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moire des hommes, ou détesté par Ja postérité (Prov. xxn, 1; Eccl. xxxix, 13; xu,
15; xliv, 1, etc.). La religion lai défend seulement d'envisager ces avantages comme sa récompense principale, d'y attacher trop de prix, de se dégoûter de la vertu lorsqu'ils viennent à lui manquer, de commettre un t crime pour les obtenir. Jésus-Christ luimôme nous ordonne de faire luire la lumière aux yeux des hommes, afin qu'ils voient nos bonnes œuvres, et glorifient le Père céleste (Matth. v, 1G). Saint Pierre nous fait la môme leçon (/ Pctr., n, 1-2 et 15, etc.). Elle ne contredit point ce qui est dit ailleurs, qu'il faut être humble et modeste, cacher nos bonnes œuvres, rechercher les humiliations, et nous en réjouir, parce qu'il y a des circonstances dans lesquelles il faut le l'aire. Voy. Humilité.
La morale , disent nos adversaires , doit être fondée sur la.nature môme de l'homme, et non sur la volonté de Dieu; la première nous est connue, la seconde est un mystère : comment connaître la volonté d'un Etre incompréhensible , duquel nous ne pouvons pas seulement concilier les attributs? En voulant lier la morale à la religion, l'on est venu à bout de les dénaturer l'une et l'autre ; la première s'est trouvée assujettie à toutes les rêveries des imposteurs. Quelques-uns de nos philosophes ont poussé la démence jusqu'à dire que l'on ne peut désormais jeter les fondements d'une morale saine que sur la destruction de la plupart des religions. Nous convenons que la morale doit être fondée sur la nature de l'homme, mais telle que Dieu l'a faiie, et non telle que les incrédules la conçoivent. Si les hommes sont de même nature que les brutes, ont la môme origine et la môme destinée, on peut fonder sur cette nature la morale des brutes , et rien de plus. C'est de la constitution môme de notre nature, telle que nous la sentons, que nous concluons évidemment quelle est la volonté de Dieu, et quelles sont les lois qu'il nous impose. Quand Dieu serait encore cent fois plus incompréhensible, toujours est-il démontré que c'est un Etre sage, et incapable de se contredire; il ne nous a donc pas donné la raison, le sentiment moral, la conscience , pour que nous n'en fissions aucun usage. S'il nous adonné des passions qui tendent à nous conserver lorsqu'elles sont modérées, il n'approuve pas pour cela leur excès, qui tend à nous détruire et à troubler l'ordre de la société. Il est donc absurde de prétendre que la volonté de Dieu nous est plus inconnue que la constitution môme de l'humanité. La vraie religion n'est pas plus responsable des rêveries des imposteurs en fait de morale qu'en fait de dogme ; mais il n'est point d'imposteur plus odieux que ceux qui nous parlent de morale, lorsqu'ils en détruisent jusqu'aux fondements, et qui nous vantent leur système sans avoir posé la première pierre de l'édifice. Ils ne sont pas encore convenus entre eux de savoir si l'homme est esprit ou matière , et ils prétendent assujettir tous les
peuples à une morale qui ne sera bonne que pour les brutes et pour les matérialistes. Qu'ils commencent donc par convertir tout le genre humain au matérialisme. Lorsqu'ils disent qu'en voulant lier la morale à la religion l'on a dénaturé l'une et l'autre, ils se montrent très-mal instruits ; c'est au contraire en voulant les séparer que les anciens philosophes ont perverti l'une et l'autre. 11 est constant que de tous les moralistes de l'antiquité, les meilleurs ont été les pythagoriciens : or, ils fondaient la morale et les lois sur la volonté de Dieu. Toutes les sectes qui ont fait profession de mépriser la religion se sont déshonorées par une morale détestable ; il en est de même de nos philosophes modernes.
Une autre question est de savoir si l'homme est capable, par la seule lumière naturelle, de se faire un code de morale pure, complète, irrépréhensible, ou s'il lui a fallu pour cela les lumières de la révélation. La meilleure manière de la résoudre est de consulter l'événement, de voir si, depuis la création jusqu'à nous, il s'est trouvé dans le mond ? une nation qui ait eu ce code essentiel, sans avoir été éclairée par aucune révélation ; nous la cherchons inutilement, et les incrédules ne peuvent en citer aucune. La preuve de la nécessité d'un secours surnaturel à cet égard est confirmée par la comparaison q ie l'on peut faire entre la morale révélée aux patriarches, aux juifs, aux chrétiens, et la morale enseignée par les philosophes. Pour les deux premières, voy. Religion primitive, Judaïsme, Loi ancienne ; nous ail ns parler des deux dernières.
Morale chrétienne ou évangélique. Dans les articles Christianisme et Jésus-Christ, nous n'avons pu parler qu'en passant de la morale chrétienne; nous sommes donc obligés d'y revenir, et de répondre, du moins sommairement, aux reproches que les incrédules lui ont faits.
Jésus-Christ a réduit toute la morale à deux maximes : à aimer Dieu sur toutes choses et le prochain comme nous-mêmes; règle lumineuse , de laquelle s'ensuivent tous les devoirs de l'homme. Voy. Amour. Mais ce divin législateur ne s'est pas borné là; par les détails dans lesquels il est entré, il n'est aucune vertu qu'il n'ait recommandée, aucun vice qu'il n'ait proscrit, aucune passion de laqu< lie il n'ait montré les suites funestes, aucun état dont il n'ait tracé les devoirs. Pour porter le remède contre les vices à la racine du mal, il défend même les pensées criminelles et les désirs déréglés. Ses apôtres ont répété dans leurs écrits les leçons qu'ils avaient reçues de lui; il les ont adaptées aux circonstances et aux besoins particuliers de ceux auxquels ils écrivaient. Quelques moralistes incrédules ont prétendu qu'il était mieux de réduire toute la morate aux devoirs de justice ; et par là ils entendaient seulement ce qui est dû au prochain : mais l'homme ne doit-il donc rien à Dieu ? Jésus-Christ, plus sage, désigne toutes les l.onncs œuvres sous le nom général de jus-
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o'rc : dans le N niveau Testament, comme dans l'Ancien, un juste est un homme qui remplit tous ses devoirs à l'égard de Dieu, du prochain et de soi-même. Voij. Juste. Mais le fera-t-il jamais, s'il n'aime Dieu sur toutes choses et le prochain comme soirnême? Le motif qui engage le plus puissamment à ohserver la loi est l'amour que l'on a pour le législateur.
Jésus-Christ a fondé la morale sur sa vraie base, sur la volonté de Dieu, souverain législateur; sur la certitude des récompenses et des peines de l'autre vie; il nomme ses commandements la volonté de son Père; il le représente comme le juge suprême, qui condamne les méchants au feu éternel, et donne aux justes la v'e éternelle (Matth. xxv, 3k et suiv.). Mais ce divin Maitre n'a oublié aucun des motifs naturels et louables qui peuvent exciter l'homme a la vertu; il promet aux observateurs de ses lois la paix de l'âme, le repos de la conscience, l'empire sur tous les cœurs, l'estime et le respect de leurs semblables les bienfaits même tem- I orels de la Providence. Chargez-vous de mon joug ; apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes; mon joug est doux et mon fardeau léger [Matth. xx, 29). Heureux les hommes doux, ils posséderont la terre... Que 1rs hommes voient vos bonnes œuvres, ils glorifieront le Père céleste (v, k et 16). Ne vous mettez point en peine de l'avenir, votre Père céleste sait ce dont vous avez besoin (vi, 32, etc.). Ceux qui ont le courage de faire ce qu'il a dit, attestent qu'il ne les a pas trompés. A de sublimes leçons Jésus-Christ a joint la force de l'exemple, et en cela il l'emporte sur tous les autres docteurs de •morale ;il n'a rien commandé qu'il n'ait pratiqué lui-même; il s'est donné pour modèle, et il ne pouvait en donner un plus parfait : Si vous fuitrs ce que je vous commande, vous serez constamment aimés de moi, comme je suis aimé de mon Père, parce que j'exécute ses commandements (Joan. xv, 10). 11 n'est pas é' on nant que, par cette manière d'enseigner, il ait changé la face de l'univers, et qu'il ait élevé l'homme à des veilus dont il n'y avait pas encore eu d'exemple. On dit que cette morale n'est pas prouvée, n'est point réduite en méthode, ni fondée sur des raisonnements; comme s'il y avait une meilleure preuve que l'exemple, et comme si Dieu (levait argumenter avec les hommes. « Nos maximes, dit Lactance, sont claires et courtes; il ne convenait point que Dieu, parlant aux hommes, continuât sa parole par des raisonnements, comme si l'on pouvait douter de ce qu'il dit. Mais il s'est exprimé comme il appartient au souverain arbitre de toutes choses, auquel il ne convient pas d'argumenter, mais de dire la vérité. »
Lorsque les incrédules étaient déistes, ils ont fait l'éloge de la morale chrétienne; ils ont reconnu la sagesse et la sainteté de son auteur; ils ont avoué qu'à cet égard le chrislianiame l'emporte sur toutes les autres religions; is ont ajouté même qu'il ne fallait
fias d'autres preuves de sa divinité. Mais ce trait d'équité de leur part n'a pas été de longue durée. Ceux qui sont devenus matérialistes se sont repentis de leurs aveux. Ils ont embrassé la morale d'Epicure, et ils ont déclamé contre celle do l'Evangile; celle-ci at-elle donc changé comme l'opinion des incrédules? Ils soutiennent que les conseils évangéliques sont impraticables, que Vabnégation et la haine de soi-même sont impossibles, que Jésus-Christ interdit aux hommes la juste défense, la possession des richesses, la prévoyance de l'avenir; qu'en approuvant la pauvreté volontaire, le célibat, Yintolérance, l'usage du glaive, le zèleâe religion, il a fait une plaie sanglante h l'humanité. Sous ces divers articles, nous réfutonslours reproches. Quelques-uns ont dit que cette morale n'est pas entendue ie même partout, qu'elle ne s'étend point à tous les grands rapports des hommes en société.
Il est souvent arrivé, sans doute, que des hommes aveuglés par des [tassions injustes, par l'intérêt particulier ou national, par des préjugés de système, ont mal entendu et mai appliqué certains préceptes de l'Evangile. Il y a eu des casuistes qui, par défaut de justesse d'esprit, ou par- singularité rie caractère, ontpoité les maximes de morale à un excès de sévérité, d'autres qui sont tombés dans un relâchement répréhensible. Mais dans l'Egli-e catholique il y a un remède eiiicace contre les erreurs, soit en fait de morale, soit en matière de dogme; l'Eglise a droit de proscrire également les unes et les autres; on ne prouvera jamais qu'elle en ait professé ou approuvé aucune, ni qu'elle ait varié dans ses décisions à cet égard. Nos philosophes, toujours éclairés par les plus pures lumières de la raison, sont-ils mieux d'accord dans leurs leçons de morale que les théologiens? Peut-on enseigner des maximes plus scandaleuses que celles qui sa trouvent dans la plupart de leurs écrits? Dans un moment, nous venons qu'en matière de morale l'unanimité générale des sentiments est absolument impossible Nous ne voyons point quels sont les grands lappo. ts des hommes en société auxquels la morale chrétienne ne s'étend point. 11 n'est aucun état, aucune condition, aucun rang dans la vie civile dont les devoirs ne découlent de ces maximes générales : « Aimez le prochain' comme vous-même , sans excepter vos ennemis; faites aux autres ce ({ne vous voulez qu'ils vous fassent; traitez-les comme vous voulez qu'ils vous traitent. » S'il y a un rapport très-général, c'est celui d'homme à I omme : or, le christianisme nous enseigne que tous les hommes sont créatures d un seul et même Dieu, nés du même sang, tous formés à son image, rachetés par la même victime, destinés a posséder le même héritage éternel. Sur ces notions sont fondés le droit naturel et le droit des gens, droits qui ne peuvent être anéantis par aucune loi civile ou nationale, mais très-mal connus hors du christianisme; par là sont consacrés tons les devoirs généraux de l'humanité. Mais un
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