‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 135 sur 228 · NUI · texte numérisé non relu

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tout-puissant a pu faire qu'une colonne de feu précédât les Hébreux pendant la nuit, et guidât leur chemin. » S'il a comparé ce prodige à l'action de Trasybule, c'était pour montrer que Dieu a fait par sa puissance ce que la sagesse avait dicté à un habile général. — 6" Xénophon, dans sa Cyropédie, 1. m, p. 55, rapporte que Cyrus et Cyaxare, faisant la guerre aux Assyriens, n'allumaient point de feu dans leur camp pendant la nuit, mais au-devant de leur camp, afin que si quelque troupe venait les attaquer, ils l'aperçussent sans en être vus ; que souvent ils en allumaient derrière leur camp, d'où il arrivait que les coureurs des ennemis qui venaient à la découverte, donnaient dans leurs gardes avancées, lorsqu'i's se croyaient encore fort éloignés de leur armée. Il est dit au contraire (Exod. xiv, 19) : « Que la nuée, quittant la tête du camp des Israélites, se plaça derrière, entre le camp des Egy-

E tiens et celui d'Israël ; qu'elle était ténéreuse d'un côté et lumineuse de l'autre, de manière que les deux armées ne purent s'approcher pendant tout le temps de la nuit. » En quoi ces deux faits se ressemblent-ils ? Par quel artifice les chefs des Israélites purent-ils rendre ténébreuse du côté des Egyptiens une nuée qui était lumineuse de leur côté?

Il n'est pas fort étonnant que les Egyptiens n'aient pas pris pour un miracle une nuée ténébreuse pendant la nuit; ils ne voyaient pas qu'elle était lumineuse du côté des Israélites. — 7" Nous lisons (Num. ix, 23) que les Israélites campaient ou décampaient à l'ordre du Seigneur; qu'ils étaient en sentinelle suivant le commandement de Dieu, donné par Moïse (x, 11); que la nuée s'éleva de dessus le tabernacle , que les Israélites partirent , que les premiers décampèrent suivant l'ordre du Seigneur, donné par Moïse. Quel avait été l'ordre du Seigneur? D'observer attentivement si la nuée s'arrêtait ou marchait, afin de savoir s'il fallait camper ou décamper. Comment cela prouve-t-il que Moïse disposait de la nuée et la dirigeait ? — 8" Il n'est pas prouvé que l'ange du Seigneur, dont il est parlé (Jud. h, 1), fût un prophète; il n'y a rien dans le texte qui autorise Cette conjecture.

Ainsi , en défigurant le texte , en supprimant les faits et les circonstances essentielles, en citant à faux les auteurs sacrés et profanes, en multipliant les suppositions à leur gré , les incrédules se flattent de faire disparaître les miracles de l'histoire sainte. On demande : si c'était la colonne de nuée qui guidait les Israélites, pourquoi donc Moïse engagea-t-il Hobab , son beau-frère , à demeurer avec eux , afin qu'il leur servit de guide dans le d'sert? Parce que Hobab, qui connaissait le désert, savait où. l'on pouvait trouver des sources d'eau bonnes ou mauvaises , des arbres , des pâturages, des peuplades amies ou ennemies? Voilà ce que la talonne de nuée n'indiquait pas.

NUIT. Les anciens Hébreux partageaient la nuit en "■•••**■■'* -■■■•'■; - •';' arooio;~- ij

veilles, dont chacune durait trois heures; la première commençait au soleil couché < t s'étendait jusqu'à neuf heures du soir; la seconde jusqu'à minuit; la troisième jusqu'à trois heures; la quatrième finissait au lever du soleil. Ces quatre parties de la nuit sont quelquefois appelées dans l'Ecriture, le stir, le milieu de la nuit , le chant du coq, et \matin. La nuit se prend figurément : 1° poulies temps d'affliction et d'adversité (Ps. xv, 3) : « Vous avez mis mon cœur à l'épreuve, et vous m'avez visité pendant la nuit. » 2° Pour le temps de la mort. Jésus-Christ, parlant de lui-même (Joan. ix, 4) , dit : La nuit vient, pendant laquelle personne ne peut rien faire. 3° Les enfants de la nuit sont les gentils, parce qu'ils marchent dans les ténèbres de l'ignorance; les enfants du jour ou de la lumière sont les chrétiens, parce qu'ils sont éclairés par l'Evangile : « Nous ne sommes point, dit. saint Paul , les enfants de la nuit (I Thess. v, 5). » Il y a encore des provinces où le peuple, pour exprimer le peu de mérite d'un homme, dit de lui : C'est la nuit.

Jésus-Christ avait dit (Matth. xii, kO) : De même que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre d'un poisson, ainsi le Fils de l homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Cela ne s'est pas vérifié, disent les incrédules , puisque , selon les évangélistes, Jésus-Christ n'a demeuré dans le tombeau que depuis le vendredi soir jusqu'au dimanche matin. L'on répond à cette objection que, dans la manière ordinaire de parler des Hébreux, trois jours et trois nuits ne sont pas toujours trois espaces complets de vingt-quatre heures chacun, mais un espace qui comprend une partie du premier jour, et une partie du troisième; ainsi, dans le livre d'Esther, c. iv, v. 16 , il est dit que les Juifs jeûnèrent trois jours et trois nuits; cependant ils ne jeûnèrent que pendant deux nuits et un jour complet, puisqu'il est dit, c. v, v. 1, que Esther alla chez le roi le troisième jour. Voy. la Synopse sur saint Matthieu, c. xn, v. 40. Dans les manières populaires de parler, il ne faut pas ctiercher une exacte précision.

Les Juifs comprirent très-bien le sens des paroles du Sauveur; ils dirent à Pilate , c. xxvh, v. 63 : « Nous nous souvenons que cet imposteur a dit pendant sa vie :Je ressusciterai après trois jours. Ordonnez donc que son tombeau soit gardé jusqu'au troisième jour, etc.» En effet, Jésus-Christ avait dit plusieurs fois qu'il ressusciterait le troisième jour. Si donc il avait tardé plus longtemps, les Juifs auraient été en droit de faire retirer, le dimanche soir, les soldats qui gardaient le tombeau, et de prétendre que Jésus avait manqué de parole. Cependant était-il nécessaire que les gardes fussent témoins de la résurrection pour rendre inexcusable l'incrédu'ité des Juifs? Les paroles de Jésus- Clirist n'ont donc pas paru équivoques aux Juifs, et elles ont été vérifiées de la manière qu'il le fallait pour les convaincre.

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NUPTIAL, BÉNÉDICTION NUPTIALE, la nuit pour chanter les louanges de Dieu,

V'ov.Makiage. parce que, disaient ces censeurs , la nuit est

NYCTAGES, ou NYCTAZONTES , mot faite pour le repos des hommes. Raison trop

groc dérivé de vu;, nuit. On nomma ainsi pitoyable [tour mériter d'être réfutée. ceux qui déclamaient contre la coutume NYSSE. Voy. Saint Gréooike de Nysse. ((n'avaient les premiers chrétiens de veiller

0 (les) de Noël. Voy. Annonciation. dit Gamàlie'I, h ce que vous allez faire....; si OB. Vvy. Python. l'entreprise de ces gens-là vient des hommes, OBEISSANCE.// est plus nécessaire d'obéir elle se détruira d'e'le-même; si elle vient de à Dieu qu'aux hommes. C'est ce que répon- Dieu, vous ne pourrez pas l'empêcher, et il dirent les apôtres, lorsque le conseil des se trouvera que vous résislez à Dieu (Act. v, Juifs leur défendit de prêcher (Act v, 29). 35, 38). » L'auteur des Pensées philosophiques Ils ne faisaient que suivre la leçon que Je- a donc eu très-grand tort de dire, n. 42 : sus-Christ leur avait donnée , en" disant : Ne «Lorsqu'on annonce au peuple un dogme craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui qui contredit la religion dominante, ou quelle peuvent tuer l'âme [Mat th. x, 28; Luc. xn, que fait contraire à la tranquillité publique, k, etc.). Les incrédules se sont récriés à justifiat-on sa mission par des miracles , le l'envi contre cette maxime; elle n'est propre, gouvernement a droit de sévir, et le peuple disent-ils, qu'à renverser l'ordre public et à de crier crucifige. Quel Ranger n'y aurait-il troubler la société. Armé de ce bouclier, tout pis à abandonner les esprits aux séductions fanatique se croit inspiré de Dieu , et en d'un imposteur, ou aux rêveries d'un visiondroit de braver l'autorité légitime. Obéir à naire?» Comme si les imposteurs et les vi- DieUt ce n'est jamais, dans ie fnnd, qu'obéir sionnaircs pouvaient faire des miracles en aux prêtres, qui se donnent pour les organes preuve de leur mission. Où sont ceux qui et les interprètes de la volonté de Dieu; en ont fait? Ainsi, lorsque des sectaires toutes les sectes ont justifié , parce faux auxquels les lois défendent l'exercice de leur principe, leur résistance aux lois civiles. religion se croient en droit de braver les Quelques réflexions fort simples démon- lois , et donnent pour toute réponse qu'il treronl la sagesse et la justice de la conduite vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, il des apôtres , et l'injustice de l'abus que l'on faut qu'ils commencent par prouver que Dieu peut en faire pour violer les lois de la so- leur ordonne cette résistance, de même que ciété. — 1° La maxime dont les incrédules les apôtres ont prouvé que Dieu leur avait se scandalisent a été adoptée par les philo- commandé de prêcher, malgré toutes les sophes les plus célèbres : Socrate , Platon, puissances de la terre. On a demandé aux Epictète, l'ont enseignée. Voy. le Phédon de premiers prédicants du protestantisme des Platon, et la Vie d' Epictète, p. 58. Celse, signes de leur mission divine, ils n'ont point quoiqu'il blAme les chrétiens de résister aux pu en donner; on les demande avec autant lois qui autorisaient l'idolâtrie, juge cepen- de raison à leurs successeurs et à tous ceux dant que l'on ne doit pas trahir la vérité par qui s'obstinent à les écouter. Les premiers la crainte des tourments. Orig. contre Celse, chrétiens , quoique bien convaincus de la 1. i , n. 8. « Si l'on commandait, dit-il , à un divinité de leur religion, n'ont point entreadorateur de Dieu de dire une impiété ou de pris d'en obtenir par violence l'exercice pufaire une mauvaise action , il ne doit jamais blic. Qui a donné aux protestants un droit obéir; il doit plutôt souffrir les tourments mieux fondé? — 4° Les incrédules euxet la mort.» Ibid., 1. vin , n. 6(>. Il n'est mêmes violent sans scrupule les lois qui dédonc pas vrai que toute résistance aux lois fendent de parler, d'écrire, d'invectiver consoit un crime. — 2" En refusant d'obéir au tre Ja religion de l'Etat; ils n'allèguent point conseil des Juifs , les apôtres ne suivaient un ordre de Dieu, auquel ils ne croient pas; pas l'avis des prêtres , puisque ce conseil mais ils soutiennent, aussi bien que les secétait principalement composé de prêtres. — taires , qu'ils y sont autorisés par le droit S" Les apôtres prouvaient leur mission di- naturel. Mais les envoyés de Dieu, les apôvine par celle de Jésus-Christ, par sa résur- très , les pasteurs de l'Eglise , n'ont-ils pas rection, par la descente du Saint-Esprit, par aussi le droit naturel de prêcher leur les miracles qu'ils opéraient : connaît- m des croyance, quand même ils n'en auraient pas imposteurs ou des fanatiques qui aient donné un droit divin bien prouvé ? C'est ainsi quo de semblables | reuves de leur inspiration les hérétiques et les incrédules, en voulant prétendue ? Lorsqu'une religion fausse est se soutenir les uns les autres, se percent de établie chez une nation par les lois, ou il leurs propres traits. Voy. Mission. faut soutenir que Dieu ne peut envoyer per- Obéissance (Vœu d'). Voy. Voeu. sonne pour en détromper les hommes, ou il OBJECTION. Plusieurs chrétiens dont la faut convenir que ses envoyés ont droit de foi est sincère, sont surpris de la multitude résister à l'autorilé publique. Les Juifs eux- d'objections que l'on fait contre la religion, mêmes le comprirent. « Prenez garde, leur de la quantité énorme le livres qui ont été

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faits de nos jours pour l'attaquer; quelques réflexions suffiront pour les instruire. — 11 n'y avait pas longtemps que le dernier des apôtres était mort , lorsque les pilosophes païens commencèrent à écrire contre le christianisme, et employèrent toutes les ressources de l'art soph.stique auquel ils étaient exercés. Ils furent secondés par les différentes sectes d'hérédques formées à leur école, et cette autre espèce d'ennemis s'est renouvelée dms tous les siècles. Les incrédules de nus jours n'ont donc pas eu besoin d'être créateurs; des sources abondantes d'arguments leur étaient ouvertes de toutes parts : ils y ont puisé à discrétion. Pour combattre les vérités de la religion, ils ont ramené sur la scène les objections des épicuriens , des pyrrhoniens, des cyniques, des académiciens rigides et des cyrénaï-iues ; c'est une doctrine renouvelée des Grecs. Mais ils ont passé sous silence les raisons par lesquelles P.aton, Socrate , Cicéron , Plutarque et d'autres ont réfuté toutes ces visions. Contre l'Ancien Testament, et contre la religion des Juifs, ils ont rajeuni les difficultés et les calomnies des manichéens , des marcionites , de Celse, de Julien, de Porphyre et des autres philosophes; et ils ont laissé de côté les réponses que Origène, Tertullien, saint Cyrille , saint Augustin et d'autres Pères y ont données. Pour attaquer directement le christianisme, nos adversaires ont encore été mieux servis; ils ont copié les livres des Juifs anciens et modernes, et ceux des mahométans; ils ont répété les reproches de tous les hérétiques, particulièrement des protestants et des sociniens , anglais , français, allemands et autres. 11 ne leur a do;;c pas été difficile de multiplier les volumes à peu de frais. Toutes les sciences ont été mises à contribution pour servir le dessein des incrédules; l'histoire, la chronologie , la géographie, la physique , l'astronomie, l'histoire naturelle, la connaissance des langues, les découvertes de toute espèce, les relations des voyageurs, etc. Lorsqu'ils ont cru découvrir une objection qui n'avait pas encore été faite , un système que l'on n'avait pas encore proposé , une conjecture singulière et inouïe, ils l'ont présentée comme une victoire complète remportée sur la religion.

Si l'on veut y réfléchir, il n'est aucune vérité contre laquelle on ne puisse faire des sophismes, aucun fait auquel on n'oppose des probabilités, aucune loi dont un disputeur entêté ne conteste la justice, aucune institution qui n'entraîne quelques inconvénients. La religion est incommode, elle gône les passions ; voilïson grand crime : si la foi était sans conséquence pour la conduite, tout incrédule deviendrait croyant. Lorsqu'une armée d'écrivains a conjuré contre elle, on voit bientôt éclore une bibliothèque d'impiétés, de blasphèmes et d'absurdités. Tous se répètent, se copient, ressassent la même difficulté en vingt façons. Si l'on a le courage de les lire, on est bientôt fatigué de ce ira t ras de répétitions. Des hommes, qui voudraient sincèrement instruire , rapporte-

raient le pour et le contre, mettraient les preuves à côté des objections ; c'est ce qu'ont fait dans tous les siècles les défenseurs du christianisme ; mais ce ne fut jamais la méthode des incrédules, ils se bornent à compiler les objections ; ils laissent aux théologiens le soin de chercher les réponses et les preuves. Pour être solidement instruit, est-il nécessaired'avoir lu les arguments des incrédules? Pas plus que de connaître los sophismes des pyrrhoniens pour savoir si nous devons ajouter foi aux lumières de notre raison et au témoignage de nos sens. Les objections ne peu v ent produire que des doutes, il faut des preuves positives pour opérer la conviction. Or, les objections des incrédules n'ont pas renversé une seule des preuves du christianisme; celles-ci subsistent dans leur entier : il s'en faut donc beaucoup que le triomphe de l'incrédulité ne soit assuré. Le règne bruyant de l'ancienne philosophie ne fut pas de longue durée : celui de la philosophie moderne sera encore plus court, parce que ses sectateurs actuels ont eneore moins de bon sens que ceux d'autrefois.

OBLAT, enfant consacré à Dieu par ses parents dans une maison religieuse. Cet usage n'a commencé que dans les bas siècles, probablement au commencement du xie. L'estime singulière que l'on avait conçue pour l'étal religieux, la difficulté de goûter le repos ailleurs et d'élever chrétiennement les enfants dans le monde , engagèrent les parents à mettre les leurs dans les monas ères, afin qu'ils y fussent instruits et dressés de bonne heure à la piété ; plusieurs crurent leur donner la plus grande marque de tendresse, en les y vouant pour toujours. Un oblat était censé engagé par sa propre volonté autant que par la dévotion de ses parents : on le regardait comme apostat s'il quittait. On se fondait sur l'exemple de Samuel, qui fut voué à Dieu par sa mère dès sa naissance, et sur l'exemple des nathinéens; mais ces personnages n'étaient engagés par vœu ni au célibat ni aux autres observances monastiques. Voxj. Nathiînéens. On nommait aussi oblat ou donné, et oblate, celui ou celle qui vouait sa personne et ses biens à quelque couvent , sous condition d'être nourri et entretenu par les moines. Quelques-uns donnaient leurs biens aux monastères, sous condition qu'ils continueraient d'en jouir pendant leur vie , moyennant une légère redevance, et les biens ainsi donnés se nommaient oblala. L'on fut obligé de prendre cette précaution dans les temps de trouble, de désordre et de rapines. C'était la ressource des faibles dans les gouvernements orageux de l'Italie ; les Normands, quoique puissants, l'employèrent comme une sauve-garde contre la rapacité des empereurs. 11 ne faut donc pas s'étonner de la richesse de certains monastères.

Tous ces usages ont été supprimés avec raison dans des temps plus heureux, et lorsque les motifs de les tolérer ne subsistaient plus. Le concile de Trente, en décidant que la profession religieuse faite avant l'âge de

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seize ans complets, et sans avoir fait le noviciat d'un an, serait absolument nulle et n'imposerait aucune obligation quelconque, a supprimé pour toujours l'abus des oblats ; l'examen, qui se fait par les évoques des jeunes personnes qui se destinent à la profession religieuse, prévient le danger d'une fausse vocation que pourrait leur inspirer l'éducation qu'elles ont reçue dans un couvent. Les souverains ont empêché par des lois les monastères u'acquérir de nouveaux biens par des dons ou autrement. 11 ne reste donc plus aucun motif de plainte à ce sujet, et l'on n'en ferait plus, si l'on voulait se rappeler les dilférentes circonstances dans lesquelles l'Europe s'est trouvée pendant les siècles qui nous ont précédés. Un oblat était encore un moine lai q le le roi plaçait dans les abbayes ou prieurés riches, pour y être nourri, logé, vêtu et même pensionné ; c'était une manière de donner les invalides à un soldat vieux ou blessé ; il sonnait les cloches, balayait l'église, et rendait d'autres légers services. Ainsi les richesses des monastères ont toujours été une ressource pour Je gouvernement. Tout laïque qui obtenait de la cour une pension sur un bénélice, était aussi nommé oblat.

* Oblats i>e Marie immaculée. C'est une société de missionnaires établie n Aix en 1815, et approuvée par letlres apostoliques, le 17 février 1828. Ces oblats remplissent les fonctions de missionnaires, non-seuïenieiit en France et en Corse, mais encore en Angleterre, au Canada et aux Etals-Unis.

OBLATJE, oublies ou hosties dont on se sert pour consacrer l'eucharistie , et pour donner la communion aux fidèles. Ce nom est venu de ce qu'autrefois le pain destiné à la consécration était olfert par le peuple. Voy. Hostie.

OBLATES, congrégation de religieuses ou plutôt de filles et de femmes pieuses, fondée à Rome, en 1125, par sainte Françoise. Le pape Eugène IV en approuva les constitutions l'an 1437. Ce sont des tilles ou des veuves qui renoncent au monde pour servir Dieu ; elles ne font point de vœux, mais seulement une promesse d'obéir à la supérieure, et au lieu de profession elles nomment leur engagement oblation. Elles ont des pensions, héritent de leurs parents, et peuvent sortir avec la permission de la supérieure. Il y a dans le couvent qu'elles ont à Rome plusieurs dames de la première qualité ; elles suivent la règle de saint Benoit. On les numme aussi collatines, probablement à cause du quartier dans lequel leur monastère est sitaé. Cet institut ressemble assez à celui des chanoinesses de France. Vie des Pèrer, et des Martyrs, tom. 11, p. 638.

OBLATION. Ce terme est quelquefois synonyme de celui d'offrandes; il signifie ce que l'on offre à Dieu et l'action même de l'offrir; mais, eu fait de cérémonies, il désigne particulièrement l'action du prêtre, (jui, avant de consacrer le pain et le vin, les oll're à Dieu, afin qu'ils deviennent, par la consécration, le corps et le sang de Jésus- Christ : c'est une partie essentielle du sacri-

fice de la messe, et dans plusieurs anciennes liturgies, la messe entière est appelée oblation, uva^opà. Aussi est-ce par ce te action que commence ce que l'on a nommé autrelois la messe des fidèles ; tout ce qui précède était appelé, au ive siècle, la messe des catéchumènes , parce qu'immédiatement avant Voblation l'on renvoyait les catéchumènes et ceux qui étaient en pénitence publique; on ne permettait d'assister h Voblation, à la consécration et à la communion, qu'aux fidèles qui étaient en état de participer à la sainte eucharistie. Comme les protestants ne veulent reconnaître, dans ce mystère, ni la présence réelle de Jésus-Christ ni le caractère de sacrifice, ils ont été obi gés de supprimer Voblation ; cette action annonce trop clairement les deux dogmes qu'ils affectent de méconnaître. Pour juoi, en effet, témoigner tant de respect pourle pain et le vindestinés à être consacrés, s'ils doivent êtte de simples figures ou symboles du corps et du sang de Jésus-Christ, et pourquoi les offrir à Dieu? Mais cette oblation se trouve dans toutes les anciennes liturgies , en quelque langue qu'elles aient été écrites; elle est aussi ancienne que la consécration même. On peut voir dans le P. Lebrun le sens de toutes les paroles que le prêtre prononce, et de toutes les cérémonies qu'il fait à cette occasion, et jusqu'aux plus légères variétés qui se trouvent entre les sacramentaires ou missels des différents siècles. Explic. des cérém. de la Messe, t. II, in' part., art. 2 et 6. Quelques proteslants ont demandé comment le prêtre peut appeler le pain qu'il offre à Dieu une hostie ou victime sans tache, et le calice dans lequel il n'y a encore que du vin, le calice du salut ? C'est que le prêtre fait moins attention à ce que le pain et le vin sont pour . lors, qu'à ce qu'ils doivent devenir par la consécration ; il les envisage d'avance comme le corps et le sang de Jésus-Christ, seule victime sans tache, immolée pour le salut du monde ; sans cela personne n'aurait jamais imaginé que du pain et du vin peuvent être un sacrifice, et qu'il faut les offrir à Dieu pour notre salut. Aussi le prêtre ajoute: « Venez, Sanctificateur tout-puissant, Dieu éternel, et bénissez ce sacrifice préparé pour la gloire de votre saint nom. » Cette invocation serait encore déplacée, si l'on ne croyait offrir à Dieu que de simples symboles du corps et du sang de Jésus -Christ. Voy. Invocation.

Thiers, dans son Traité des Superstitions, tom. Il, c. x, § 10, dit, après le caïd nal Bellarmin, que ces prières de Voblation n'ont guère plus de cinq cents ans d'antiquité ; mais le P. Lebrun observe qu'elles se trouvent dans le missel gallican et dans le missel mozarabique, qui datent au moins de douze siècles avant nous ; et dans les liturgies orientales, il y a des prières relatives à celles-ci, et qui expriment la même chose ; on doit donc les regarder comme essentielles. Thiers fait encore mention de quelques abus dans lesquels certains prêtres sont tombés en faisant cette cérémonie. Quant aux oblu-

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