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dieux que do leur bienveillance. Tous supposaient que le gouvernement de ce monde était livrj au caprice d'une multitude de génies bizarres, vicieux et malfaisants, trèsmal d'accord entre eux, etc. Peut-on faire aucun de ces reproches contre les miracles que nous alléguons en faveur de la vraie religion? Minutius Félix avait raison de dire que si les dieux avaient fait autrefois tant de prodiges, et s'ils étaient aussi puissants que le prétendaient les païens, ils auraient dû surtout faire éclater ce pouvoir à la naissance du christianisme , et multiplier les miracles, pour prévenir la chute de leur culte que cette religion détruisait peu à peu; c'est ce que l'o.n n'a pas vu. Mais aujourd'hui les incrédules auraient très-mauvaise grâce d'exiger qu'il se fit de nouveaux mimcles pour continuer le christianisme, dès qu'il est suffisamment prouvé par la multitude de ceux qui ont été faits depuis le commencement du monde jusqu'à nous. On peut môme dire des incrédules modernes ce qui a été dit des anciens : Quand ils verraient ressusciter des morts, ils ne croiraient pas (Luc. xvi, 31). Plusieurs l'ont formellement déclaré.
Ils ont donc le plus grand tort d'objecter que si Moïse avait fait autant de miracles qu'on le dit, les Egyptiens ne se seraient pas obstinés à poursuivre les Hébreux , et que ceux-ci ne se seraient pas si souvent révoltés contre lui; que si Jésus-Christ et les apôtres avaient opéré des miracles si fréquents et si éclatants, il ne serait pas resté un seul incrédulo parmi les juifs ni parmi les païens. L'opiniâtreté des incrédules d'aujourd'hui ne nous fait que trop sentir de quoi ceux d'autrefois ont été capables. Un miracle, quelque éclatant qu'il soit, ne convertit point les hommes sans une grâce intérieure qui les rende dociles, et il n'est aucune grâce à laquelle tles cœurs endurcis ne puissent résister. Loisqu'unrmraclc opère un grand nombre de conversions, ce changement des esprits et des cœurs doit nous surprendre autant que le surnaturel du miracle et que l'interruption du cours cle la nature. Voy. la Dissertation sur les miracles, Bible d'Avignon, t. II, p. 25,
MIRAMIONES, congrégation do tilles vertueuses qui, sans faire des vœux, se consacrent à l'instruction des jeunes personnes de leur sexe et au soin des malades. Elles furent fondées à Paiis en 1GG5, par madame de Miramion, veuve pieuse et charitable, sous le titre de communauté de Sainte-Geneviève.
MISÉRICORDE DE DIEU. C'est le plus consolai, t des attributs divins, le seul qui fonde noîre espérance, et c'est aussi celui dont les livres saints nous donnent la plus haute idée. Dieu fait principalement consister sa gloire à pardonner aux pécheurs. Il dit qu'il fait justice jusqu'à la troisième et la quatrième génération, et miséricorde jusqu'à la millième, ou plutôt sans bornes et sans mesure, in miliia (Exod. xx, G). Selon l'ex-
pression du psalmiste, Dieu a pitié de nous comme un père a pitié de ses enfants, parce qu'il connaît la matière fragile dont il nous a formés (Ps. en, 13). Comme si la tendresse d'un père n'était pas encore assez touchante, Dieu compare la sienne à celle d'une mère; il dit de la nation j'dve : Jérusalem pense que le Seigneur l'a oubliée et l'a délaissée; une, mère peut-elle donc oublier son enfant, et manquer de pitié pour le fruit de ses entrailles? Quand elle en serait capable, je ne vous oublierai point (Isai. xux, H). Dans le psaume cxxxv, tous les versets ont pour refrain que la miséricorde de Dieu est éternelle. Nous en voyons la preuve dans la conduite que Dieu a tenue envers les hommes depuis la création.
Jésus-Christ, parfaite image de Dieu son Père, a été la miséricorde personnifiée et revêtue de notre nature; il n'a dédaigné, rebuté, humilié aucun pécheur; il n'a fait que pardonner. La brebis perdue, l'enfant prodigue, la pécheresse de Naïm, Zachée, la femme adultère, saint Pierre, le bon larron, la prière qu'il a faite sur la croix pour ceux qui l'avaient crucifié; quelles leçons! Par ces traits, Jésus-Christ a prouvé sa divinité aussi efficacement que par ses miracles : c'est ainsi, dit saint Paul, que la bonté et la douceur de Dieu notre Sauveur s'est fait connaître [TU. m, h). Un homme n'auait pas poussé la miséricorde jusque-là. Les Pères do l'Eglise ont épuisé leur éloquence à relever tous ces traits. Pelage eut la témérité do soutenir qu'au jugement de Dieu aucun pécheur ne recevra miséricorde, que tous seront condamnés au féu éternel. ;< Qui peut souffrir, lui répondit saint Jérôme, que vous borniez la miséricorde de Dieu, et que vous dictiez la sentence du juge avant le jour du jugement? Dieu ne pourra-t-il, sans votre aveu, pardonner aux pécheurs s'il le juge à propos? » Dialog. 1 , contra Pelag., c. 9. « Que Pelage, dit saint Augustin, nomme comme il voudra celui qui pense qu'au jour du jugement aucun pécheur ne recevra miséricorde; mais qu'il sache que l'Eg ise n'adopte point celte erreur ; car quiconque ne fait pas miséricorde sera jugé sans miséri corde. » L. de Gestis Pelagii, c. 3, n. 9 et 11. « Dieu est bon, dit ce môme Père, Dieu est juste; parce qu'il est ju^te, il ne peut damner une âme sans qu'elle l'ait mérité; parce qu'il est bon, il peut la sauver sans mérites, et en cela il ne fait tort à personne. » Contra Julian. , lib. m , c. 18 , n. 35; contra duas Eput. Pelag., 1. iv, c. G, n. 16. « Lorsque Dieu fait miséricorde , dit saint Jean Chrysostome, il accorde le salut sans discussion, il fait trêve de justice, et no demande compte de rien. » Ho m. in Ps. lx, v. 1. C'est le langage uniforme des Pères de tous les siècles, langage qui suppose cependant que les pécheurs reviendront sincèrement à Dieu pendant qu'ils sont encore sur la terre, parce qu'il n'y a pas de salut à espérer pour ceux qui meurent dans leur péché.
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*MisÉRiconi>r.(OEuvredcla). Il y a quelques aimées, il s'est formé une secte entièrement nouvelle, qui prétend non-seulement renouveler le christianisme, mais le monde loul entier. Le momie éprouve aujourd'hui un grand besoin d'amour. C'est aussi l'amour qu'il faut établir sur la terre, il faut faire régner le Saint-Esprit. Jusqu'alors nous avons vu le règne de la loi, celui de Jésus-Chrisl, celui du Saint- Esprit arrive. De même que dans l'Ancien Testament, les prophètes se succédaient pour annoncer la venue du Messie, les prophètes se succèdent depuis plus de cent ans pour annoncer la venue de l'Esprit,. Le grand prophète Pierre-Michel Vint ras annonce que l'heure approche. < C'est au mois d'août IS51) que le Verbe faisait entendre ces paroles; c'est alors aussi que l'archange saint Mi-bel faisait les premières ouvertures à cet ouvrier de Tilly, Eugène Viutras, connu sous les prénoms de Pierre -Michel par lesquels le nommait l'envoyé céleste. I.e ciel ménagea une circonstance qui mit cet homme de Dieu en présence avec le porte-voix qu'il allait remplacer, pour établir la succession de la mission prophétique. Voici donc le dernier chaînon de celle prophétie ; mais celui-ci doit être, plus que les précédents, le Christ représentatif, et son image plus ressemblante ; non qu'il ait été dans son passe plus parfait que les précalculs : héraut plus rapproché des temps de la miséricorde, il eonlesse qu'il eu avait plus besoin ; mais il sera, par les cominunicali:>ns pleines, vastes, lumineuses, la représentation du Christ enseignant; par les persécutions qu'il éprouve de la part des Pilâtes gouvernants et des pharisiens nouveaux, la représentation du Christ persécuté : ses persécutions auront des caractère» analogues et seron1 puisées dans le même esprit qui a poussé les pharisiens d'autrefois ; cl par ces trois épreuves du corps, de l'âme et de l'esprit, qui seront connues en leur temps, la représentation du Christ dans la grolle des Oliviers. Voici donc un temps qui s'ouvre, une ère qui est à son aurore cl qui s'appellera l'ère ou le régne du Saint-Esprit. Il est manifeste que nul n'échappera au cataclysme s'il n'appartient à l'œuvre de miséricorde formellement ou en esprit. >
La nouvelle secic professe un grand nombre d'erreurs et de doctrines étranges. L'homme esi un composé de corps, d'esprit et d'âme, Jesus-Chrisl n'a pris qu'une portion de notre humanité. — Le péché originel est une faute personnelle. — La sainte Vierge émane de la nature divine. — Le Saint-Lspril doit se manifester. — Nous réfutons chacune de ces erreurs aux articles qui les concernent.
La nouvelle secle a été condamnée par un bref de Grégoire XVI. L'abbé Charron prétend quecebrel a été surpris. Nous n'avons connu aucun hérétique qui n'ait tenu ce langage. Quoiqu'il en soit, nous pensons rendre service au clergé en terminant par la traduction du bref de Grégoire XVI à Mgr l'evéquc de iiaycux. On ne saurait trop mettre à la portée de tous ces pièces précieuses qu'on se procure difficilement cl qui sont bien plus efficaces que les raisonnements pour préserver cl désabuser les esprits que l'erreur commencerait à cul rainer.
< Vénérable frère, saint cl bénédiction apostolique. Depuis que vous nous ave/ donné avis de la nouvelle association d'hommes impies qui s'esl fouine dans voire diocèse, et transmis quelques-uns de leurs imprimés cl de leurs manuscrits, nous avons desiié vivement vous écrire celle lettre. Mais les graves préoccupations cl les affaires qui nous allligeni sans cesse ne nous ont pas permis de nous meure loul de suite â I re et à peser ces écrits comme nous le souhaitions pour reconnaître l'esprit de celle malheureuse associalion. Noire douleur a élé grande quand nous avons vu par ces écrits pestilentiels que les hommes pervers de celle société, sous le masque de la piété cl à l'aide d'un raisonnement captieux, s'efforcent d'introduire des sectes de perdition au
milieu du troupeau de Jésus Christ. Par une audace aussi téméraire que sacrilège, ils se transforment en apôtres, et s'arrogent une nouvelle mission divine, annonçant une prétendue aitvre de la mi&érit orde, el prétendant qu'ils vont par ce moyen redonner en quelque sorte la vie à l'Eglise Ils osent répandre dans le public des révélations sur les anges et les autres habitants du ciel, des communications de Jésus-Christ lui-même, des visions el des miracles. Ils se sont formé un apostolat composé de laïques. Ils affirment qu'il va s'établir dans l'Eglise un troisième règne, qu'ils ne craignent pas de nommer le règne du Saint-Esprit, afin que les vérités déposées dans l'Evangile, el que l'Eglise, d'après leurs blasphèmes, n'aurait pas assez expliquées, soient mises dans loin leur jour, que de nouveaux dogmes soient manifestés, et que l'Eglise elle-même sorle enlin de son elal de dépravation. Ces impiétés cl ces extravagances sont parfaitement en harmonie avec l'esprit île cet homme pervers, qui se dit faussement duc de Normandie el qui, sortant par l'apostasie du sein de l'Lglise catholique, Défaisant aucun cas de l'autorité du Saint-Siège et s'égara ni misérablement par ses actions el ses paroles, professe en diverses manières les erreurs, les sentiments el les projets de l'association malheureuse dont nous parlons, et s'efforce par ces machinations ténébreuses d'égarer et de perdre le troupeau de Jésus-Christ. Au reste, les livres et les écrits des apôtres de celle o'iivre nous étaient déjà presque lous connus; car ils nous étaient parvenus depuis longtemps. Noire douleur est grande, vénérable frère, en voyant le hul de celle association diabolique. Par leurs tentatives audacieuses et condamnables contre la véritable Lgliscde Jésus-Chrisi, par leurs assauts contre la chaire de saint Pierre et par leur mépris de son autorité, leur dessein est eeiïaiiirmcjïide lacéitT, de mer el de perdre les brebis du Seigneur.
« C'esl pourquoi, vénérable frère, ce que vous ave/, cru devoir faire contre cette association, nous l'approuvons entièrement et nous donnons à voire vigilance el à votre sollicitude les louanges qu'elles méritent. Accomplissant voire saint ministère avec une parfaite fidélité, vous n'avez pas plutôt appris la diffusion de la secte détestable dans votre diocèse, que vous l'avez hautement réprouvée. Vous avez employé vos soins à préserver voire troupeau de ces pâturages empoisonnés, el vous avez en particulier,, par vos lettres et vos avis, excité le zèle de voire clergé, afin d'arrêter l'impiété, la licence el les tentatives de ces hommes égarés. Ce sont là les loups et les sangliers de la for-él prêts à mettre en pièces les brebis du Seigneur cl à ravager sa vigne. Ils nié— riienl certainement les réprimandes, les censures et les peines ecclésiastiques. Continuez, vénérable frère, avec votre zélé, votre prudence el voire vertu bien connue, à combattre les combats du Seigneur. Ne négligez rien pour que les fidèles qui vous sont confiés s'affermissent dans la foi de l'Eglise catholique, cl qu'ils évitent cl repoussent avec soin les erreurs, les fables cl les extravagances de celle association impie. Quant à nous, nous ne cesserons de répandre nos prières devant Dieu, afin que, dans celle cause qui est la sienne, il daigne diriger cl seconder d'en haut vos pensées el vos efforts. Nous vous renvoyons les écriis «pic vous nous avez transmis au sujet de ces hommes fallacieux, et en témoignage de notre bienveillance loule particulière pour vous, nous vous accordons cl a loul voire troupeau, vénérable frère, la bénédiction aposlolique.
< Uouie, 8 novembre 1813. »
MISNA ou MISCHNA. Voy. Talwcd.
MISSEL, livre qui contient les messes propres aux différents jours et fètfs do l'année. Le Missel romain a d'abord été dressé
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ou recueilli par le pape Gélase, mort l'an Christ, en tant que homme, et non en tant
/•%; mais il ne faut pas croire qu'il ait coin- que personne divine, puisqu'à cet égard ri
posé toutes les prières qu'il y a rassemblées, ne procède en aucune manière du Saint-
elles sont plus anciennes que lui. Saint Ce- Esprit. Les théologiens distinguent deux sor-
testin, qui a précédé Gélase de plus de tes de missions passives dans les personnes
soixante ans, dit dans sa lettre aux évoques divines : l'une visible, telle qu'à été celle do
des Gaules, cil, que les prières sacerdo- Jésus-Christ dans l'incarnation, et celte du
taies viennent des apôtres par tradition, et Saint-Esprit lorsqu'il descendit sur les apô-
sont les mêmes dans tout le monde chrétien, très en forme de langues de feu ; l'autre invi-
Gélase ne lit donc que de mettre en ordre sible, de laquelle il est dit que Dieu a cn-
los messos que l'on était déjà dans l'usage de voyé l'esprit de son Fils dans nos cœurs,
dire, et sans doute il en ajouta de nouvelles etc.
pour les saints dont le culte avait été ré- Toutes ces distinctions et ces précisions
cemment établi; c'est ce que l'on appelle le sont nécessaires pour rendre le langage théo-
Sacramentaire de Gélase. Saint Grégoire le logique exact et orthodoxe, pour prévenir
Grand, mort l'an 60i , lit de même; il re- les erreurs et les sophismes des hérétiques,
toucha le missel ou sacramentaire de Gélase ; Vainement les sociniens voudraient se préva-
il en retrancha quelques prières, et y ajouta loir du terme de mission, pour conclure que
peu de chose; il corrigea les fautes qui le Fils et le Saint-Esprit ne sont que les en-
avaient pu s'y glisser, et rédigea le tout en voyés du Père ; que le Père a donc sur eux
un seul volume, que l'on a nommé le Sacra- une supériorité ou une autorité ; qu'ils ne
mentaire grégorien, qui subsiste encore au- sont par conséquent ni co-éternels, ni con-
jourd'hui. Voy. Liturgie, Sacramentaire. substantiels au Père. En fait de mystères ré-
Depuis le renouvellement des lettres, plu- vélés, les arguments philosophiques ne prousieurs évoques ont fait dresser des missels vent rien ; iï faut s'en tenir scrupuleusement propres pour leurs diocèses , et quelques au langage de l'Ecriture sainte et^de la trad.ordres religieux en ont de particuliers pour tion. Voy. Trinité.
les saints canonisés dans les derniers siè- Mission, en parlant des hommes, signifie
clés. Ces missels sont faits avec plus de soin un pouvoir et une commission spéciale que
et d'intelligence que les anciens; mais on n'y quelques-uns ont reçue de Dieu pour instruire
a pas touché au canon de la messe, il est leurs semblables, pour leur annoncer la pa-
encore le môme que du temps de saint Gré- rôle et les lois de Dieu. Voy, Juridiction,
goire et de Gélase; ces deux papes môme Apostolicité.
n'en sont pas les premiers auteurs ; il date Lorsque Dieu a voulu révéler aux hommes
certainement des temps apostoliques, et il des vérités qu'ils ne savaient pas, leur pres-
est le môme dans toute l'Eglise latine. Si les crire de nouveaux moyens de salut, leur
prétendus réformateurs avaient été mieux imposer de nouveaux devoirs, il a donné une
instruits, ils n'auraient pas affecté tant de mission extraordinaire à certains hommes
mépris pour cette ancienne règle, qui est, pour exécuter ses desseins. Ainsi il a envoyé
après l'Ecriture sainte, ce que nous avons Moïse pour intimer sa loi aux Israélites, les
de plus respectable. Voy. Canon. prophètes pour aunoucer ses bienfaits ou ses
MISSION. En parlant des personnes de la châtiments, Jésus-Christ pour fonder la loi Sainte-Trinité, mission signifie l'envoi de nouvelle, les apôtres pour la prêcher. Sans l'une des personnes par une autre, pour opé- cette mission bien prouvée personne n'aurait rer parmi les hommes un effet temporel, été obligé de les croire ni d'écouter leurs le - Cette mi'ssùm a nécessairement deux rapports, çons. Pour prémunir son peuple contre les l'un à la personne qui envoie , l'autre à faux prophètes, Dieu déclare qu'il ne leur a l'effet qui doit être opéré. Conséquem- point donné de mission (Ezech. xm, 6) ; mais ment, dans les personnes divines, la mission il menace de ses vengeances quiconque n'éost étemelle quant à l'origine : ainsi le Verbe coûtera pas un prophète qu'il a envoyé divin avait été destiné de toute éternité à (Deut. xvm, 19). Jésus-Christ lui-même fonde êire envoyé pour racheter le genre humain ; son autorité d'enseigner sur la mission qu'il cette mission, ou l'exécution de ce décret, n'a a reçue de son Père (Joan. m, 3i ; v, 23, -2k). eu lieu que dans le temps marqué par la sa- Il dit à ses apôtres : Comme mon Père m'a gesse divine, ou dans la plénitude aes temps, envoyé, je vous envoie (xx, 21). Il menace de comme s'explique saint Paul (Gai. iv, 4-). La la colère de Dieu les villes et les peuples qui mission, prise activement , est propre à la ne voudront pas recevoir ses envoyés (Mal th. personne qui envoie; si on la prend passi- x, li). Saint Paul juge cette mission si névement, elle est propre à la personne qui est cessaire, qu'il demande : « Comment prôcheenvoyée. Comme Dieu le Père est sans prin- ront-ils, s'ils n'ont pas de mission (Rom. x, cipe, il ne peut pas être envoyé par l'une 15) ? » Pour soutenir la dignité de son apodes autres personnes ; mais comme il est le stolal ou de sa mission, il déclare qu'il ne l'a principe du Fils, il envoie le Fils. Le Père et pas reçue des hommes, mais de Jésus-Christ le Fils, en tant que principe du Saint-Esprit, lui-môme (Gai. i, 1). envoient le Saint-Esprit ; mais le Saint-Es- Les signes que Dieua donnés à ses envoyés prit n'étant point le principe d'une autre per- pour prouver leur mission sont certains et sonne, ne donne point do mission. Ce qu'on indubitables. Ce sont des connaissances sulit clans lsaïe, c. lxi, v. 1, l'Esprit de Dieu périeures à celles dos autres hommes, des m'a envoyé, etc., doit s'entendre de Jésus- . vertus capables d'inspirer le respect et la
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confiance, le don de prédire l'avenir, niais çait un arrêt do mort contre lui-même et surtout le pouvoir de faire des miracles, contre tous les incrédules ; il s'ensuit évidcni- Telles ont été les lettres de créance de Moïse, ment de sa décision que quand une troupe des prophètes, de Jésus-Christ, des apôtres : de prétendus philosophes sont venus enseitout homme qui se prétend revêtu d'une mis- gner parmi nous le déisme, l'athéisme, le mas/on extraordinaire doit la prouver de même, térialisme, le pyrrhonisme, autant de systèsans quoi l'on a le droitde le regarder comme mes qui contredisent la religion dominante,, un imposteur. Mais les incrédules ont donné et qui sont très-propres à troubler la tranquil une décision fausse et absurde lorsqu'ils ont Uté publique, le gouvernement a eu droit de dit que « quand on annonce au peuple un sévir, et le peuple de crier Crucifige. Il est dogme qui contredit la religion dominante, donc fort heureux pour tous ces prédiou°quelque fait contraire à la tranquillité pu- cants que le gouvernement et le peuple blique, justifiât-on «o mission par des mira- ne les aient pas jugés selon leur propre des, le gouvernement a droit de sévir, et le doctrine.
peuple de crier Crucifige. » C'est supposer Mais ils ont poussé plus loin leurs préten-
que le gouvernement et le peuple ont droit tions. Si Dieu, disent-ils, a voulu nous révéler
de punir un homme qui est évidemment en- quelques vérités, pourquoi ne pas nous les voyé de Dieu ; que Dieu n'a plus aucun droit enseignerimmédiatement ? Pourquoi les cond'envoyer des prédicateurs pour détromper lier «h d'autres hommes dont les lumières et la un peuple quia une religion fausse, dès que probité doivent nous être suspectes? Pourcette religion est devenue dominante et au- quoi des missions ? Est-il croyable que Dieu toriséepar les lois; que les païens incrédules ait voulu nous instruire par Moïse et par Jéont eu raison de persévérer dans l'idolâtrie, sus-Christ, dont l'un a vécu 3000, et l'autre de rejeter l'Evangile, et de mettre à mort les 1700 ans avant nous? Combien de généraapôtres qui ont voulu les instruire. tions, combien de dangers d'erreur entre eux
On dit : « Quel danger n'y aurait-il pas à et nous? abandonner les esprits aux séditions d'un Réponse. Nous félicitons nos adversaires
imposteur ou aux rêveries d'un vision- de ce qu'ils sont des personnages assez im-
naire? » Mais un homme peut-il être un im- portants pour que Dieu ait dû leur adresser
postcur ou un visionnaire, lorsqu'il prouve la révélation par préférence ; mais comme
par des miracles qu'il est envoyé de Dieu ? chaque génération d'hommes qui ont vécu
Dieu donne-t-il à un imposteur ou à un depuis Adam a pu prétendre au même privi-
visionnaire le pouvoir d'opérer des mi- lége, il aurait fallu que, depuis la création
racles? jusqu'à nous, Dieu recommençAt au moins
Il est faux que le sang de Jésus-Christ ait cent vingt fois, selon le calcul le plus mocrié vengeance contre les Juifs, précisément déré. Nous soutenons qu'il n'a pas dû le faire, « parce qu'en le répandant ils fermaient l'o- 1° parce que la religion étant le principal lien reille a la voix de Moïse et des prophètes qui de la société, il a fallu qu'elle se transmît le déclaraient le Messie. » Ils ont été coup.!- des pères aux enfants, comme les autres bibles principalement parce que Jésus-Christ stitutions soc'ales ; 2° parce que la révélation .eur prouvait par ses miracles qu'il avait droit étant un fait éclatant, prouvé par d'autres de s'appliquer les prophéties, d'en montrer faits, la certitude n'en diminue point par le le vrai sens, de réfuter le sens faux que les laps des siècles (voy. Certitude); 3° parce que docteurs juifs s'obstinaient à y donner. C'est Dieu a veillé à la conservation de ce dépôt, principalement à ses miracles que Jésus- puisqu'il nous est parvenu. Une preuve de Christ en appelait pour démontrer qu'il était cette vérité, c'est que la religion d'Adam a le Messie. Voy. Miracles, § 3. Ce qui suit subsisté jusqu'à Moïse, celle de Moïse jusqu'à est encore plus faux. « Un ange vint-il à des- Jésus-Christ, et cel'e de Jésus-Christ jusqu'à cendre du ciel, appuyât-il ses raisonnements nous, malgré tous les efforta que l'incrédupar des miracles, s'il prêche contre la loi de lilé a faits dans tous les temps pour la dé- Jésus-Chi ist, Paul veut qu'on lui dise ana- truire ; il en sera de même jusqu'à la fin des thème. » Jamais saint Paul n'a supposé qu'un siècles ;k° parce que, suivant le principe de ange pouvait descendre du ciel pour prêcher nos adversaires , Dieu aurait dû renouveler un faux Evangile, et faire des miracles pour la révélation ncn-seulement dans tous les le confirmer. Voy. Miracles, § 3. Enfin, la âges, mais dans tous les lieux du monde, conclusion est absurde. « Ce n'est donc pas Quand il l'aurait donnée à Paris, les Chinois par des miracles qu'il faut juger delà mission et les Américains se croiraient-ils obligés do d'un homme, mais c'est par la conformité de venir l'y chercher ? Voy. Révélation. sa doctrine avec celle du peuple auquel il se 11 faut distinguer la mission extraordinaire dit envoyé, surtout lorsque la doctrine de ce de laquelle nous venons de parler, d'avec la peuple est démontrée vraie. » Et lorsque la mission ordinaire. Comme Jésus-Christ n'a doctrine de ce peuple est démontrée fausse, pas fondé son Eglise pour un temps seuletelles qu'étaient la doctrine des païens, les ment, mais pour toujours, il fallait que la traditions et la morale des docteurs juifs du mission qu'il donnait aux apôbres pût se temps de Jésus-Christ, par où jugerons-nous transmettre à d'autres. En effet, ces premiers de la mission du prédicateur qui vient pour envoyés de Jésus-Christ se sont donné des en détromperies peuples? coopérateurs et des successeurs. Ils élisent
il est étonnant que l'auteur des paradoxes saint Matthias pour remplacer l'apostolat de
que nous réfutons n'ait pas vu qu'il pronon- Judas (Act.i, 28). Saint Paul avertit les anciens
DlCTION.W DE TllÉOL. DOGMATIQUE. III • 20
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MIS
do l'Eglise d'Ephèse que le Saint-Esprit les a établis évoques ou surveillants, pour gouverner l'Eglise de Dieu (Acl. xx, 28). il dit que Apollo est ministre de Jésus-Christ aussi bien que lui [I Cor. m, 5); que Timothée travaille à l'œuvre de Dieu comme lui (xvi, 10} ; que Jésus-Christ a prêché aux Corinthiens par lui, par Timothée et par Silvain ill Cor. i, 19). Il nomme Epaphrodite son frère, son coopérateur, son collègue, et l'apôtre des Philippiens {Philip p. h, 25). 11 donne les mômes titres à Tychique, à Onésirae, a Jésus, surnommé le Juste, à Epaphras, à Archippe {Coloss. iv). Il charge Timothée et Tite d'enseigner, de veiller sur les mœurs des fidèles, d'établir des ministres inférieurs ; il leur parle de la grâce qu'ils ont reçue par l'imposition des mains, etc. Saint Clément, disciple des apôtres, dit que Jésus-Chiist a reçu sa mission de Dieu, et que les apôtres l'ont reçue de Jésus-Christ ; qu'après avoir reçu le Saint-Esprit et avoir prêché l'Evangile^ ils ont établi évêques et diacres les plus éprouvés d'entre les tidèles, et qu'ils leur ont donné la même cha ge qu'ils avaient reçue de Dieu ; qu'ils ont établi une règle de succession pour l'avenir, afin qu'après la mort des premiers leur charge et leur ministère fussent donnés h d'autres hommes également éprouvés, Epist. 1, n. 42, 43, 44.
Voilà donc , depuis la naissance de l'Eglise, un ministère perpétuel, une succession de ministres, une continuation de mission, qui se transmet et se communique par l'ordination. Dès que cette mission ordinaire est la même que celle des apôtres, et vient du Saint-Esprit aussi bien que la leur, elle n'a plus besoin d'être prouvée par des dons miraculeux, mais par la publicité de la succession et de l'ordination ; elle est divine et surnaturelle pour toute la suite des siècles, comme elle l'a été dans son origine. C est une ineptie de la paît des incrédules de dire aux pasteurs del'Eglise que, s'ils sont les envoyés de Dieu, ils doivent prouver, comme les apôtres, leur mission par des miracles. Jésus-Christ et les apôtres, par leurs miracles, ont prouvé leur propre mission et celle de leurs successeurs jusqu'àla fin des temps; puisque Jésus-Christ a promis aux apôli es d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles {Matth. xxvnr, 20), il est avec leurs successeurs comme il étaitavec eux ; jamais il n'aeudesseindelaissersesouailles sans guide et sans pasteurs. Si la chaîne de leur succession se trouvait tout à coup interrompue, il faudrait une nouvelle mission extraordinaire, prouvée par des miracles comme la première.
Nos adversaires disent que la mission et l'assistance de Jésus-Christ étaient nécessaires aux apôtres, parce qu'ils devaient faire des miracles, mais que cela n'est plus nécessaire aujourd'hui. Fausse interprétation. Jésus-Christ promet aux apôtres son assistance pour prêcher, pour enseigner, pour baptiser; le tcite est formel ; il leur promet l'esprit consolateur qui leur enseignera toute vérité,
etc. Donc, ce n'était pas uniquement pour faire des miracles. Ces miracles mêmes n'étaient nécessaires que pour prouver la mission : donc c'est pour celle-ci que Jésus- Christ leur a promis son assistance. Lorsque des novateurs se sont séparés de l'Eglise, ont embrassé une doctrine contraire à la sienne, ont formé une société à part, ils ont senti le défaut de cette tnission ; c'est le cas dans lequel se sont trouvés les protestants. Dans cet embarras, les uns ont dit qu'il n'était pas besoin de mission exlraordinaire, ou que les fidèles avaient pu la donner ; les autres, que la mission extraordinaire des chefs de la réforme était assez prouvée par leur courage et par leur succès ; quelques-uns ont dit que plusieurs de leurs pasteurs avaient conservé la mission ordinaire qu'ils avaient reçue dans l'Eglise romaine. C'est à nous de réfuter ces trois systèmes.
Nous soutenons donc, 1° qu'une mission extraordinaire était absolument nécessaire aux prétendus réformateurs de l'Eglise. Pour le prouver, nous pourrions nous borner à représenter le tableau qu'ils ont tracé de l'Eglise romaine au xvr siècle. Selon eux, ce n'était plus l'Eglise de Jésus-Christ, mais la synagogue de Satan, la prostituée de Babyl.jne, la demeure de l'antechrist; les évêques et les prêtres n'étaient plus des pasteurs, mais des loups dévorants, des imposteurs, des impies, etc. La religion qu'ils enseignaient n'était plus qu'un amas d'erreurs, de blasphèmes , de superstitions , d'idolâtrie, cent fois pire que le mahométisme et le paganisme ; il était impossible d'y faire son salut. Suivant cette peinture, il y avait plus de différence entre cette religion et le christianisme établi par Jésus-Christ, qu'il n'y en avait enire celui-ci et le judaïsme, à plus f u-te raison qu'entre le judaïsme et la religion des patriarches. Cependant, lorsque Dieu a voulu substituer le judaïsme à cette religion primitive, il a donné une mission extraordinaire à Moïse ; et ce législateur luimême sentit le besoin qu'il avait d'un pouvoir surnaturel pour persuader aux Israélites qu'il était envoyé vers eux par le Dieu de leurs pères, Exod., c. iv. Lorsque Dieu a voulu faire succéder la loi nouvelle à la loi ancienne, il a envoyé son propre Fils ; il a rendu sa mission et celle des apôtres encore plus éclatante que celle de Moïse. Donc, il a dû faire de même en faveur des réformateurs , s'il a voulu remplacer la religion fausse et coi rompue de l'Eglise romaine par la religion sainte et divine des protestants. Diront-ils qu'il n'y a pas autant de différence entre leur pariait christianisme et l'idolâtrie du papisme, qu'entre les religions dont nous venons de parler? Ils ont dit qu'il y en avait davantage. Vainement ils répondront qu'il ne s'agissait pas de fonder ni de créer l'Eglise, mais de la réformer. 11 est évident que, selon leurs idées, l'Eglise de Jésus-Christ n'existait plus; il s'agissait donc de la créer de nouveau, et non de la réformer. Vainement encore ils répondront qu'il ne faut pis prendre à la lettre le tableau