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ne les a pas miraculeusement instruites et préservées de l'erreur? Voilà «Jeux grands phénomènes que l'on n'expliquera jamais par des moyens naturels, mais que l'Ecriture sainte nous tait concevoir très-clairement, par le moyen d'une révélation surnaturelle donnée de Dieu depuis le commencement du monde.
Le don des miracles ne s'est pas terminé à la mission et à la prédication des apôtres ; saint Paul atteste ou du moins suppose qu'il était commun parmi les tidèles (/ Cor. xn, xiii, xiv) ; et les Pères de l'Eglise sont témoins qu'il a continué dans les siècles suivants. Saint Justin, Apol. 2, n. 6 ; Dial. cum Tryph., n. 82, atteste que les démons sont chassés au nom de Jésus-Christ, et que l'esprit prophétique a passé des juifs aux chrétiens. Saint lrénée ajoute que plusieurs guérissent les maladies par l'imposition des mains, et que quelques-uns ont ressuscité des morts. Adv. Hœr., 1. n, c. 50 et 57. Tertullien prend à témoin les païens du pouvoir qu'ont les chrétiens de chasser les démons, Apol.,c. 23, ad Scapulam, c. 2. Origène atteste qu'il a vu plusieurs malades guéris par l'invocation du nom de Jésus-Christ, et par le signe de la croix, Contra Cels., 1. m, n. 2i, etc.; Eusôbe, Démonst. évang., 1. m, p. 109 et 132; Lactance, Divin. Jnstit., 1. iv, n. 27 ; Saint Grégoire de Nazianze et ïhéodoret rendent le môme témoignage. Saint Grégoire de Néocésarée fut nommé Thaumaturge à cause du grand nombre de ses miracles. Saint Amhroise rapporte, comme témoin oculaire, les miracles opérés au tombeau des saints martyrs Gervais et Prolais; et saint Augustin ceux qui se faisaient de son temps par les reliques de saint Etienne, 1. xxii de Civit. Dei, c. 8, etc. La réalité de ces miracles est encore prouvée par l'accusation de magie si souvent répétée par les païens contre les tidèles, et par l'affectation des philosophes du ive siècle , de vouloir opérer des miracles par la théurgie , afin de pouvoir les opposer à ceux des chrétiens.
Les protestants n'ont pas été peu embarrassés à cette occasion ; ils ont senti qu'il n'était pas possible de récuser toutes ces preuves, sans donner atteinte à la solidité des témoignages qui constatent les miracles de Jésus -Christ et des apôtres ; que, d'autre part, on ne peut guère ajouter foi aux miracles opérés dans les trois ou quatre premiers siècles de l'Eglise , saus donner aussi croyance à des écrivains respeclables qui attestent des miracles opérés dans l'Eglise romaine pendant les siècles postérieurs.
Middleton, auteur anglais, prit, en 17i9, le parti de soutenir que, depuis le temps des apôtres, il ne s'était plus fait de miracles dans l'Eglise ; il donna pour raison, 1° que les Pères, qui ont prétendu qu'il s'en faisait de leur temps, étaient des hommes crédules et sans critique; ajoutons qu'en général ils ont été accusés de fraudes pieuses et de mauvaise foi par la plupart des critiques protestants; 2° parce que, s'il fallait croire
ces prétendus miracles cités par les Pères il faudrait admettre aussi ceux desquels les ealholiques veulent se prévaloir pour étayer leurs opinions. Ce livre fit grand bruit, et fut réfuté par plusieurs protestants.
Mosheim, Hist. christ., sœc. n, § 20, note, accuse Middleton d'avoir voulu , par cette tournure, faire révoquer en doute les miracles de Jésus-Christ et des apôtres. Il lui représente qu'il n'est pas besoin d'une grande critique pour être en état déjuger si un miracle dont on est témoin est vrai ou faux ; qu'une accusation générale de crédulité ou d'incapacité, faite contre les Pères, est téméraire et ne prouve rien. Il n'a pas compris que l'on peut répondre la même chose au reproche de mauvaise foi qu'il a souvent répété lui-même contre les Pères en général. Il ne répond rien non plus au parallèle que l'on peut faire entre les preuves qui attestent les miracles des trois ou quatre premiers siècles, et celles que nous donnons des miracles opérés dans les siècles postérieurs. L'objection de Middleton méritait cependant d'être résolue. Quelques autres protestants ont répondu qu'il a pu se faire des miracles dans l'Eglise romaine, pour confirmer les vérités générales du christianisme, sans qu'il s'ensuive rien en faveur des dogmes particuliers h cette Eglise. Mais les miracles opérés par la sainte eucharistie, par l'invocation des saints, par l'attouchement de leurs re/iques, continuent certainement la croyance des catholiques a l'égard de ces divers objets. Dieu n'a pas pu les confirmer, par des miracles, dans une foi et une confiance fondées sur des erreurs; et il faut faire attention que plusieurs miracles opérés de celte manière, sont attestés par les auteurs même du m* ou ivc siècle, dont les protestants n'ont pas osé rejeter absolument le témoignage. D'autre part, les incrédules opposent k nos preuves la réponse que Minutius Félix faisait aux païens, lorsqu'ils vantaient les prétendus miracles de leurs dieux : « Si tout cela était arrivé autrefois, leur disait-il, il arriverait encore aujourd'hui ; mais ces prodiges n'ont jamais été faits , parce qu'ils ne peuvent pas se faire. »
Nous soutenons que cette maxime n'est pas applicable aux miracles qui prouvent la vraie religion. Les miracles du paganisme n'ont pas pu se faire, 1° parce que la plupart étaient des crimes; on supposait que plusieurs personnes avaient été punies, métamorphosées en animaux ou en arbres, pour des actions très-innocentes, ou parce qu'elles n'avaient pas voulu se prêter aux passions brutales des dieux; 2" parce que ces prétendus miracles n'avaient pas pour but de porter les hommes à la vertu , mais de les confirmer dans la pratique d'une religion évidemment fausse, absurde, et injurieuse à la Divinité, ou de satisfaire les passions injustes des nations ou des particuliers; 3" parmi ces prodiges il y en avait très-peu qui pussent être envisagés comme des bienfaits; c'étaient plutôt des effets de la colère des
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