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chanales ; ils dansaient autour d'une peau enflée en forme d'outre, en disant qu'ils étaient les vases remplis du vin iiouvéa u dont parle Jésus-Christ [Matlh. ix, 17). 1 I n'y a aucune raison de les distinguer de ceux que l'on appelait ascodrutes, ascodrupites, ou tascedrugiles. Ceux-ci, dit-on, rejetaient l'usage des sacrements, mémo du baptême; ils disaient que des grâces in-, corporelles no peuvent être communiquées par des choses corporelles, ni les mystères divins par des éléments visibles, ils faisaient consister la rédemption parfaite, ou la sanctification dans la connaissance, c'est -à-dire dans l'intelligence des mystères tels qu'ils les entendaient. Ils avaient adoj lé une partic des rêveries des valentiniens et des marcosiens. Il paraît que les tascodrugîtes étaient encore les mêmes que les passaloryncliilcs ou pettaloryneltites, ainsi noinmésdejr«!77^of, ou TrirTK/o,-, pieu, et de f'w, nez, parce qu'en priant ils menaient le u' doigt dans leur nez, comme un pieu, pour se fe mer la bouche, s'imposer silence et montrer plus de recueillement. Saint Jérôme dit que, <lo son temps, il y en avait encore dans h Galatie. Ce fait est prouvé par les luis que les empereurs portèrent eontre ces hérétiques au commencement du vc siècle. Cod. Ttic'od.,c. 6. Il n'est r.oint d'absurdité que l'on n'ait dû attendre d'une secte qui n'avait d'autre fondement que le délnede l'imagination, ni d'autre règle que le fanatisme. Il est étonnant que l'excès du ridicule ne l'ait pas anéantie plus promptemeut. Tillemont, Mém., t. II, p. U8.
MORALE (1), règle des mœurs ou des actions humaines. L'homme, être intelligent et libre, capable d'agir pour une tin , n'est pas fait pour se conduire par l'instinct ou par l'impulsion du tempérament, comme les brutes qui n'ont ni intelligence ni liberté; il doit donc avoir une morale, une règle de conduite. La grande question entre les" | lnlosophes incrédules et les théologiens, est. de savoir s'il peut y avoir une morale solide et capable de diriger l'homme, indépendamment de h religion ou de la cioyance d'un Dieu législateur, vengeur du crime et rémunérateur do la vertu. Nous soutenons qu'il n'y en a point, et qu'il ne [tout pas v eu avoir; malgré tous les efforts qu'ont faits les incrédules modernes pour en établir une. ils n'y ont pas réussi, et, pour les réfuter complètement, nous | ourrions nous contenter de leur opposer les aveux qu'ils ont été forcés de faire.
1° Prendrons-nous pour règle de morale la raison? Elle est à peu près nulle sans 1 éducation; il est aisé d'estimer de quel degré do raison serait susceptible un sauvage abandonné des sa naissance, qui aurait vécu dans les forêts parmi les animaux; il leur ressemblerait plus qu'à une créature humaine. Qu'est-ce, d'aill urs, que l'éducation ? Ce sont les leçons et les exem-
(') Voy., pour avoir de plus amples développeoienls, noire Dicl. de Théol. mor., surloul l'nuiuduclion.
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pies do nos semblables; s*ils sont bons, justes et sages, ils perfectionnent la raison; s'ils ne le sont pas, ils la dépravent. Où s'estil trouvé un homme qui ait eu une intelligence as«ez étendue et une Ame assez ferme pour se défaire de tous les préjugés de l'enfance, pour oublier toutes les instructions qu'il avait reçues, pour heurter de front toutes les opinions de ceux avec lesquels il était forcé de vivre? Nos philosophes ont voulu faire parade de ce courage ; mais voyez si c'est la raison qui les a conduits plutôt que la vanité, et si leur conduite est fort différente de celle des autres hommes. Ils ont dit eux-mêmes que rien n'est plus rare que la rais n chez les hommes, que le très-grand nombre sont des cerveaux mal organisés, incapables de penser, de réfléchir, d'agir conséquemment ; que tous sont conduits par l'habitude, par les préjugés, par l'exemple de leurs semblables, et non par la raison. La question est donc de savoir comment, pour former un bon système de morale, on donnera au genre humain un degré de raison dont il ne s'est pas encore trouvé susceptible depuis la création. La raison est offusquée et contredite par les passions. La première chose à faire est de prouver à un homme sans religion qu'il est obligé d'obéir à l'un p'utôt qu'aux autres ; qu'en suivant la raison il trouvera le bonheur, qu'en se laissant dominer par une r assion il court à sa perte. Jusqu'à présent nous ne voyons pas que cela soit fort aisé. A force de raisonner, les sceptiques, les cyniques, les cyrénaïques et d'autres grands philosophes prouvaient doctement que rien n'est en soi bien ou mal, juste ou injuste, vice ou veitu; que cela dépend absolument de l'opinion des hommes, à laquelle un sage ne doit jamais se conformer ; d'où il s'ensuivait clairement que toute morale est absutde. Sans avoir besoin de l'avis des philosophes, ri ne s'est jamais trouvé d'homme passionné qui n'ait allégué des raisons pour justifier sa conduite, et qui n'ait prétendu qu'en faisant ce qui lui plaisait le plus, il a écouté la voix de la nature. De là les académiciens concluaient que la raison est plutôt pernicieuse qu'utile aux hommes, puisqu'elle ne leur sert qu'à commettre des crimes et à trouver des prétextes pour les justifier. Cicer., de Nat. Deor., 1. m, n. 65 et suiv. Ceux d'aujourd'hui ont enseigné que les passions sont •,f innocentes, et la raison coupable ; que les "passions seules sont capables de nous porter aux grandes actions, par conséquent aux grandes vertus ; que le sang-froid de la raison ne peut servir qu'à faire des hommes médiocres, etc. Nous voilà bien disposés à nous fier beaucoup à la raison en fait de morale.
2° Nous trouverons peut-être une meilleure ressource dans le sentiment moral, dans celte espèce d'instinct qui nous fait admirer et estimer la vertu, et détester le crime. Mais sans contester la réalité de ce sentiment, n'avons-nous pas les mômes reproches à lui faire qu'à la raison? 11 est
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à peu près nul sans l'éducation; il est peu développé dans la plupart des hommes, il diminue peu à peu, et s'éteint presque entièrement par l'habitude du crime. Nos philosophes nous disent qu'il y a des hommes si pervers par nature, qu'ils ne peuvent être heureux que par des actions qui les conduisent au gibet; il faut donc que le sentiment moral soit anéanti chez eux, et que la voix de leur conscience ne se fasse plus entendre. Ont-ils encore des remords après le crime ? Nous n'en savons rien : quelques matérialistes nous assurent que les scélérats consommés n'ont plus de remords. Quand ils en auraient, cela ne suffirait pas pour fonder la morale; celle-ci doit servir, non-seulement à nous faire repentir d'un crime commis , mais à nous empêcher de le commettre. Un goût décidé pour la vertu ne s'acquiert que par l'habitude de la pratiquer; et pour l'aimer sincèrement il faut déjà être vertueux : par quel ressort sera mû celui qui ne l'est pas encore ?
3° Par les lois, disent nos profonds raisonneurs, par la crainte des supplices, et par l'espoir des récompenses que la société peut établir : l'homme en général craint plus le gibet que les dieux. Mais combien de lois absurdes, injustes, pernicieuses, chez la plupart des peuples ! Les lois sont impuissantes sans les mœurs; plus elles sont multipliées chez une nation, plus elles y supposent de corruption. Les esprits rusés savent les éluder, et les hommes puissants peuvent impunément les braver ; il en a été de mémo dans tous les temps et chez toutes les nations. Une action peut être blâmable, sans mériterpource'a des peines afflictives. Où est le législateur assez sage pour prévoir toutes les fautes dans lesquelles la fragilité humaine peut tomber, pour statuer le degré de punition qui doit y être attaché, pour deviner tous les motifs qui peuvent rendre un délit plus ou moins digne de châtiment? L'homme est-il donc fait peur être uniquement gouverné, comme les brutes, par la verge et le bâton ? Aucune société n'est assez puissante pour récompenser tous les actes de vertu qui peuvent être faits par ses membres ; plus les récompenses sont communes, plus elles perdent de leur prix.
L'intérêt dégrade la vertu, et l'hypocrisie jeut la contrefaire ; souvent l'on a récompensé dos actions que l'on aurait punies, si 'on eu avait connu les motifs. Les hommes ont la vue trop faible pour démêler ce qui est véritablement digne de louange ou de blâme; ils sont trop sujets aux préventions et à l'erreur. Si les distributeurs des récompenses sont vicieux et corrompus, quel fond pourra-t-on faire sur leur jugement? Ce n'est qu'en appelant au tribunal de la justice divine que la vertu peut se consoler d'être oubliée, méconnue et souvent persécutée en ce monde.
4° Dire que la crainte du blâme et le désir d'être estimés de nos semblables suffisent pour nous détourner du crime et nous
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porter h la vertu, c'est retomber dans les mêmes inconvénients. Non-seulement chez les nations barbares on loue et on estime des actions contraires à la loi naturelle, et l'on méprise la plupart des vertus civdes, mais ce désordre se trouve chez les peuples les plus policés. La justice d'Aristide fut punie par l'ostracisme, et la franchise de Socrate par la ciguë ; les Romains ne faisaient casque de la férocité guerrière; personne n'était blâmé pour avoir ôté la vie à un esclave. Parmi nous le meurtre est commandé par le point d'honneur, et quiconque le refuse est censé un lâche; aucune dette n'est sacrée, à l'exception de celle du jeu, etc. Nous ne finirions pas s'il nous fallait faire rémunération de tous les vices qui ne déshonorent point, et de toutes les vertus dont on ne sait gré à personne. L'opinion des hommes à-t-elle donc le pouvoir de changer la nature des choses, et la morale doit-elle être aussi variable que les modes? Je fais plus de cas, dit Cicëron, du témoignage de ma conscience que de celui de tous les hommes. Un sage, plus ancien et plus respectable que lui, pensait encure mieux; il disait: « Mon témoin est dans le ciel; lui seul est l'arbitre de mes actions (Job, xvi, 20). Si la globe et l'intérêt sont les seuls ressorts qui nous déterminent, pourquoi donc ceux qui agissent par ces motifs font-ils ce qu'ils peuvent pour les cacher ?
5° Enfin, lorsque Jésus-Christ vint sur la terre, il y avait cinq cents ans que les philosophes fondaient h morale sur ces mêmes motifs, que leurs successeurs regardent comme seuls solides et suffisants. On sait les prodiges qu'avait opérés cette morale philosophique, et en quel état les mœurs étaient pour lors. C'est en comparant ses etfets avec ceux que produisit la morale divine de Jésus-Christ, que nos apologistes ont fermé la bouche aux philosophes détracteurs du christianisme. La religion seule peut rectifier tous ces motifs proposés par la philosophie, et leur donner un poids qu'ils n'ont pas par eux-mêmes. C'est la raison, j'entends la raison cultivée et droite, qui nous démontre que l'homme n'est point l'ouvrage du hasard, mais d'un Dieu intelligent, sage et bon, qui a créé nos facultés telles qu'elles sont. C'est donc lui qui nous a donné, non-seulement l'instinct comme aux brutes, mais la faculté de réfléchir et déraisonner. Puisque c'est par là qu'il nous a distingués des animaux, c'est donc par là qu'il veut nous conduire ; nous ne pouvons résister aux lumières de la raison sans résister à la volonté du Créateur. Si elle se trouve très-bornée dans la plupart des hommes, si elle est dépravée dans les autres par les leçons de l'enfance, Dieu, qui est la justice môme, ne punit point en eux l'ignorance invincible ni l'erreur involontaire ; il n'exige d'eux que la docilité à recevoir de meilleures leçons, lorsqu'il daignera les leur procurer. Si c'est l'homme lui-même qui pervertit sa raison par l'habitude du crime, il n'est plus excusable. Il en est
de même du sentiment moral, du témoignage que la conscience nous rend de nos propres actions, des remords causés par le crime, de la pitié qui nous fait compatir aux maux d'aulrui , de l'admiration que nous inspire une belle action, etc. C'est Dieu qui nous a donné cette espèce d instinct; sans cela, il ne prouverait rien; nous en serions quittes pour l'étouffer : dès qu'il est le signe de la volonté de notre souverain maître, il nous impose un devoir, une obligation morale ; y résister, c'est se rendre coupable. Dieu déclare que les méchants ne viendront jamais à bout de se délivrer dr>s remords : Quand ils iraient se cacher au fond de la mer, f enverrai le serpent les déchirer par ses morsures. Amos, c. ix, v. 3. « Qui a trouvé la paix en résistant à Dieu? » Job, c. ix, v. k. Aucun homme n'a eu de remords d'avoir fait une bonne action, aucun ne s'est cru louable pour avoir satisfait une passion. Les passions tendent à la destruction de l'homme, et non à sa conservation; un naturaliste l'a démontré. De l'homme, par Marat, tom. 11,1. m, p. kl. 11 est donc faux que les passions soient la voix de la nature. D'ailleurs, que nous importe la nature, si ce n'est pas Dieu qui en est l'auteur?
Dieu, sans doute, a destiné l'homme à vivre en société, puisqu'il lui en a donné l'inclination, et qu'en vivant isolé il ne peut ni jouir des bienfaits de la nature, ni perfectionner ses facultés : or, la société ne peut subsister sans lois. Mais s'il n'y avait pas une loi naturelle qui ordonne à l'homme d'obéir aux lois civiles, celles-ci ne seraient plus que la volonté des p'us forts exercée contre les faibles; elles ne nous imposeraient pas plus d'obligation morale que la violence d'un ennemi plus fort que nous. Si elles sont évidemment injustes, la loi naturelle les annule; un citoyen vertueux doit subir la mort plutôt que de commettre un crime ordonné par les lois. Lorsque des particuliers sans titre et sans mission s'avisent de déclamer contre les lois de la société et s'érigent en réformateurs de la légis'ation, ce sont des séditieux qu'il faut punir : quel crime est commandé par nos lois? Les récompenses que la société peut accorder ne sont pas assez grandes pour payer la vertu dans toute sa valeur ; il lui en faut de plus durables, et qui la rendent heureuse pour toujours. Dès qu'elle est sûre de les obtenir d'un Dieu juste, peu lui importe que les hommes la méconnaissent, la méprisent ou la punissent : leurs erreurs et leurs injustices lui donnent un nouveau droit aux biens de 1 éternité.
Mais il n'est pas vrai que la religion défende à l'homme vertueux d'être sensible au point d'honneur, à la louange et au blâme, aux peines et aux récompenses temporelles , à la sa'isfaction d'avoir fait son devoir. Elle lui ordonne, au contraire, de se faire une bonne réputation, de la préférer à tous h s biens de ce monde; elle avertit les méchants que leur nom sera effacé de la nié-