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des apôtres, persévérèrent dans celte opinion; ils prétendirent que les gentils qui embrassaient la foi devaient être assujettis aux cérémonies légales, et que sans cela ils ne pouvaient pas être sauvés. Les apôtres condamnèrent cette doctrine au concile de Jérusalem : ceux qui s'obstinèrent à la soutenir, furent nommés ébionitcs. Saint Paul les a combattus spécialement dans ses Epîtres aux Romains, aux Calâtes et aux Hébreux.
Quelques incrédules, attentifs à relever tout ce qui peut inspirer des préventions contre le christianisme, ont trouvé bon d'appuyer l'opinion des Juifs. Ils ont dit que l'intention de Jésus-Christ avait été de conserver le judaïsme en entier, avec toutes ses cérémonies; que saint Pierre et les autres apôtres l'avaient ainsi conçu, puisqu'ils l'observaient encore exactement; mais que saint Paul, pour se rendre chef de parti, j.vait soutenu le contraire , et que son opinion avait enfin prévalu sur celle de ses collègues. Cette vaine imagination sera réfutée aux articles Paul et Loi cérémonielle.
IV. D'autres écrivains ont prétendu que le tudaïsme n'était pas une religion, mais seulement une constitution politique. Ou nous n'entendons plus les termes, ou une loi qui prescrit une croyance, une morale, un culte extérieur que Dieu exige et qu'il daigne agréer, doit être nommée une religion. Pour donner plus de relief au christianisme, est-il donc nécessaire de déprimer le judaïsme? Non, sans doute : celui-ci a été l'ouvrage de la sagesse divine, et Dieu savait ce qui convenait dans les circonstances où il a plu de l'établir.
Au v* siècle, Pelage s'avisa d'enseig u?r que la loi conduisait au royaume de Dieu, de 'même que l'Evangile. Saint Aug., L. deGeslis Pelagii, cil, n. 24; c. 35, n. 65. C'était la conséquence d'une autre de ses erreurs, savoir, que pour faire le bien, l'homme n'a pas besoin d'une grâce ou d'un secours surnaturel de Dieu, mais seulement de connaître ses devoirs par la loi de Dieu : dés que la loi de Moïse les lui montrait, un juif, selon Pelage, pouvait les accomplir par ses forces naturelles, et parvenir au salut sans le secours d'aucune grâce intérieure. Saint Augustin s'éleva de toutes ses forces contre cette prétention : il se fonda principalement sur les passages dans lesquels saint Paul dit : « Si la justice est donnée par la loi, donc Jésus-Christ est mort en vain (Galat. c. n, v. 21). La loi a été établie à cause des transgressions (c. ni, v. 19). La loi est survenue , afin que le péché s'augmentât (Rom. c. v, v. 20). » C'est ainsi que l'entendit le saint docteur. 11 conclut que la loi de Moïse avait, été donnée aux Juifs, non pour prévenir ou pour détruire le péché, mais seulement pour le faire apercevoir; non pour diminuer les forces de la concupiscence, mais plutôt pour l'augmenter; afin que les Juifs, humiliés par le nombre et par l'énormité de leurs transgressions, recourussent à Dieu et implorassent le secours de sa grâce. In expos.
Epist. ad Galat., è. m, n. 24 et 25; Serm. 26, 125, 152, 156, 164; L. de Grat. Christi, c. 8, n. 9, etc. Mais nous verrons ci-a;irès que dans d'autres endroits saint Augustin a parlé de la loi mosaïque avec beaucoup plus d'exactitude et de précision.
Sur cette dispute célèbre, qu'il nous soit permis de faire quelques réflexions.
1° L'erreur que saint Paul attaque dans ses lettres aux Romains et aux Calâtes, était ce le des Juifs, qui prétendaient que le salut était attaché à l'observation de la loi cérémonielle, que sans cela on ne pouvait pas être sauvé par la foi de Jésus-Christ ; lorsque l'apôtre semble déprimer la loi de Moïse, il parle évidemment de la loi cérémonielle, et non de la loi morale. Quand il est question de celle-ci, saint Paul dit formellement que les observateurs de la loi seront justifiés (Rom. c. n, v. 13). Pelage, en soutenant que la loi conduisait au royaume de Dieu comme l'Evangile, entendait-il, comme les Juifs, la loi cérémonielle? Cela n'est pas probable; il entendait toute la loi de Moïse, en y comprenant les préceptes moraux. Saint Augustin ne fait point cette distinction, qui aurait été cependant nécessaire pour répandre | lus de jour sur la question : mais, comme Pelage s'obstinait à entendre par la loi, la lettre seule, sans aucune grâce pour l'accomplir, saint Augustin avait raison de soutenir que la loi ainsi envisagée, n'aurait été propre qu'à multiplier les transgressions et h irriter la concupiscence. Et il en serait de môme de la lettre de l'Evangile, si Dieu ne nous donnait la grâce nécessaire pour en suivre les préceptes.
2° Il parait dur de dire que Dieu avait donné exprès la loi aux Juifs pour les rendre plus grands pécheurs, afin de les humilier, etc. Cela peut-il s'entendre de la loi morale ou Décalogue, qui était la loi naturelle écrite ? Saint Paul assure que la loi était sainte, juste et bonne (Rom. c. vu, v. 12) ; elle n'était donc pas une cause de péché : il pose pour maxime générale, qu'il ne faut pas faire du mal pour qu'il en arrive du bien (Rom. c. m, v. 8); et s .int Jacques, que Dieu ne tente personne, ne porte personne au mal (Jac. c. i, v. 13). Dieu ne peut donc pas nous tendre un piège et nous faire pécher, pour qu'il en résulte un bien. Les Pères des quatre premiers siècles, en réfutant les marcionites, les valentiniens, les carpocratiens, les manichéens, qui déprimaient la loi de Moïse et abusaient des paroles de saint Paul, en ont très-bien vu l'équivoque : ils ont dit que, selon l'apôtre, la loi est survenue de manière que le péché s'est augmenté, mais non afin qu'il s'augmentât ; que la loi a été l'occasion et non la cause de l'augmentation du péché. Saint Paul a dit de même, que la prédication de l'Evangile est une odeur de mort pour ceux qui périssent (11 Cor.c. n, v, 15). 11 ne s'ensuit point que l'Evangile ait été prêché pour les faire pé.ir. Saint Augustin l'a remarqué lui-même, L. 1 ad Simplic. q. 1, ii. 1*7 ; Contra adv ers. legîs et prephet., 1. n. c. 11.
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n. ,'JG; et, en réfutant les manichéens, il a l'ail l'apologie de la loi de Moise.
3° Pelage était hérétique, en soutenant que l'homme n'a pas besoin de grâce pour observer la loi ; niais on pouvait le confondre, sans prétendre que la loi avait été donnée ans Juifs afin de Les rendre plus grands pécheurs. David, dans les psaumes, demande à Dieu l'intelligence pour connaître sa loi, et !a force de l'accomplir; il supplie le Seigneur de le conduire dans la voie de ses commandements, etc.; il sentait donc le besoin de la grâce divine. Il disait : Ayez pitié de moi selon vos promesses, Ps. cxvni,etc.; il était donc persuadé que Dieu avait promis son secours à ceux qui l'imploreraient. Le pape Innocent I" n'a pas eu tort de représenter aux pé'agiens que les psaumes de David sont une invocation continuelle de la grâce divine. Saint Paul enseigne que Dieu donnait en effet la grâce aux Juifs, puisqu'il dit que lous ont bu l'eau spirituelle du rocher qui les suivait, et que ce rocher était Jésus-Christ (1 Cor. c. x, v. 3). Non-seulement les Juifs recevaient la grâce, mais souvent ils y résistaient, puisque saint Etienne leur dit : « Vous résistez toujours au Saint- Esprit comme ont fait vos pères (Âct. c. vu, v. 51); » et saint Paul cite les paroles d'Isaïe : « J'ai étendu tout le jour les bras vers un peuple ingrat et rebelle {Rom. c. x, v. 21).»
Nous savons très-bien que sous l'Ancien Testament la grâce n'était pas attachée h la lettre de la loi, mais à la promesse de Dieu; saint Paul le déclare formellement ( Galùl. c. ni, v, 18); et cette promesse avait été faite en considération des mérites futurs de Jésus-Christ (Ibid. v, 1G). Ceux qui observaient la loipar le secours de la grâce étaient donc justifiés en vertu des mérites de ce divin Sauveur, et il ne s'ensuit pas qu'à leur égard Jésus-Christ soit mort en vain.
4° Le mépris avec lequel certains auteurs ont parlé de la loi ancienne s'accorde mal avec les éloges qu'en font les écrivains sacrés. Moise, en la donnant aux Juifs, les assure que les préceptes de cette loi sont la justice môme (Deut. c. iv, v. G). « Le commandement que je vous fais, leur dit-il, n'est ni au-dessus de vous, ni éloigné de vous :... il est à votre portée, dans votre bouche et dans votre cœur, pour que vous l'accomplissiez. Jai mis devant vous le bien et la vie, le mal et la mort, afin que vous aimiez le Seigneur votre Dieu, et que vous marchiez dans ses voies (c. xxx, v. 11). » Cela ne serait pas vrai, si Dieu n'avait point donné aux Juifs des grâces pour accomplir sa loi. « La loi du Seigneur, dit le psalm ste, est sans tache, convertit les (Unes, enseigne la vérité, donne la sagesse aux plus simples:. Ses préceptes sont l'équité môme, répandent la j ie dans les cœurs et la lumière dans les esprits, etc. (Ps. xvui, v. 8). » 11 est donc faux que celte loi se borne à montrer le péché sans le faire éviter-, augmente la concupiscence, etc.
5" Saint Augustin, dans la plupart de ses ouvrages, s'est expliqué là-dessus avec la plus grande exactitude. Non-seulement il a
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soutenu, contre les manichéens, que la loi de Mo se était utile, que ceux qui ne pouvaient pas ôtre détournés du péché par la raison, avaient besoin d'être réprimés par cette loi, L. de Util, cred., c. 3, n. 9; mais il a répété aux pélagiens que Dieu donnait la grâce pour l'accomplir. « Les pélagiens, dit-il, nous accusent d'enseigner que la loi de l'Ancien Testament n'a pas été donnée pour justifier les Juifs obéissants, mais pour augmenter la grièveté du péché... Qui osera dire que ceux qui obéissent à la loi ne sont pas justes? S'ils ne l'étaient pas, ils no pourraient pas obéir. Mais nous diso> s que par la loi Dieu fait entendre ce qu'il veut que l'on fasse, que par la grâce l'homme est rendu obéissant à la loi; car, selon saint Paul, ce ne sont point ceux qui écoutent la loi, qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui l'accomplissent. La loi fait donc connaître la justice, la grâce la fait accomplir... Ainsi la lettre seule donne la mort, c'est l'esprit qui
donne la vie La lettre tue, parce que la
défense augmente le désir du péché, à moins que la grâce ne viv lie par son secours. L. 3. contra duas Epist. Pelag,, c. 2, n. 2. Qui est le catholique qui dira que sous l'Ancien Testament le Saint-Esprit ne donnait pas du secours et des forces? Ibid., c. i, n. 6. Abra<ham et les justes qui l'ont précédé ou qui l'ont suivi jusqu'à Jean-Baptiste, sont enfants de la promesse et de la grâce. N. 8. Nous disons que, sous l'Ancien Testament, ceux qui étaient héritiers de la promesse ont reçu du Saint-Esprit, non-seulement du secours, mais la force dont ils avaient besoin : voilà ce que nient les pélagiens, qui aiment mieux attribuer cette force au libre arbitre. » N. 13, à la tin.
Si dans d'autres endroits saint Augustin s'est exprimé avec moins de précision, qu'en peut-on conclure, dès qu'une fois il s'esi, ex; liqué clairement? 11 est évident que quand le saint docteur semble parler désavantageusement de la loi, il la prend dans le sens des pélagiens, pour la lettre seule, sans grâce, sans le secours du Saint-Espnt; mais il n'a jamais supposé qi.e Dieu l'avait donnée telle, et qu'il faisait aux Juifs des commandements, sans leur accorder la force nécessaire pour les observer.
G' Que penserons-nous d'une secte do théologiens qui ont affecté de rassembler continuellement les passages dans lesquels saint Augustin semble avoir parlé au désavantage de la loi ancienne, sans citer jamais ceux que nous venons d'alléguer, et vingt autres dans lesquels il s'est expliqué de môme? Il faut placer au même rang les commentateurs, qui, lisant dans saint Jean, c. i, v. 1G, que nous avons reçu de Jésus- Christ une grâce pour une autre grâce, s'obstinent à dire que celle qui a été donnée sous Moïse n'était qu'une grâce extérieure; comme si Jésus-Christ n'était pas auteur do l'une et de l'autre. Peut-on pardonner h Jansénius d'avoir écrit que l'Ancien Testament n'était qu'une grande comédie quo Dieu jouait, non pour elle-même,-' mais ou
118 ftJD
considération du nouveau. T. III, de Grat. Christi Salvat. 1. m, c. 6, p. 116. Selon lui, Dieu faisait semblant de vouloir le salut des Juifs, mais dans le fond il n'en avait aucune envie.
A Dieu ne plaise qu'un chrétien souscrive jamais à ce blasphème! Dieu a sincèrement voulu sauver tous les hommes dans tous les temps, avant la loi et sous la loi, aussi bien que sous l'Evangile, toujours par la grâce du Rédempteur, quoique cette grâce n'ait pas été distribuée, sous les deux premières époques, aus<-i abondamment que sous la troisième. Tout système contraire à cette grande vérité est une erreur. Les visions des marcionites, des manichéens des prédestinations, et celles des pélagiens, quoique très-opposées, sont également réfutées par la doctrine des anciens Pères.
« L'un et l'autre Testament, dit saint Irénée, ont été faits par le môme père de famille, par le Verbe de Dieu Notre-S.igneur Jésus- Christ, qui a parlé à Abraham et à Moïse, qui, dans ces derniers temps, nous a mis on liberté, et a rendu plus abondante la grâce qui vient de lui... Ils no sont différents que par leur étendue, comme l'eau est différente d'une autre eau, la lumière d'une autre lumière, la grAcc d'une autre grâce. La loi de liberté est plus étendue que la loi de servitude; c'est pour cela qu'elle a été donnée, non pour un seul peuple, mais pour le monde entier. Le salut est un, comme Dieu créateur de l'homme est un; les préceptes sont multipliés comme autant de degrés qui conduisent l'homme à Dieu. » Adv. hœr., I. tv, c. 21 et 22. « C'est toujours le môme Seigneur qui, par son avènement, a répandu sur les dernières générations une grâce plus abondante que celle qui était accordée sous l'Ancien Testament... Comment Jésus-Christ est-il la fin de la loi, s'il n'en
est aussi le commencement? C'est le
Verbe de Dieu, occupé dès la création à monter et à descendre, pour donner la santé aux malades... Puisque dans la loi et dans l'Evangile le premier et le grand précepte est d'aimer Dieu sur toutes choses, et le second d'aimer le prochain comme soi-même, il est clair que la loi et l'Evangile viennent du môme auteur. Puisque dans l'un et l'autre Testament les préceptes de perfection sont les mômes, ils démontrent le môme Dieu. » Ibid., c. 24 et 20. Saint Augustin a répété ce raisonnement contre les manichéens. De Morlb. Ecoles., 1. i, c. 28.
« La loi, dit saint Clément d'Alexandrie, est l'ancienne grâce émanée du Verbe divin, par l'organe de Moïse. Quand l'Ecriture dit (jue la loi a été donnée par Moïse, elle entend que la loi vient du Verbe de Dieu, par Moïse son serviteur : c'est pour cela qu'elle a été portée seulement pour un temps ; mais la grâce et la vérité apportées par Jésus-Christ sont pour l'éternité. » Pœdag., I. i, c. 7, p. 133. « La loi conduit donc à Dieu... Elle a été notre précepteur en Jésus-Christ, alin que nous fussions justices par la foi... Mais c'est toujours le même Sei-
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gneur, bon pasteur et législateur, qui prend soin du troupeau et des ouailles qui écoutent sa voix ; qui, par le secours de la raison et de laioi, cherche sa brebis perdue et la trouve. » Strom., 1. 1, c. 26, p. 420. « La loi et l'Evangile sont l'ouvrage du môme Seigneur, qui est la puissance et la sagesse de Dieu ; et la crainte qu'inspire la loi est un trait de miséricorde relativement au salut... Soit donc que l'on parle ou de la loi naturelle qui nous est donnée avec la naissance, ou de celle qui a été publiée dans la suite par Dieu Jui-môme, c'est une seule et même loi, quant à la nature et à l'instruction. » lbid., c. 27, p. 422; c. 28, p. 424 ; c. 29, p. 427 ; 1. xi, c. G, p. 444 ; c. 7, p. 447. « Ayons donc recours à ce Dieu Sauveur, qui invite au salut par les prodiges qu'il a faits en Egypte et dans le désert, par le buisson ardent et par la nuée lumineuse, image de la grâce divine, qui suivait les Hébreux dans le hesoin. » Cohort. ad Gent., c. 1, p. 7. Ce n'est pas là du pélagianisme.
« Le peuple juif, dit Tertullien, est le plus ancien, et a été favorisé le premier de la grâce divine, sous la loi ; nous sommes les puînés selon le cours des temps ; mais Dieu vérifie à cet égard ce qu'il avait dit de Jacob et d'Esaii, que l'aîné serait inférieur au cad< t... Selon qu'il convient à la bonté et à la justice de Dieu, créateur du genre humain, il a donné à toutes les nations la môme loi ; il ordonne qu'elle soit observée selon les temps, quand il le veut, comme il le veut, et par qui il lui plaît... Déjà dans la loi donnée a Adam, nous trouvons le germe de tous les préceptes qui se sont multipliés ensuite sous la main de Moïse, surtout le grand précepte : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, etc. » Àdv. Jud., c. 1 et 2. Après avoir indiqué ce que dit saint Paul, que la pierre qui fournissait aux Juifs l'eau spirituelle étaii Jésus-Christ, Tertullien fait remarquer que ce divin Sauveur est désigné dans plusieurs endroits de l'Ecriture sous le nom et la figure de^'rrre. Ibid., c. 9, p. 194. Dans son premier livre contre Marc ion , c.22,il prouve que si Dieu est bon parla nature, il a dû exercer sa bonté et sa miséricorde envers les hommes, depuis la création jusqu'à nous; ne pas ditférer jusqu'à la venue de Jésus-Christ, à guérir les plaies de la nature humaine ; et, dans le quatrième, il démontre qu'il n'y a aucune opposition entre l'Ancien Testament et le Nouveau.
Saint Athanase, de Jncarn. YcrbiDn, n. 12, op. t. 1, p. 57, enseigne que le Verbe civin avait pourvu à ce que tous les hommes pussent le connaître par le spectacle de la nature, mais que, comme leur méchanceté n'avait fait que s'accroître, il voulut remédier h ce malheur, en les faisant instruire par d'autres hommes, par Moïse et par les prophètes. « On pouvait donc, dit-il, par la connaissance de la loi, réprimer toute perversité et mener une vie vertueuse. Car la loi n'avait pas été donnée, et les prophètes n'avaient pas été envoyés pour les Juifs seuls. Mais ils étaient pour le monde entier comme
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une sainte école établie pour l'aire connaître Dion, et pour donner des leçons de vertu. » Nous espérons que l'on n'accusera pis saint A hanase d'avoir exclu par ces paioles le secours de la grAce, ou l'opération intérieure du Verbe divin dans les esprits et dans les cœurs, lui qui dit d'ailleurs que sous l'Ancien Testament la grAce était déjà donnée à toutes les nations. Expos, in ps. c.xm, v.2et 8 ; voyez, encore in ps. cwui, v. 5, etc.
Tel a été le langage de tous Les Pères et de l'Eglise chrétienne dans tous les siècles. Le concile de Trente y faisait attention, lorsqu'il a décidé que les Juifs ne pouvaient être justifiés ni délivrés du péché, par la lettre de la loi de Moïse, par la doctrine de la loi, sans la grâce de Jésus-Christ. Sess G, de Justif., c. 1 ei can. 1. Mais il n'a pas ajouté que les Juifs ne recevaient pas cette grâce. Tous les Pères ont très-bien aperçu le plan que la divine providence a suivi, (pic la révélation nous découvre, et que nous ne nous lassons pas de répéter. La religion des patriarches était convenable à l'état des familles et des peuplades séparées les unes des au'res, et qui ne pouvaient encore se réunir en corps de nation. Le judaïsme était tel qu'il le fallait pour un peuple naissant, qui avait besoin d'èirti policé , soumis au joug d'une société civile, préservé des erreurs et des v ces des autres peuples. Le cliiisti.nisme était réservé pour le temps auquel tous s. raient capables de former entre eux une société religieuse universelle. La durée des deux premières était donc fixée par leur destination même ; Dieu les a fait cesser au moment où elles n'étaient plus utiles ni convenables. Quant à la troisième, c'est la religion du sage, de l'homme parvenu à la maturité parfaite; elle doit durer jusqu'à la lin des siècles.
De même qu'en établissant le judaïsme, Dieu n'a pas réprouvé par une loi positive l,i religion des patriarches, ainsi, par un trait égal de sagesse, Jésus-Christ, en fondant le christianisme, n'a point porté de loi expresse et formelle pour condamner où abroger le judaïsme; il savait que l'observation de cette loi deviendrait impossible par la ruine du temple et par la dispersion des Juifs. Les espérances dont cette nation se flatte, d'être un jour rétablie, remise en possession de ses usages et de ses lois, sont évidemment contraires au plan général de la Providence et à { l'état actuel du genre humain. Quelque temps avant la venue de Jésus-Christ , le judaïsme s'était divisé en deux sectes principales, celle des Pharisiens et celle des Sadducéens ; Josèphe y ajoute celle des esséniens : aujourd'hui il est partagé entre la secte des caraïtes et celle des talmudistes, disciples des rabbins ; celle-ci est infiniment plus nombreuse que l'autre. Voyez-les chacune sous son nom.
V. Sous prétexte de mieux faire comprendre combien les leçons de Jésus-Christ cl des apôtres étaient nécessaires au genre humain , Le Clerc, dans son Hist. ceclés., proie]}., sect. U c. 8, s'est avisé de soutenir qu'un juif
pouvait très-difficilement prouver aux païens la vérité et la divinité de sa religion, et que nous ne pouvons y réussir nous-mêmes quepar le témoignage de Jésus-Christ et des apôtres, dont la mission nous est certainement connue.
Avant d'examiner les raisons sur lesquelles il a étayé ce paradoxe, nous ne pouvons nous empêcher de témoigner notre étonnement : comment ce critique , qui montre souvent tant de sagacité, n'a-i-il pas aperçu les conséquences de sa prétention? 11 s'ensuivrait, 1° que Dieu a très-mal pourvu à la foi et au salut des Juifs, puisqu'il n'a pas revêtu leur religion de preuves assez fortes pour fonder la cioyancc de tout homme raisonnable et instruit ; qu'en cela môme Dieu a ôté aux païens un des moyens les plus pi opres à les détromper du polythéisme, et à les conduire à la connaissance du vrai Dieu : supposition contraire à ce qu'il a déclaré formellement lui-même par ses prophètes. Il dit et répète parla bouche d'Ezéchiel, que s'il a tiré les Israélites de l'Egypte, s'il les a conservés dans le désert malgré leurs infidélités, s'il les a punis par la captivité de Babylone, et s'il veut les rétablir dans la Terre promise, c'est afin que toutes les nations sachent qu'il est le Seigneur et l'arbitre souverain de l'univers (Ezech. c. xx, v. 9, ik, 48 ; c. xxviu, v. 25 ; c. xxxvi, v. 22, 3G ; c. xxxvii, v. 28, etc.).
Il s'ensuivrait, en second lieu, que nous n'avons point d'autre preuve solide de la divinité du judaïsme que la parole de Jésus- Christ et des apôtres ; que ceux qui la démontrent aujourd'hui par des raisons tirées de la nature même de cette religion, de sa convenance avec les besoins du genre humain dans l'état ou il était pour lors, de la sainteté de ses dogmes et de sa morale en comparaison de la croyance des autres nations, etc., raisonnent mal et perdent leur temps; que nos anciens apologistes, qui ont voulu prouver aux païens la vérité de l'histoire juive, y ont mal réussi. Le Clerc se réfute lui-même en répondant à la plupart des objections qu'il propose, et en les résolvant par des raisons tirées, non de l'Evangile , mais de la lumière naturelle et du sens commun. Nous le verrons ci-après. L'espèce de dissertation qu'il a faite sur ce sujet no peut donc aboutir qu'à confirmer les sociniens dans l'idée désavantageuse qu'ils ont et qu'ils donnent de la religion juive , et à fournir des armes aux incrédules pour attaquer la révélation. Quoique Le Clerc déclare et proteste que ce n'est point là son dessein, il n'est pas moins vrai qu'il a produit cet effet, puisque les objections qu'il prête à un païen pour embarrasser un juif qui aurait voulu en faire un prosélyte, ont été la plupart copiées par les incrédules de nos jours.
11 prétend d'abord qu'un juif ne pouvait prouver sans beaucoup de difficulté l'antiquité des livres de Moïse , ou leur authenticité , ni la vérité de tout l'Ancien Testament, ni la divinité ou l'inspiration de tous ces écrits. Cependant les plus habiles écri-
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vains de notre siècle, môme c'iez les protestants, ont prouvé que Moïse est véritablement l'auteur du Pentateuque ; que ce livre est par conséquent plus ancien que toutes les histoires profanes: nous l'avons prouvé nous-môme au mot Pentateique, et nous ne craignons pas que les incrédules, endoctrinés par Le Clerc, viennent à bout de renverser nos preuves. Nous avons démon^tré de même la vérité de l'histoire juive au mot Histoire sainte. Quant à la divinité ou à l'inspiration des livres de l'Ancien Testament, en général, nous convenons qu'elle ne peut être solidement prouvée que par le témoignage de Jésus-Christ et des apôtres ; mais nous soutenons aussi, contre Le Clerc et contre les protestants, que nous ne pouvons être certains de ce témoignage que par celui de l'Eglise : car enfin nous les délions de nous citer dans le Nouveau Testament un passage dans lequel Jésus-Christ ou les apôtres aient déclaré que tous les livres de l'Ancien placés dans le canon, sont inspirés et parole de Dieu. Voy. Ecriture sainte , § 1 et 2.
Les païens, dit Le Clerc, ne pouvaient pas croire aisément la création du monde et celle de l'homme , le péché de nos premiers parents, le déluge universel , l'arche qui renfermait tous les animaux, etc. Mais nous avons, fait voir que, malgré l'avis de ce critique et de tous les sociniens, le dogme de la création est démontré, que l'histoire de la chute de l'homme ne renferme rien d'incroyable, que le déluge universel est encore attesté par toute la face du globe , que les miracles de Moïse sont prouvés d'une manière incontestable, etc. Il en est de même do tous les autres faits historiques, cont.e lesquels les incrédules se sont élevés, et qui, au jugement de notre critique, devaient révolter ou scandaliser les païens. Il ne. convenait guère à un savant qui faisait profession du christianisme, de vouloir nous persuader que les objections des anciens auteurs païens, tels que Cclse, Julien, Porphyre, etc., contre le judaïsme, étaient trèsredoutables ; que, tout considéré, un juif, quelque habile qu'il fût, était incapable d'y répondre ; qu'ainsi un païen était, à le bien prendre, dans une ignorance invincible à l'égard de la notion et du culte d'un seul Dieu.
Il ne sert à rien de dire que Dieu avait donné la loi de Moise pour les Juifs seuls ; du moins il n'avait pas réservé ponr eux seuls les grandes vérités sur lesquelles ces lois étaient fondées, et que Dieu avaient révélées depuis le commencement du monde : l'unité de Dieu, la création , la providence divine, générale et particulière, l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses d'une autre vie, la future venue d'un Rédempteur pour le salut de tout le genre humain, etc. Or, toutes les nations dont les Juifs étaient environnés ne pouvaient parvenir à la connaissance de toutes ces vérités par un moyen plus facile et plus sûr que par l'histoire dont les Juifs étaient dépositaires, et
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par la tradition constante qu'ilsavaient reçue de leurs pères, dont la chaîne remontait jusqu'au premier âge du monde. De là, sans doute, est venue la multitude des prosélytes qui avaient embrassé le judaïsme dans les siècles de la prospérité de cette nation : il est probable que le nombre en aurait été plus grand vers le temps de la venue du Sauveur, sans les persécutions continuelles que les Juifs essuyèrent de la part des Grecs et des Romains. On ne nous persuadera jamais que tous ces honnêtes païens avaient changé de religion sans aucun motif solide de persuasion.
Notre critique a encore plus de tort d'avancer que la plupart des rites judaïques étaient empruntés des païens ; que ceux-ci ne pouvaient pas les juger plus saints ni plus respectables chez les Juifs que chez eux. Nous avons prouvé la fausseté de cet emprunt au mot Loi cérémotsielle. Avant l'abus que les païens avaient fait des cérémonies religieuses pour honorer les fausses divinités , les patriarches , ancêtres des Juifs, les avaient employées au culte du vrai Dieu. La plupart de ces rites se sont trouvés les mêmes chez des nations qui ne pouvaient avoir eu ensemble aucune relation , parce qu'ils ont été dictés par un instinct naturel aussi bien que par la révélation primitive ; ainsi l'emprunt supposé par Le Clerc et par les incrédules est un soupçon sans fondement. Ce critique trop hardi a eu tort de dire, ibid., sect. 3, c. 3, § 14 : « Ces rites ressemblent tellement à ceux des païens, que si nous ne savions pas par l'Evangile que Dieu, en les ordonnant, a voulu se proportionner à la faiblesse d'un peuple grossier , et ne les a institués que pour peu de temps, nous aurions peine à y reconnaître les traits de la sagesse divine. » 1" L'on ne peut pas appeler peu de temps une durée de quinze cents ans. 2° 11 est prouvé par les prophètes , aussi bien que par l'Evangile , que l'ancienne alliance en promettait une nouvelle. 3" Nous serions en état de pouver que toutes les lois eérémoniellrs étaient très-sages , eu égard aux circonstances , que la plupart étaient directement contraires aux usages des païens, et tendaient à préserver les Juifs de l'idolâtrie.
Comme les autres sociniens , il assure qu'il n'est fait mention de l'immortalité de l'âme et de la vie future dans les anciens livres des Juifs , que d'une manière très-obscure et très-équivoque; que si les derniers écrivains juifs en ont parlé plus clairement, ils avaient reçu cette connaissance des poètes et des philosophes grecs , surtout des platoniciens. Au mot Ame, § 2, nous avons fait voir, par de bonnes preuves, que ce dogme essentiel a été cru , non-seulement par Moïse et par les anciens Juifs, mais par les patriarches, leurs aïeux et leurs instituteurs. Il est prouvé d'ailleurs que cette croyance de la vie future s'est retrouvée chez les sauvages de l'Amérique, chez les insulaires de la mer du Sud, chez les nègres et chez les Lapons ; ce ne son*, certainement
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pas tes philosophes platoniciens qui l'ont portée dans ces divers climats.
Enfin , puisque Le Clerc convient qu'en ▼ertu des lumières que nous avons reçues par l'Evangile nous sommes en état de réfuter victorieusement les objectionsdcs païens, il y a du ridicule à supposer que les Juifs ne pouvaient pas y satisfaire avec le secours de la révélation primitive, faite aux patriarches longtemps av:mt celle que Dieu donna par Moïse. Il est certain , au contraire , que celle-ci fut donnée , non-seulement pour les Juifs, mais afin que les nations qui étaient à portée d'en prendre connaissance, pussent renouer par ce moyen la chaîne de la tradition primitive, que les ancêtres de ces nations avaient laissé rompre par une négligence très-blamàble. Il est donc ('vident que le censeur du judaïsme en a très-mal connu l'esprit et ia destination.
* Judaïsme réformé.. Le judaïsme semblait une retëgioji absolument stationnaire, que. rien au inonde ne pourrait ébranler. Dix-huit cents ans d'existence au milieu de toutes les religions, de tontes les institutions politiques et de tous les peuples, paraissaient le mettre à couvert de toutes les atteintes du phîrosopîiisme. Il s'est ébranlé en Allemagne. Il y a commencé une transformation qui pourra se commuiiiquer au loin. D s 1818, on y forma une église Israélite dout voici la description :
« L'intérieur du temple est simplement, mais élégamment orné ; il s'y trouve un orgue et une chaire. L'orgue est placé au-dessus de la porte d'entrée, la chaire est élevée en face. La nef est occupée par des bancs entre les rangs desquels on a laissé un espace libre, pour s'y tenir debout; ces bancs et cet espace sont exclusivement réservés aux hommes , les femmes prenant place dans les tribunes élevées des deux cotés de la nef. Les places des bancs sont numérotées et louées ; près de la chaire se trouvent deux rangs de sièges réservés aux étrangers. Le temple est placé sous l'administration de quatre directeurs et de plusieurs députés dont les fonctions sont gratuites. Deux prédlcanh sont chargés de l'exercice du cuit • : ce sont les docteurs Kley et Salomon. Leur traitement, ainsi que la solde des clercs otiacliés au service de l'Eglise, sont payés sur la caisse du temple.
« Chaque samedi et à chaque fête israélile, un service public est célébré dans le temple ; un sermon v est prononcé de neuf à dix heures du malin, en Ion ne ail, mande. Les prières liturgiques y sont alternativement récitées en hébreu et en allemand. Les cantiques, au contraire, qui y sont exécutés par un chœur bien composé, avec îiccompagnement de l'orgue cl sur des mélodies convenables, sont toujours chaulés en langue allemande ; il en est de \ même des sermons toujours prêches, comme il a été dit, en allemand. Plusieurs de ces sermons, qui offrent un grand intérêt, ont été publiés par leurs auteurs, les docteurs Kley et Salomon. Quelques volumes en ont déjà paru.
i La direction du temple songe à améliorer et augmenter le livre des cantiques, attendu que parmi ses thèmes actuels il ne s'en trouve pas toujours d'appropriés aux sujets des sermons, et déjà les plus célèbres poètes de l'Allemagne ont été invités à concourir à celle œuvre. Le local, irop petit, et sa fréquentation qui va toujours croissant, obligeront sous peu à songer également à la construction d'un édifice plus vaste, les assemblées étant souvent trop considérables pour y trouver place. Les Israélites de l'ancien rite célèbrent lours offices dans leurs synagoyues, établies dans d'autre parties de la ville. »
AIDAS ISCAMOTE était l'un des douze apôtres (pie Jésus-Christ avait choisis, mais il trahit sou maître et le livra aux Juifs. Cette perfidie, qui a rendu exécrable sa mémoire, loin de fonder aucun soupçon contre la sainteté de Jésus-Christ, la d.'montre d'une mail ère invincible. Judas ne révèle aux Juifs aucune imposture, aucun mauvais dessein, aucun crime de Jésus ni de ses disciples ; il se borne à indiquer le moyen de se saisir de Jésus sans bruit et sans danger. Si Jésus avait été un imposteur, un séducteur, un opérateur de faux miracles, Judas aurait fait une action louable en dévoilant la fourberie aux chefs de la nation ; il n'aurait dû en avoir aucun remords. Cependant, lorsqu il voit que son Maître est condamné, il va se déclarer coupable d'avoir trahi un juste ; il jette dans le temple l'argent qu'il avait reçu, et se pend par désespoir. Le champ nommé Hakeldamach, le champ de sang, attestait l'innocence de Jésus, le repentir de son disciple, l'injustice vo'ontaire et réfléchie des Juifs.
La conduite de ce d'sciple infidèle a fourni aux Pères de l'Eglise d'autres réflexions très-importantes. Saint Jean Chrysostome, dans deux homélies sur ce sujet, fait remarouer les traits de bonté et do miséricorde do Jésus-Christ a l'égard de Judas : les paroles qu'il lui adresse, le baiser qu'il lui donne pour toucher son cœur et le faire rentrer en lui-même. « Ce perfide, dit-il, vendit son Maître pour trente deniers; malgré cet outrage, Jésus-Christ n'a pas refusé de donner pour la rémission des péchés ce même sang vendu, et de le donner au vendeur même, si celui-ci avait vouhi. Le Seigneur lui avait accordé tout ce qui dépendait de lui, mais le traître persévéra d.ins son dessein. » Jlom. 1, de Prodit. Jurfœ, n. 3 et 5.
Saint Ambroise, saint Astérius, évêque d'Amasée, saint Amphiloque, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Léon, saint Augustin, d'sent de même que le sang de Jésus-Christ a été versé pour Judas, qu'il ne tenait qu'à luid'en profiter. Origène, Tract. 35, inMatth., n. 127, a fait, sur le désespuirde ce disciple, une conjecture singulière ; il pense que Judas voulut prévenir par sa mort celle de son Maître, espérant de le trouver dans l'autre monde, de lui confesser son péché, et d'en obtenir le pardon. 11 n'excuse point cette erreur.
JUDE (saint;, apôtre, surnommé Thadèr, Le'béeet le-Ze'lé, est aussi appelé quelquefois frère du Scignexir , c'est-à-dire parent de Jésus-Christ : on eroit qu'il était fils de Marie, épouse de Cléophas, et sœur ou cousine de la sainte Vierge; qu'il était par conséquent frère de saint Jacques, évêque de Jérusalem. Les Américains le révèrent comme leur apôtre particulier
il nous reste de lui une épître assez courte, qui ne contient que vingt cinq versets : elle est adressée aux fidèles en général. On ignore en quel temps précisément elle a été écrite; mais, comme dans les v. 17 et 18, saint Jude parle des apôtres comme de ner-
JUD
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sonnagos qui s'existent plus, on présume qu'elle a été écrite après Tan GG ou G7 de Jésus-Christ, peut-être même après la ruine de Jérusalem. Quelques-uns en reculent h <iale jusqu'en l'an 90. L'apôtre y combat de faux docteurs, que l'on croit être les nicolailes, le simoniens et les gnostiques, qui troublaient déjà l'Eglise; il avertit les fidèles de se précautionner contre eux. Cette épitre n'a pas été d'abord reçue comme» canonique par le sentiment unanime de toutes les Eglises; quelques anciens ont douté de son authenticité, parce que l'auteur cite une prophétie d'Enoch, qui semble tirée du livre apocryphe publié sous le nom de ce patriarche, et un lait concernant la mort do Mo se, qui ne se trouve point dans les livres canoniques de l'Ancien Testament : de là on a supposé que ce fait est t;ré d'un autre ouvrage apocryphe intitulé : L'Assomption de Moïse. Mais ces deux, conjectures n'ont jamais été assez certaines pour donner droit de contester l'authenticité de Vépitrcdc saint Jude; cet apôtre peut avoir cité la prophétie d'Enoch et le fait concernant Moïse, sur la foi de quelque ancienne tradition, sans avoir eu en vue aucun livre. 11 n'y a aucune preuve que le livre apocryphe d'Enoch ait clé déjà écrit l'an 67 ou l'an 70, ni que la prophétie dont nous parlons ait été contenue dans ce livre. Peut-être est-ce le verset \k de Y épitre, de saint Jude qui a donné lieu à un faussaire de fabriquer le prétendu livre d'Enoch; et celui de l' Assomption de Moisc semble et. c encore plus moderne.
Eusèbe, Ihst. ecclc's., liv. u, chap. 25, dit que Yépître de saint Jude a été peu citée par les anciens; elle est en effet trop courte pour que l'on ait lieu de la citer souvent; mas il témoigne qu'elle était lue publiquement dans plusieurs Eglises. Origènc, saint Clément d'Alexandrie , Tertuîlien et les Pères postérieurs l'ont reconnue pour canonique ; et depuis le iv' siècle il n'y a point eu de contestation sur ce sujet. C'est mal à propos que Luther, les centuriateurs deMagdebourg et les anabaptistes ont persisté à la regarder comme douteuse, et à s'en tenir à la simple conjecture des anciens. Le Clerc ne fait aucune difficulté de l'admettre, Hist. ccecclésiast., an 90.
(Jrotius a pensé que cette épitre n'était pas de saint Jude, apôtre, mais de Judas, quinzième évoque de Jérusalem, duquel on ne connaît que le nom , et qui vivait sous Adrien ; d croit que ces mots frater auletn Jacobi, qu'on lit clans le verset 1, ont été ajoutés par les copistes, parce que saint Jude ne prend pas la qualité d'apôtre, et que si cette lettre eût été véritablement de lui, elle -rtiirail été reçue d'abord par toutes les Eglises. Vaincs imaginations. Saint Pierre, saint Paul, saint Jean, n'ont pas pris la qualité d'apôtres à la tète de toutes leurs lettres, et quelques Eglises ont douté d'abord de l'authenticité d'autres écrits qui ont été reconnus universellement dans la suite pour authentiques et canoniques.
On a encore attribué à saint Jude un faux
Evangile, qui a été déclaré apocryphe par le pape Célase, au v* siècle.
JUDITH, nom d'un livre historique de l'Ancien Testament, ainsi appelé, parce qu'il contient l'histoire de Judith, héroïne juive, qui délivra la ville de Béthuhe, assiégée par Holopherne, général de Nabuchodonosor, et mit à mort ce général. On ne sait pas précisément qui est l'auteur de cette histoire; mais iJ ne paraît pas avoir vécu longtemps après l'événement. On a disputé beaucoup sur la canonicité de ce livre. Du temps d'Origène, les Juifs l'avaient en hébreu ou plutôt en chaldéen, et, selon saint Jérôme, ils plaçaient ce livre au rang des hagiographes : c'est sur le chaldéen que ce Père a fait sa version latine; elle est Irès-dilférefitc de la traduction grecque, qui n'est pas exacte; mais la version syriaque que nous en avons a été prise sur un grec plus correct que celui qu'on lit aujourd'hui. Les Juifs ne mettent plus ce livre dans leur canon des saintes Ecritures; mais l'Eglise chrétienne a eu de bonnes raisons pour l'y placer.
Saint Clémen.t, pape, a cité l'histoire do Judith dans sa Première lettre aux Corinthiens, de même que l'aulc ;r des Constitutions apostoliques. Saint Clément d'Alexandrie, Strom., lit), iv; Origènc, llom. 19, in Jcrem.., cl lom. 111, in Joann.; Tertuîlien, L. de Monoqam., c. 17; saint Ambrais v L. m, de Officiis, et L. de Viduit.; saint Jérôme, Epist. ad Furiam, en font mention. L'auteur de la Synopse attribuée à saint Alhanase en a donné le précis, comme des autres livres sacrés. Saint Augustin, L. de Doclr. Christ., cap. 8; le pane Innocent I", dans sa Lettre à Exupèrc; le pape Célase, dans le concile de Home; saint Eulgencc et deux auteurs anciens, dont les sermons sont dans l'appendix du cinquième tome île saint Augustin, reçoivent ce livre comme canonique : il a été déclaré tel par le concile de Trente. Saint Jérôme dit que le concile de Nicée le comptait déjà entre les Ecritures divines : il avait sans doute des preuves de ce fait. Origènc atteste que de son temps ou le lisait aux catéchumènes.
Quelques incrédules modernes ont fait sur l'histoire de Judith des commentaires faux et très-indécents. Ils disent que l'on ignore si l'événement dont elle parle est arrivé avant ou après la captivité; mais ils devraient savoir qu'à compter du règne do Manassès les Juifs ont soull'ert quatre déportations de la part des monarques assyriens, et que plusieurs de ceux-ci ont porté le nom de Nabuchodonosor. Celui d ait parle le livre de Judith est évidemment le même qui avait vaincu et fait prisonnier Manassès (II Parai, c. xxxm, v. 21) ; q n avait remporté une victoire sur Arphaxad, roi des Mèdes (Judith, c. i, v. 5) : or, celuici est le Phraorlvs dont parle Hérodote, liv. i. En plaçant l'histoire de Judith, à la dixième année du règne de Manassès, il ne reste aucune difficulté. Us disent que l'on ignore également où était située Péthulie, si c'était au Nord ou au midi de Jérusalem.
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Quand cela serait, il nu s'ensuivrait rien: il y a bien d'autres villes anciennes dont on ne" connaît plus aujourd'hui la vraie position. Selon le livre de Judith, Bélhulie était voisine de la plaine d'Ksdrelon : or, cette plaine était certainement dans la Galilée, entre Betlisam ou Se. thopolis et le mont Carmel ; cette ville était donc située à trente Jieucs ou environ au nord de Jérusalem.
Surtout il ne fallait pas calomnier Judith, en disant que cette femme joignit au meurtre la trahison et la prostitution. Son histoire assure positivement que Dieu veilla sur elle et que sa pureté ne reçut aucune atteinte (Judith, c. xm, v. 20). On n'a jamais nommé trahison ni perfidie 1 s ruses, les mensonges, les faux avis dont on se sert a la guerre, pour tromper l'ennemi et le faire tomber dans un piège; le meurtre a toujours été censé permis en pareil cas, du moins chez les anciens peuples. Judith est louée de cette action par les prêtres juifs et par le peuple; ils rendent grAccs h Dieu de la défaite d'un ennemi qui les avait dévoués à la mort : peut-on les condamner ?
Ces mômes critiques objectent que Judith, selon son histoire, a vécu cent cinq ans après la délivrance de Bélhulie; il faudrait donc qu'elle eût été Agée au moins de cent trente cinq ans lorsqu'elle mourut, ce qui n'est pas probable. Mais c'est une fausse interprétation; le texte porte seulement qu'elle demeura dans la maison de son mari jusqu'il l'âge de cent cinq ans ( Judith, c. xvr, v. 28 )'. 11 s'ensuit seulement qu'elle vécut assez longtemps pour faire conserver jusqu'il la troisième génération le souvenir très-distinct de son histoire.
L'historien n'a point altéré la vérité, lorsqu'il a dit que, pendant toute la vie de cette femme , et même plusieurs années après, Israël jouit d'une paix que l'ennemi ne troubla point (Ibid., v. 30). En effet, depuis la dixième année du règne de Manassès jusqu'à la vingt-troisième de celui de Josias, dans laquelle Judith mourut, les Israélites ne furent troublés par aucune guerre étrangère ; Josias ne fut tué qu'à la trentième année de son règne, en combattant cont.o les Egyptiens.
Nos censeurs de l'histoire do Judith ont fait une observation très-fausse, lorsqu'ils on dit que la fête célébrée par les Juifs, en mémoire de la délivrance de Bélhulie, ne prouvait rien;qu'h y avait chez les Grecs et chez les Romains une infinité de (èlcs qui n'attestaient que des fables. On a souvent délié aux incrédules de citer un seul exemple d'une fête instituée à la date même d'un événement, ou peu de temps après, et pendant la vie des témoins oculaires, qui n'attestût qu'une fable. Les fêtes grecques et romaines n'avaient été établies quep'usieurs siècles après les événements de leur histoire fabuleuse; on ignorait même dans la Grèce et à Rome quel était l'objet de la plupart des fêtes qu'on y célébrait. Mais l'historien de Judith atteste que le jour de la victoire de celte héroïne fut mis au rang
des jours saints, et que, depuis ce temps-là jusque ce jour, il est célébré comme uno fôte par les Juifs; il a donc été institué et célébré par les témoins oculaires du l'événement {Judith, c. xvi, v. 21). Ainsi port it l'exemplaire chaldéen sur lequel saint Jérôme a fait sa tr duction.
JUGEMENT. Co terme, dans l'Ecriture sainte, se prend en divers sens. 11 signifie, 1" te>ut acte de justice exercé même par un particulier. Faire jugement en justice (Gen. c. xvui, v» 19), c'est rendre à chacun ce qui lui est dû. 2" L'assemblée des juges : /)*-. i, v. 5; il est dit que les impics n'oseront paraître ou se montrer en jugement, ni dans l'assemblée des justes. Mal th. c. v, v. 22, celui qui se met en colère contre son frère sera condamnable en jugement, ou au tribunal des juges. 3° La sentence ou Ij condamnation prononcée par les juges. , Je'rem., c. xxvi, v. il , un jugement de mort est une condamnation 5 la mort. k° La peine ou le châtiment d'un crime : Dieu dit (Exod., c. xn, v. 12) : J'exercerai moi jugements sur les dieux de t' Egypte, c'est-à-dire je frapperai et je détruirai les objets du cuite des Egyptiens. 5° Une loi (Exod., c. i, v. 1) : Voici les jugements, c'est-à-dire les lois que vous établirez. Dans le psaume cxviii, les lois de Dieu sont souvent appelées ses jugements* 6" Les jugements de Dieu signifient assez communément la conduite ordinaire de la Providence; c'est dans ce sons qu'il est dit que les jugements de Dieu sont incompréhensibles, sont un abîme, etc.
Jugement de zèle. C'est ainsi que le* docteurs juifs ont appelé un prétendu droit établi chez leurs aïeux, selon lequel tout particulier avait droit de mettre à mort surle-champ, et sans aucune forme de procès, quiconque renonçait au culte de Dieu, prêchait l'idolâtrie et voulait y engager ses concitoyens. On a voulu prouver ce droit par le ch. xm du Deutcronome,v. 9; mais cet endroit même suppose qu'il y aura un jugement prononcé dans l'assemblée du peuple; la loi veut seulement que chacun se porte pour accusateur. On cite encore l'exemple de Planées (Num. c. xxv, v.7) ; mais il était moins question là d'un acte d'idolâtrie que d'un scandale public donné à la face du tabernacle et de tout le peuple assemblé. Phinées se crut, autorisé par la présence de Moïse et du gros de la nation, et Dieu approuva sa condi ite : il ne s'ensuit pas que tout IsiaéJite ait e.i droit de l'imiter.
, Jugement dernier. L'Eglise chrétienne, fondée sur les paroles do Jésus-Christ (Matth., c. xxv, v. 31), croit qu'à la lin du monde tous les hommes ressusciteront, paraîtront au tribunal de ce divin Sauveur , pour être jugés en corps et en âme; que les justes recevront pour récompense le bonheur éternel, et que les méchants seront condamnés au feu de l'éternité. Cette sentence générale sera la confirmation de celle qui a él \ portée contre chaque homme en particulier immédiatement après sa mort. « Il faut, dit saint Paul, que nous soyons tous présentés
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h découvert devant le tribunal dé Jésus Christ, -dit) que chacun remporte ce qui appartient à son corps, selon qu'il a fait le bien ou le mal ( II Cor., c. v, v. 10). Ne jugez point votre frère; nous paraîtrons tous devant le tribunal de Jésus-Christ... ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même. (Rom. c. xiv, v. 10, etc.)»
Cette vérité est terrible, sans doute, et doit être souvent répétée, surtout aux pécheurs obstinés; mais saint Paul ranime la confiance des fidèles, en leur disant qu'il a fallu que Jésus-Christ « fût semblable à ses frères en toutes choses, afin qu'il fût miséricordieux, fidèle pontife auprès de Dieu, et propitiateur pour les péchés du peuple {llebr. c. n, v. 17).» Lorsque Pelage s'avisa de décider qu'au jugement de Dieu aucun pécheur ne serait pardonné, mais que tous seraient condamnés au feu éternel, saint Jérôme lui répondit : « Oui peut souffrir que vous borniez la misérico:de de Dieu, et que vous dictiez la sentence du juge avant le jour du jugement ? Dieu ne pourra-t-il, sans votre aveu, pardonner aux pécheurs, s'il le juge à propos ? Vous alléguez les menaces de l'Ecriture ; ne savezvous pas que les menaces de Dieu sont souvent un effet de sa clémence? » Dial. contre Pélag., c. îx. Saint Augustin le réfuta de même. « Que Pelage, dit-il, nomme comme il voudra, celui qui pense qu'au jugement de Dieu aucun pécheur ne recevra miséricorde; mais qu'il sache que l'Eglise n'adopte point cette erreur; car quiconque ne fait pas miséricorde, sera ju^é sans miséricorde ... Si Pelage dit que tous les pécheurs sans exception seront condamnés au feu éternel, quiconque aurait approuvé ce jugement aurait prononcé contre soi-même ; car qui peut se 11 itter d'être sans péché? » L. de Gcstis Pclagii, c. m, n. 9 et \k.
Chez les Crées schismatiques, plusieurs ont enseigné que la récompense éternelle des saints et la damnation des méchants sont différés jusqu'au jugement dernier. Cette opinion fausse fut condamnée par le quatorzième concile général tenu à Lyon en 127i, et par celui de Florence en 1438, lorsqu'il fut question de la réunion de l'Eglise grecque avec l'Eglise latine.
11 est dit dans le prophète Joël (c. m, v. 2 et 12) : J'assemblerai toutes les nations dans la vallée de Josaphat, et je me placerai sur un trône pour les juger. De là est née l'opinion populaire que le jugement dernier doit se faire dans cette vallée. Mais Josaphat signifie jugement de Dieu, et il est incertain s'il y a eu dans la Palestine ou ailleurs une vallée de ce nom : dans cet endroit le prophète, en disant toutes les nations, ne désigne que les peuples voisins de la Judée, et il n'est pas aisé de voir quel est l'événement qu'il prédit par ces paroles.
Les sociniens, fondés sur un passage de l'Evangile malentendu, soutiennent que Jésns-Clnist a ignoré le jour et l'heure du jugement dernier. Voy. Agnoètes.
JUGES. On nomme ainsi les chefs qui ont gouverné la naiion des Hébreux depuis la
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mort de Josaé jusqu'au règne de Saûl, qui fut le premier de leurs rois ; ce qui fait un espace d'environ quatre cents ans: de là la livre qui en contient l'histoire est: appelé les, Juges.
On ne sait pas certainement qui en est l'auteur : quelques-uns l'ont attribué à Phinées, grand prêtre des Juifs ; d'autres à Esdras ou à Ezéchias ; la plupart à Samuel : ce dernier sentiment paraît le plus probable. 1" L'auteur vivait dans un temps où les Jébuséens étaient encore maîtres de Jérusalem, comme on le voit par le ch. i, v. 21, par conséquent avant le règne de David, qui chassa ces Jôbuséens de la forteresse do Sion. 2° L'auteur, en parlant de ce qui s'est passé sous les juges, remarque plus d'une fois qu'alors il n'y avait point de roi dans Israël ; ce qui semble prouver qu'il écrivait lui-même sous les rois. La seule difficulté considérable qu'il y ait contre ce sentiment, c'est qu'il est dit, chap. xvm, v. 30, que les enfants de Dan établirent Jonathan et ses fils pour servir de prêtres dans la tribu de Dan, jusqu'au jour de la captivité, et que l'idole de Michas demeura parmi eux pendant que la maison de Dieu fut à Silo. Il semble que l'on ne peut entendre cette captivité quo de celle qui arriva sous Theglat-Phalasar, roi d'Assyrie, plusieurs siècles après Samuel. Le texte hébreu, au lieu de captivité, por e jusqu'à la transmigration du pays ; mais l'on observe que le mot hébreu qui signifie délivrance, a pu être aisément confondu avec un autre qui signifie transmigration : ainsi l'on peut penser qu'il est iciquestion du moment auquel les Israélites furent délivrés du joug des Philistins, placèrent l'arche du Seigneur à Cahaa, et renoncèrent à l'idolâtrie (/ Reg. c. vu). Il n'est pas probable que Samuel,. Saûl et David aient souffert que pendant leur gouvernement les Danites continuassent h être idolâtres.
On n'a jamais douté de l'authenticité du livre des Juges ; il a toujours été dans le canon des Juifs et dans celui des chrétiens. L'auteur des psaumes en a tiré deux versets, ps. lxvii, v. 8 et 9 ; celui du second livre des Rois enacité le fait delà mort d'Achimélech; saint Paul cite les exemples de Jephté, de Baruch et de Samson.
Les censeurs modernes de l'histoire juive ont argumenté contre plusieurs des faits qui y sont rapportés. On trouvera la réponse à leurs objections dans les articles Aod, Gédéon, Jephté, Samson, Prêtre.
JUIFS. Nous n'avons dessein de toucher à l'histoire des Juifs qu'autant que cela est nécessaire pour faire sentir la vérité de la narration des écrivains sacrés, et pour réfuter les erreurs, les calomnies, les vaines conjectures que les incrédules aneiens et modernes ont voulu y opposer.
Nous parlerons 1° de l'origine des Juifs, 2* de leurs mœurs, 3° de leur prospérité, k" de la haine que les autres nations leur ont témoignée, 5° du choix que Dieu avait fait de ce peuple, 6° de son état actuel, 7° do sa conversion future.
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