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dre h leurs arguments, de quelque nature qu'ils soient (1)
MOÏSE, législateur des Juifs, a écrit sa propre histoire avec celle de son peuple. La principale question qui doit occuper les théologiens est de savoir si cet homme célèbre a été véritablement envoyé de Dieu, et s'il a prouvé sa mission par des signes incontestables; de là dépendent la vérité et la divinité" de la religion juive. Or, nous soutenons que Moïse l'a prouvée en effet par ses miracles, par ses prophéties, par la sagesse de sa doctrine, de ses lois et de sa conduite ; les incrédules ne lui rendent justice sur aucun de ces chefs; mais nous verrons que leurs soupçons , leurs conjectures , leurs reproches , sont très-mal fondés.
(I) Dans le Dictionnaire de Théologie morale, nous avons fait ressortir tous les avantages que les institutions religieuses employées au service des malheureux apportent à l'humanité. Le lecteur verra peutêtre avec plaisir la comparaison donnée par M. Guizot entre les institutions religieuses des moines de l'Orient et celles de l'Occident.
« En Orient, les monastères ont eu surtout pour but l'isolement et la contemplation : les hommes qui se retiraient dans la Thébaïdc voulaient échapper au plaisir, aux tentations , à la corruption de la vie civile; ils voulaient se livrer seuls, hors de tout commerce social, aux élans de leur imagination et aux rigueurs de 1 ur conscience. Ce ne fut que plus lard qu'ils se rapprochèrent dans les lieux où ils s'étaient d'abord dispersés, et d'anachorètes ou solitaires devinrent cénobites, xomôêwt, vivant en commun.
« En Occident, et malgré l'imitation de l'Orient, les monastères ont eu une autre origine : ils ont commencé par la vie commune , par le besoin non de s'isoler, mais de se réunir. La société civile était en proie à toutes sortes de désordres : nationale, provinciale ou municipale, elle se dissolvait de toutes parts; tout centre, tout asile manquaient aux hommes qui voulaient discuter, s'exercer, vivre ensemble. Us en trouvèrent un dans les monastères ; la vie monastique n'eut ainsi en naissant ni le caractère contemplatif, ni le caractère solitaire : elle fut au contraire très-sociale et très-aclive; elle alluma un foyer de développement intellectuel ; elle servit d'instrument à la fermentation et à la propagation des idées. Les monastères du midi de la Gaule sont des écoles philosophiques du christianisme : c'est là qu'on médite, qu'on discute, qu'on enseigne; c'est de là que partent les idées nouvelles, les hardiesses de l'esprit, les hérésies. Ce fut dans les abbayes de Saint-Victor et de Lérins que toutes les grandes questions sur le libre arbitre, la prédestination, la grâce, le péché originel, furent !e plus vivement agitées, et que les opinions pélagiennes trouvèrent, pendant cinquante ans, le plus d'aliment et d'appui («). »
(a) Histoire de la civilisation en Fiance, lome I.
— Plusieurs ont poussé la prévention et le goût des paradoxes jusqu'à contester l'existence de Moïse, et à soutenir sérieusement que c'est un personnage fabuleux. Nous opposons à ces écrivains téméraires et trèsmal instruits, en premier lieu, les livres que Moïse a écrits, et qui ne peuvent pas avoir été faits par un autre. Voy. Pentateuque. En second lieu, le témoignage des auteurs juifs qui ont écrit après lui : tous en parlent comme du législateur de leur nation; la loi juive est constamment nommée la loi de Moïse; sa généalogie est rapportée nonseulement dans les livres de l'Exode, du Lévitique et des Nombres , mais encore dans ceux des Paralipomènes et d'Esdras. En troisième lieu, le sentiment et la croyance des historiens profanes, égyptiens, phéniciens, assyriens, grecs et romains. Ils sont cités par Josèphe dans ses livres contre Ap~ pion, par Tatien dans son Discours contre les Grecs, par Origène dans son ouvrage contre Celse, par Eusèbe dans sa Préparation évangclique, par saint Cyrille contre Julien. Comment, malgré tous ces monuments, a-t-on osé répéter vingt fois de nos jours que Moïse a été inconnu à toutes les nations?
Si un philosophe s'avisait de contester aux Chinois l'existence de Confucius, aux In liens, celle de Beass-Mimi, de Goutan et des autres brames qui ont rédigé leurs livres et leurs lois; aux Perses, l'existence de Zoroastre; aux musulmans, celle de Mahomet, il serait regardé comme un insensé. De tous ces personnages, cependant, il n'en est aucun dont l'existence soit constatée par des preuves plus fortes et plus multipliées que celle de Moïse. —Le seul t ai— sonnement que l'on ait opposé à ces preuves ne poste que sur une pure conjecture. M. Huet s'était persuadé qu1 les fables des païens n'étaient rien autre chose que l'Histoire sainte altérée et corrompue, que les personnages de la mythologie étaient Moïse lui-même. Il prétendait retrouver les actions et les caractères de ce législateur , non-seulement dans Osiris, Bacchus, Sérapis , etc., dieux égyptiens, mais encore dans Apollon, Pan, Esculape,Prométhée,etc, dieux ou héros des Grecs et des Latins. De là l'auteur de la Philosophie de V Histoire est parti pour argumenter contre l'existence de Moïse. Nous retrouverons, dit-il , tous ces caractères dans le Bacchus des Arabes ; oi> celui-ci est un personnage imaginaire : donc il en est de même du premier. Ce raisonnement lui a paru si victorieux, qu'il l'a répété dans vingt brochures. — C'est comme s'il avait dit : L'histoire juive est le fond ou le canevas sur lequel les païens ont brodé leur mythologie : or , celle-ci n'a aucune réalité; donc il en est de môme de l'histoire. Mais une broderie faite d'imagination détruit-elle le fond sur lequel elle est appliquée? La question e.^t de savoir si c'est l'historien juif qui a copié les fables des païens, ou si ce sont ces derniers qui ont travesti l'histoire de Moïse. Il fallait donc commencer par prouver que celle-ci
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