‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 137 sur 228 · ORS · texte numérisé non relu

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quelle on le faisait? Cela n'a aucun rapport aux erreurs de Montan. S'il nous arrivait de récuser le témoignage d'un auteur, précisément parce qu'il était hérétique, les protestants crieraient à la prévention, à l'entête-* nient, au fanatisme.

Il y a sans doute de vaincs observances que l'on doit mettre au nombre des superstitions; mais l'Eglise, loin de les autoriser, les condamne. Les théologiens entendent par vaine observance l'emploi d'un moyen quelconque pour produire un effet avec lequel ce moyen n'a aucune proportion ni aucune relation naturelle, et qui ne peut avoir aucune efficacité par l'institution de Dieu ni de l'Eglise. D'où l'on conclut que s'il produisait réellement quelque etfet , ce ne pourrait être que )ar l'entremise du démon. Tels sont les ^retendus préservatifs contre quelques maadies, soit des hommes, soit des animaux , qui par eux-mêmes ne peuvent avoir aucune vertu : tels sont les secrets imaginaires que l'on a nommés art notoire , art de saint Paul, art des esprits, etc. Voxj. Art. L'on met au môme rang l'observat'on des temps, des jours, des mois, des années, la distinction des jours heureux ou malheureux , les horoscopes, etc. Thiers en a parlé fort au long dans son Traité des Superstitions , l.iv; il en détail'e les différentes espèces , il cite les passages de l'Ecriture sainte, des Pères de l'Eglise, des conciles, des statuts synodaux et des théologiens qui les réprouvent. Vainement les protestants ont voulu faire envisager toutes ces absurdités comme un vice inhérent à la religion catholique; ils ne sont pas parvenus à en guérir leurs sectateurs; il faudrait pour cela extirper entièrement l'ignorance des peuples, la faiblesse d'esprit, la crédulité, les terreurs paniques, l'attachement aveugle à la vie, à la santé, aux biens de ce monde. Les maladies sont aussi anciennes et aussi répandu* s que l'humanité : elles dureront probablement plus ou moins , autant que la race des hommes , et l'on ne prend nulle part [dus de soin pour en guérir les peuples que dans l'Eglise catholique. Voy. Superstitions.

Observance se dit des statuts et des usages particuliers de quelques communautés ou congrégations religieuses. Chez les carmes , l'on distingue ceux de l'ancienne observance d'avec ceux qui ont embrassé la réforme faite par sainte Thérèse, et que l'on nomme carmes déchaussés. Parmi les bernardins, les religieux de l'étroite observance sont ceux qui ont repris toute la rigueur de la règle de saint Bernard, tels sont ceux de la Trappe et de Sept-Fonts. Les cordeliers sont divisés en observantins et en conventuels» Peu de temps après la mort de saint François, plusieurs de ces religieux avaient mitigé leur règle, avaient obtenu de leurs généraux et des papes la permission de posséder des rentes et des fonds, d'être chaussés, etc. D'autres plus fervents persévérèrent dans l'observation de l'institut de leur fondateur , et prirent le nom d' observantins , pour se distinguer des premiers, que l'on

appela conventuels. Dans la suite il y eut encore des relâchements et des réformes parmi les observantins mêmes; on y distingua la pelite et la grande ou l'étroite observance. Saint Pierre d'Alcantara fonda cette dernière l'an 1555, en Espagne, ce sont les franciscains déchaussés. La même raison avait déjà donné lieu aux réformes des capucins, des récollets et des tiercelins ou piepus. Il est bon d'observer qu° la coutume d'aller pieds nus est plus supportable en Espagne et en Italie que dans les pays septentrionaux; les ordr s religieux, en se répandant au loin, ont été forcés d'accorder quelque chose à la température du climat.

OBSERVER. Dans l'Ecriture sainte, ce terme signifie quelquefois prendre des précautions. Job, c. xxiv, v. 15, dit que l'adultère observe de ne marcher que dans les ténèbres, afin de ne pas être reconnu. Obser^ ver la bouche de quelqu'un, signifie épier ses paroles , afin de le surprendre ; mais ( Ecclcs. vin, 2 ) observer la bouche du roi, c'est exécuter ses ordres. Il signifie encore examiner à la rigueur ; David dit à Dieu (Ps. cxxix, 3) : «Seigneur, si vous observez nos iniquités, qui pourra soutenir la rigueur de votre jugement? » I lleg., c. n, v. 22, il est parlé des femmes qui observaient on quiveil-* laient à la porte du tabernacle. Saint Paui dit aux Galates qui judaïsaient, c. iv, v. 10 : « Vous observez les jours, les mois, les temps, les années. » Plusieurs interprètes croient qu'il leur reprochait d'observer les néoménies, les fôtes, les jeûnes du calen-» drier des Juifs; mais quelques Pères de l'Eglise ont pensé qu'il les reprenait de distinguer les jours heureux ou malheureux , comme les païens ; peut-être les Galate3 étaient-ils coupables de l'un et de l'autre de ces abus. Luc, c. xvn, v. 20, Jésus-Christ dit aux pharisiens que le royaume de Dieu ou le règne du Messie ne viendra point avec un éclat extérieur qui le fasse remarquer » cum observatione.

OBSESSION. 11 y a une distinction à faire entre Yobscssion du démon et la possession. Un homme est possédé, lorsque le démon est entré dans son corps, qu'il l'agite et le tourmente, soit continuellement, soit par intervalles, il est seulement obsédé, lorsque le démon, sans entrer dans son corps, le poursuit au dehors, le fatigue et le fait agir. L'Ecriture sainte fournit des exemples de l'un et de l'autre de ces deux états fâcheux. 11 est dit au 1" livre des Rois, c. xvi, v. i>;j, que l'esprit de Dieu s'était retiré de Saiih et que de temps en temps ce roi était agite par un mauvais esprit, par l'ordre de Dieu; dans le livre de Tobie, c. m, v. 8, que Sara, tille de Raguel, avait eu sept maris, et qu'un démon, nommé Asmodée, les avait tués lorsqu'ils avaient voulu s'appioclier d'elle. Elle était donc obsédée par un démon, mais qui n'exerçait sa malice que contre ses maris. Les exemples de possession sont fréquents dans le Nouveau Testament. On regarde avec raison ces deux accidents comme des fléaux surnaturels oug

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