chrétiens judaïsants ceux d'entre les Juifs convertis qui soutenaient que pour être sauvé ce n'était pas assez dj croire en Jésus-Christ et de pratiquer sa doctrine, mais qu'il fallait encore être fidèle à toutes les observances judaïques ordonnées par la loi de Moïse, telles que le sabbat, la circoncision, l'abstinence de certaines viandes, etc. ; que même les gentils , devenus chrétiens, y étaient obligés. Les apôtres décidèrent le contraire au concile de Jérusalem, l'an 51 (Aci. c. xv, v. 5 et suiv.). Ceux qui persévérèrent dans cette erreur, malgré la décision, furent regardés comme hérétiques. Saint Paul écrivit contre eux son épître aux Galates, environ quatre ans après la décision du concile. Voy. Loi cérémonielle, Observances légales. Mais il faut faire attention que les apôtres n'avaient pas interdit ces observances aux chrétiens Juifs de naissance.
Comme l'Eglise chrétienne conserve encore quelques-unes des pratiques religieuses qui étaient observées par les Juifs, les incrédules disent que nous continuons de judaïser; c'est un reproche que leur ont fourni les protestants. Saint Léon leur a répondu, il y a quatorze cents ans, Serm. 16, n. 6 : « Lorsque sous le Nouveau Testament nous observons quelques-unes des pratiques de l'Ancien, la loi de Moïse semble ajouter un nouveau poids à celle de l'Evangile et l'on voit par là que Jésus-Christ est venu, non pour abolir la loi, mais pour l'accomp'ir. Quoique nous n'ayons plus besoin des images qui annonçaient la venue du Sauveur, ni des figures, lorsque nous possédons la vérité, nous conservons cependant ce qui peut contribuer au culte de Dieu et à la régulariié des mœurs, parce que ces pratiq les conviennent également à l'une et à l'autre alliance. » Nous ne les observons donc pas parce que Moïse les a prescrites, et parce que les Juifs les ont gardées, mais parce que les apôtres nous les ont transmises, et nous ont ordonné de conserver tout ce qui est bon [I Thess. c. v, x. 21).
Dans le discours familier, on dit qu'un homme judaise, lorsqu'il est tropscrupuleux observateur des pratiques qui paraissent peu essentielles à la religion ; mais, avant de blâmer cette exactitude, il faut se souvenir de la leçon que Jésus-Christ faisait aux pharisiens qui négligeaient les devoirs les plus essentiels de la loi, pendant qu'ils s'attachaient à des minuties : // fallait faire les uns, leur dit-il, et ne pas omettre les autres. (Matth., c. xxm, v. 23).
On pense communément que ce fut seulement sous le règne d'Adrien, après l'an 13V, qu'arriva la division entre les Juifs convertis, dont les uns renoncèrent absolument aux rites mosaïques, les autres s'obstinèrent à les conserver, et furent nommés judaïsants. Mosheim., Ilist. christ., saec. 2, § 38, a recherché la cause de cet événement ; il juge que le principal motif qui engagea les premiers à ne plus judaïser fut l'envie de ne plus être exposés aux rigueurs que Adrien
!!V5 Jt T)
exerçait contre les juifs, et de pouvoir habiter la nouvelle ville de Jérusalem que ce prince avail t'ait bâtir sous le nom à'MUar- Capitolina. Ajoutons que les juifs incrédules s'étaient rendus odieux à tout l'empire par les massacres dont ils s'étaient rendus coupables; il y avait donc beaucoup de danger à paraître juif. Mosheim croit encore que le parti des j'udaïsant s opiniâtres sesous-divisa en deux sectes, dont Tune fut celle des éblouîtes, l'autre celle des nazaréens. Voy. ces deux mots.
JUDAÏSME, religion des Juifs. Dieu l'a donnée à ce peuple par le ministère de Moïse, vers l'an du monde 2513, selon le calcul du texte hébreu ; elle a duré environ 1550 ans, jusqu'à la ruine de Jérusalem et la dispersion des Juifs. Les livres de Moïse contiennent les dogmes, la morale, les cérémonies de cette religion. A l'article Moïse, nous ferons voir que ce législateur avait prouvé sa mission divine par des signes incontestables. Ici nous traiterons brièvement des différentes parties de la religion qu'il a établie.
I. Les dogmes qu'il a enseignés aux Juifs étaient les mêmes que ceux qui avaient été révélés aux patriarches leurs aïeux. Ce peuple adorait un seul Dieu, créateur, souverain Seigneur de l'univers, dont la Providence gouverne toutes choses, législateur suprême, rémunérateur de la vertu et vengeur du crime. Toutes les lois, toutes les pratiques du judaïsme tendaient à inculquer ces grandes vérités. Au mot Créateur, nous avons prouvé que Moïse a enseigné clairement le dogme de la création. Or, dès que l'on est persuadé que Dieu a tiré du néant l'univers par un seul acte de sa volonté, on n'a aucune peine à comprendre qu'illegouveriiede môme, et qu'il ne lui en coûte pas plus pour en prendre soin qu'il ne lui en a coûté pour le faire tel qu'il est. Les Juifs n'ont jamais douté que la Providence divine ne s'étendit h tous les peuples et à tous les hommes sans exception ; mais ils o:;t cru avec raison que cette Providence veillait sur eux avec une attention particulière, que Dieu les avait choisis pour être son peuple par préférence aux autres nations, et qu'il leur accordait plus de bienfaits. Si vous gardez mon alliance, leur dit le Seigneur, vous serez ma portion choisie parmi tous les autres peuples ;car toute (a terre est à moi. (Exod., c. xix, v. 5, etc.)
Aux mois Ame, Immortalité, Enfer, nous wons montré que les Juifs ont cru constamment l'immortalité de l'âme , les récompenses et les peines de l'autre vie; qu'ils n'ont pas eu besoin d'emprunter celle doctrine d'aucune autre nation, qu'ils l'avaient reçue de leurs aïeux, et qu'elle venait d'une révélation primitive. Les auteurs païens, mieux instruits ou plus équitables que les incrédules modernes, ont rendu justice aux Juifs sur ce point. « Les Juifs, dit Tacite, conçoivent par la pensée un seul Dieu, Etre suprême, éternel, immuable, dont la dmée ne finira jamais. » Judœi mente sola unumque Numen inlelligunt, summum, illud et œternum, neque mutabih , neque interiturum.
DlCTIONN. DE ÏHÉOL. DOGMATIQUE, ill.
Jlfc
tlist., lib. v, c. 5. Dion-Cassius, !:!>. xwvii, dit de même que les Juifs adorent un Dimi invisible et ineffable : et l'on ose écrire aujourd'hui qu'ils adoraient un Dieu eofporel, local, qui ne pensait qu'à eux, semblable aux dieux des autres nations, etc. Toland a poussé l'audace jusqu'à soutenir que le Dieu de Moïse était le monde, et que sa religion était le panthéisme.
« Les Juifs, continue Tacite, pensent que les à mes de ceux qui sont morts dans les combats ou dans les supplices sont éternelles. Comme les Egyptiens, ils enterrent les mor s et ne les brûlent point; il ont le môme soin des cadavres et la même opinion sur les enfers. » Mais cette croyance était Celle des patriarches, avant que les enfants de Jacob eussent habité l'Egypte. Lorsque les littérateurs de notre siècle affirment que les Juifs empruntèrent des Chal.léens et des Perses la croyance d'une vie future, qu'ils n'en avaient eu aucune notion avant leur captivité à Babylone, ils s'exposent au mépris de tous les hommes instruits.
Mais il ne faut pas oublier un article essentiel do la foi des Juifs, la chute originelle do l'homme , la promesse d'un Rédempteur, d'un Messie ou d'un envoyé de Dieu, qui viendrait rassembler tous les peuples sous ses lois, conclure une alliance nouvelle entre Dieu et le genre humain. Ce dogme est consigné dans l'histoire même de la création, dans le testament de Jacob, dans les prédictions de Moïse et dans toute la suite des prophéti s. Voy. Messie.
IL La morale du judaïsme est renfermée en abrégé dans le Décalogue; c'est encore celle des patriarches, puisque c'est la loi naturelle écrite. Voy. Décalogue. Mais Moïse l'avait rendue plus claire, eu avait facilité )n connaissance et l'exécution par les différentes lois qui prescrivaient aux Juifs leurs devoirs envers Dieu et envers le prochain. x\insi le précepte de n'adorer qu'un seul Dieu était expliqué et confirmé non-seulement par toutes les lois qui défendaient aux Juifs les pratiques superstitieuses des idolâtres, mais par celles qui prescrivaient les sacrifices, les offrandes, les fôtes, lès cérémonies du culte divin, les précautions qu'il fallait observer pour s'en acquitter avec la décence et le respect convenables. C'est à ce grand objet que se rapportaient toutes les lois cérémonielles.
La défense de prendre le nom du Seigneur en vain était appuyée par d'autres qui punissaient le parjure ou le blasphème, ou qui ordonnaient d'exécuter fidèlement les vœux que l'on avait faits au Seigneur.
Comme le sabbat était principalement ordonné pour conserver la mémoire de la création, nous voyons qu'un homme fut puni de mort pour en avoir violé la sainteté (Num. c. xv, v. xxxn). Dieu voulut encore en assurer l'observation par un miracle habituel, en ne faisant point tomber la manne le jour du sabbat.
Au commandement général d'honorer les pères et mères, Dieu ajouta des lois sévères
JLD
JLD
qui condamnaient à mort non-seulement celui qui aurait frappé son père ou sa mère, mais celui qui les aurait outragés de paroles, et qui interdisaient toute turpitude, toute impudieité à leur égard. Conséquemmenl il était ordonné de respecter les vieillards et les hommes constitués en dignité, parce qu'on doit les regarder, en quelque manière, cumme les pères du peuple.
Les défenses de nuire au prochain dans sa personne, dans ses biens, dans son honneur, étaient reinermées dans ce commandement général : Y'ous aimerez votre prochain comme .vous-même; c'est moi, votre Seigneur, qui \rous l'ordonne , vous ne conserverez contre ' lui dans votre cœur ni haine, ni ressentiment, ni dessein de vous venger ; vous oublierez les injures de vos concitoyens (Levit. c. xix, v. 17 et suiv.). Mais Moïse enira dans le plus grand détail de toutes les violences que l'on pouvait commettre à l'égard du prochain, de toutes les manières dont on pouvait lui nui.e et lui porter du préjudice; toutes ces actions furent interdites sous des peines sévères, souvent sous peine de moit. il ne se borna point à pioscrire l'adultère, mais il nota d'infamie la prostitution et le commerce illégitime des deux sexes [Levit. c. xix, v. 29; Veut., c. xx.hi, v. 17). il ne lit grâce à aucun désordre capable de nuire à la pureté des mœurs.
Puisque les désirs même illégitimes étaient interdits aux Juifs par le Décaiogue, comment des actions criminelles auraient-elles pu leur être permises ?
Il est évident que toutes ces lois positives tendaient à faire connaître la loi naturelle dans toute son étendue, et à la faire mieux observer; qu'un Juif ainsi instruit devait être moins exposé à la violer qu'un païen. 11 y a cependant eu des déistes assez aveugles pour prétendre que tant de lois positives nuisaient à l'observation de la loi naturelle. Le Clerc, critique téméraire, s'il en fui jamais, a osé soutenir ce paradoxe, Hist.ccclés., Proleg., sect. 3 , c. n , § 20 et suiv. , et il a voulu le confirmer par des exemples. 1" 11 y avait, à la vérité, dit-il, une loi qui obligeait les enlants à honorer leurs pères et mères ; mais il y en avait une autre qui permettait le divorce et la polygamie ; celle-ci rendait à peu près impossible l'observation de la précédente : on sait jusqu'à quel point ces deux abus mettent le désorure, la division, la haine dans les familles. 2" La loi qui défendait aux Israélites de souffrir aucun idolâtre parmi eux n'était pas équitable ; ils auraient été bien fâchés d'être traités de même chez leurs voisins, lorsque des calamités les obligeaient de s'y réfugier, et lorsqu'ils furent répandus cirez toutes les nations après la captivité de liabylone. 3° Celle qui ordonnait de mettre à inort tout homme coupable d'idolâtrie, fût-il parent, ami ou allié était inhumaine; il eût mieux valu tâcher de ivs corriger. Qu'auraient dd les Israélites, si les pci^ les voisins qui les subjuguèrent plus d'une fois, les avaient forces , par des supplices, de renoncer à leur religion ? k" Connue la loi de Mpïsô
ne proposait ni récompenses à espérer; ni punitions à craindre dans une autre vie , ils n'ont pas pu y être constamment attachés; de là sont venues , sans doute , leurs fréquentes apostasies et leurs rechutes presque continuelles dans l'idolâtrie. Un ne peut donc justifier la législation de Moïse, qu'en disant qu'elle était proportionnée au caractère grossier, dur, intraitable de son peuple , et que celui-ci n'était pas capable d'en supporter une plus parfaite.
Réponse. Quand tout cela serait absolument vrai, il s'ensuivrait déjà que cette législation n'était indigne ni de la sagesse, ni de la sainteté de Dieu. Solon faisait, par cette même raison, l'apologie des lois qu'il avait données aux Athéniens. Mais qu'aurait répondu Le Clerc à un inciédule qui lui aurait objecté qu'il ne tenait qu'à Dieu de rendre son peuple plus doux et plus tiaitable î Nous en convenons sans d lliculté; mais, parce que Dieu le pouvait, il ne s'ensuit pas qu'il le devait : autrement il faudrait soutenir que Dieu n'a pas. dû permettre qu'il y eût dans l'univers un seul peuple , et même un seul homme vicieux et insensé. Mais il y a d'autres réilexions à faiie.
Nous convenons , en premier lieu, que, chez les nations corrompues, le divorce et Ja polygamie sont des obstacles à peu près invincibles à l'union des familles et à la tendresse mutuelle entre les enfants et U urs parents ; mais chez les Hébreux , dont les mœurs étaient simples, la vie laborieuse , et les idées assez bornées , e< s deux abus no pouvaient pas produite d'aussi pernicieux ell'ets , parce que Moïse avait pris des précautions pour en prévenir les conséquences. Yoy. Divorce, Polygamie.
Ln second lieu , il est vrai que la loi leur défendait de soullrir chez eux aucun acte d'idolâtrie ; mais il est faux qu'elle leur ordonnât de bannir tous les idolâtres , lorsque ceux-ci ne faisaient aucun exercice extérieur de leur lausse religion : au contraire, il leur était ordonné de traiter h s ét.angers avec douceuretavec humanité, parce qu'ils avaient été eux-mêmes et angers en Eg. pte. (Lxod. c. xxn, v. 21 ; Levit. c. xix, v. M; Dettt. c. x, v. 18, i9, etc.) Or, tout étranger était alors polythéiste et idolâtre. On ne peut pas prouver que, quand ils étaient réfugiés cnez leurs voisins, ils y aient fait aucun exercice de religion contraire à la croyance de ces peuples.
En troisième lieu , nous soutenons que la loi qui punissait de mort tout acte d'idoJAtric n'était ni cruelle ni injuste. Dieu avait attaché à cette condition la conservation de la nation juive : en souffrir l'infraction, c: <■ tait mettre le salutde la république en danger. Osera-l-on soutenir que Dieu n'avait pas celle autorité, qu'il n'a jamais dû punir de mort aucun impie, parce qu'il aurait été mieux de le corriger? Mais les mécréants, non contents d'imposer à lousles hommes la loi de la tolérance absolue envers leurs semblables, veulent encore en faire une obligation'u Dk-u. Jamais les Juifs n'o:il forcé
Jtr»
)un
personne, par des supplices, h embrasser leur religion.
Knlin, quoique la législation de Moïse n'ait renfermé ni promesses ni menaces expresses et formelles pour la vie future, il n'est pas moins vrai que les Hébreux croyaient une vie à venir, parce (pie c'avait été, de tout temps, la loi des patriarches leurs aïeux. Voy. Ami;, § ï. Mais connue cette législation renfermait tout à la fois les lois morales, les lois cérémonielles et les lois civiles , il n'aurait pas été convenable de donner h toutes indifféremment la sanction des peines et des récompenses de l'autre vie. S'il faut en croire les matérialistes de nos jours, celles de ce inonde l'ont beaucoup plus d'impression sur les hommes «pie celles de la vie a venir; ce n'a donc pas été là une cause des apostasies des Juifs.
Que l'on envisage la morale juive sous quelque aspect que l'on voudra, elle est pure, sage , irrépréhensible , convenable à tous égards au temps, au lieu , au génie du peuple pour lequel elle était destinée, plus parfaite que celle de tous les législateurs philosophes. Aucune des lois civiles, politiques ou militaires, portées par Moïse, n'est contraire à la loi naturelle; toutes concourent à la faire exactement pratiquer. Lorsque Jésus-Christ est venu donner au genre humain de nouvelles leçons de morale, il n'a point contredit celles de Moïse ; mais il a rejeté les fausses explications qu'en donnaient les docteurs juifs : il a sagement distingué les préceptes qui regardent la conduite personnelle de l'homme d'avec les lois civiles et nationales relatives à la situation particulière dans laquelle se trouvaient les Hébreux sous Moïse; il en a retranché ce qui était devenu sujet h des inconvénients, comme la polygamie, le divorce, la poinc du talion , etc.; il y a ajouté des conseils de perfection [tour en rendre l'observation plus s lire et plus facile, mais dont les anciens Juifs n'étaient pas capables. Les incrédules , qui ont censuré et calomnié la morale et les lois de Moïse, n'en ont pris ni le sens ni l'esprit; ils n'ont fait attention ni au siècle, ni au climat, ni au caractère national, ni aux mœurs générales des anciens peuples.
III. Mai3 pourquoi tant de lois cérémonielles? pourquoi un culte extérieur si minutieux et si grossier? Les Hébreux n'étaient pas en état d'en pratiquer un plus parfait, et il n'y en avait point alors dans le monde. Quand on l'examine de près, on en voit la sagesse et l'utilité. — 1° Il fallait un culte qui occupât beaucoup les Juifs, parce qu'ils avaient pris en Egypte le goût do la pompe et des cérémonies , et parce que c'était un moyen d'adoucir leurs mœurs, en les obligeant de se rapprocher souvent , et d'avoir beaucoup d'attention à leur extérieur. — 2° Il fallait que tout fût prescrit dans le plus grand détail, afin qu'ils ne fussent pas tentés d'y mettre rien du leur; il était donc absolument nécessaire de leur interdire tous les usages des Egyptiens et des Chananécns, pour lesquels ils n'avaient que trop de pen-
chant : un très-grand nombre de lois cérémonielles y sont relatives. — 3* La plupart des cérémonies ordonnées aux Juifs étaient des monuments et des preuves des prodiges que Dieu avait opérés en leur faveur, cl des bienfaits qu'il leur avait accordés, connue la Pâque, l'offrande des premiers-nés, les fêtes de la Pentecôte et des Tabernacles , la Circoncision, signe des promesses que Dieu avait faites à Abraham, etc. — 4° Plusieurs autres, comme les purifications, les ablutions , les abstinences , avaient pour obje' la propreté et la sauté du peu le , la salubrité de l'air et du régime : c'étaient des précautions relatives au climat. La sagesse de ces attentions, qui nous paraissent minut euses, est prouvée par l'effet qu'elles produisaient ; puisque , selon le témoignage de Tacite , les Juifs étaient d'un tempérament robuste et vigoureux, au lieu que, sous le règne du mahométisme , l'Egypte et la Palestine sont devenues le foyer de la peste. Tout était ordonné par motif de religion , parce qu'un peuple qui n'était pas encore civilisé , était incapable de se conduire par un autre motif.
Les censeurs anciens et modernes du judaïsme ont dit que toutes ces observances légales étaient superstitieuses ; mais ils auraient dû expliquer ce qu'ils entendaient par superstition. Un culte superstitieux est celui (pie Dieu n'a point ordonné ou qu'il réprouve, qui ne peut produire aucun bon effet, (jui peut donner lieu à dos erreurs et à des abus. Celui des Juifs était-il d ms ce cas? Dieu l'avait expressément ordonné, et, par des promesses positives, il y avait attaché la prospérité de cette nation; toutes les fois que les Juifs s'en écartèrent, ils furent punis, et se trouvèrent obligés d'y revenir. Ce culte était destiné à les détourner des superstitions et des crimes des peuples idoIAtres dont ils étaient environnés, à conserver parmi eux le dogme essentiel d'un seul Dieu créateur, oublié et méconnu chez tous les peuples, et à nourrir l'attente d'un Messie Rédempteur et Sauveur du genre humain : c'est aussi l'etfet qui en est résulté; en quel sens a-t-il pu être superstitieux? Que les païens, aveuglés par leurs propres superstitions, aient blâme un culte qu'ils connaissaient très-mal, dont ils ignoraient les motifs et le dessein, cela n'est pas étonnant; mais que des philosophes, élevés dans le sein du christianisme, à portée d'examiner le ju~ daîsme en lui-même, en jugent avec la même prévention , cela ne leur fait pas honneur.
Par un préjugé contraire, les juifs d'aujourd'hui prétendent que le culte extérieur ou cérémonie! prescrit par leur loi, est beaucoup plus parfait et plus agréable à Dieu que la pratique des vertus morales; qu'il donne une vraie sainteté à ceux qui l'observent; que Dieu, après l'avoir établi, n'a pas pu l'abolir. Cette erreur est ancienne parmi eux; les prophètes l'ont déjà reprochée a. leurs pères; les pharisiens en étaient imbus du lemps de Jésus-Christ : plusieurs même de ceux qui se convertirent à la prédication
Ml
JIÏ1)