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hideux que 1rs prédicants ont tracé do l'Eglise romaine, et les expressions que le l'a- I natisnie leur a dictées ; ce tableau est encore : le même pour le fond dans Y Histoire ecclésiastique de Mosheira, imprimée en 1755. En second lieu , les protestants souiien- ' nenl qu'il faut une mission extraordinaire pour aller prêcher la religion chrétienne aux infidèles, et en général pour attaquer toute religion autorisée par des souverains et par les lois d'une nation ; nous le verrons dans l'article suivant : c'est pour cela môme qu'ils désapprouvent les missions des catholiques dans les pays infidèles, chez les hérétiques et les schématiques. Or, les prédicants de la réforme ont attaqué et voulu détruire le catholicisme, qui était en Europe la religion dominante, autorisée par les lois et protégée par les souverains : donc il leur fallait une mission extraordinaire bien prouvée, sans quoi l'on a été en droit de les traiter comme des séditieux. Les fidèles , c'est-à-dire leurs prosélytes, ont-ils pu la leur donner? Il est absurde d'abord de supposer que Luther a reçu sa mission des luthériens avant qu'il y en eût et avant qu'il eût prêché. Il en est de même des autres prédicants. Ce n'est pas des fidèles, mais de Jésus-Christ, que les apôtres ont reçu leur mission, et ils ont prouvé que cette mission était divine, par les miracles qu'ils ont opérés : nous l'avons fait voir au mot Miracles, § 4. Les fidèles peuvent-ils donner des pouvoirs surnaturels qu'ils n'ont pas, le pouvoir de remettre les péchés, de conférer la grâce par les sacrements , de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ? Non, sans doute : aussi les prolestants ontils été forcés, par nécessité de système, do nier tous ces pouvoirs, de soutenir que les sacrements ne donnent point de grâces et n'impriment aucun caractère, que l'eucharistie n'est que le signe du corps et du sang de Jésus-Christ, et n'opère que par la foi, etc. Tout cela se suit ; mais ce n'est point là ce qu'ont enseigné Jésus-Christ et les apôtres. Enfin, Luther lui-même soutenait la nécessité d'une 7nission extraordinaire pour prêcher une nouvelle doctrine. Lorsque Muncer avec ses anabaptistes voulut s'ériger en pasteur, Luther prétendit qu'on ne devait pas l'admettre à prouver la vérité de sa doctrine par les Ecritures, mais qu'il fallait lui demander qui lui avait donné la charge d'enseigner. « S'il répond que c'est Dieu, poursuivait Luther, qu'il le prouve par un miracle manifeste ; car c'est par de tels signes que Dieu se déclare, quand il veut changer quelque chose dans la forme ordinaire de la mission.» Hist. des Variât., 1. i, n. 28. Calvin, de son côté, ne souffrit jamais qu'un prédicant quelconque enseignât à Genève une autre doctrine que la sienne.
2° Les succès et le courage des prétendus réformateurs ne prouvent pas plus leur mission extraordinaire que les succès de Manès et d'Arius ne prouvent la leur. Le manichéisme a duré pendant près de mille ans, et a failli subjuguer la plus grande partie de l'empire romain ; il a été un temps où l'a-
rianisme paraissait prêt à écraser la foi catholique, et cette hérésie a pris une nouvelle naissance parmi les protestants. Ce n'est pas par ses succès que saint Paul prouvait la divinité de son apostolat, mais par les miracles qu'il avait opérés ; nous l'avons remarqué au mot Miracle, § 3. L'apostolat de Luther no commença pas par de grands succès, mais par des protestations feintes de soumission à l'Eglise romaine; il n'avait donc encore alors point de preuves de sa prétendue mission. Les protestants veulent la prouver comme les juifs démontrent celle de leur Messie futur : il la rendra évidente, disentils, en accomplissant toutes les prophéties ; mais avant que toutes ne soient accomplies, à,quels signes pourra-t-on le reconnaître?
3° 11 est ridicule de prétendre que les chefs de la réforme , dont plusieurs étaient prêtres, et quelques-uns docteurs, étaient revêtus de la mission ordinaire qu'ils avaient reçue des pasteurs de l'Eglise romaine. Selon leur prétention , ces pasteurs avaient perdu par leurs erreurs toute leuv mission et leur caractère ; pouvaient-ils encore les donner? Les novateurs disaient que cette mission était le caractère de la bête, dont il est parlé dans l'Apocalypse, et qu'il fallait commencer par s'en dépouiller. L'Eglise, d'ailleurs, pouvait-elle donner mission de prêcher contre elle, et de répandre une doctrine à. laquelle elle disait anatiièmc? Toute hérésie, toute révolte contre l'Eglise, anéantit la mission; c'est la doctrine des apôtres; saint Jean dit des premiers hérétiques : « Ce sont des antechrists ; ils sont sortis d'avec nous, mais ils n'étaient pas des nôtres ; s'ils en avaient été, ils seraient demeurés avec nous (1 Joan. n, 19). » Les prêtres et les évoques nui cmbiassèrent le luthéranisme ne fondaient plus leur qualité de pasteurs sur leur ancienne mission, mais sur la vérité de leur nouvelle doctrine. Si les pasteurs de l'Eglise catholique conservaient encore leur mission et leur caractère, c'était un crime de se révolter contre eux.
De quelque manière que l'on envisage les prétendus réformateurs, il est évident qu'ils ont été de faux apôtres, des docteurs sans mission, des pasteurs sans caractère; que l'édifice qu'ils ont construit est sans fondement, et que la foi de leurs sectateurs a été un enthousiasme qui n'était fondé sur rien. Aujourd'hui elle ne subsiste que par l'habitude, par un intérêt purement politique, par la honte de se rétracter, après avoir si longtemps déclamé.
Missions étrangères. On appelle ainsi les établissements formés dans les pays infidèles pour amener les peuples à la connaissance du christianisme.
La commission que Jésus-Christ a donnée à ses apôtres, d'instruire et do baptiser les nations, s'étend à tous les siècles ; aussi le zèle apostolique n'a jamais cessé dans l'Eglise catholique, et il y durera tant qu'il y aura sur la terre des intidèles et des mécréants à convertir, puisque Jésus-Christ a promis d'être avec ses envoyés jusqu'à la