‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 134 sur 228 · NOT · texte numérisé non relu

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bravé le même danger. 11 n'est pas fort louable de déprimer leur zèle apostolique, en lui prêtant des motifs humains et absurdes. — 5° Il y a de la folie à vouloir nous persuader que la doctrine prêchée aux. infidèles par des missionnaires grecs, n'élait pas la môme que celle qu'enseignaient les prédicateurs latins. Il est constant qu'avant le ixe siècle il n'y a eu aucune dispute ■ \i aucune division entre les deux Eglises louchant le dogme ni le culte extérieur; que dans les divers conciles généraux , tenus pendant sept cents ans, les Grecs et les Latins signaient les mêmes professions de foi, et ne se reprochaient mutuellement aucune erreur. Les protestants les plus entêtés disent que les prétendus abus, dont ils nous font des crimes, se sont intioduits dans l'Orient et dans l'Occident pendant le ive siècle. Dieu cependant n'a pas cessé de bénir et de faire prospérer les missions depuis ce temps-la; il y a eu un plus grand nombre de peuules convertis au christianisme depuis ie ive siècle qu'il n'y en avait eu auparavant. Dieu a donc rendu son Eglise plus féconde depuis qu'elle est tombée dans l'erreur, que quand sa foi était plus pure. Voilà le mystère d'iniquité que nos adversaires ont osé mettre sur le compte de la Providence. — (î° Quand on a fait ces réflexions, l'on est tenté de regarder comme une dérision les éloges que Alosheim a faits des missions luthériennes que les Danois ont établies en 1706, chez les Indiens du Malabar. C'est un peu tard, après deux cents ans écoulés depuis la naissance du luthéranisme : n'importe. Selon notre historien, c'est la plus sainte et la plus parfaite de toutes les missions. Les catéchistes que l'on y envoie ne font pas, dit-il, autant de prosélytes que les prêtres papistes; mais ils les rendent meilleurs chrétiens et plus ressemblants aux vrais disciples de Jésus-Christ. Cependant on sait quelles ont été les raisons de cet établissement; l'intérêt du commerce, la rivalité à l'égard des autres nations européennes, la honte de paraître indifférent sur le salut des Indiens, un peu d'envie de jouter contre l'Eglise romaine. Des motifs aussi profanes ne sont guère propres à opérer des prodiges; en effet, les voyageurs, témoins oculaires, nous ont appris ce qui en est, et plusieurs ont regardé ces missions comme une pure momene. Ce n'est pas à tort que nous reprochons continuellement aux protestants qu'ils sont les premiers auteurs du déisme, de l'incrédulité, de l'indifférence de religion qui régnent aujourd'hui dans l'Europe entière ; pourvu qu'ils puissent satisfaire leur haine contre l'Eglise romaine, ils s'embarrassent fort peu de ce que leurs calomnies retombent sur le christianisme en général. Nos philosophes incrédules n'ont fait que les copier. Mdis puisque le protestantisme ne s'est maintenu que par une animosité opiniâtre contre le catholicisme, ses sectateurs doivent craindre d'en avoir creusé ie tombeau en inspirant l'indifférence pour toute religion. Voy. Missions.

* NOTES DE L'ÉGLISE. Parmi toutes les sociétés qui divisent le christianisme, il n'en est aucune qui ne prétende au privilège d'être seule dépositaire de la véritable doctrine du Christ. Elles s'anàtiiémalisent toutes, elles prétendent posséder exclusivement la vérité chrétienne. Cependant Jésus-Christ ne peut être divisé, la vérité et le mensonge ne peuvent s'allier. L'affirmation et la négation ne peuvent s'unir sur un même point. Pour décider en laveur de qui existe la vérité, il faut nécessairement que la société chrétienne, véritable dépositaire de la doctrine du Christ, ail des caractères qui la distinguent; car le Sauveur du monde ayant voulu que tous les hommes entrent dans son bercail, a dû donner des marques auxquelles on puisse le reconnaître. Ces marques ou caractères sont ce que nous appelions Notes de l'Eglise. Les théologiens distinguent deux espèces de notes , les unes sont positives et les autres négatives. Les notes positives sont celles qui appartiennent exclusivement à l'Eglise, en sorte que, dans toute société chrétienne où l'on rencontre une seule note positive, on peut dire là est la véritable Eglise. Les notes négatives sont des caractères essentiels à l'Eglise, mais qui ne lui appartiennent pas exclusivement ; de leur absence on peut certainement conclure qu'une société chrétienne n'est point la véritable Eglise; mais de leur présence on ne peut affirmer qu'elle soit la véritable Eglise. Les notes de l'Eglise doivent avoir certaines qualités : ï' Elles doivent être plus faciles à reconnaître que l'Eglise. Il est en elfet du caractère essentiel de tout signe dislinclif qu'il soit plus connu que l'objet qu'il doit désigner. 2J Elles doivent être a la portée de tous les hommes, puisqu'ils doivent tous entrer dans le sein de l'Eglise. 5° Réunies, il doit être évident qu'elles n'appartiennent qu'à une seule société. Les protestants admettaient deux notes de l'Eglise : la prédication de la doctrine de Jésus-Christel l'administration légitime des sacrements. Ils les ont réunies en une seule : la véritable doctrine de Jésus-Christ connue par l'examen privé. Cette note est évidemment un cercle vicieux, car je ne cherche la véritable Eglise qu'afiu d'avoir la véritable doctrine. Où e?t, d'après les prolestants, la véritable doctrine connue par l'examen privé? Dans la Bible? Mais toutes les sociétés chrétiennes ont la Bible ; sontelles toutes la véritable Eglise? C'est une absurdité. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher les notes de la véritable Eglise. Nous reconnaissons, nous catholiques, quatre noies positives : Y unité, la sainteté, la catholicité et ïapostolicité ; et deux négatives, la perpétuité et la visibilité. Chacune de ces notes ayant un article particulier, nous nous contenions d'y renvoyer. Voy. Eglise, § 2.

* Notes de propositions. Voy. Censures des écrits et Qualification de propositions.

NOTIONS EN DIEU. Les théologiens , en traitant du mystère de la sainte Trinité, nomment notions les qualités qui conviennent à chacune des Personnes divines en particulier , et qui servent à les distinguer. Ainsi la paternité et Y innascibilité sont les notions distinctes de la première Personne, la filiation est le caractère distinctif de la seconde, la procession ou spiratlon passive convient exclusivement à la troisième. Voy. Trinité. Comme ce mystère est incompréhensible, et qu'il a été souvent attaqué par les hérétiques , les théologiens ont été forcés de consacrer des termes particuliers, non pour l'expliquer , puisqu'il est inexplicable, ma's pour énoncer, sans danger d'erreur, ce que l'on en doit croire.

NOTRE-DAME, titre d'honneur que les catholiques donnent à la sainte Aiergo ;

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ainsi nous disons , l'église de Noire-Dame , les fêtes de Notre-Dame, etc. Les protestants, qui rejettent le culte de la sainte Vierge, font croire aux ignorants que nous l'appelons Notre-Dame dans le même sens quo nous appelons Jésus-Christ Notre-Seigneur ; qu'ainsi nous rendons à l'un et à l'autre un culte égal. Mais une équivoque no devrait jamais causer de disput s. Jésus-Christ est notre souverain Seigneur, parce qu'il est Dieu ; nous appelons sa sainte Mère; Notre- Dame, pour lui témoigner un plus profond respect qu'à toute autre créature , et une entière confiance en son intercession. Si quelques dévots peu instruits se sont quelquefois exprimés sur ce sujet d'une manière qui n'est pas assez correcte , il ne faut pas en faire un crime à l'Eglise romaine, qui n'approuve aucun excès. Nous accusera-t-on d'idolâtrie lorsque nous donnons aux grands de la terre le titre de monseigneur ?

NOUVEAU. Ce mot a plusieurs sens dans l'Ecriture sainte. Il signilie : 1° ce qui est extraordinaire (Judic. v, 8). Le Seigneur a choisi une nouvelle manière de faire la guerre et de vaincre nos ennemis , en inspirant à une femme le courage d'un homme. 2° Ce qui est enseigné avec plus de soin qu'autrefois. Josus-Chiist appelle le précepte de la charité un commandement nouveau (Joan., xiii , 3i) , quoiqu'il fût déjà imposé dans l'ancienne loi , parce qu'il l'a mieux déyeioppé, qu'il e;i a donné de nouveaux motifs, et en a montré dans lui-même un exemple parlait. 3U C s qui est beau et sublime; dans ce sens, David a dit plusieurs fois : Je vous chanterai. Seigneur, un cantique nouveau. Dans le style de saint Paul, le nouvel homme est le chrétien purifié de ses anciens vices par le baptême. Jésus-Christ, uit [Luc. v, 37) qu'il ne f tut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres , pour faire entendre qu'il ne devait pas imposer à ses disciples, en< ore faibles , des devoirs trop pariai s. k" Dans la 2* lettre de sa nt Pierre, c. ni, v. 13, et dans l'Apocalypse , C. xxi , v. 1 et 2 , un nouveau ciel, une nouvelle terre , la nouvelle Jérusalem, signifient le séjour des bienheureux; mais dans Isaï ! , c. lxvi , v. 22, les mômes expressions paraissent désigner le règne du Messie. Lorsque le Sauveur promet à ses apôtres de boire avec eux un vin nouveau dans le royaume de son Père (Matth., xiv, •25), cela pouvait signifier qu'il boirait encore et mangerait de nouveau avec eux, après sa résurrection. 5° Joan. , c. xix, v. 41, il est dit que Joseph d'Arimathie déposa le corps de Jésus-Christ dans un sépulcre nouveau, dans lequel aucun mort n'avait encore été déposé. 6° Exod., c. xxin, v. 15, le mois des nouveaux fruits était le mois de Nisan, pendant lequel la moisson commençait en Egypte et dans la Palestine.

NOVATEUR. Oii nomme ainsi celui qui enseigne une nouvelle doctrine en matière de foi. L'Eglise chrétienne a toujours fait profession de ne point suivre d'autio doctrine que celle qui lui a été enseignée pa;- Jésus-Christ et par les apôtres ; conséquem-

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ment elle a condamné comme hérétiques ceux qui ont entrepris de la corriger ai de la changer. Elle leur a dit, par la bouche de Tertullien, Prœscript., c. xxxvn : « Je suis plus ancienne que vous et en possession de la vérité avant vous; je la tiens de ceux mêmes qui étaient chargés de l'annoncer ; je suis l'héritière des apôtres, je garde ce qu'ils m'ont laissé par testament, ce qu'ils ont contié à ma foi, ce qu'ils m'ont fait jurer de conserver. Pour vous, ils vous ont déshérités et rejetés, comme des étrangers et des ennemis. » Elle a retenu pour base de son enseignement la maxime établie par ce môme Père , « que ce qui a été enseigné d'abord est la vérité et vient de Dieu , que ce qui a été inventé dans la suite est étranger cl faux. » l'uid., e. xxxi.

L'usage de l'Eglise, dit Vincent de Lérins, Commonit., § G, a toujours été que plus l'on était religieux , plus l'on avait horreur des nouveautés. Pour réfuter l'erreur des rebaptisants au m" siècle , le pape Etienne n'opposa que cette règle : N'innovons rien , gardons la tradition. L'esprit , l'éloquenee , les raisons plausibles, les citations de l'Ecriture sainte , le nombre des partisans de la nouvelle opinion, la sainteté même de plusieurs, ne purent prescrire contre le sentiment et la pratique de l'antiquité. — § 21. « Gardez le dépôt, dit saint Paul à Timothée (/ Tim. vi) ; évitez toute nouveauté profane et les disputes qu'excite une fausse science. » S'il faut éviter la nouveauté, il faut donc s'attachera l'antiquité, puisque la première est profane, la seconde est sacrée. — § 22. Expliquez plus clairement , à la bonne heure , ce l'on croyait autrefois d'une manièn obscure, mais n'enseignez que ce que vous avez appas, et si vos termes sont nouveaux, que la chose ne le soit pas. — § 23. N'est-il donc pas permis de faire des progrès dans la science do la religion? Assurément, mais sans altérer le dogme ni la manière de l'entendre, il faut que la croyance des esprits imite la marche des corps; ils croissent, s'étendent , se développent par la suite des années , mais ils demeurent toujours les mêmes. Qu'il en soit ainsi de la doctrine chrétienne , qu'elle s'affermisse par le laps des années , qu'elle s'étende et s'éclaircisse par les travaux des savants, qu'elle devienne plus vénérable avec l'âge ; mais nue le fond demeure entier et inaltérable. L'Eglise de Jésus-Christ, dépositaire attentive et, fidèle des dogmes qu'elle a reçus, n'y change rien, n'en retranche rien, n'y ajoute rien. Son attention se borne à rendre plus exact et plus clair ce qui n'était encore proposé qu'imparfaitement , plus ferme et plus constant ce qui était suffisamment expliqué, plus inviolable ce qui était déjà décidé. Qu'a-t-elle voulu en effet par les décrets de ses conciles ? Mettre plus de clarté dans la croyance , plus d'exactitude dans l'enseignement, plus lie netteté et de précision dans la profession de foi. Lorsque îe> hérétiques ont enseigné des nouveautés, elle n'a fait par ces mêmes décrets que transmettre par écrit à la posté-

, ce que ère plus

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rite ce qu'elle avait reçu des anciens par tradition, exprimer en peu de mots un sens souvent fort étendu , fixer ce sens par un nouveau terme pour le rendre plus aisé à saisir. — § 24. S'H était permis d'adopter de nouvelles doctrines, que s'ensuivrait-il ? Que les fidèles de tous les siècles précédents, les saints, les vierges, le clergé, des milliers de confesseurs , des armées de marîyrs , les peuples entiers , l'univers chrétien , attaché à Jésus-Christ par la foi catholique, ont éfé dans l'ignorance et dans l'erreur , ont blasphémé sans savoir ce qu'ils disaient ou ce qu'ils croyaient. Toute hérésie a paru sous un certain nom , dans tel endroit , dans un temps connu ; tout hérésiarque a commencé par se séparer de la croyance ancienne et universelle de l'Eglise catholique. Ainsi en ont agi Pelage, Arius, Sabellius , Priscillien , etc. ; tous se sont fait gloire de créer des nouveautés , de mépriser l'antiquité, de mettre au jour ce que l'on ignorait avant eux. La règle des catholiques, au contraire, est de garder le dépôt des saints Pères , de rejeter toute nouveauté profane , de dire avec l'apôtre : « Si quelqu'un enseigne autre chose que ce que nous avons reçu, qu'il soit anathème. » — § 26. Mais torque les hérétiques allèguent en leur faveur l'autorité de l'Ecriture sainte, que feront les enfants de l'Eglise? Ils se souviendront de la règle ancienne qui a toujours été observée , qu'il faut expliquer l'Ecriture selon la tradition de l'Eglise universelle, et préférer dans cette explication même l'antiquité à la nouveauté, l'universalité au petit nombre, le sentiment des docteurs catholiques les plus célèbres aux opinions téméraires de quelques nouveaux dissertateurs.

On voit que Vincent de Lérins n'a fait que développer, dans son Conimonitoire, ce que Tertullien avait déjà enseigné dans ses Prescriptions contre les he're'tifjues, deux cents ans auparavant. A la vérité, les novateurs des derniers siècles ont accusé l'Eglise ellemême d'avoir innové, d'avoir altéré la doctrine enseignée par les apôtres. Ce reproche était aisé à former, mais il fallait, pour en démontrer la fausseté , confronter la tradition de quinze siècles entiers ; le procès ne pouvait pas être sitôt instruit ; les hérétiques ont profité de l'intervalle pour séduire les ignorants. Est-il possible que l'Eglise catholique, répandue dans toutes les parties du monde , dont tous les pasteurs jurent et protestent qu'il ne leur est pas permis de rien changer à la doctrine qu'ils ont reçue , conspire néanmoins à faire ce changement ; que les fidèles de toutes les nations , bien persuadés que cet attentat est un crime , aient consenti néanmoins à y participer, en suivant une doctrine nouvelle imaginée par leurs pasteurs? que les sociétés même séparées de l'Eglise romaine depuis plus de mille ans, aient été saisies du même esprit de vertige ? Si ce paradoxe avait été compris d'abord, il aurait révolté tout le monde par son absurdité. A force de l'entendre répéter, on a commencé par le croire, en atten-

dant l'examen des monuments qui démontraient le contraire. Enfin , il a été fait dans la Perpétuité' de la foi; mais l'hérésie était trop bien enracinée pour céder à l'évidence des faits et des monuments. Aujourd'hui encore les protestants soutiennent que tous les dogmes catholiques qu'ils rejettent sont une nouvelle invention des derniers siècles. Voy. Dépôt , Perpétuité de la Foi, Prescription.

NOVATIENS, hérétiques du me siècle, qui eurent pour chefs Novatien, prêtre de Rome, et Novat , prêtre de Carthage. Le premier, homme éloquent et entêté de la philosophie stoïcienne , se sépara de la communion du pape saint Corneille , sous prétexte que ce pontife admettait trop aisément à la pénitence et à la communion ceux qui étaient tombés par faiblesse dans l'apostasie pendant la persécution de Dèce. Mais le vrai motif de son schisme était la jalousie de ce que saint Corneille lui avait été préféré pour remplir le siège de Rome. Il abusa du passage dans lequel saint Paul dit (Heb. vi, k) : « il est impossible à ceux qui sont tombés, après avoir été une fois éclairés, et après avoir goûté les dons célestes, de se renouveler par la pénitence. »Conséq imminent il soutint que l'on devait refuser l'absolution, nonseulement à ceux qui avaient apostasie, mais encore à ceux qui , après leur baptême , étaient tombés dans quelque péché grave, M que le meurtre et l'adultère. Comme l'erreur va toujours en croissant, les nova- Jiens prétendirent bientôt que l'Eglise n'avait pas le pouvoir de remettre les grands crimes par l'absolution. Cette rigidité convenait d'autant moins à Novatien, qu'on l'accusait lui-même de s'être caché dans sa maison pendant la persécution , et d'avoir refusé ses secours à ceux qui souffraient pour Jésus-Christ. On lui reprochait encore d'avoir été ordonné prêtre malgré l'irrégularité qu'il avait encourue , en recevant le baptême au lit pendant une maladie , et pour avoir négligé ensuite de recevoir la confirmation. Mosheim fait inutilement tous ses efforts pour pallier les torts de Novatien , et en faire tomber une partie sur saint Corneille, Hist. christ., saec. m, § 15, notes. 11 dit que ce pape ne reprochait à son antagoniste que des vices de caractère et des intentions intérieures qui sont connues de Dieu seul ; que Novatien protestait contre l'injustice de ces reproches. Mais ce sclïïsmatique avait dévoilé les vices de son caractère et ses motifs intérieurs par ses discours et par sa conduite; saint Corneille était parfaitement informé des uns et des autres; les protestations de Novatien étaient démenties par ses procédés. Il est singulier que les protestants excusent toujours les intentions de tous les ennemis de l'Eglise , et ne rendent jamais justice aux intentions de ses pasteurs.

Novat, de son côté, prêtre vicieux, s'était révolté contre saint Cyprien, son évêque ; il l'avait accusé d'être trop rigoureux à l'égard des lapses qui demandaient d'être réconciliés à l'Eglise ; il avait appuyé le

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schisme du diacre Félicissime contre ce saint évoque; menacé de l'excommunication, il s'enfuit à Rome; il se joignit à la faction de Novatien, et il donna dans l'excès opposé à ce qu'il avait soutenu en ^ Afrique. Mosheim a encore trouvé bon d'excuser ce prêtre , et de rejeter une partie du blâme sur saint Cyprien , ibid., § th. On ne peut pas approuver, dit-il, tout ce qu'ont fait ceux qui résistaient à cet évoque ; mais il est incontestable qu'ils combattaient pour les droits du clergé et du peuple , contre un évoque qui s'arrogeait une autorité souveraine. Mais nous avons fait voir ailleurs que ces prétendus droits du clergé et du peuple contre les évoques, sont chimériques, et n'ont jamais existé que dans l'imagination des protestants. Voy. Evèque , Hiérarchie. Ces deux schismatiques trouvèrent des partisans. Novatien engagea par argent trois évoques d'Italie à lui donner l'ordre de l'épiscopat ; il devint ainsi- le premier évoque de sa secte , et il eut des successeurs. Saint Corneille assembla un concile de soixante évoques à Rome , l'an 251, dans lequel Novatien fut excommunié ; les évoques qui l'avaient ordonné furent déposés, et l'on y confirma les anciens canons , qui voulaient que l'on reçût à la pénitence publique ceux qui étaient' tombés, lorsqu'ils témoignaient du repentir de leur crime, et que l'on réduisit au rang des laïques les évoques et les prêtres coupables d'apostasie. Cette discipline était d'autant plus sage , qu'il y avait beaucoup de ditî'érence à mettre entre ceux qui étaient tombés par faiblesse et par la violence des tourments, et ceux qui avaient apostasie sans être tourmentés ; entre ceux qui avaient iait des actes positifs d'idolâtrie , et ceux qui avaient seulement paru en faire, etc. Voy. Lapses. Il était donc juste de ne pas les traiter tous avec la même rigueur, et d'accorder plus d'indulgence h ceux qui étaient les moins coupables. Saint Cyprien , Epist. ad Àntonianum.

A la vérité, l'on trouve dans quelques conciles de ces temps-là, en particulier dans celui d'Elvire, tenu en Espagne au commencement du ive siècle, des canons qui paraissent aussi rigoureux que la pratique des novatiens; mais on voit évidemment qu'ils ne sont point fondés sur la même erreur; ils ont été laits dans des temps et des circonstances où les évoques ont jugé qu'il fallait une discipline sévère pour intimider les pécheurs, et où l'on devait se défier des marques de pénitence que donnaient la plupart. Quelques auteurs ont soupçonné mal à propos que ces évoques étaient entichés des opinions des novatiens.

Mosheim, pour excuser ces derniers, dit t[ue l'on ne peut pas leur reprocher d'avoir corrompu par leurs opinions les doctrines du christianisme, que leur doctrine ne différait en rien de celles des autres chrétiens, Ifist. eccl., troisième siècle, n* part., c. v, § 17 et 18, Jlist. christ., srec. 3, § 15, notes. il pèche en cela par iniérèt de système. Une doctrine du christianisme est que l'Eglise a

reçu de Jésus-Christ le pouvoir de remettre tous les péchés ; or il est certain que Novatien, ou du moins ses adhérents, ont contesté ce pouvoir, et l'ont nié aussi bien que les protestants. Bévéridge et Bingham, tous deux anglicans, conviennent de ce fait, et le dernier l'a prouvé. Oriq. eccles., 1. xvm, c. iv, § 5. Selon le témoignage de Socrate, 1. vu , c. xxv, Asclépiade, évoque novatien, disait à un patriarche de Constantinople : a Nous refusons la communion aux grands pécheurs, laissant à Dieu seul le pouvoir de 1 nir pardonner. » Tillemont prouve la môme chose par les témoignages de saint Pacien, de saint Augustin et de l'auteur des Questions sur l'Âne, et le Nouv. Testant. Mém., t. III, p. V72. Saint Cyprien le fait assez entendre, Epist. 52 au Antonianum. « Nous n'anticipons point, dit-il, sur le jugement de Dieu, qui ratifiera c que nous avons fait, s'il trouve que la pénitence soit juste et entière. Si nous sommes trompés par de fausses apparences, il corrigera la sentence que nous avons prononcée... Puisque nous voyons que personne no doit être empêché de faire pénitence, et que par la miséricorde de Dieu la paix peut être accordée par ses prêtres, il faut avoir égard aux gémissements des pénitents, et ne pas leur en refuser le fruit. » Il n'est donc pas question de savoir seulement si l'Eglise devait accorder l'absolution aux pécheurs, mais si elle le pouvait, et si la sentence d'absolution accordée par les prêtres n'était pas une anticipation sur le jugement de Dieu, comme les novatiens le prétendaient. Il est fâcheux pour les protestants de voir une de leurs erreurs condamnée au nie siècle dans les novatiens ; mais le fait est incontestable. Ces hérétiques ne laissaient point d'exhorter les pécheurs à la pénitence, parce que l'Ecriture sainte l'ordonne ; mais saint Cyprien remarque avec raison que c'était une dérision de vouloir engager les pécheurs à se repentir et à gémir, sans leur faire espérer le pardon, du moins à l'article de la mort; que c'était un vrai moyen de les désespérer, de les faire retourner au paganisme ou se jeter parmi les hérétiques. Dans la suite, les novatiens ajoutèrent de nouvelles erreurs à celle de leur chef; ils condamnèrent les secondes noces et rebaptisèrent les pécheurs ; ils soutinrent que l'Eglise s'était corrompue et perdue par une molle indulgence, etc. Ils se donnèrent le nom de cathares, qui signifie purs, de même que l'on appelle en Angleterre puritains les calvinistes rigides.

Quoiqu'il y eut peu de concert dans la doctrine et dans la discipline parmi les novatiens, cette secte n'a pas laissé de s'étendre et de subsister en Orient jusqu'au vne siècle, et en Occident jusqu'au viiic ; au concile général de Nicée, en 325, l'on fit des règlements sur la manière do les recevoir dans l'Eglise, lorsqu'ils demanderaient à y rentrer. Un de leurs évoques nommé Acé^ sius y argumenta avec beaucoup de chaleur, pour prouver que l'on ne devait pas admettre les grands pécheurs à la communion, do

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l'Egliso ; Constantin, qui était présent, lui répondit par dérision : Acésius, dressez une échelle, et montez au ciel tout seul.

NOVICE, NOVICIAT. On appelle novice une personne de l'un ou de l'autre sexe qui aspire à faire profession de l'état religieux, qui en a pris l'habit, qui s'exerce à en remplir les devoirs. Dans tous les temps, l'Eglise a pris des précautions pour empêcher que personne n'entrât dans l'état religieux sans une vocation libre et solide, sans bien connaîire les obligations de cet état, et sans y être exercé suffisamment. Le concile de Trente, sess. 25, c. 16 et suiv., a renouvelé sur ce sujet les anciens canons, et a charg é les évêques de veiller de près à leur observation : mais cette matière appartient au droit canonique. Les hérétiques, les incrédules, les gens du monde, qui s'imaginent que presque toutes les vocations sont forcées, ignorent les épreuves que l'on fait subir aux novices, les soins que prennent les supérieurs ecclésiastiques pour empêcher que l'erreur , la séduction , la violence , n'aient aucune part à la profession religieuse. On peut assurer en général que s'il y a dans ce genre quelques victimes de l'ambition, de la cruauté et de l'irréligion de leurs parents, les novices y ont consenti, qu'ils ont surpris la vigilance et l'attention scrupuleuse des évêques et de leurs préposés. Voy. Profession religieuse.

NTOUPI. Voy. Broucolacas.

NU-PIEDS SPIRITUELS, anabaptistes qui s'élevèrent en Moravie dans le xvie siècle, et qui se vantaient d'imiter la vie des apôtres, vivant à la campagne, marchant pieds nus , et témoignant beaucoup d'aversion pour les armes, pour les lettres et pour l'estime des peuples. Pratéole, Hist. nudip. et spirit. ; Florimond de Raimond, I. u, c. xvii. num. 9. Voy. Anabaptistes.

NUÉE. Dans l'Ecriture sainte , les nuées ou le ciel nébuleux désignent souvent un temps d'affliction et de calamité ; cette métaphore est aussi employée fréquemment par les auteurs profanes ; il serait inutile d'en citer des exemples. Une nuée signifie quelquefois une armée ennemie qui couvrira la terre, comme les nuages couvrent le ciel, et le dérobent à nos yeux (Jercm. iv, 13; Lzech. xxx, 18; xxxvm, 9). Les nuées, par leur légèreté, sont ie symbole de la vanité (t de l'inconstance des choses de ce monde; il est dit [JJ Pclr. n, 17) que les faux docteurs sont des nuées poussées par un vent impétueux ; et dans l'épître de saint Jade, v. 12, que ce sont des nuées sans iluic. Elles représentent encore l'arrivée jrusque et imprévue d'un événement quelconque. Isa)., c. mx, v. 1, dit que Dieu entrera en Egypte, porté sur une nuée légère. Daniel, c. vu, v. 13, vit arriver sur les nuées du ciel un personnage semblable au Fils de l'homme, qui fut porté devant le trône de l'Eternel, et auquel fut accordé l'empire sur l'univers entier; c'était évidemment le Messie. Jésus-Christ (Matth. xxiv, 30) dit que l'on verra venir le Fils de l'homme sur les

nuées du ciel, avec beaucoup de puissance et de majesté ; et (xxvi, 64) il dit à ses juges : Vous verrez venir sur les nuées du ciel le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu. Il annonçait ainsi la promptitude et la puissance avec laquelle il viendrait punir la nation juive. Plusieurs interprètes entendent dans le même sens ces paroles du psaume y. vu, 10 : « 11 est monté sur les chérubins, il a volé sur les ailes des vents, » parce qu'elles sont parallèles à celles du Ps. cm, v. 3 : « Vous êtes monté sur les nuées, vous marchez sur les ailes des vents. » Saint Paul (/ Cor. x, 1) dit : « Nos pères ont été tous sous la nuée, et ont passé la mer; et ils ont été tous baptisés par Moïse dans la nuée et dans la mer. » Cela ne signifie point que le passage des Israélites au travers de la mer Rouge, et sous la nuée, ait été un vrai baptême, mais que c'a été la figure de ce que doit faire un chrétien. De même qu'après ce passage les Hébreux ont commencé une nouvelle manière de vivre dans le désert sous les ordres de Dieu, ainsi le chrétien une fois baptisé doit mener une vie nouvelle sous la loi de Jésus- Christ. Voy. la Synopse des critiques sur ce passage.

Nuée (colonne de). Il est dit dans l'histoire sainte, qu'à la sortie de l'Egypte, Dieu fit marcher à la tête des Israélites une colonne de nuée, qui était obscure pendant le jour et lumineuse pendant la nuit ; qu'elle leur servit de guide pour passer la mer Rouge et pour marcher dans le désert ; qu'elle s'arrêtait lorsqu'il fallait camper, qu'elle se mettait en mouvement lorsqu'il fallait partir, qu'elle couvrait le tabernacle, etc. Toland a fait une dissertation, qu'il a intitulée Hodegos, le Guide, pour faire voir que ce phénomène n'avait rien de miraculeux ; selon lui, la prétendue colonne de nuée n'était qu'un pot à feu porté au bout d'une perche, qui donnait de la fumée pendant le jour, et une lueur [tendant la nuit ; c'est un expédient dont plusieurs généraux se sont servis pour diriger la marche d'une armée, et l'on s'en sert encore aujourd'hui pour voyager dans les déserts de l'Arabie. Les réflexions par lesquelles l'auteur a étayé cette imagination sont curieuses. Il commence par observer qu'en général le style des livres saints est emphatique et hyperbolique; tout ce qui est beau ou surprenant dans son genre est attribué à Dieu ; une armée nombreuse est une armée de Dieu, des montagnes fort hautes sont des montagnes de Dieu, etc. Voy. Nom de Dieu.

Dans les pays peuplés, habités, dont l'aspect est varié, la marche d s armées est dirigée par des objets visibles, par les montagnes, les rivières, les forêts, les villes et les châteaux ; dans de vastes campagnes et dans des déserts, il faut des signaux, surtout pendant la nuit : le signal le plus naturel et le plus commode est le feu. Comme la flamme et la fumée montent en haut, on leur a donné le nom de colonne ; ainsi s'expriment, non-seulement les auteurs sacres,

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mais les historiens profanes. En sortant de l'Egypte, les Israélites marchaient en ordre de bataille (Mon. xxxui, 1), et le désert commençait à Etham, dans l'Egypie même E.rod. xiu, 18). Ils avaient donc besoin d'un signal pour diriger leur route ; Moïse lit porter devant la première ligne de l'armée du feu au bout d'une perche, et il multiplia ces signaux selon le besoin. Quand le tabernacle fut fait, le signal fut placé au haut de cette lente, où Dieu était censé présent par ses symboles et par ses ministres. Cet usage était connu des Perses ; Alexandre s'en servit, suivant Quinte-Gurce, liv. v, chap. il Saint Clément d'Alexandrie, Strom., 1. i, c. xxiv, édit. de Potter, p. 417 et 418, rapporte que Trasybule usa de ce stratagème pour conduire une troupe d'Athéniens pendant la nuit, et que l'on voyait encore à Munichia un autel du phosphore pour monument de cette marche. Il alléguait ce fait pour rendre croyable aux Grecs ce que dit l'Ecriture de la colonne qui conduisait les Israélites ; il ne !a regardait donc pas comme un miracle.

L'Ecriture dit que cette colonne, placée entre le camp des Egyptiens et celui des Israélites, était obscure d'un côté et lumineuse de l'autre ; mais c'était un stratagème semblable à celui dont il est parlé dans la Cyropédie de Xénophon, liv. m. Puisque les Egyptiens ne furent point étonnés de cette nuée, ils ne la regardèrent pas comme un phénomène miraculeux. Lorsque l'Ecriture dit que le Seigneur marchait devant les Israélites (Exod. xm, 20), cela signifie qu'il marchait par ses ministres. Les ordres de Moïse, d'Aaron, de Josué et des autres chefs sont toujours attribués a. Dieu, monarque suprême des Israélites. Il est dit (Num. x, 13) que les Israélites partirent suivant le commandement du Seigneur, déclaré par Moïse ; cela montre assez que Moïse disposait de la nuée. Enfin, l'ange du Seigneur, dont il est ici parlé, était Hobab, beau-frère de Moïse, qui était né et qui avait vécu dans le désert, qui, par conséquent, en connaissait toutes les routes. Dans le livre des Juges, c. h, v. 1, l'ange du Seigneur dont il est fait mention était un prophète. Aucun écrivain judicieux n'a fait le moindre cas de cette imagination de Toland ; les commentateurs anglais, dans la Bible de Chais (Exod. xm, 21), n'ont pas seulement daigné la réfuter ; mais nos incrédules français en ont fait un trophée dans plusieurs de leurs ouvrages ; nous ne pouvons nous dispenser d'y opposer quelques observalions. — 1° 11 est impossible que les Israélites aient été assez stupides pour regarder comme un miracle un brasier qui fumait pendant le jour et qui éclairait pendant h nuit ; il l'est qu'un ieu porté dans un brasier ou élevé au bout d'une perche ait pu être aperçu par tout un peuple composé de plus de deux millions d'hommes ; il l'est entin que la fumée d'un brasier ait pu former une nuée capable de couvrir dans sa marche une aussi grande multitude d'hommes ; or,

Moïse atteste que la nuée du Seigneur couvrait les Israélites pendant le jour, lorsqu'ils marchaient (Num. x, 34; xiv, 14). Voilà une circonstance qu'il ne fallait pas oublier. 11 n'est pas moins impossible que Moïse ait été assez insensé pour vouloir en imposer sur ce sujet à une nation entière pendant quarante ans consécutifs ; c'est un fait que l'on pouvait véritier à toutes les heures du jour et de la nuit ; et l'histoire nous apprend que la colonne de nuée pendant le jour, et de feu pendant la nuit, n'a jamais manqué (Exod xm, 22). Moïse, a la quarantième année, prenait encore les Israélites à témoin de ce prodige toujours subsistant (Deut. i, 33 ; xxxi, 15). Autre circonstance qu'il ne fallait pas omettre. — 2" Aucun des faits ni des rétlexions allégués par Toland ne peut diminuer le poids de ces deux circonstances essentielles. Quand il serait vrai que les Israélites attribuaient à Dieu les phénomènes les plus naturels, cela ne suffirait pas pour justifier les expressions de Moïse ; non-seulement il appelle nuée de Dieu la colonne dont nous parlons, mais il dit que c'était Dieu lui-même qui marchait à la tète des Israélites, qui leur montrait le chemin par la colonne, qui les guidait pendant le jour et pendant a nuit, qui les couvrait par la nuée dans leur marche, etc. (Exod. xm, 21; Num. xiv, 14, etc.). L'imposteur le plus hardi n'aurait pas osé parler ainsi, s'il n'avait été question que d'un pot à feu planté au bout d'une perche. — 3° Toland suppose faussement que le désert dans lequel les Israélites ont séjourné était une vaste campagne dénuée de tout objet visible ; il y avait des montagnes et des rochers, quelques arbres et des pâturages ; l'histoire de Moïse en parle et les voyageurs en déposent. Il était donc irapossible que la fumée ou la flamme d'un brasier pût être aperçue par plus de deux millions d'hommes, soit lorsqu'ils étaient en marche, soit lorsqu'ils étaient campés. Les armées dont parlent les historiens profanes n'étaient que des poignées d'hommes en comparaison de la multitude des Israélites, dont six cent mille étaient en état de porter les armes. — 4° Il n'est pas vrai que Moïse ait multiplié les signaux selon le besoin; il parle consiamment d'une seule co'onue qui était de nuée, et non de fumée, pendant le jour, et qui ressemblait à un feu pendant la nuit. Il est encore faux que Dieu ne fût censé présent dans le tabernacle que par ses symboles et par ses ministres. II est dit formellement que Dieu était présent dans la colonne de nuée, qu'il y parlait, qu'il y faisait éclater sa gloire, qu'alors Aaron et Moïse se prosternaient {Exod. xl, 32; Num. ix, 15; xi, 25; c. xvi, 19 et 22, etc.). Se seraient-ils prosternés devant un brasier? L'histoire dit que cela se faisait à la vue de tout Israël. — 5° Notre dissertateur en impose au sujet de saint Clément d'Alexandrie. Ce Père regardait ceitainement la colonne de nuée comme un miracle, puisqu'il dit : « Que les Crées regardent donc comme croyable c« que racontent nos livres; savoir, que Dieu

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