‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 132 sur 228 · NOR · texte numérisé non relu

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dans son Apocalypse, citant plusieurs traits d'hisloire tirés du livre des Nombres, et il n'est presque aucun des écrivains de l'Ancien Testament qui n'en ait allégué quelques traits, ou qui n'y fasse allusion. Le premier Jivre des Machaliées raconte ce qui est dit du zèle de Phinées et de sa récompense; celui de l'Ecclésiastique en fait aussi mention, do même que de la révolte de Coré et de ses suites; les prophètes Michée et Néhémie parlent de la députation du roi de Y.oab à Balaam, et de li réponse de celui-ci. Le quatrième livre des Rois et celui de Judith renouvellent le souvenir des serpents qui tirent périr un grand nombre d'Israélites, et du serpent d'airain élevé à ce sujet. Osée remet devant les yeux de ce peuple les artifices dont usèrent les femmes madianites pour entraîner ses pères dans le culte de BCelphégor ; David, Ps. cv, joint cet événement à. la révolte de Dathan et d'Abiron, et aux murmures des Israélites. C'est dans le livre des Nombres qu'est portée la loi touchant les mariages, qui est appelée loi de Moïse dans celui de Tobie. Jephté dans le xie chap. de celui des Juges , réfute la demande injuste des Ammonites , en leur alléguant les faits rapportés dans les chap. xx, xxi et xxii des Nombres; Josué en rappelle aussi lamémoire. Enfin Moïse résume dans le Deuléronome ce qu'il avait dit dans les Nombres, touchant les divers campements des Hébreux, l'envoi des espions dans la terre promise, la défaite des rois des Amorrhéens, la révolte de Coré et de ses partisans, et la conduite de Balaam. Il n'est pas possible d'établir l'authenticité d'aucun livre par une tradition mieux suivie et \ lus constante. Nous ne nous arrêterons point à discuter les objections frivoles que Sjiinosaet ses copistes ont laites contie ce livre ; nous aurons occasion d'en réfuter plusieurs dans divers articles particuliers, et M. l'abbé Clémence l'a fait très-solidement dans l'ouvrage intitulé : V Authenticité des livres, tant du Nouveau que de i Ancien Testament, Paris, 1782; il a mis dans Je plus grand jour l'ignorance et l'inep-

* NOMINAUX. On appelait ainsi ceux qui expliquaient principalement ies choses par la propriété des termes, et soutenaient que les mots et non les choses étaient l'objet de la dialectique. Le combat entre les réalistes et les nominaux fut extrêmement vif; on l'a souvent regardé comme ridicule. Il se renouvelle cependant à tous les âges. On lui donne aujourd'hui le nom de forme, d'absolu, etc. Guillaume Ouam, surnommé le docteur invincible, fut le chef des nominaux. Il attaqua indirectement le droit do propriété, en prétendant que Jésus -Christ et les apôtres n'ont rien possédé en propre, pas même les vêlements qui les couvraient ; il en concluait que les cordeliers ne devaient pas avoir la propriétedes choses fongibles gui servaient aies nourrir, telles que le pain, le vin, l'eau, etc. Une bulle de Nicolas 111 avail . arivle que les cordeliers n'auraient que l'usufruit des biens qui leur seraient donnés. De faux logiciens en conclurent que Jésus-Christ et les apôtres avaient condamné parleur exemple le droit de propriété. Jean XX11 rapporta la bulle de Nicolas 111, qui commençait à causer du désordre dans l'Eglise par la fausse application qu'on en faisait. Voy. Dicl. de Théol. imor., t. II, Histoire de la Tliéulo.,ie,

lie du critique incrédule auquel il répond

NON-CONFORMISTES. C'est le nom général que l'on donne en Angleterre aux différentes sectes qui ne suivent point la même doctrine et n'observent point la môme discipline que l'Eglise anglicane ; tels sont les presbytériens ou puritains qui sont calvinistes rigides, les mennon te< ou anabaptistes, les quakers, les hernhutes, etc.Voy. ces mots.

NONE. Voy. Heures canoniales.

NONNES. Voy. Religieuses.

NORD. 11 a fallu neuf siècles de travaux pour amener au christianisme les peuples du Nord. Les Bourguignons et les Francs l'embrassèrent au ve siècle, après avoir passé lo Rhin ; l'on commença au" vi d'envoyer des missionnaires en Angleterre et en d'autres contrées; l'ouvrage n'a été achevé qu'au xiv* par li conversion des peuples de la Prusse orientale et de la Lithuanie.

Au mot Missions étrangères, nous avons déjà remarqué la malignité avec laquelle les protestants ont affecté de noircir les motifs et la conduite des missionnaires en général, et l'attention qu'ont eue les incrédules de copier ces mômes calomnies ; mais il est bon de voir en détail ce qu'a dit Mosheim des missions du Nord dans les différents siècles ; il n'a lait que rendre fidèlement l'opinion qu'en ont conçue tous les protestants. Il est convenu qu'au mc siècle, la conversion des Goths et la fondation des principales Eglises de la Gaule et de la Germanie furent l'ouvrage des vertus et des bons exemples que donnèrent les missionnaires qui y furent envoyés ; mais il prétend qu'au V les Rourguignons et les Francs se firent chrétiens, par l'ambition d'avoir pour protecteur de leurs armes le Dieu des Romains, parce qu'ils le supposèrent plus puissant que les leurs, et que l'on employa de faux miracles pour le leur persuader. Dans un moment nous verrons ce que l'on doit entendre par les faux miracles dont parle Mosheim; mais il aurait dû prouver que les catéchismes des Bourguignons et des Francs ne leur proposèrent point d'autres motifs de conversion que la puissance du Dieu des chrétiens sur le sort des armes. Le ve siècle ne fut point dans les Gaules un temps d'ignorance et de ténèbres; on y vit paraître avec éc'at Sulpice-Sévère , Cassien , Vincent de Lérins, saint Hilaire d'Arles, Claudien-Mamert, Salvien, saint Avit, Sidoine-Apollinaire, etc. Le motif que Mosheim a prêt 'aux barbares qui embrassèrent pour lors le christ, anisme, n'est fondé que sur le témoignage de Socrate, historien grec très-mal instruit de ce qui s'est passé dans l'occident. Voy. son histoire ecclésiastique, 1. vu, c. xxx, et la note de Pagi. Il juge qu'au vi" siècle les Anglo- Saxons, les Pietés, les Ecossais, les Thuringiens, les Bavarois,les Bohémiens, y furent engagés par l'exemple et par l'autorité de leurs rois ou de leurs chefs ;qu'àproprementparler, ils nefirentque changer une idolâtrie en une autre, en substituant à l'adoration de leurs idoles le culte des saints, des reliques, des images ; que les missionnaires ne se firen1 ™ n scrupule

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